LE DONJON

Lui non plus n’avait pas volé son surnom.

Pourtant nous ne songions guère à parler par antiphrase, Fèvre surtout,

que ce seul mot eût fait rêver: toujours parmi les derniers à l’école,

il aimait mieux le jeudi tuer des moineaux à coups de lance-pierres

qu’apprendre ses leçons pour le lendemain. Mais pour donner des

sobriquets il n’avait pas son pareil.

Dans notre manuel d’Histoire de France, au chapitre du Moyen-Age, une

gravure représentait un château et une chaumière, avec cet intitulé:

«Le donjon et la cabane du serf.»

Si la cabane se faisait humble, le donjon, cela va sans dire, se

dressait superbe sous la voûte du ciel dont il semblait être un des

piliers. Fèvre regardait plus les dessins qu’il ne lisait les textes. Il

avait le temps de réfléchir, de trouver des associations d’idées que

nous ne soupçonnions pas.

Le père Petit n’avait pas davantage volé son nom.

Guère plus haut qu’un gamin, il n’avait qu’un soupçon de moustache. Ses

favoris grisonnants,--ou plutôt ses pattes de lapin, car ils ne lui

descendaient même pas à mi-joue,--était-ce de la barbe ou des cheveux?

On ne pouvait pas trop savoir. Le coiffeur seul aurait peut-être pu le

dire, mais le père Petit n’était pas de ses clients. Il se faisait

tailler les cheveux par sa femme: c’était, chaque fois, quatre sous

d’économisés. Sans ses lourds sabots, il semblait que le vent,

s’engouffrant sous sa blouse, l’eût emporté comme une plume. Il faisait

penser beaucoup plus au serf et à sa cabane. C’est à cause de quoi, sans

doute, Fèvre l’appela «le Donjon».

Il avait un poste officiel qui, s’il lui valait l’aisance, l’astreignait

à de multiples devoirs: le dimanche il aidait à couper et à distribuer

le pain bénit, et à sonner les cloches. Aide-sacristain, aide-sonneur,

il était obligé de mener de front plusieurs pensées: aussi gagnait-il

cent francs par an.

Pour lui offrir cette fortune, on vint le chercher dans sa maison du

Vieux-Château. Si abasourdi d’abord qu’il ne songeait pas à refuser, il

accepta dès qu’il eut recouvré son sang-froid. Sobre par tempérament, et

par manque d’argent économe, il n’entrait jamais dans les auberges.

Pacifique, il ne blasphémait pas. De quoi se fût-il irrité? Sa vie

n’était-elle pas celle qu’il devait vivre? Mais des hommes qui ne

boivent ni ne jurent sont rares dans les petites villes, et ailleurs. Le

Donjon fut jugé digne de devenir un des plus proches serviteurs de Dieu

dans son église, bien qu’il habitât dans le Vieux-Château où l’on ne

fait guère preuve de sentiments chrétiens. Mais il n’y a pas de

sentiments qui tiennent: on se loge suivant ses ressources. Et celles du

Donjon ne lui auraient permis de vivre ni sur la place, ni dans la

grand’rue.

Sa maison, d’un loyer annuel de soixante-dix francs, lui suffisait. Elle

avait quatre murs, parce que le vent peut venir indifféremment des

quatre points cardinaux, et un toit, parce que la pluie et la neige

viennent toujours d’en haut. Ni les murs ni le toit n’étaient neufs: ils

perdaient celui-ci de ses tuiles, ceux-là de leur mortier. Ils

résistaient de leur mieux, mais le vent s’attaquait aussi au toit, la

pluie et la neige aussi aux murs. N’importe. Il s’y sentait bien chez

lui, beaucoup mieux que dehors comme «les pacants», qui sont les

mendiants des routes.

