M. Hérault disait: trois jours. Le moribond, lui, disait: demain.

Le marquis reprit:

--Quand M. le curé me quittera, tu reviendras auprès de moi; j'aurai un

suprême entretien avec toi. Emporte ceci... c'est mon testament.

Une demi-heure après, l'abbé Raymond, curé de Kardigân, arriva, et reçut

la confession du mourant; puis on introduisit toute la maison, les

valets et les paysans qui, agenouillés derrière Jean et Aubin Ploguen,

assistaient à la communion dernière du maître.

--Je meurs dans ma religion catholique, apostolique et romaine, dit le

vieillard. Le ciel me pardonnera peut-être mes péchés en faveur de mon

repentir!

Cette scène, impressionnante au plus haut degré, se passait au milieu du

recueillement de tous et du silence de cette nuit d'été.

Tout le monde se retira quand le curé de Kardigân laissa seul le

marquis.

--Restez, Jean, dit celui-ci.

Jean, qui s'apprêtait à s'éloigner, s'arrêta.

--Venez vous asseoir près de moi, mon fils.

Le jeune homme obéit.

--Je vais mourir, dit lentement le marquis... Écoutez-moi, mon fils...

Jean-nu-pieds, Vol. 1 chronique de 1832 · 第 30 / 194 题