Un bel automne, encor, dans l’abîme se couche:
La vendange est finie et l’arrière-saison,
A travers les champs nus, que bat le vent farouche,
Nous ramène attristés vers la triste maison.
Sans gloire à l’occident, lui-même le jour tombe,
Sur les coteaux blêmis pèse le firmament:
L’espace qui frissonne est froid comme une tombe;
Tout n’est que monotone évanouissement.
Ah! comme en leur déclin les choses sont amères!...
Dans la campagne vide où l’Autan noir se plaint,
Nous sentons la nature et la vie éphémères:
Le pénétrant dégoût du créé nous étreint.
De sévères pensers avec le soir descendent;
Et toi seule, ô clarté de l’éternel Amour,
Immuable, malgré ces ombres qui s’étendent,
Tu brilles dans la mort de l’automne et du jour...
_Sat prata biberunt_: restons sur cette impression de beauté
mélancolique et religieuse qu’un excellent poète nous octroya.