C’était une de ces maisons qui, sans leur horloge, leur bois de lit,

leur armoire et leur arche, feraient penser aux huttes que les Gaulois

se bâtissaient dans les clairières. Souvent pleines de fumée que le vent

rabat à l’intérieur, il faut les voir avec leurs murs jaunis, leurs

solives noircies, leurs carreaux enduits d’une poussière qui, mélangée à

de l’eau, forme crasse; surtout avec leur provision de bois entre la

cheminée et l’arche: fagots entiers, avec leurs feuilles sèches, que

l’on coupe à mesure sur le billot, bûches, avec leurs racines terreuses,

que l’on jette telles quelles sur le feu. La serpe est là. La scie et le

chevalet ne sont pas loin. Tout cela serait aussi bien à la cave ou au

grenier. Mais il faudrait se déranger trop souvent. Et puis vous ne

savez pas qu’ainsi le bois sèche mieux. Quant à ceux qui ne trouvent pas

notre maison à leur goût, eh bien, ma foi, on ne les force pas à y

entrer. Il faut, pour monter au grenier, sortir par tous les mauvais

temps et dresser l’échelle lourde, quelquefois vermoulue. Un faux pas

est vite fait. On a peur de glisser sur un barreau, ou qu’il se casse en

deux. Pour aller à la cave, il faut sortir aussi, patauger dans la boue.

Sans doute il ne manque pas d’ouvriers qui ont le souci d’être bien

logés et chez qui l’on trouve, à défaut de luxe, de la propreté. Pour

reluire, une armoire n’a pas besoin d’être en acajou. Les carreaux les

plus ordinaires peuvent être rouges de leur teinte naturelle quand on

les lave tous les matins. Mais il ne fallait pas en demander tant à ceux

du Vieux-Château.

Le Donjon était satisfait de son logis comme de sa vie. Pas un roi dans

son palais n’était plus heureux que lui lorsque, le nez de ses sabots

dans les cendres chaudes, il écoutait gémir le vent et regardait la

neige tomber. Qu’eût-il fait d’une maison propre et claire? Il y aurait

été tout dépaysé. Peut-être même n’aurait-il pas osé y entrer.

* * * * *

Même avant qu’il fût promu à cette double dignité d’aide-sacristain et

d’aide-sonneur, il ne se créait pas d’inutiles tourments. D’autres,

moins pauvres que lui, travaillaient tous les jours soit dans leurs

champs, soit chez les riches. Lui, non. Il vivait à peu près comme un

rentier qui, du moins, n’a pas le souci de surveiller les cours de ses

valeurs. Il travaillait lorsqu’il en avait envie, beaucoup plus que

lorsqu’il en avait besoin: sinon, il n’aurait pas cessé, du deux janvier

à la Saint-Sylvestre. S’il allait au bois faire des fagots, c’est qu’il

éprouvait le désir de respirer l’air pur. Il partait de bon matin si le

temps était beau à sa convenance, avec sa serpe et son carnier. Ne se

pressant pas, puisqu’il avait toute sa journée devant lui, il

rencontrait beaucoup de monde, du pont des Canes à la Grange-Billon.

Bonjour à l’un, bonjour à l’autre, il s’arrêtait ici un instant, là cinq

minutes. Dans le bois il recherchait la compagnie des charbonniers,

tournait avec eux autour des meules d’où montaient des filets de fumée

grise ou bleue, suivant que la combustion était plus ou moins avancée.

Avec eux il s’asseyait devant leurs huttes et les écoutait causer: on ne

saurait jamais trop s’instruire. C’étaient trois, cinq fagots de moins.

Mais il n’y regardait pas de si près, sachant encore que pour aboutir à

la tombe on se donne toujours trop de mal.

Il avait, non loin de sa maison, un jardin qui aurait pu être

magnifique, mais qu’il n’avait pas le temps d’entretenir. Plus de

mauvaises herbes que de légumes y poussaient; les arbres fruitiers

étaient «mangés» par les ronces qu’il n’avait pas le temps de couper,

par les branches trop longues du plan d’épines qu’il n’avait pas le

temps d’égaliser. Pas exigeant, il ne demandait qu’à récolter assez pour

leur consommation personnelle,--car ils étaient trois,--insoucieux de

vendre le surplus. Insoucieux? Non pas. Le Donjon avait sa dignité.

