Défendez-vous, peuples. Défiez-vous des étrangères, gardez vos dieux,
vos vrais dieux, ne croyez pas à la vertu des simulacres sauveurs. Et si
vous ne répugnez pas à une guerre de dix années, il viendra le jour où,
héros, vous aurez une mort héroïque. Car pour les peuples et les hommes,
malgré leurs dieux, leurs vrais dieux, il vient toujours le jour où l'on
entend chanter la femelle de l'alcyon et elle est proche en ce cas; la
mort qui vient en dansant, bataillant, souvent femme, parfois homme et
alors rien n'y fait, ni la valeur, ni l'invulnérabilité. On tombe, homme
ou peuple, sur le champ de bataille et malheur aux vivants, hommes ou
peuples, ils tombent en esclavage. Mais la défaite, honte des hommes et
des peuples, est le bonheur des femmes et des nations qui pleurent et
politiquent, chantent et se mutinent, se prostituent et s'acclimatent
sous d'autres hommes, aux pieds d'autres dieux.
Un mirage de Grèce s'étala, paysage de midi, silence panique, rocs
stériles, temples blancs, pins et la mer avec des îles.