L’armée au moment où je la quittai était dans la plus affreuse

détresse. Depuis longtems déjà la désorganisation et les pertes

étaient effrayantes, l’artillerie et la cavalerie n’existaient plus.

Tous les corps étaient confondus. Les soldats marchaient pêle-mêle

et ne songaient qu’à prolonger machinalement leur existence; quoique

l’ennemi fut sur nos flancs, chaque jour des milliers d’hommes isolés

se répandaient dans les villages voisins de la route et tombaient

dans les mains des Cosaques. Cependant quelque grand que soit le

nombre des prisonniers, celui des morts l’est incomparablement

davantage. Il est impossible de peindre jusqu’à quel point la

disette s’est fait sentir pendant plus d’un mois; il n’y eut point

de distributions; les chevaux morts étaient la seule ressource, et

bien souvent les maréchaux mêmes manquaient de pain. La rigueur

du climat rendait la disette plus meurtrière, chaque nuit nous

laissions au bivouac plusieurs centaines de morts. Je crois pouvoir

sans exagérer porter à cent mille le nombre qu’on a perdu ainsi,

et peindre avec assez de vérité la situation des choses en disant

que l’armée est morte: la jeune garde qui faisait partie du corps

auquel j’étais attaché était forte de 8000 hommes lorsque nous avons

quitté Moscou, à Wilna elle en comptait à peine quatre cents. Tous

les autres corps d’armée sont réduits dans la même proportion, et la

retraite ayant dû se prolonger au-delà du Niemen, je suis convaincu

que vingt mille hommes n’auront pas atteints la Vistule. On croyait

à l’armée que beaucoup de soldats avaient pris les devants et qu’ils

se rallieraient lorsqu’on pourrait suspendre le mouvement rétrograde.

Je me suis assuré du contraire; à cinq lieues du quartier général,

je ne rencontrai plus d’hommes isolés et je connus bien alors la

profondeur de la plaie. Une phrase pourrait donner à V. M. une idée

de l’état des choses, depuis le passage du Niemen un corps de 800

Napolitains, le seul corps qui eût conservé quelque consistance,

faisait l’arrière garde d’une armée française, forte naguère de trois

cents mille hommes. Il est impossible d’exprimer jusqu’à quel point

le désordre était contagieux; les corps réunis des ducs de Bellune et

de Reggio comptaient 30,000 hommes au passage de la Beresina, deux

jours après ils étaient dissous comme le reste de l’armée. Envoyer

des renforts c’était augmenter les pertes et l’on reconnut enfin

qu’il fallait empêcher les troupes neuves de se mettre en contact

avec cette multitude en désordre à laquelle on ne peut plus donner

le nom d’armée. Le roi de Naples disait hautement qu’en lui laissant

le commandement l’empereur avait exigé le plus grand sacrifice qu’il

pût attendre de son dévouement. Les forces physiques et morales du

prince de Neufchâtel étaient entièrement épuisées. Si maintenant

V. M. me demandait quel doit être le terme du mouvement rétrograde,

je lui répondrais que l’ennemi est maître de le fixer. Je ne crois

pas que les Prussiens fassent de grands efforts pour défendre

leur territoire. M. de Narbonne que j’ai vu à Berlin et qui était

chargé de lettres de l’empereur pour le roi de Prusse, m’a dit que

les dispositions de ce prince et de son premier ministre étaient

favorables, mais il ne se dissimulait pas que celles de la nation ne

sont pas les mêmes. Déjà plusieurs rixes s’étaient engagées entre les

habitans de Berlin et des soldats de la garnison française; et en

traversant la Prusse j’ai eu lieu de m’assurer que l’on ne pouvait

guère compter sur cette alliée de nouvelle date.

Il parait aussi que dans l’armée autrichienne les officiers

déclamaient publiquement contre la guerre.

Quel triste que soit ce tableau, je crois l’avoir peint sans

exagération et l’avoir observé de sang froid. Mon opinion sur

l’étendue du mal est la même que lorsque j’étais plus voisin du

théâtre.

No. VII.

_Ghiart, le 2 Septembre, 1812._

MONSIEUR LE DUC DE FELTRE,

J’ai reçu le rapport du duc de Raguse sur la bataille du 22. Il

est impossible de rien lire de plus insignifiant: il y a plus de

fatras et plus de rouages que dans une horloge, et pas un mot qui

fasse connaître l’état réel des choses. Voici ma manière de voir sur

cette affaire, et la conduite que vous devez tenir. Vous attendrez

que le duc de Raguse soit arrivé, qu’il soit remis de sa blessure,

et à-peu-près entièrement rétabli. Vous lui demanderez alors de

répondre catégoriquement à ces questions. Pourquoi a-t-il livré

bataille sans les ordres de son général-en-chef? Pourquoi n’a-t-il

pas pris des ordres sur le parti qu’il devoit suivre, subordonné

au systême général sur mes armées d’Espagne? Il y a là _un crime

d’insubordination_ qui est la cause de tous les malheurs de cette

affaire, et quand même il n’eut pas été dans l’obligation de se

mettre en communication avec son général-en-chef pour exécuter les

ordres qu’il en recevrait, comment a-t-il pu sortir de sa défensive

sur le Duero, lorsque, sans un grand effort d’imagination, il étoit

facile de concevoir qu’il pouvoit être secourn par l’arrivée de

la division de dragons, d’une trentaine de pièces de canon, et de

plus de 15 mille hommes de troupes Françaises que le roi avoit dans

la main? Et comment pouvoit il sortir de la défensive pour prendre

l’offensive sans attendre la réunion et le secours d’un corps de 15 à

17 mille hommes?

Le roi avoit ordonné à l’armée du nord d’envoyer sa cavalerie à son

secours; elle étoit en marche. Le duc de Raguse ne pouvoit l’ignorer,

puisque cette cavalerie est arrivée le soir de la bataille. De

Salamanque à Burgos il y a bien des marches. Pourquoi n’a-t-il pas

retardé de deux jours pour avoir le secours de cette cavalerie,

qui lui étoit si importante? Il faudroit avoir une explication sur

les raisons qui ont porté le duc de Raguse à ne pas attendre les

ordres de son général-en-chef pour livrer bataille sans attendre les

renforts que le roi, comme commandant supérieur de mes armées en

Espagne, pouvoit retirer de l’armée du centre, de l’armée de Valence

et de l’Andalousie. Le seul fonds de l’armée du centre fournissoit

15 mille hommes de pied, et 2500 chevaux, lesquels pouvoient être

rendus dans le même temps que le duc de Raguse faisoit battre son

corps, et en prenant dans ses deux armées, le roi pouvoit lui amener

40 mille hommes. Enfin le duc de Raguse sachant que 1500 chevaux

étoient partis de Burgos pour le rejoindre, comment ne les a-t-il pas

attendus?

En faisant coincider ces deux circonstances d’avoir pris l’offensive

sans l’ordre de son général-en-chef et de ne pas avoir retardé

la bataille de deux jours pour ne pas recevoir 15,000 hommes

d’infanterie que lui amenoit le roi, et 1500 chevaux de l’armée du

nord, on est fondé à penser que ce maréchal a craint que le roi ne

participe au succès de la bataille, et qu’il a sacrifié à la vanité

la gloire de la patrie et l’avantage de mon service.

Donnez ordre aux généraux divisionnaires d’envoyer les états de leurs

pertes. Il est intolérable qu’on rende des comptes faux et qu’on me

dissimule la vérité.

Prescrivez au général Clausel, qui commande l’armée, d’envoyer la

situation avant et après la bataille. Demandez également aux chefs de

corps des situations exactes. Finalement, vous ferez connoître au duc

de Raguse en temps opportun combien je suis indigné de la conduite

inexplicable qu’il a tenue, en n’attendant pas deux jours que les

secours de l’armée du centre et de l’armée du nord le rejoignissent.

J’attends avec impatience l’arrivée du général aide-de-camp du roi

pour avoir des renseignemens précis. Ce qu’il a écrit no signifie pas

grande chose.

(Signé) NAPOLEON.

No. VIII. A.

_Extract from general Souham’s despatch to the minister of war,

Briviesca, 2d October, 1812._

Par votre lettre du 6 Octobre vous m’annoncez que le duc de Dalmatie

venait de réunir son armée à Grenade et à Jaen, et que le roi alloit

se mettre incessamment en communication avec ce maréchal pour marcher

de concert sur Madrid. En consequence de ces mouvemens je resolus

de marcher à la rencontre de l’ennemi, et de le forcer à lever le

siège de Burgos. Le 18 toute mon armée se mit en mouvement sur trois

colonnes, et le 19 elle occupait les positions ainsi qu’il suit.

La droite à Termino, le centre sur les hauteurs de Monasterio, et

la gauche à Villa Escuso la Solano et Villa Escuso la Sombria.