Aller de porte en porte, un panier au bras, ou s’installer le jeudi sur

la place avec des choux et des carottes dans sa brouette l’eût fait

rougir de honte.

Pourtant il allait quelquefois en journée: il n’est pas mauvais de

varier ses occupations. On l’employait, comme Chuchot, à scier du bois.

S’il ne flânait pas aussi ostensiblement, s’il ne rôdait pas autour de

la cuisine, il se reposait fréquemment en s’essuyant le front d’un

revers de manche. On ne lui disait pas: «Ce ne sera pas la peine de

revenir demain». Mais on ne le prenait que lorsque tous les autres

étaient occupés ailleurs.

Sa femme aurait pu faire des ménages et laver des lessives. Mais il

s’agissait bien de cela quand elle non plus ne trouvait même pas le

temps de laver les carreaux de leur maison! Elle était de celles qui ne

trouvent pas davantage le temps d’aller à la messe le dimanche. On

l’appelait la «Donjoune». Fèvre se chargeait de créer les mots qui

n’existaient ni dans notre manuel d’Histoire de France ni dans le

dictionnaire.

Aussitôt que leur gamin eut fait sa première communion, ils le mirent en

apprentissage chez un cordonnier. C’est un métier qui n’est pas

fatigant: on est toujours assis. Il n’était pas plus gros ni plus solide

que son père. Pour commencer il ne gagna rien, ensuite pas grand’chose.

Mais c’était mieux que s’il fût resté à leur charge.

* * * * *

Du jour au lendemain sa vie changea. Ses épaules n’étaient pas habituées

au fardeau de cette double tâche. Il aurait des occupations multiples, à

jours et à heures fixes. Il n’irait pas à l’église comme il allait au

bois: quand le ciel serait à sa convenance, mais par tous les temps bons

ou mauvais, tous les dimanches et tous les jours de fêtes.

Les six enfants de chœur, nous avions affaire à lui, mais nous ne le

craignions guère, n’étant pas sous ses ordres. Nous représentions, lui

et nous, deux forces parallèles qui agissaient sans se contrarier, tout

en se rencontrant parfois. Mais, à partir du jour où Fèvre l’eut

surnommé «le Donjon», nous le craignîmes plus du tout. Il approchait de

la cinquantaine: son âge cessa de nous en imposer. Nous ne nous

occupions plus que de sa petite taille et de ses gros sabots qui

faisaient du bruit sur les dalles. En vain marchait-il avec toute la

délicatesse dont il était capable: M. le Curé dut l’appeler après la

grand’messe.

--Père Petit, lui dit-il, vous n’avez donc pas de souliers?

M. le Curé pouvait s’en étonner, puisque le fils du Donjon travaillait

chez un cordonnier. Il est vrai qu’il n’était encore qu’apprenti.

--Ma foi non, M. le Curé! répondit-il. Qu’est-ce que j’en ferais?

Il avait raison. Mais M. le Curé ne fut pas de cet avis.

--Allons! Allons! dit-il. J’arrangerai cela.

Un de ces messieurs de la Fabrique en avait une vieille paire dont il se

sépara sans trop de regrets. Sur les dalles on n’entendit plus les

sabots du Donjon; mais il ne s’habitua pas tout de suite à marcher avec

des souliers: d’abord il fit plus de bruit qu’avec ses sabots.

Il avait son intelligence à lui, comme un outil personnel dont d’autres

auraient été incapables de se servir. Depuis sa naissance il

l’appliquait, toujours égale, à trancher des difficultés toujours

semblables, à comprendre les menus événements dont se tissait sa vie

invariable. Quand il s’agit de la distribution du pain bénit, il eut

besoin de plus d’un dimanche pour s’y reconnaître. Aussi bien était-ce

d’une invraisemblable complication.

