Il pleut; entre ciel et terre, c’est une trame mouvante que brode le
feuillage des grands chênes, et que déchire--avec quelle joie
barbare--le vent, le vent qui viole la forêt, le vent qui tue les nids.
C’est sur les cailloux du chemin, dans l’herbe, les rigoles, une lente
ritournelle, un fredon mélancolique d’êtres invisibles, qui se
plaignent: eux aussi souffrent! Ainsi la Douleur est partout! Et cette
trame grise, entre ciel et terre, comme un voile obscurci, enveloppe
notre souffrance et celle de l’univers.