La journée du 20 devait être celle du combat, lorsque je reçus à

l’instant, à deux heures du matin, par un aide-de-camp, une lettre

de S. M. C. qui m’ordonne de ne point engager d’affaire générale, et

d’attendre que par ses manœuvres lord Wellington soit forcé d’évacuer

sa position de Burgos; ainsi il me faut renoncer à tous mes projets,

et non sans un violent chagrin, car je puis assurer V. E. que mon

armée était parfaitement disposée, et que j’aurais pu combattre

l’ennemi avec avantage. Cependant l’armée n’a des vivres que pour

quatre jours, et à cette epoque, si lord Wellington n’est point en

retraite, je serai forcé de l’attaquer. J’entrevois moins de peril de

marcher en avant que de rétrograder. Dans un instant où le moral du

soldat commence à se raffermir tout mouvement en arrière produit le

plus mauvais effet.

(Signé) COMTE SOUHAM.

No. VIII. B.

_Extracts from two letters written by the duke of Feltre to King

Joseph, dated Paris, 8th Oct. and 19th Nov., 1812._

On one of the letters is the following note, in pencil, by the duke

of Wellington. “_Advantage of English newspapers._”

“Sire,—J’ai l’honneur d’adresser ci-joint à votre majesté quelques

extraits des journaux Anglais les plus récents dont j’ai choisi ce

qui pourrait être de quelque intérêt dans les circonstances actuels.”

“Sire,—J’ai l’honneur d’adresser ci-joint à V. M. plusieurs extraits

des journaux Anglais contenant quelques faits utiles ou intéressans à

connaître.”

These extracts taken from the Courier, Morning Post, Times, Alfred,

Statesman, and Morning Chronicle, contained minute details upon

the numbers, situation, and destination of the Sicilian, Spanish,

and Anglo-Portuguese armies, and the most exact account of the

reinforcements sent from England. In fine a complete system of

intelligence for the enemy.

No. IX.

_Extract of a letter from marshal Jourdan to colonel Napier._

_Soisy sous Etiole, 14 Janvier, 1829._

Le 10 Novembre, 1812. Les armées du midi, du Portugal, et du centre

se trouvaient réunies sur la Tormes. Vous connaissez la position

qu’occupait l’armée des alliés. Cette position ayant été bien

reconnue, dans la journée du 11, par le roi, accompagné du duc de

Dalmatie, de plusieurs généraux, et de moi, je proposai de passer la

Tormes, guéable prèsque partout entre Villa-Gonzala et Huerta, et de

nous porter rapidement sur Calvarissa de Ariba, qui se trouvait au

centre de la ligne des ennemis. J’esperais que lord Wellington ne

pourrait éviter la bataille; et j’étais d’avis que nous devions faire

tous nos efforts pour le forcer à l’accepter; me flattant qu’avec une

armée de 80 milles hommes, dont 10 milles de cavalerie et 120 pièces

de canon,[2] nous étions en état de remporter un brilliant succès,

sur le même champ de bataille où quelques mois avant nous avions

essuyé un revers.

Le duc de Dalmatie, n’étant pas de mon avis, proposa d’aller passer

la Tormes, à des guès qu’il avait reconnus à deux lieues au-dessus

d’Alba; ce parti était sans doute plus prudent; mais il avoit,

suivant moi, l’inconvenient que je voulais éviter, c’est-à-dire,

qu’il laissait à nos adversaires la facilité de se retirer sans

combattre. Cependant comme je n’étais revêtu d’aucun commandement,

tandis que le duc de Dalmatie avait sous ses ordres les deux tiers

de l’armée, le roi jugea convenable d’adopter son plan, et lui en

confia l’exécution; vous en connaissez le résultat: il fut tel que je

l’avais prévu.

Permettez moi, Monsieur, d’ajouter une reflexion; Il me semble que

lord Wellington decidé à battre en retraite, aurait dû commencer

à l’opérer le 14ème jour, où nous franchîmes la Tormes. En ne se

mettant en mouvement que le 15, il se trouva dans la nécessité de

défiler devant nous pendant une partie de la journée; et sans les

mauvais tems, et surtout sans beaucoup trop de circonspection de

notre côté il eût peut-être couru quelque danger.

On a publié que pendant leur retraite les alliés ne perdirent que 50

ou 60 tués, 150 blessés, 170 prisonniers. Il est, cependant, certain

que le nombre de prisonniers Anglais, Portugais, et Espagnols,

conduits au quartier général à Salamanque, étoit, le 20 Novembre, de

3520.

The justice of the marshal’s opinion as to lord Wellington having

staid too long on the Tormes is confirmed by the following note of a

conversation held with the duke of Wellington on the subject.

“Lord Wellington would have fought the French on the old position of

the Arapiles in 1812 notwithstanding their superior numbers, but he

staid too long at Salamanca.”

No. X.

_The duke of Feltre, minister of war, to the king of Spain._

_Paris, le 29 Janvier, 1813._

SIRE,

J’ai eu l’honneur d’écrire à V. M. le 4 de ce mois pour lui faire

connaître les intentions de l’empereur au sujet des affaires

d’Espagne, et la necessité de transporter le quartier général de

Madrid à Valladolid. Cette dépêche a été expédiée par duplicate et

triplicate, et j’ignore encore si elle est parvenue à V. M. Depuis

sa dépêche de Madrid du 4 Decembre je suis privé de ses lettres,

et ce long silence me prouve que les communications de Madrid à

Vittoria restent constamment _interceptées_. Il est vrai que les

opérations du général Caffarelli qui s’est porté avec toutes ses

troupes disponsibles sur la côte de Biscaye pour dégager Santona

fortement menacé par l’ennemi et parcourir la côte, a donné aux

bandes de la Castille une facilité entière d’intercepter la route

de Burgos à Vittoria. Les dernières nouvelles que je reçois à

l’instant de l’armée de Portugal sont du 5 Janvier. A cette époque

tout y était tranquille, mais je vois toujours la même difficulté

pour communiquer. Cet état de choses rend toujours plus nécessaire

de s’occuper très sérieusement et très instamment de balayer les

provinces du nord, et de les délivrer enfin de ces bandes qui

ont augmentés en forces et en consistance à un point qui exige

indispensablement toute notre attention et tous nos efforts. Cette

pensée a tellement attire l’attention de l’empereur que S. M. I. m’a

réitéré quatre fois successivement l’ordre exprès de renouveller

encore l’expression de ses intentions que j’ai déjà adressée à V. M.

par ma lettre du 4 Janvier pour l’engager à revenir à Valladolid, à

garder Madrid par une division seulement, et à concentrer ses forces

de manière à pouvoir envoyer des troupes de l’armée de Portugal vers

le nord, en Navarre, et en Biscaye, afin de délivrer ces provinces,

et d’y rétablir la tranquillité. Le général Reille également frappé

de l’état des choses dans le nord de l’Espagne a bien compris la

nécessité de prendre un parti decisif à cet égard. Il m’a transmis

à cette occasion la lettre qu’il a eu l’honneur d’écrire à V. M.

le 13 Octobre dernier, et j’ai vu qu’il lui a présenté un tableau

frappant et vrai de la situation des affaires qui vient entièrement à

l’appui de ma dépêche du 4 courant. Quant à l’occupation de Madrid,

l’empereur m’ordonne de mettre sous les yeux de V. M. le danger

qu’il y aurait dans l’état actuel des affaires de vouloir occuper

cette capitale comme point central, et d’y avoir encore des hôpitaux

et établissemens qu’il faudrait abandonner à l’ennemi au premier

mouvement prononcé qu’il ferait vers le nord. Cette considération

seule doit l’emporter sur toute autre, et je n’y ajouterai que

le dernier mot de l’empereur à ce sujet; c’est que toutes les

convenances dans la position de l’Europe veulent que V. M. occupe

Valladolid, et pacifie le nord. Le premier objet rempli facilitera

beaucoup le second, et pour y contribuer par tous les moyens comme

pour économiser un tems précieux, et mettre à profit l’inaction des

Anglais, je transmets directement aux généraux commandant en chef

les armées du nord et de Portugal, les ordres de l’Empereur pour que

leur exécution ne souffre aucun retard, et que ceux de V. M. pour

appuyer et consolider leurs opérations n’éprouvent ni lenteur ni

difficulté lorsqu’ils parviendront à ces généraux. Je joins ici copie

de mes lettres, sur lesquelles j’ai toujours reservé les ordres que

V. M. jugera à-propos de donner pour l’entière exécution de ceux de

l’empereur. Ma lettre était terminée lorsqu’un aide-de-camp de M. le

maréchal Jourdan est arrivé avec plusieurs dépêches, dont la dernière

est du 24 Decembre. J’ai eu soin de les mettre sous les yeux de

l’empereur, mais leur contenu ne saurait rien changer aux intentions

de S. M. I. et ne peut que confirmer les observations qui se trouvent

dans ma lettre. J’aurai l’honneur d’écrire encore à V. M. par le

retour de l’officier porteur des dépêches de M. le maréchal Jourdan.

Je suis avec respect, Sire, de votre majesté, le très humble et très

obéïssant serviteur,

Le ministre de la guerre,

DUC DE FELTRE.