L’église se composait de la nef centrale, de deux nefs latérales et de

la nef déambulatoire. Inutile de dire que le Donjon n’arriva jamais à

prononcer ce dernier mot. Après tout ce n’était pas nécessaire. Mais il

s’embrouillait dans ses souvenirs: tant de choses se passaient au cours

d’une semaine qu’il avait le droit de ne plus se rappeler, d’un dimanche

à l’autre. Une fois on distribuait le pain bénit dans la nef gauche et

dans la partie gauche de la nef centrale, une autre fois dans la nef

droite et dans la partie droite de la nef centrale. Et il y avait la

chapelle des sœurs, la chapelle de Sainte-Julitte, la chapelle de

Saint-Alban, où l’on devait, la distribution régulière faite, porter ce

qu’il restait de pain dans les corbeilles. Et le pourtour du chœur! Et

les hommes qui se tenaient debout sous les cloches!...

D’autant plus qu’il venait de fournir un effort pour sonner les cloches.

Il ne s’agissait que d’un effort des bras, mais ils étaient, comme son

intelligence, accoutumés à des mouvements toujours pareils; ils étaient

surtout accoutumés au repos.

Il y avait trois cloches, chacune avec beaucoup de prénoms, que nous

appelions, pour plus de commodité, la petite, la moyenne, la grosse.

Nous mettions notre orgueil de gamins à les sonner sans le secours de

personne, mais très peu d’entre nous osaient s’attaquer à la grosse.

Elle avait une double corde, parce qu’il ne fallait pas moins de quatre

bras pour la mettre en branle. Une fois «embarquée», comme nous disions,

nous réussissions, avec de l’adresse, à maintenir son élan, et nous en

étions fiers. La première fois que je «sonnai la grosse» sans aide, je

crus que rien dans l’univers ne pourrait plus me résister. J’avais douze

ans.

Le Donjon n’était pas payé pour avoir des ambitions d’un pareil lyrisme,

mais il l’était pour aider à sonner. Là non plus il ne réussit pas tout

de suite. Nous riions de le voir s’accrocher maladroitement à la corde

qu’il ne laissait filer qu’au moment où il sentait qu’elle allait

l’emporter. Il n’était pas lourd: son poids n’eût pas suffi à arrêter la

cloche. Mais quand c’était fini il suait à grosses gouttes.

Nous le laissions faire, bien qu’il nous en coûtât. Il y avait les trois

coups de la Messe et les trois coups des Vêpres. Le dimanche, la

présence du Donjon n’était nécessaire que pour le troisième coup, mais

les jours de fêtes il fallait qu’il fût là pour les trois. Si pour lui

c’était une fameuse besogne, pour nous, qui n’étions pas payés, c’était

une grande joie. Nous nous disputions les cordes. Il y eut même des

batailles, fronts bosselés, joues écorchées. A tel point que, pendant

quelque temps, l’accès du clocher nous fut interdit. Il n’en était pas

de même, hélas! pour le Donjon!

* * * * *

Sa femme tout de suite avait loué une chaise à l’église. Elle trouva le

temps de venir à la grand’messe tous les dimanches. Elle le suivait des

yeux, s’inquiétant qu’il ne fît point l’affaire. Elle prit même, peu à

peu, l’habitude d’aller l’aider à sonner, lui qui déjà n’était là que

pour aider, avant la Messe et avant les Vêpres. Les carreaux de la

maison n’en étaient pas plus sales.

* * * * *

Il se montrait encore dans d’autres grandes circonstances, comme le

matin du premier Janvier et le soir du vingt-quatre Septembre,

lorsqu’avec les employés de l’église,--le sacristain, le suisse, le

chantre et le sonneur,--il allait souhaiter à M. le Curé la bonne année

et sa fête, la Saint-Firmin. Le suisse et le chantre tenaient le

crachoir. Le verre en main, debout autour de la table sur laquelle les

attendaient des gâteaux, ils entamaient tantôt avec gravité, tantôt avec

gaieté, la chronique locale. Toujours renseigné avant eux, M. le Curé

les écoutait d’une oreille en apparence attentive, pour leur faire

plaisir. Le Donjon, lui, écoutait pour se donner une contenance, comme

un gamin à l’école, qui ne comprend pas tout. Mais il riait en même

temps que les autres. Le reste du temps il opinait du chef, au supplice

quand ce blagueur de chantre, qui avait la langue trop bien pendue, le

désignait à l’attention de tous en disant, par exemple:

--C’est comme le père Petit. L’autre jour...

