que ses pleurs avaient redoublé à ces derniers mots. Elle lui
sourit alors avec une pitié tendre; et reprenant sa main qu’elle
avait laissé échapper et qui n’avait osé retenir la sienne:
« Je sais, — lui dit-elle, — que je te fais de la peine, et je
t’en demande pardon. Je n’ignore pas que tu m’aimes et que je suis
ta fiancée, la fiancée de Jean Sbogar. Tu vois que je te connais
et que je parle raison aujourd’hui. Il y a longtemps que notre
mariage est arrangé, mais je n’ai pas voulu avoir de secret pour
toi. D’ailleurs, ce Lothario pourrait bien ne pas exister. J’ai vu
depuis quelques jours tant de personnes qui n’existent que dans
mon imagination et qui m’échappent quand je reviens à moi!... Je
suis sûre, par exemple, que tu ne m’as pas connu de sœur? Non, —
reprit-elle après avoir réfléchi un instant. — Si j’avais une
sœur, elle me tiendrait lieu de mère, et nous ne pourrions nous
passer d’elle à la célébration de nos noces. Dis-moi si tu fais,
pour ce jour-là, de brillants préparatifs? Il le faut, car la
mariée est une riche héritière. J’ai des agrafes d’or et des
anneaux de diamants pour me parer; mais je ne veux dans mes
cheveux qu’une simple guirlande d’églantier. »
Elle s’interrompit de nouveau. Son égarement redoublait. Un
sourire affreux à voir s’arrêta sur sa bouche.
« Ce sera une belle fête! — continua-t-elle; — tout l’enfer y
sera. Le flambeau des noces de Jean Sbogar doit faire pâlir le
soleil dans son midi. Vois-tu d’ici les conviés? Tu les connais
tous. Je n’ai invité personne. En voilà qui ont les membres à demi
calcinés par le feu; des vieillards, des enfants dont les lambeaux
se réveillent vivants des incendies que tu as allumés, pour
prendre part à tes plaisirs... En voilà d’autres qui se lèvent
dans leur linceul, et qui se glissent à la table du festin en
cachant des plaies sanglantes. O mon Dieu, quels monstres ont tué
cette jeune femme? Pauvre Lucile! Et de quel nom ils me
saluent..... Les as-tu bien entendus?... SALUT, SALUT... Je
n’oserai jamais le répéter! SALUT, disent-ils; et ils murmurent
tous ensemble le mot de ralliement des maudits, le cri de joie que
Satan aurait poussé s’il avait vaincu son créateur, la parole
secrète que prononce une exécrable mère qui va égorger son enfant,
pour se rendre sourde à ses gémissements. — SALUT A LA FIANCÉE de
JEAN SBOGAR.....»
En achevant ces mots, Antonia perdit connaissance. Cette crise fut
longue et terrible: longtemps même on désespéra de sa vie. Pendant
huit jours, le chef des voleurs, immobile au pied du lit sur
lequel elle était couchée, attentif à tous ses mouvements, ne
s’était occupé d’aucun autre soin que de la servir. Il veillait et
pleurait.
Quand l’état d’Antonia fut amélioré, certain qu’elle s’était
familiarisée avec son aspect, et qu’elle le voyait sans effroi, il
veillait encore.
Cette assiduité la frappa.
Les réminiscences qu’elle avait du passé étaient trop confuses
pour que le nom de cet homme et les souvenirs qui y étaient
attachés lui inspirassent un sentiment continu d’horreur. De temps
en temps seulement, son âme se révoltait contre l’idée de dépendre
de lui, et sa seule approche la glaçait d’épouvante; mais, plus
ordinairement, abandonnée comme un enfant, par l’absence de sa
raison, au seul instinct de ses besoins, elle ne voyait plus, dans
le capitaine des bandits de Duino, qu’une créature sensible et
compatissante qui s’efforçait d’adoucir l’amertume de ses
souffrances, et qui prévenait avec empressement ses moindres
besoins. Alors elle lui adressait des paroles douces et
flatteuses, qui paraissaient redoubler la douleur secrète dont il
était dévoré.
Un jour, entre autres, il était assis auprès d’elle, voilé suivant
son usage, et attentif à protéger son sommeil contre tous les
accidents qui pourraient le troubler. Elle se réveilla cependant
tout à coup avec un mouvement brusque, en prononçant le nom de
Lothario.
