Vendée, 25 mai 1832.»

Le lecteur comprend maintenant combien avait été funeste le conseil de

Berryer.

La plupart des chefs ayant fait leurs préparatifs pour le 24 mai,

reçurent heureusement le contre-ordre qui remettait la levée de

boucliers au 4 juin. Mais quelques-uns de ceux d'en deçà de la Loire ne

purent être prévenus, ce qui amena des soulèvements partiels facilement

écrasés.

Or, à cette date du 25 mai où nous sommes parvenus, une dizaine de chefs

avaient reçu des ordres pour attendre.

Nous savons que Jean de Kardigân et Henry de Puiseux attendaient, eux,

avec leurs hommes, dans les bois de Machecoul.

Le 26 au matin, un paysan, le front couvert d'un large et épais chapeau

campagnard, se présenta aux avant-postes, derrière lesquels se tenait

Madame.

Il montra une passe signée du maréchal de Bourmont.

--Votre nom? demanda le factionnaire au paysan.

--Jean-Nu-Pieds.

Ils ne s'appelaient, les uns et les autres, que par des faux noms.

--Bien.

Jean-Nu-Pieds fut introduit dans une chambre où se trouvait un jeune

gars d'environ dix-huit ans, qui mangeait un potage aux choux.

Au bruit des pas il se retourna.

--Bonjour, marquis! dit-il.

C'était Madame, ou plutôt _Mathurine_.

X

Jean-nu-pieds, Vol. 1 chronique de 1832 · 第 162 / 194 题