Et le reste!

Dans cette grande salle à manger trop propre, il ne se sentait pas à

l’aise. Sa place prise une fois pour toutes, il n’en bougeait pas d’une

semelle, de peur de glisser sur le parquet ciré. Il regrettait d’être

obligé de s’arracher à sa chère solitude. Il aimait mieux le coin de son

feu. Heureusement il n’y avait qu’un premier Janvier et qu’une

Saint-Firmin. Sans quoi il eût été capable, dès la première année, de

démissionner.

* * * * *

Les tuiles de sa maison n’en souffrirent pas, mais un mauvais vent

souffla qui devait venir de très loin, de Paris sans doute, puisque le

Donjon estima qu’il n’était pas rétribué selon ses mérites. D’habitude

ce n’est pas dans nos pays que ces idées prennent naissance. Elles y

arrivent par on ne sait quels chemins, comme de mauvaises graines qui

mettent longtemps à se développer, mais qui se garderaient de mourir.

Peut-être le Donjon les tenait-il, sans le savoir, de son fils qui,

parti travailler à Paris, lui écrivait de temps en temps et était

revenu, à deux reprises, passer ici huit jours. En tout cas, à l’âge de

soixante ans, il fraternisait inconsciemment avec les ouvriers des

grandes villes qui, jeunes, hommes mûrs, trouvent toujours qu’ils

travaillent trop et qu’ils ne gagnent pas assez. On disait d’eux:

--Ils réclament la journée de huit heures, n’est-ce pas? Eh bien, quand

ils l’auront, vous verrez qu’il leur faudra la journée de sept, puis de

six heures, jusqu’à ce qu’ils arrivent à ne plus rien faire du tout. Tas

de «feignants»! Ah! malheur!

Ses cent francs, le Donjon finissait par les considérer comme son dû:

maintenant il fallait qu’on lui payât son travail, et il demanda une

augmentation.

Il avait bien choisi son moment! La séparation de l’Église et de l’État

venait d’être votée, mais est-ce qu’il en savait quelque chose!... En

eût-il entendu parler, d’ailleurs, que c’était trop compliqué pour qu’il

en saisît le premier mot. M. le Curé en leva les bras au ciel.

--Une augmentation, père Petit! Mais vous n’y pensez pas!...

--C’est que les temps sont durs pour le pauvre monde, Monsieur le Curé!

Ils le furent bien davantage quand on lui eut dit:

--C’est à prendre ou à laisser.

Il répondit sans hésitation:

--Eh bien, ma foi, je laisse.

Se considérant comme indispensable, il pensait qu’on insisterait pour le

retenir. Il n’en fut rien.

Deux, trois, quatre semaines il attendit qu’on vînt le supplier de

revenir. Il avait fait preuve d’indépendance: il aurait recommencé pour

le même prix. Après tout, les billets de cent francs, il n’en pleut pas

dans nos rues. Il s’étonnait d’entendre sonner les cloches comme par le

passé. Le premier dimanche sa femme alla tout de même à la grand’messe,

pour voir. C’était un enfant de chœur qui distribuait une partie du pain

bénit, mais avec moins d’élégance, estima-t-elle, que le Donjon.

Pourtant chacun en eut sa part. Personne ne mourut de faim.

Il finit par n’y plus penser. Il reprit sa vie d’autrefois. Lorsqu’il se

rappelait ces dix années de travail acharné, il se passait la main sur

le front comme pour se débarrasser d’un mauvais rêve. Et, pourtant, il

commençait à s’habituer au premier Janvier et à la Saint-Firmin...

Sous d'humbles toits · 第 12 / 30 题