No. XI.

_The duke of Feltre to the king of Spain._

SIRE,

Depuis la lettre que j’ai eu l’honneur d’écrire à votre majesté le

29 Janvier, l’empereur, après avoir pris connoissance des dépêches

apportées par l’aide-de-camp de monsieur le maréchal Jourdan, me

charge encore de réitérer son intention formelle et déjà deux fois

transmise à votre majesté, qu’elle porte son quartier général à

Valladolid afin de pouvoir s’occuper efficacement de soumettre et

pacifier le nord; par une conséquence nécessaire de ce changement,

Madrid ne doit être occupé que par l’extremité de la gauche de

manière à ne plus faire partie essentielle de la position générale

et à pouvoir être abandonné sans inconvénient, au cas qu’il

soit nécessaire de se réunir sur un autre point. Cette nouvelle

disposition procure à votre majesté les moyens de faire réfluer

des forces considérables dans le nord et jusqu’à l’Arragon pour

y détruire les rassemblemens qui existent, occuper en force tous

les points importans, interdire l’accès des côtes aux Anglais, et

opérer la soumission entière du pays. Il est donc d’une importance

extrême pour parvenir à ce bût, de profiter de l’inaction des

Anglais, qui permet en ce moment l’emploi de tous nos moyens contre

les insurgés et doit amener promptement leur entière destruction,

si les opérations entreprises pour cette effet sont conduites avec

l’activité, l’energie et la suite qu’elles exigent. Votre majesté

a pu se convaincre par la longue et constante interruption des

communications autant que par les rapports qui lui sont parvenus de

toute l’étendue du mal, et de la nécessité d’y porter remède. On ne

peut donc mettre en doute son empressement à remplir les intentions

de l’empereur sur ces points importans des changemens, qui ont eu

lieu pour le commandement en chef des armées du midi, du nord, et

de Portugal, me font espérer que votre majesté n’éprouvera plus de

difficultés pour l’exécution de ses ordres et que tout marchera

au même bût sans contradiction, et sans obstacle. Ces nouvelles

dispositions me dispensent de répondre à différentes observations

contenues dans les lettres de votre majesté, et m’engagent à attendre

qu’elle me fasse connoître les résultats des changemens ordonnés par

l’empereur. Je ne dois pas oublier de prévenir votre majesté d’un

ordre que sa majesté impériale m’a chargé de transmettre directement

à monsieur le général Reille pour lui faire envoyer une division

de son armée en Navarre dont la situation exige impérieusement des

secours prompts et efficaces. Cette disposition ne peut contrarier

aucune de celles que votre majesté sera dans le cas d’ordonner

à l’armée de Portugal pour concourir au même bût et amener la

soumission des provinces du nord de l’Espagne.

Je suis avec respect, Sire, de votre majesté

Le très humble et très obéïssant serviteur

Le Ministre de la Guerre,

DUC DE FELTRE.

No. XII.

_Duke of Feltre to the king of Spain._

_Paris, le 12 Fevrier, (No. 2.) 1813._

SIRE,

Par ma lettre de ce jour No. 1, j’ai eu l’honneur de faire connaître

à V. M. les intentions de l’empereur sur les opérations à suivre en

Espagne. La présente aura pour bût de répondre plus particulièrement

à la lettre dont V. M. m’a honoré en date du 8 Janvier et que j’ai

eu soin de mettre sous les yeux de l’empereur. Les plaintes qu’elle

contient sur la conduite du maréchal duc de Dalmatie et du général

Caffarelli deviennent aujourd’hui sans objet par l’éloignement de

ces deux généraux en chef. Je dois cependant prévenir V. M. qu’ayant

fait connaître au général Caffarelli qu’on se plaignait à Madrid de

ne point recevoir de comptes de l’armée du nord, ce général me répond

sous la date du 27 Janvier qu’il a eu l’honneur de rendre à V. M.

des comptes extrêmement frequens, qu’il lui a envoyé la situation de

l’armée et des doubles des rapports qui me sont adressés. La général

Caffarelli ajoute qu’il avait demandé à V. M. d’ordonner que deux

divisions de l’armée de Portugal vinssent appuyer les opérations

de l’armée du nord, et il pense que ces lettres se seront croisées

avec les dépêches de Madrid parceque les courriers out éprouvé

beaucoup de retard, mais il y a lieu de présumer que tout ce qui a

été adressé de l’armée du nord a du parvenir à Madrid avant la fin

de Janvier. V. M. réitère dans sa lettre du 8 Janvier ses demandes

relativement aux besoins de l’armée. Toutes ont été mises sous les

yeux de l’empereur. S. M. I. m’ordonne de répondre au sujet des fonds

dont la demande se retrouve dans plusieurs dépêches précédentes que

l’argent nécessaire aux armées d’Espagne se serait trouvé dans ces

riches et fertiles provinces dévastées par les bandes et par les

juntes insurrectionelles, qu’en s’occupant avec l’activité et la

vigueur convenables pour rétablir l’ordre et la tranquillité, on y

gagnera toutes les ressources qu’elles peuvent encore offrir, et que

le tems ramènera dans toute leur étendue. C’est donc un motif de

plus pour V. M. d’employer tous les moyens dont elle dispose pour

mettre fin à cette guerre interne qui trouble le repos des habitans

paisibles, ruine le pays, fatigue nos armées et les prive de tous les

avantages qu’elles trouveraient dans l’occupation tranquille de ces

belles contrées. L’Arragon et la Navarre aujourd’hui sous les loix de

Mina alimentent de leurs productions et de leur revenus cette lutte

désastreuse, il est tems de mettre un terme à cet état de choses

et de faire rentrer dans les mains du gouvernement légitime les

ressources d’un pays florissant lorsqu’il est paisible, mais qui ne

servent aujourd’hui qu’à son détriment.

Je suis avec respect, Sire, de votre majesté, le très humble et très

obéïssant serviteur,

Le ministre de la guerre,

DUC DE FELTRE.

No. XIII.

_The duke of Feltre to the king of Spain._

_Paris, le 12 Fevrier, 1813._

SIRE,

J’ai eu l’honneur d’écrire trois fois à V. M. dans le courant de

Janvier, pour lui transmettre les intentions de l’empereur sur la

conduite des affaires en Espagne, et j’ai eu soin de faire expedier

toutes mes dépêches au moins par triplicata, tellement que je puis et

dois espérer aujourd’hui qu’elles sont parvenues à leur destination.

Je reçois en ce moment le dup^{ta} d’une lettre de V. M. en date du 8

Janvier, dont le primata n’est point arrivé et j’y vois une nouvelle

preuve de la difficulté toujours subsistante de communication, les

inconveniens de cet état de choses deviennent plus sensibles dans

les circonstances actuelles, où il étoit d’une haute importance que

les ordres de l’empereur reçussent une prompte exécution. S. M. I.

pénétrée de cette idée, attend avec une véritable impatience de

savoir ce qui s’est opéré à Madrid, d’après ses instructions, et

cette attente, journellement deçue lui fait craindre qu’on n’ait

perdu un temps précieux, les Anglais étant depuis plus de deux mois

dans l’impuissance de rien faire. L’empereur espère du moins que

lorsque V. M. aura eu connaisance du 29^{me} bulletin, elle aura été

frappée de la nécessité de se mettre promptement en communication

avec la France et de l’assurer par tous les moyens possibles. On

ne peut parvenir à ce bût qu’en faisant refluer successivement les

forces dont V. M. peut disposer sur la ligne de communication de

Valladolid à Bayonne, et en portant en outre des forces suffisantes

en Navarre et en Aragon pour combattre avec avantage et détruire les

bandes qui dévastent ces provinces.

L’armée de Portugal combinée avec celle du nord est bien suffisante

pour remplir cet objet tandis que les armées du centre et du midi,

occupant Salamanque et Valladolid, présentent assez de forces pour

tenir les Anglais en échec en attendant les évènements. L’empereur

m’ordonne de réitérer à V. M. que l’occupation de _Valladolid_ comme

quartier général et résidence pour la personne, est un préliminaire

indispensable, à toute operation. C’est de-là qu’il faut diriger sur

la route de Burgos et successivement sur tous les points convenables

les forces disponibles qui doivent renforcer ou seconder l’armée

du nord. Madrid et même Valence ne peuvent être considérés dans ce

systême que comme des points à occuper par l’extremité gauche de

la ligne, et nullement comme lieux à maintenir exclusivement par

une concentration de forces. Valladolid et Salamanque deviennent

aujourd’hui les points essentiels entre lesquels doivent être

réparties des forces prêtes à prendre l’offensive contre les Anglais

et à faire échouer leurs projets. L’empereur est instruit qu’ils se

renforcent en Portugal, et qu’ils paraissent avoir le double projet

ou de pousser en Espagne ou de partir du port de Lisbonne pour faire

une expédition de 25 mille hommes, partie Anglais partie Espagnols,

sur un point quelconque des côtes de France pendant que la lutte

sera engagée dans le nord. Pour empêcher l’exécution de ce plan il

faut être toujours en mésure de se porter en avant et ménacer de

marcher sur Lisbonne ou de conquerir le Portugal. En même tems il

faut conserver des communications aussi sûres que faciles avec la

France pour être promptement instruits de tout ce qui s’y passe, et

le seul moyen d’y parvenir est d’employer le tems ou les Anglais

sont dans l’inaction pour pacifier la Biscaye et la Navarre comme

j’ai eu soin de le faire connaître à V. M. dans mes précédentes. La

sollicitude de l’empereur pour les affaires d’Espagne lui ayant fait

réitérer à plusieurs reprises et reproduire sous toutes les formes

ses intentions à cet égard je ne puis achever mieux de les remplir

qu’en récapitulant les idées principales que j’ai eu l’ordre de faire

connaître à V. M. Occuper Valladolid et Salamanque, employer avec la

plus grande activité possible tous les moyens de pacifier la Navarre

et l’Aragon, maintenir des communications très rapides et très sûres

avec la France, rester toujours en mésure de prendre l’offensive au

besoin, voilà ce que l’empereur me prescrit de faire considérer à V.