« Je le voyais, — dit-elle en soupirant profondément, — il était
assis à ta place. Je l’y vois souvent dans mon sommeil, et je me
trouve bien heureuse; mais comment se fait-il que je croie l’y
voir aussi quelquefois quand je suis éveillée, et quand il me
semble que je ne rêve point? C’est là, sous ce rideau, qu’il a
coutume de venir. — Dans ces jours de douleur..... et d’espérance,
où je me sentais appelée à l’éternelle liberté, un ruisseau de
flammes parcourait tous mes membres, ma bouche était ardente, mes
ongles bleus et meurtris. — Tout, ici, était plein de fantômes. —
On y voyait des aspics d’un vert éclatant, comme ceux qui se
cachent dans le tronc des saules; d’autres reptiles bien plus
hideux, qui ont un visage humain; des géants démesurés et sans
formes; des têtes nouvellement tombées, dont les yeux pleins de
vie me pénétraient d’un affreux regard; et toi, tu étais aussi
debout au milieu d’eux, comme le magicien qui présidait à tous ces
enchantements de la mort... Je criais de terreur, et j’appelais
Lothario pour me protéger... Tout à coup, — ne ris point de ma
chimère! — je vis ce voile tomber, et, à l’endroit où tu étais
placé, j’aperçus Lothario tout en larmes, qui étendait vers moi
ses bras tremblants, et qui me nommait d’une voix gémissante.....
Il est vrai que ce n’était point lui tel que je l’ai connu,
triste, soucieux et sévère, mais beau d’une céleste bonté! Défait,
livide, effaré, il tournait des yeux sanglants; sa barbe était
épaisse et hideuse; un rire désespéré, comme celui des démons,
errait sur ses lèvres pâles... Oh! tu ne concevrais jamais ce
qu’est devenu Lothario!... »
Le voleur paraissait n’avoir pas entendu Antonia. Il était plongé
dans un silence profond. Il se leva et marcha dans la chambre à
pas précipités, puis il revint vers Antonia et la contempla
longtemps. Ses dents se heurtaient violemment. Une méditation
horrible semblait l’occuper tout entier au point même de ne pas
lui laisser discerner l’effroi toujours croissant qu’il inspirait
à son infortunée prisonnière.
Enfin elle se souleva sur son lit, parvint à se soutenir sur ses
genoux, et lui cria, les mains croisées en signe de prière:
« Grâce, grâce, pardonne-moi! ne crains rien de Lothario; il ne
veut point d’Antonia. Je me donnais à lui, et il m’a refusée. —
Grâce encore pour cette fois, et je ne t’en parlerai jamais! »
Ensuite elle retomba, car ses forces étaient épuisées. Jean Sbogar
vola à ses pieds, saisit l’extrémité de la couverture qui
l’enveloppait et qui flottait jusqu’à terre, y imprima sa bouche
avec fureur, et s’enfuit.
XVI
Force du guerrier, qu’es-tu donc? Tu roules aujourd’hui la
bataille devant toi en nuages de poussière. Tes pas sont Jonchés
de morts, comme les feuilles desséchées marquent pendant la nuit
la route d’un spectre. Demain le rêve momentané de la bravoure est
fini; ce qui épouvantait des milliers d’hommes a disparu. Le
moucheron, porté sur ses ailes couleur de fumée, chante sur les
buissons son hymne de triomphe, et insulte à ta gloire qui n’est
plus qu’un vain mot.
OSSIAN.
Il y avait deux mois qu’Antonia vivait de cette manière parmi les
brigands de Duino, sans que son état eût changé, sans qu’il eût
donné d’espérance. Elle avait seulement repris quelques forces, et
elle aimait à venir respirer l’air du soir à sa fenêtre sur la
mer.
Un jour, aucune des personnes qui la servaient n’avait paru auprès
d’elle. C’était la première fois que cela arrivait; mais elle s’en
aperçut à peine. Le bruit du canon qui grondait aux environs de
Duino l’occupa davantage, parce que l’émotion qu’il lui causait se
répétait souvent. Désirant de voir ses compagnes, elle descendit
le grand escalier, parcourut les salles et les vestibules, et
trouva le château désert. Le canon se rapprochait, et chaque coup
était suivi d’une rumeur semblable à celle de la tempête. Antonia
remonta, ouvrit sa fenêtre et regarda la mer. Elle y remarqua un
grand nombre de petits bâtiments ou de nacelles pareilles à celles
des pêcheurs, qui semblaient cerner le pied de la forteresse.
Toutes ces impressions furent assez vives d’abord, mais elles
s’effacèrent promptement. La nuit était tombée, l’air était
serein, les flots tranquilles, le ciel peuplé de myriades
d’étoiles resplendissantes, comme dans la nuit où le bateau
d’Antonia avait été arrêté sur les côtes d’Istrie en sortant des
lagunes. Elle prit quelque temps plaisir à le contempler.
