III

Ils ne le reprirent jamais, et plus on ne les revit. La nef,

d'elle-même, s'en retourna vers la Roche-Jagu, emportant le cadavre du

jeune homme. C'est elle que l'on voit passer quelquefois, au large des

côtes, quand le vent souffle des régions boréales; ses voiles, brodées

au chiffre d'une fée, ont la nuance du safran qui est, là-bas, une

couleur de deuil; à la cime des mâts brûlent des flammes de cierges

funéraires et l'on entend à bord comme un gémissement plaintif

d'oraisons...

Ainsi se raconte la légende au pays d'Occident. On la trouvera sans

doute pauvre et nue à côté de son opulente soeur du Midi. Et ce sera, si

l'on veut, une nouvelle raison d'affirmer la supériorité des

littératures méridionales sur celles des peuples moins favorisés du

soleil.

La terre du passé · 第 17 / 103 题