M. comme instruction générale pour toute la campagne et qui doit

faire la base de ses operations. J’ai à peine besoin d’ajouter que

si les armées Françaises en Espagne restaient oisives et laissaient

les Anglais maîtres de faire des expeditions sur nos côtes, la

tranquillité de la France serait compromise et la décadence de nos

affaires en Espagne en serait l’infaillible résultat, Je suis avec

respect,

Sire, de votre majesté,

le très humble et très obéïssant serviteur

Le Ministre de la Guerre,

DUC DE FELTRE.

No. XIV.

_The duke of Feltre to the king of Spain._

_Paris, le 12 Mars, 1813._

SIRE,

La difficulté toujours subsistante des communications a apporté

dans ma correspondance avec V. M. des retards considérables et de

longues interruptions dont les résultats ne peuvent être que très

préjudiciables au service de l’empereur. Depuis plus de deux mois

j’expédie sans cesse et par tous les moyens possibles ordre sur

ordre pour faire exécuter les dispositions prescrites par S. M. I.

et je n’ai aucune certitude que ces ordres soient parvenus à leur

destination. L’empereur extrêmement mécontent de cet état de choses

renouvelle sans cesse l’injonction la plus précise de le faire

cesser, et j’ignore encore en ce moment si les mouvemens prescrits

se préparent ou s’exécutent, mais je vois toujours d’avantage que

si des ordres relatifs à cette mesure doivent partir de Madrid cela

entrainerait une grande perte de tems. L’empereur en a été frappé,

Il devient donc tout-à-fait indispensable de s’écarter un moment de

la voie ordinaire et des dispositions par lesquelles tout devroit

emaner de V. M. au moins pour ce qui concerne le nord et l’armée de

Portugal. Je prends pour cet effet le parti d’adresser directement

aux généraux commandant de ces armées les ordres d’exécution qui

dans d’autres circonstances devraient leur parvenir de Madrid, et

j’ai l’honneur d’adresser ci-joint à V. M. copies des lettres que

j’ai écrites au général Reille et au général Clauzel pour déterminer

enfin l’arrivée des renforts absolument nécessaires pour soumettre

l’Aragon, la Navarre et la Biscaye; les details contenus dans ma

lettre au général Clauzel me dispensent de m’étendre d’avantage

sur cet objet important. V. M. y verra surtout qu’en prescrivant

l’exécution prompte et entière des ordres de l’empereur j’ai toujours

reservé l’exercise de l’autorité supérieure remise entre les mains

de V. M. et qu’elle conserve également la direction ultérieure des

opérations des qu’elle pourra les conduire par elle-même.

Toutes mes précédentes dépêches sont d’allieurs assez précises sur ce

point pour ne de laisser pas doute à cet egard.

_The duke of Feltre to the king._

_Paris, 18 Mars, 1813._

SIRE,

Parmi les lettres dont V.M. m’a honoré, la plus récente de celles

qui me sont parvenues jusqu’à ce jour est du 1 Fevrier, et je vois

qu’à cette epoque V. M. n’avait point encore reçu celle que j’ai

eu l’honneur de lui adresser par ordre de l’empereur le 4 Janvier

pour l’engager à transferer son quartier général à Valladolid. Cette

disposition a été renouvellée dans toutes mes dépêches postérieures

sous les dates de 14, 29 Janvier, 3, 12, 25 Fevrier, 1, 11 et 12

Mars, sans avoir eu jusqu’à present de certitude que mes lettres

fussent arrivées à leur destination. Enfin une lettre de M. le

duc d’Albufera en date 4 Mars me transmit copie de celle que V.

M. lui a adressée le 23 Fevrier pour le prevenir que ma lettre du

4 Janvier est arrivée à Madrid, et qu’on s’y préparait à exécuter

les dispositions prescrites par l’empereur. Ainsi c’est de Valence

que j’ai reçu la première nouvelle positive à cet égard, et cette

circonstance qui dévoile entièrement nôtre situation dans le nord

d’Espagne est une nouvelle preuve de l’extrême urgence des mesures

prescrites par l’empereur et de tout le mal que d’inexplicables

retards ont causé. S. M. I. vient à cette occasion de me réitérer

l’injonction de faire sentir à V. M. la fausse direction qu’ont prise

les affaires d’Espagne par le peu de soin qu’on a apporté à maintenir

les communications avec les frontières. L’empereur est etonné qu’on

ait si peu compris à Madrid l’extrême importance de conserver des

communications sûres et rapides avec la France. Le defaut constant

de nouvelles était un avertissement assez clair et assez positif de

l’impuissance ou se trouvait l’armée du nord de proteger la route de

Madrid à Bayonne. L’état des affaires dans le nord de l’Europe devait

plus que jamais faire sentir la nécessité de recevoir des nouvelles

de Paris et de prendre enfin des mesures décisives pour ne pas rester

si longuement dans un état d’isolement et d’ignorance absolu sur les

vues et l’intention de l’empereur. V. M. avoit trois armées à sa

disposition pour rétablir les communications avec l’armée du nord, et

l’on ne voit pas un mouvement de l’armée de Portugal ou de celle du

centre qui soit approprié aux circonstances, tandis que l’inaction

des Anglais permettait de profiter de notre supériorité pour chasser

les bandes, nettoyer la route, assurer la tranquillité dans le pays.

L’empereur m’a ordonné de faire connaître sa façon de penser sur cet

objet au général Reille, auquel j’ai adressé directement les ordres

de S. M. I. pour les forces qu’il a dû mettre sans retard sous les

ordres du général Clauzel ainsi que j’ai eu l’honneur d’en prévenir

V. M. par mes lettres du 29 Janvier, 3 Fevrier et 12 Mars. En effet

les circonstances rendent cette mesure d’une extrême urgence.

L’inaction où l’on est resté pendant l’hiver a encouragé et propagé

l’insurrection. Elle s’etend maintenant de la Biscaye, en Catalogne,

et l’Aragon exige, pour ainsi dire, le même emploi des forces pour

la pacifier, que la Biscaye et la Navarre. Il est donc de la plus

haute importance que V. M. etende ses soins sur l’Aragon comme sur

les autres provinces du nord de l’Espagne, et les évènemens qui se

préparent rendront ce soin toujours plus nécessaire. D’un côte toutes

les bandes chassées de la Biscaye et de la Navarre se trouveront

bientôt forcées à refluer dans l’Aragon, et d’autre part l’évacuation

de Cuenca, par résultat du mouvement général des armées du centre et

du midi priverait le général Suchet de toute communication avec V. M.

dans un moment ou les ennemis se renforcent devant lui d’une manière

assez _inquiétante_. Il est donc très important de se procurer une

autre ligne de communication avec Valence et cette ligne ne peut

s’établir que par l’Aragon. C’est à votre majesté qu’il appartient

de donner à cet égard les ordres nécessaires. Il suffira sans doute

de lui avoir fait connaître l’état de choses et la position du

maréchal Suchet pour lui faire prendre les déterminations que les

circonstances rendraient les plus convenables. Il me tarde beaucoup

d’apprendre enfin de V. M. elle-même l’exécution des ordres de

l’empereur et de pouvoir satisfaire sur ce point la juste impatience

de S. M. I.

No. XV.