Cependant le bruit qu’elle avait entendu s’augmentait derrière
elle d’une manière menaçante. Elle crut distinguer un cliquetis
d’épées, des imprécations, des gémissements, qui faisaient place,
de moment en moment, à un silence de mort. Elle était trop
malheureuse pour craindre, si elle avait eu l’usage de sa raison,
car son sort ne paraissait pas susceptible de changer en mal; mais
elle ne vit pas dans la catastrophe qui s’annonçait que le danger
de souffrir, et les plaintes qui frappaient son oreille lui
donnaient une idée affreuse des douleurs auxquelles elle allait
être exposée.
Les galeries du château n’avaient pas été éclairées, et
l’obscurité était devenue profonde. Elle s’y engagea cependant, et
se glissa le long des murailles ténébreuses, en les suivant de la
main. Quand elle fut au haut de l’escalier, elle écouta. Les cours
étaient remplies d’hommes d’armes qui parlaient confusément.
On ne se battait plus.
La crosse des fusils résonnait seule en tombant sur les dalles du
pavé.
Tout à coup elle entendit un tumulte horrible, au milieu duquel
s’élevait le nom de Jean Sbogar. Un homme poursuivi s’élança dans
l’escalier, et passa auprès d’elle comme l’éclair. Quelques
flambeaux commençaient à luire sur les premiers degrés. Les
baïonnettes se choquaient. Les marches de pierre retentissaient
sous les pas des soldats. Antonia courut vers sa chambre; et, en y
rentrant, il lui sembla qu’on la nommait d’une voix sourde.
« Qui m’appelle? — dit-elle en tremblant.
— C’est moi, — répondit Jean Sbogar, — ne t’effraie point. Adieu
pour toujours. »
Il s’était approché de la fenêtre, et déjà la troupe qui était à
sa recherche remplissait l’extrémité opposée de la galerie.
Le voleur revint vers Antonia, et la saisit.
« C’est moi, c’est moi, — dit-il; — adieu pour toujours! »
Antonia éprouvait un sentiment vague d’horreur et de tendresse
qu’elle ne comprenait point.
Sbogar frémissait.
Il la pressa d’un de ses bras contre son cœur.
« Antonia, chère Antonia! — s’écria-t-il; — adieu pour toujours!
Oh! pour la dernière fois, plus que cette minute dans tous les
siècles! Antonia, chère Antonia! »
Son voile était tombé, mais Antonia ne voyait point son visage.
Elle le touchait, elle avait senti le feu de son haleine. Au même
instant les lèvres du brigand s’attachèrent aux siennes, et leur
imprimèrent un baiser qui répandit dans les sens d’Antonia une
ivresse inconnue, une volupté dévorante qui participait du ciel et
de l’enfer.
« Profanation ou sacrilège! — dit Sbogar. — Tu es ma maîtresse et
ma femme, et que le monde périsse maintenant! »
En prononçant ces mots, il la déposa sur le degré élevé qui
montait à la fenêtre, et s’élança dans la mer.
Les soldats étaient arrivés avec leurs torches. Ils s’étonnèrent
de ne pas voir le voleur, et demandèrent à Antonia si elle l’avait
aperçu.
« Paix, — leur dit-elle, en appliquant son doigt sur sa bouche, —
il est allé le premier au lit nuptial; — et voilà, —
continua-t-elle en montrant le crêpe qu’il avait laissé à ses
pieds, — voilà son présent de noces. »
XVII
Celui que l’ange me fit voir alors était monté sur un cheval pâle,
et traînait tous les vivants à sa suite. Il s’appelait LA MORT.
APOCALYPSE.
Les troupes françaises venaient d’entrer dans les provinces
vénitiennes. Le premier soin des généraux fut de purger ce pays
des brigands qui l’infestaient, et qui pouvaient devenir pour une
armée opposée le plus redoutable auxiliaire. C’est ce motif qui
avait déterminé l’attaque du château de Duino. Presque tous les
bandits périrent les armes à la main. On ne put avoir vivants
qu’un petit nombre d’entre eux, que des blessures graves venaient
de mettre hors de combat ou qui s’étaient précipités dans la mer,
et qui devaient avoir été recueillis par ces nacelles qu’Antonia
avait observées. On présumait que Jean Sbogar se trouverait parmi
eux; mais comme ses traits n’étaient pas connus des brigands
eux-mêmes, rien ne pouvait fixer sur ce point les doutes de leurs
vainqueurs. Fitzer, Ziska et la plupart des principaux affidés du
capitaine, étaient morts à ses côtés avant qu’il rentrât dans le
château.
