18 avril.

Voici Pâques; je pars en vacances, j’irai à Barbizon voir Berthe et son

père, puis je rejoindrai Charlotte et son fiancé, nous avons tout un

programme de promenades à faire dans Paris.

Mon cœur bat trop vite, comme je vais être heureuse avec eux.

Barbizon, jour de Pâques.

Il pleut, pas moyen de courir en forêt, nous restons là, calfeutrés dans

la chambre; Berthe déclame _Salammbô_, M. Passy somnole dans un vieux

fauteuil mal rempaillé, sa chatte entre les bras. J’écoute, mais ma

pensée est loin, elle tournaille obstinément, autour d’une autre chambre

que j’aime, où vit, où respire, où travaille si joyeusement Charlotte.

Ma pensée les voit, je leur ris. Il fait bon ici près de Berthe, mais je

voudrais être là-bas, auprès d’eux.

Les Sèvriennes · 第 80 / 222 题