_Joseph O’Donnel to general Donkin._

_Malaga, the 6th December, 1812._

DEAR SIR,

The letter you did me the honour to adress to me on the 6th of

September has been mislaid all this long time on account of my being

separated from the armie since the moment I gave up the command

of it, and it was only last night I had the pleasure of receiving

it. I feel a great comfort in seingh an officer of your reputation

affected so kindly with the sorrows which so unlucky as undeservedly

(I believe) fell upon me as a consequence of my shamefull defaite

at Castalla. But I beg to be excused if I continue this letter in

French. I kno you understand it very well and I can not explain

my toughts so well in English. Je crois, M. le général, que tout

militaire, instruit des faits, et à la vue du malheureux champ de

bataille de Castalla, ou du plan qui le représente, doit faire le

même raisonement que vous avez fait, à moins qu’il ne soit épris

des petites passions et des prejugés qui ne dominent que trop

souvent les hommes. Je crois l’avoir demontré à l’evidence dans mon

rapport officiel au gouvernement (que vous devez avoir vu imprimmé)

accompagné de la carte des environs et des copies de toutes les

ordres que je donnai la veille du combat. J’aurois certainement été

vainquer si l’officier qui commandoit les 760 chevaux, avec deux

pièces de 8 à mon aile gauche eut obéi mes ordres, on eut seulement

tâché de se laisser voir de loin par la cavallerie enemie, qui au

nombre de 400 chevaux étoit stationée dans le village de Viar;

mais point du tout, cet officier, au lieu de se trouver sur Viar

au point du jour de la bataille, pour tenir en échec la cavallerie

ennemie, pour la battre s’il en trouvoit une occasion probable, ou

pour la suivre en tout cas, et l’empêcher de tomber sur Castalla

impunément, comme il lui était très expressément ordonné par des

ordres écrites qu’il avoue, cet officier alla se cacher derriére

Villena, et quoiqu’il entendit le canon de Castalla, et qu’il fut

instruit de la marche des dragons de Viar par la route d’Onil, il

resta tranquilement en position de l’autre côté de Villena jusqu’à

passé huit heures du matin. Nous étions déjà battus, et trois

malheureux bataillons hachés en pièces (quoi-qu’ayant repoussé la

première charge) quand M. le brigadier Santistevan se mit en marche

de Villena pour venir à mon secours. Jugez done, Mons. le général, si

j’ay pû empêcher ce désastre. Cependant, le public, qui ne peut juger

que par les resultats, se dechaina d’abord contre moi, et je ne m’en

plains pas, car cela étoit fort naturel; c’est un malheur attaché

à notre profession, et que les généraux Espagnols doivent resentir

sur touts les autres, puisqu’ils font la guerre sans resources, et

manquant de tout contre un ennimi aguerri qui ne manque de rien; mais

je me plains des _Cortes_ de la nation, je me plains de ces pères

de la patrie, qui sachant que j’avois demandé moimême à être jugé

par un conseille de guerre, out cependant donné le ton à l’opinion

publique se rependant en invectives contre moi, et même contre mon

frère le régent, avant de scavoir si je suis en effet coupable. Après

un pareile traitement, et dans l’etât de misère et de détresse où

se trouvent nos armées, ou trouvera t’on de généraux qui veuillent

exposer leur honneur, et en accepter le commandement? Quant à moi je

servirai ma patrie par devoir et par inclination jusqu’au dernier

soupir, mais je n’accepterai jamais aucun commandement, supposant

qu’il me fut offert. Les informations que l’on prend relativement

à l’affaire en question ne sont pas encore finies, car tout va

doucement chez nous. J’en attends le resultat ici avec l’aveu du

gouvernement, et aussitôt que l’on aura prononcé en justice j’irai

me présenter comme simple volontaire dans une de nos armées si l’on

ne veut pas m’employer dans ma calité de général subalterne. Je vous

ay trop ennuyé de mes peines; c’est que j’en ay le cœur navré, et

que votre bonté m’a excité à m’en soulager en vous les racontant.

Il me reste encore un espoir flatteur, c’est le jugement de touts

mes camarades qui out vû de près mes dispositions à l’affaire de

Castalla, et les efforts que j’avois fait pendant sept mois, luttant

toujours contre la detresse et le désordre, pour préparer à la

victoire une armée qui étoit tout-à-fait nulle quand je fus obligé

a en prendre, malgré moi, le commandement. Je m’estimerai heureux,

Monsieur le général, de mériter aussi le sufrage d’un officier aussi

distingué que vous l’êtes, et je vous prie d’agréer le temoignage du

sincère attachement de votre très humble et très obéissant serviteur,

JOSEF O’DONELL.

_Monsieur le général Donkin_,

&c. &c.

No. XVI.

_Freneda, February 15th, 1813._

SIR,

I have received your letter of the 12th instant, regarding the

conduct of the second Italian regiment, and I entirely concur in all

the measures you have adopted, and applaud the decision and firmness

of your conduct. I am prepared likewise to approve of whatever you

shall determine upon deliberation regarding the future state of the

men of the regiment, whether to be formed into a regiment again, or

not; or if so formed, whether to be kept as part of the army or sent

back to Sicily.

The foreign troops are so much addicted to desertion that they are

very unfit for our armies, of which they necessarily form too large

a proportion to the native troops. The evil is aggravated by the

practice which prevails of enlisting prisoners as well as deserters,

and Frenchmen as well as other foreigners, notwithstanding the

repeated orders of government upon the subject. The consequence is

therefore that a foreign regiment cannot be placed in a situation

in which the soldiers can desert from it, that they do not go off

in hundreds; and in the Peninsula they convey to the enemy the only

intelligence which he can acquire.

With this knowledge I seldom if ever use the foreign British troops

of this army on the duty of outposts; and whatever you may determine

regarding the second Italian regiment, I recommend the same practice

to your consideration.

There is nothing new on this side of the Peninsula. The armies are

nearly in the stations which they took up in the end of November.

I have the honour to be,

Sir,

Your most obedient Servant,

WELLINGTON.

_Major-General Campbell,

&c. &c. &c._

No. XVII.

_Extract of a letter from the marquis of Wellington to

lieutenant-general sir John Murray, dated Freneda, April 6th, 1813._

“In regard to feeding the Spanish troops in Spain, I have invariably

set my face against it and have never consented to it or done it,

even for a day in any instance. My reasons are, first that it

entails upon Great Britain an expense which the country is unable

to bear; secondly, that it entails upon the department of the army

which undertakes it a detail of business, and a burthen in respect

to transport, and other means to which the departments if formed

upon any moderate scale must be quite unequal; thirdly, I know

from experience that if we don’t interfere, the Spanish troops,

particularly if paid as yours are, and in limited numbers, will not

want food in any part of Spain, whereas the best and most experienced

of our departments would not be able to draw from the country

resources for them. I have already consented to the formation of a

magazine for the use of general Whittingham and general Roche’s corps

for a certain number of days, if it should be found necessary to

give them assistance of this description. I can go no farther, and

I earnestly recommend to you if you give assistance to all, to give

over a magazine to last a given time, but not to take upon yourself

to supply the Spanish troops engaged in operations. If, however, you

should notwithstanding this recommendation take upon yourself to give

such supplies, I must object, as commander-in-chief of the Spanish

army, to your giving more than bread to the troops who receive pay,

as that is positively contrary to the regulations and customs of the

Spanish army. I recommend to you also to attend with caution to the

demands of both general Whittingham and general Roche, and to observe

that in proportion as you will comply with their demands, demands

will be made upon you by general Elio and others, and you will

involve yourself in a scale of expense and difficulty, which will

cramp all your operations, and which is quite inconsistent with the

views of government on the eastern coast of the Peninsula.”

No. XVIII.

General state of the French army, April 15, 1812.

Extracted from the Imperial Muster-rolls.

Present under Arms. Detached. Hosp. Total.

Men. Horses. Men. Horses. Men. Horses.

Armée de

Midi 55,797 11,014 2,498 700 6,065 64,360 11,714

Centre 19,148 3,993 144 51 624 19,916 4,044

Portugal 56,937 8,108 4,394 2,278 7,706 69,037 10,386

Ebre 16,830 1,873 21 6 3,425 20,276 1,879

Arragon 14,786 3,269 2,695 658 1,467 18,948 3,927

Catalogne 28,924 1,259 1,163 49 5,540 35,627 1,308

Nord 48,232 7,074 1,309 72 8,677 58,276 7,213

-------------------------------------------------------

Total 240,654 36,590 12,224 3,614 33,504 286,440 40,471

Reserve de

Bayonne 4,038 157 36 35 865 4,939 192

-------------------------------------------------------

General Total 244,692 36,747 12,260 3,849 34,369 291,370 40,663

-------------------------------------------------------

Civic guards

attached to

the army of

the south. 6,497 1,655 ” ” 258 6,755 1,497

Troupes

Espagnols. 33,952 525 ” ” ” 33,952 525

------------------------------------------------------

Total Espagnols 40,449 2,180 ” ” 258 40,707 2,022

------------------------------------------------------

General state, May 15, 1812.

Present under Arms. Detached. Hosp. Total.

Men. Horses. Men. Horses. Men. Cav. Art.

Armée de

Midi 56,031 12,101 2,787 660 4,652 63,470 7,311 4,340

Centre 17,395 4,208 158 37 766 19,203 3,332 420

Portugal 52,618 7,244 9,750 1,538 8,332 70,700 4,481 3,448

Arragon 27,218 4,768 4,458 605 3,701 35,377 2,976 1,980

Catalonia 33,677 1,577 1,844 267 6,009 41,530 1,376 279

Nord 38,771 6,031 2,560 271 7,767 49,098 4,443 1,163

------------------------------------------------------------

Total 225,710 35,929 21,557 3,378 31,227 279,378 23,919 11,630

Old Reserve

at Bayonne 3,894 221 1,642 ” 964 6,500 207 ”

New Reserve

at Bayonne 2,598 116 3,176 ” 5 5,769 103 ”

------------------------------------------------------------

General 232,202 36,266 26,375 3,378 32,196 291,647 24,229 11,630

Total ------------------------------------------------------------

General state of the French Armies, March 15, 1813.

Present under Arms. Detached. Hosp. Total.

Men. Horses. Men. Horses. Men. Cav. Train.

Armée de

Midi 36,605 6,602 2,060 1,617 7,144 45,809 8,650 2,601

Centre 16,227 1,966 940 76 2,401 19,568 2,790 451

Portugal 34,825 3,654 157 ” 7,731 42,713 6,726 2,149

Arragon 36,315 3,852 55 ” 2,442 38,812 6,123 1,799

Catalonia 27,323 1,109 110 ” 2,013 29,446 1,884 635

Nord 40,476 1,978 41 ” 8,030 48,547 3,171 830

Reserve de

Bayonne 5,877 55 80 ” 634 6,591 78 21

----------------------------------------------------------

Total 197,648 19,216 3,443 1,693 30,395 231,486 29,422 8,486

----------------------------------------------------------

The operations and misfortunes of the French prevented any general

states being sent home between the 15th of March and the 15th of

August, when a new organization of the armies took place; but the

numbers given in the narrative of this History are the result of

calculations founded on the comparison of a variety of documents, and

are believed to be a very close approximation to the real strength of

the armies.

No. XIX.

Especial state of the army of Portugal, June 15, 1812.

Head-quarters, Tordesillas.

Present under arms. Detached. Hosp. Total. Horses.

Men. Horses Men. Horses. Men. Cav. Train.

1st

Division Foy 5,138 ” 319 ” 516 5,973 ” ”

2d do. Clausel 7,405 ” 678 ” 613 8,696 ” ”

3d do. Ferey 5,547 ” 12 ” 926 6,485 ” ”

4th do. Sarrut 5,056 ” 214 ” 862 6,132 ” ”

5th do. Maucune 5,269 ” 588 ” 1,513 7,370 ” ”

6th do. Brennier 5,021 ” 124 ” 720 5,865 ” ”

7th do. Thomieres 6,352 61 ” ” 1,905 8,257 61 ”

8th do. Bonnet 6,681 139 66 ” 685 7,432 139 ”

Light

Cavalry, Curto 1,386 1,398 1,073 324 246 2,705 1,722 ”

3 escadrons

Dragoons Boyer 1,389 1,378 479 358 86 1,954 1,736 ”

Artillery 3,612 2,339 513 258 220 4,345 347 2,148

Genie 414 9 67 7 84 565 ” 12

Equipage 955 1,107 51 44 242 1,251 ” 1,084

Gendarmes et

Infirmerie 325 75 ” ” 15 340 54 ”

--------------------------------------------------

Total 54,550 6,506 4,184 991 8,633 67,370 4,059 3,244

--------------------------------------------------

From these 54,550 men, present under arms, must be deducted the

artillery, engineers, equipages, and garrisons, the officers and

sergeants, and the losses sustained between the siege of the forts

and the battle of Salamanca, the result will be about 42,000 sabres

and bayonets in the battle.

Reinforcements en marche de l’armée du nord 1,370

Do. de Bayonne 12,676

_Note._—These troops did not join before the battle of Salamanca.

Artillery of the army of Portugal, June 15, 1812, Materiel.

{ Poid et calibre. Nombre.

{ Canon de 12 lbs. 2 }

Bouches { 8 do. 20 } Total des canons

a feu { 4 do. 33 } 60

{ 3 do. 5 }

{

{ Obusiers de 6 pouces 11 } Total des obusiers

{ Ditto de 4 pouces 3 lignes 3 } 14

--

Total 74

{ These guns

Venant de l’armée du nord 8 { arrived after

{ the battle.

--

82

Total loss of the army of Portugal from 10th July to 10th of August,

1812, including the battle of Salamanca. Extracted from the Imperial

Muster-rolls.

Tués. Blessés.

{ Duke de Raguse ” 1

{ General Clauzel ” 1

Officiers { General Bonnet ” 1

superieurs { General Ferrey 1 ”

{ General Thomieres 1 ”

{ General Desgravier Bertholet 1 ”

General Carrie ” 1 Prisonnier.

General Menne ” 1

Aide-de-camp du Colonel Richemont ” 1

duc de Raguse

Le Clerc de Montpree 1 ”

Darel ” 1

-------------

Total Tués 4 Blessés 7

-------------

Officiers inferieurs et soldats. Tués ou Pris. Blessés. Traineurs.

Officiers 162 232 ”

Soldats 3,867 7,529 645

-----------------------------

Grande Total 4,029 7,761 645

-----------------------------

Officiers et Soldats 12,435

Chevaux 1,190

Canons 12

Deux aigles de 22eme et 101eme Regt. de ligne.

No. XX.

Strength of the Anglo-Portuguese army under Lord Viscount Wellington,

on the morning of the 22d of July, 1812. Extracted from the original

morning state.

_Note._—The numbers are exclusive of officers, sergeants, trumpeters,

artillery-men, and staff, shewing merely the sabres and bayonets in

the field.

British cavalry,

one division, present under arms 3,314 men 3,388 horses.

British infantry,

seven divisions do. 22,067 ” ” ”

-------------------------

Total British 25,381

D’Urban’s Portuguese cavalry,

three regiments, about 1,500 These troops not in the state

Portuguese infantry,

seven divisions, and two

independent brigades 16,017

------------------------------

17,517

------

Total Anglo-Portuguese 42,898

Carlos d’Espana’s Spanish division, about 3,000

Julian Sanchez’ cavalry 500

------------------

3,500

------

Sabres and bayonets 46,398

------

No. of British, German, Portuguese, and Spanish guns at the battle of

Salamanca.

Weight of calibre. Number of guns.

British horse artillery 6 lbs. 18

Foot do. 9 lbs. 12

Do. do. 12 lbs. 12

German do. 9 lbs. 6

Portuguese and British

brigaded together 24 lb. howitzers 6

--

54

One Spanish battery 6

--

General total 60 pieces.

No. XXI.

Official report of the loss of the allies on the Trabancos and

Guarena rivers, 18th July, 1812.

Officers. Sergeants. Rank and file. Horses. Men.

{ 3 3 56 59 Killed }

British { 16 7 274 65 Wounded }

{ ” ” 27 21 Missing }

} 543

{ 1 2 31 ” Killed }

Portuguese { 6 3 87 ” Wounded }

{ ” ” 27 ” Missing }

-------------------------------------

Total 26 15 502 145

-------------------------------------

Loss of the allies in the battle of Salamanca.

{ 28 24 336 96 Killed }

British {188 136 2,400 120 Wounded }

{ ” ” 74 37 Missing }

} 5,224

{ 13 4 287 18 Killed }

Portuguese { 74 42 1,436 13 Wounded }

{ 1 1 180 7 Missing }

————————————————————

Total 304 207 4,713 291

————————————————————

Loss of the German cavalry on the Almar Stream, July 23.

Men and Officers. Horses.

117 117 117

The British loss by infantry divisions and cavalry brigades.

{ Le Marchant’s brigade, lost Men and officers 105 }

Cavalry { Anson’s do. do. do. 5 }

{ Vr. Alten’s do. do. do. 31 }

{ 1st Division General Campbell lost Men and officers 69 }

{ 3d do. General Pakenham do. do. 456 }

{ 4th do. General Cole do. do. 537 }

Infantry { 5th do. General Leith do. do. 464 }

{ 6th do. General Clinton do. do. 1,198 }

{ 7th do. General S. Hope do. do. 119 }

{ Light do. General C. Alten do. do. 29 }

Artillery General Framingham do. do. 14

-----

3,027

-----

No. XXII.

Strength of the Anglo-Portuguese army at Vittoria. Extracted from the

morning state of the 19th June, 1813.

Total.

Present under arms. On command. Present. On command.

British Cavalry 7,791 851

Portuguese do. 1,452 225

---------------------

Total cavalry 9,243 1,076

British infantry 33,658 1,771

Portuguese do. 23,905 1,038

---------------------

Total infantry 57,563 2,809

----------------

Sabres and bayonets 66,806 3,885

Deduct the 6th division

left at Medina de Pomar 6,320

----------------

Sabres and bayonets 60,486

Spanish Auxiliaries.

{ Morillo’s division about 3,000

Infantry { Giron’s do. do. 12,000

{ Carlos

{ Carlos d’Espagna’s do. do. 3,000

{ Longa’s do. do. 3,300

Penne Villemur do. 1,000

Cavalry Julian Sanchez do. 1,000

23,000

------------

Grand Total 83,486

------------

No. of Anglo-Portuguese guns at the battle of Vittoria.

COLONEL A. DICKSON commanding.

British horse artillery 9 lbs. 45

Do. do. 6 lbs. 30

Do. do. 5½ inch howitzers 15

--

Total 90

No Spanish guns set down in the return. Number unknown.

END OF VOL. V.

MARCHANT, PRINTER, INGRAM-COURT, FENCHURCH-STREET.

FOOTNOTES:

[1] In a recent number of the “Quarterly Review,” the writer of an

article upon the correspondence of Louis the XVIII. quotes me as

saying that Massena had _one hundred and thirty-five thousand men_

under his orders, as if he had invaded Portugal with an army of that

amount, whereas I have expressly said that he invaded Portugal with

_sixty-five thousand_, the rest being extended as far as Biscay. The

assertion of the Reviewer is therefore essentially false with the

appearance of truth. The same writer, while rebuking the Editor of

the Correspondence for ignorance, asserts, that the battle of Busaco

was fought between the 9th of October and the 5th of November! It was

fought on the 27th of September.

Another writer in the same No. treating of Professor Drumann’s work,

speaks of “_following_ an impulse which is from _behind_,” a figure

of speech which must appear singularly felicitous to those who

have watched a puppy dog chasing his own tail; but your Quarterly

Reviewers are your only men for accuracy of fact and expression!

[2] These numbers are somewhat below those I have assigned to the

French army; my calculation was made from the imperial muster-rolls,

but the difference may be easily accounted for by the length of time

which elapsed when marshal Jourdan wrote this letter. His numbers are

evidently from memory, and probably he did not mean to include the

king’s guards and Spaniards.

* * * * *

PUBLISHED BY

T. AND W. BOONE,

29, _New Bond-street_.

A REPLY TO

LORD STRANGFORD’S “OBSERVATIONS”

ON SOME PASSAGES IN

COLONEL NAPIER’S HISTORY OF THE WAR

IN THE PENINSULA.

BY COLONEL NAPIER, C.B.

Second Edition, 8vo. price 1s.

* * * * *

A REPLY TO VARIOUS OPPONENTS,

PARTICULARLY TO

“_STRICTURES ON COLONEL NAPIER’S HISTORY OF THE

WAR IN THE PENINSULA_:”

Together with

OBSERVATIONS ILLUSTRATING SIR JOHN MOORE’S CAMPAIGNS.

BY COLONEL NAPIER, C.B.

8vo. price 2s.

* * * * *

COL. NAPIER’S JUSTIFICATION OF HIS

THIRD VOLUME,

FORMING A

SEQUEL TO HIS REPLY TO VARIOUS OPPONENTS,

AND CONTAINING SOME

_NEW AND CURIOUS FACTS RELATIVE TO_

THE BATTLE OF ALBUERA.

8vo. price 1s. 6d.

* * * * *

A LETTER TO

GENERAL LORD VISCOUNT BERESFORD,

BEING AN ANSWER TO

HIS LORDSHIP’S ASSUMED REFUTATION OF

_COLONEL NAPIER’S JUSTIFICATION OF HIS THIRD VOLUME_.

BY COLONEL NAPIER, C.B.

In 8vo. price 1s. 6d.

* * * * *

COUNTER-REMARKS TO

MR. DUDLEY MONTAGU PERCEVAL’S

REMARKS

UPON SOME PASSAGES IN COLONEL NAPIER’S FOURTH VOLUME

OF HIS HISTORY OF THE PENINSULAR WAR.

In 8vo. price 1s. 6d.

* * * * *

In the Press, in one vol. 8vo.

REMARKS ON MILITARY LAW

AND THE

PUNISHMENT OF FLOGGING.

BY

COLONEL CHARLES JAMES NAPIER, C.B.

* * * * *

COLONIZATION;

PARTICULARLY

IN SOUTHERN AUSTRALIA:

WITH SOME REMARKS ON

SMALL FARMS AND OVER POPULATION.

BY COLONEL CHARLES JAMES NAPIER, C.B.

Author of “The Colonies; particularly the Ionian Islands.”

In One vol. 8vo. price 9_s._ boards.

“We earnestly recommend the book to all who feel an interest in the

welfare of the people.”—_Sun._

* * * * *

In One Volume, post 8vo. price 10_s._ 6_d._

RANDOM SHOTS

FROM A RIFLEMAN.

BY

CAPTAIN JOHN KINCAID, FIRST BATTALION,

_Author of “Adventures in the Rifle Brigade.”_

“It is one of the most pithy, witty, soldier-like, and pleasant books

in existence.”—_United Service Journal._

“The present volume is to the full as pleasant, and, what is still

more strange, as original as the last. Criticism would become a

sinecure if many such volumes were written: all left for us is to

admire and recommend.”—_New Monthly Magazine._

“If you have military adventures to relate, take pen in hand, and

relate them in the pleasant, cheerful, and agreeable manner, in which

John Kincaid, the prince of adjutants and good fellows, relates

his. Read his _Random Shots_, in order to give you an idea of such

matters, for few there are who have seen more shots fired than the

gallant captain of the rifles.”—_Fraser’s Magazine._

“The present volume is likely to add to his reputation. It

is a useful appendix to the larger works of Napier and other

military commentators. It is never dull, tedious, technical, or

intricate.”—_Times._

“Those who have read Captain Kincaid’s Adventures in the Rifle

Brigade will seize this volume with avidity, and having dashed

through it, will lay it down with only one feeling of regret—that it

is not longer.”—_News._

“His book is full of genuine humour, without one particle of the

trickery sometimes resorted to for the purpose of supplying the place

of wit.”—_Sun._

“This is a most racy, spiritedly sketchy performance.”—_Court

Journal._

* * * * *

In Two Volumes, post 8vo. price 21_s._

ADMIRAL NAPIER’S

ACCOUNT OF THE

WAR IN PORTUGAL

BETWEEN

DON PEDRO AND DON MIGUEL,

WITH PLANS OF HIS ACTION OFF

CAPE ST. VINCENT.

“An excellent and spirit-stirring book—plain, honest, and

straightforward—the very stuff of which the web of history alone

should be composed. This is indeed an honest, fair, and impartial

history.”—_Morning Chronicle._

“In spirit and in keeping, from beginning to end, Admiral Napier’s

‘War in Portugal’ is the happiest picture we could conceive of the

hero of the battle off Cape St. Vincent—its especial excellence

consisting in a regardless bluntness of manner and language that is

quite admirable and delightful.”—_Monthly Review._

“His work will create a fresh interest in events, which, before

reading, we thought impossible.”—_Naval and Military Gazette._

“It is Cæsar’s Commentaries in the first person.”—_Spectator._

“Candid to a degree, and sincere as a sailor’s will. This is the very

stuff of which history should be composed.”—_Bell’s Messenger._

“If Admiral Napier be not distinguished by the common-place

facilities of authorship, he possesses the higher qualities of truth,

discretion, and clear-sightedness, in no slight degree.”—_Atlas._

“In speaking of himself and his deeds, he has hit the just and

difficult medium—shewing his real feelings, yet steering clear of

affected modesty on the one hand, and of overweening modesty on the

other.”—_Tait’s Magazine._

“This is a very graphic account of the affairs in which the gallant

author figured so nobly, and added fresh lustre to the name of

Napier.”—_News._

* * * * *

In foolscap 8vo. price 1_s._

THE NURSERY GOVERNESS;

BY ELIZABETH NAPIER,

Published after her Death by her Husband, Col. C. J. Napier, C.B.

“Hear the instructions of thy father, and forsake not the law of thy

mother.”—_Proverbs_, ch. i. v. 8.

“This is an admirable little book.”—_True Sun._

“The excellent instructions laid down by Mrs. Napier will, we have

no doubt, prove a ‘rich legacy’ not only to her own children, but to

those in many a nursery.”—_Liverpool Chronicle._

“Not only the nursery-governess, but the mother and daughter,

especially in the higher walks of life, may read it with

advantage.”—_Atlas._

“We are so convinced of its utility, that we would strongly recommend

it to the diligent study of every female who has the care of a

family, either as a mother or governess.”—_Sun._

* * * * *

In One Volume, post 8vo. price 10_s._ 6_d._ boards,

NARRATIVE OF

EVENTS IN THE SOUTH OF FRANCE,

And of the ATTACK ON NEW ORLEANS, in 1814 & 1815.

By CAPT. I. H. COOKE, 43d Regt.

“This clever and fearless account of the attack on New Orleans is

penned by one of the ‘occupation;’ whose soldier-like view and keen

observation during the period of the stirring events he so well

relates, has enabled him to bring before the public the ablest

account that has yet been given of that ill-fated and disgraceful

expedition, and also to rescue the troops who were employed on it

from those degrading reflections which have hitherto unjustly been

insinuated against them.”—_Gentleman’s Magazine._

“We wish earnestly to call the attention of military men to

the campaign before New Orleans. It is fraught with a fearful

interest, and fixes upon the mind reflections of almost every hue.

Captain Cooke’s relation is vivid; every evolution is made as

clear to the eye as if we had been present, and the remarks, we

think, are eminently judicious. The book must be generally read,”

&c.—_Metropolitan._

“It is full of good feeling, and it abounds with sketches of the

service.”—_Sunday Herald._

* * * * *

SKETCHES IN SPAIN,

During the Years 1829-30-31 and 32;

Containing Notices of some Districts very little known; of the Manners of

the People, Government, Recent Changes, Commerce, Fine Arts,

and Natural History.

BY CAPTAIN S. E. COOK, R.N. K.T.S. F.G.S.

Two vol. 8vo. price 21_s._

“Volumes of great value and attraction; we would say, in a word, they

afford us the most complete account of Spain in every respect which

has issued from the press.”—_Literary Gazette._

“The value of the book is in its matter and its facts. If written

upon any country it would have been useful, but treating of one

like Spain, about which we know almost nothing, but of which it is

desirable to know so much, Captain Cook’s Sketches must be considered

an acquisition to the library.”—_Spectator._

“These volumes comprise every point worthy of notice, and the whole

is so interspersed with lively adventure and description; so imbued

with a kindly spirit of good-nature, courting and acknowledging

attention, as to render it attractive reading.”—_United Service

Gazette._

“No one could either pretend to write or converse upon this country

without preparing himself by a previous perusal of this instructive

work.”—_Metropolitan._

* * * * *

Just Published, in post 8vo. price 5s.

RECOLLECTIONS AND REFLECTIONS

Relative of the Duties of Troops composing the advanced Corps of the Army,

BY LIEUTENANT-COLONEL I. LEACH, C.B.

Late of the Rifle Brigade.

Author of “Rough Sketches of the Life of an Old Soldier.”

* * * * *

THE HISTORY

OF THE

KING’S GERMAN LEGION,

FROM THE PERIOD OF ITS ORGANIZATION IN 1803, TO THAT OF ITS

DISSOLUTION IN 1816.

_Compiled from Manuscript Documents._

By N. LUDLOW BEAMISH, ESQ. F.R.S. late Major unattached.

Vol. I. 8vo. with coloured plates; price 20_s._ boards; to be completed in

two volumes.

“The work is not like others we could name—a mere compilation from

newspapers and magazines. Major Beamish has left no source of

information unexplored; and the access he obtained to manuscript

journals has enabled him to intersperse his general narrative

with interesting personal anecdotes, that render this volume as

delightful for those who read for amusement, as those who read for

profit.”—_Athenæum._

“We are altogether much pleased with the volume, and heartily

recommend it to the British public.”—_Literary Gazette._

* * * * *

MEMOIR

BY

GENERAL SIR HEW DALRYMPLE, BART.

OF HIS

PROCEEDINGS AS CONNECTED WITH THE AFFAIRS OF SPAIN,

AND THE

COMMENCEMENT OF THE PENINSULAR WAR.

In one vol. 8vo. price 9_s._ boards.

“These volumes, the work of a gentleman of high and varied

accomplishments, whose opportunities of observation have been

unusually extensive and well-improved, will command and repay

attention. They contain by far the best account of Spain which has

yet issued from the press.”—_United Service Gazette._

* * * * *

AN ESSAY ON THE

PRINCIPLES AND CONSTRUCTION OF

MILITARY BRIDGES,

AND THE PASSAGE OF RIVERS IN MILITARY OPERATIONS.

BY MAJOR-GENERAL SIR HOWARD DOUGLAS, BART.

K.S.C., D.C.L., F.R.S., &c. &c.

The Second Edition, containing much additional Matter and Plates,

8vo. price 20_s._ boards.

* * * * *

In 8vo. price 2_s._

PRUSSIA IN 1833;

ORGANIZATION OF THE ARMY OF PRUSSIA, AND HER CIVIL INSTITUTIONS.

Translated from the French by M. de Chambray. With an Appendix by

General de Caraman.

“We would recommend to military readers in general, and especially to

the authorities who have the destiny of the army in their hands, an

attentive perusal of this work. The public will learn from it that

the army in Prussia, hitherto supposed to be the worst paid force,

is, in fact, better dealt with than is the case ‘_with the best paid

army in Europe_.’”—_United Service Journal._

* * * * *

_In the Press_,

THE CAMPAIGNS OF DON PEDRO

IN PORTUGAL,

From the Landing of the Constitutional Army to the Convention of

Evora Monte, and subsequent Disbanding of the Armies.

BY GENERAL ANTHONY BACON.

* * * * *

Immediately will be Published, in one vol. 8vo.

THE ADVENTURES OF

CAPTAIN JOHN PATTERSON,

OF THE 50th, OR QUEEN’S OWN REGIMENT.

_With Notices of the Officers and of the Regiment from 1807 to 1821._

TRANSCRIBER’S NOTE

Obvious typographical errors and punctuation errors have been

corrected after careful comparison with other occurrences within

the text and consultation of external sources.

Some hyphens in words have been silently removed, some added,

when a predominant preference was found in the original book.

Some occurrences of upper-case titles (such as Lord, Sir, General)

have been made lower-case for consistency.

To save space in the wide tables in Appendix Notes XVIII and XIX,

the headings ‘Hospital.’ ‘Cavalry.’ and ‘Artillery.’ have been

abbreviated to ‘Hosp.’ ‘Cav.’ and ‘Art.’.

In those sections of the Appendix that are French documents,

incorrect grammar, spelling and accents have been left unchanged.

In notes XVIII-XXII of the Appendix some of the printed totals

are incorrect; these have been left as printed.

Except for those changes noted below, all misspellings in the text,

and inconsistent or archaic usage, have been retained.

Pg iii: The anchor for the first Footnote was missing; it has been

placed at the end of the paragraph “... shall now learn.”

Pg vii: ‘2º.’ inserted in front of ‘_Battle of Busaco._’.

Pg xlii: ‘have been mistated’ replaced by ‘have been misstated’.

Pg lxiv: ‘for tho letter’ replaced by ‘for the letter’.

Pg lxxiv: ‘be here meaned’ replaced by ‘be here meant’.

Pg lxxv: ‘Holland combated’ replaced by ‘Holland combatted’.

Pg lxxvii: ‘in underminig those’ replaced by ‘in undermining those’.

Pg 20: ‘Castello’ replaced by ‘Castelo’. Also on pg 338 and pg 521.

Pg 37: ‘instead of faling’ replaced by ‘instead of falling’.

Pg 72: ‘to war down’ replaced by ‘to wear down’.

Pg 100: ‘Appendix No. 1, Section 1.’ replaced by ‘Appendix No. 18.’.

Pg 139: ‘on the sea-bord’ replaced by ‘on the sea-board’.

Pg 165: ‘Ciudad Rodigo road’ replaced by ‘Ciudad Rodrigo road’.

Pg 196: ‘from Valladodid in’ replaced by ‘from Valladolid in’.

Pg 205: ‘the disputes betwen’ replaced by ‘the disputes between’.

Pg 214: ‘the aid-de-camp of’ replaced by ‘the aide-de-camp of’.

Pg 216: In the Sidenote: ‘Sarsfield’ replaced by ‘Sarzfield’.

Pg 228: In the Sidenote: ‘official re-’ replaced by ‘official report’.

Pg 238: ‘the aid-du-camp of’ replaced by ‘the aide-de-camp of’.

Pg 267: ‘and pallisaded work’ replaced by ‘and palisaded work’.

Pg 283: ‘army of Porugal’ replaced by ‘army of Portugal’.

Pg 293: ‘had place at’ replaced by ‘had taken place at’.

Pg 318: ‘wanton villany’ replaced by ‘wanton villainy’.

Pg 340: ‘the last compaign’ replaced by ‘the last campaign’.

Pg 398: ‘the militaay chest’ replaced by ‘the military chest’.

Pg 399: ‘the preceedings of’ replaced by ‘the proceedings of’.

Pg 405: ‘partisans of the’ replaced by ‘partizans of the’.

Pg 418: ‘the Englsh general’ replaced by ‘the English general’.

Pg 419: ‘court-martials for’ replaced by ‘courts-martial for’.

Pg 426: ‘the multidude, and’ replaced by ‘the multitude, and’.

Pg 499: ‘Bilbao, immedately’ replaced by ‘Bilbao, immediately’.

Pg 564: ‘retrogade movement’ replaced by ‘retrograde movement’.

Pg 575: ‘defensive sytem is’ replaced by ‘defensive system is’.

Pg 619: ‘Portugal, Jnne 15’ replaced by ‘Portugal, June 15’.

Pg 620: ‘Prisoner’ replaced by ‘Prisonnier’.

History of the war in the Peninsula and in the south of France from the year 1807 to the year 1814, vol. 5 · 第 9 / 9 章