Les prisonniers furent envoyés à Mantoue pour y être jugés. On
préféra cette ville assez éloignée à toute autre, parce qu’elle
les mettait hors de la portée et des tentatives de leurs
complices, et que son heureuse position militaire la défendait
d’un coup de main. Antonia y fut conduite dans une voiture
séparée. Son état de démence étant bien manifeste, on la confia
dans un hôpital aux soins d’un médecin célèbre par les progrès
qu’il avait fait faire à la connaissance et au traitement de cette
triste maladie.
Ses efforts furent couronnés d’un funeste succès. Antonia guérit,
et comprit toute l’étendue de son malheur.
Pendant le temps qu’elle avait passé dans cette maison, elle ne
cessa d’être l’objet de ces pieuses sollicitudes dont la religion
seule peut enseigner le secret à la charité. A mesure qu’elle s’y
était fait connaître, et que son esprit dégagé des ténèbres qui
l’obscurcissaient avait repris ce charme liant qui enchaîne le
cœur, elle avait excité autour d’elle, et surtout parmi les
saintes filles qui desservaient cet hospice, un sentiment plus
doux que la pitié.
Elle était aimée.
Comme aucune affection ne la rappelait dans le monde, et que cet
asile paisible était désormais tout pour elle, il lui fut aisé de
s’accoutumer à l’idée d’y finir sa vie. Un peu plus tard elle
aurait été forcée de s’y résoudre.
Quelques démarches pour rentrer dans ses grands biens restèrent
inutiles. Des collatéraux avides, arrivés à la suite de l’armée,
avaient fait constater la mort de Mme Alberti, avaient supposé la
sienne et s’étaient emparés de son héritage. Ils étaient
puissants. Cette spoliation les rendait riches. Les réclamations
d’Antonia ne pouvaient être entendues. Elle n’était plus aux yeux
des hommes qu’une orpheline sans nom et sans aveu. Ce fut la
moindre de ses infortunes, et son cœur ne la ressentit qu’en
pensant au bien qu’elle aurait pu en faire dans son nouveau genre
de vie si elle y avait apporté les ressources de l’opulence. Ses
bijoux suffirent du moins à sa dot et à la distribution des
aumônes qui devaient faire connaître aux pauvres qu’il leur était
venu à l’hôpital de Sainte-Marie une bienfaitrice de plus.
Le jour de sa profession, longtemps retardé à cause de son extrême
faiblesse, était enfin arrivé, quand deux sbires vinrent la mander
au nom de la justice.
L’instruction du procès des brigands était achevée. Ils avaient
été condamnés à la peine capitale au nombre de quarante, mais rien
ne prouvait que Jean Sbogar fût parmi eux, et la terreur de ce nom
formidable planait encore sur les provinces vénitiennes, où il
pouvait seul rallier de nouvelles bandes aussi dangereuses que la
première.
Dans cette incertitude, on se rappela la jeune fille folle qui
avait été trouvée au château de Duino, et que tous les témoignages
s’accordaient à présenter comme le seul objet qui eût jamais
attendri l’implacable férocité de Jean Sbogar. On pensa qu’elle le
reconnaîtrait sans doute parmi ses complices s’il se trouvait avec
eux, et que son premier mouvement l’indiquerait d’une manière
certaine; c’est pour cela qu’on avait jugé à propos de la faire
placer dans la grande cour des prisons, au moment où les condamnés
y passeraient pour la dernière fois.
Antonia était revêtue de son habit de noviciat; ses cheveux
étaient déjà attachés sous le bandeau des vierges, dont son teint
pâle effaçait la blancheur: deux sœurs hospitalières
l’accompagnaient. Presque incapable de se soutenir, elle
s’appuyait sur le bras de l’une d’elles; sa main était fixée sur
l’épaule de l’autre, et sa tête retombait sur sa poitrine.
Bientôt un bruit étrange se fit entendre; c’était l’exclamation
d’une horrible impatience qui se voyait enfin satisfaite: elle
leva les yeux et crut distinguer quelque chose d’extraordinaire;
mais sa vue la servait mal. Un officier de justice qui s’en
aperçut la fit avancer de quelques pas: elle vit plus
distinctement, sans comprendre ce qu’elle voyait; c’étaient des
hommes dont le costume hideux la navrait de terreur, et qui
s’avançaient sur une seule ligne devant une haie de soldats. Leurs
pas étaient mesurés, leurs stations fréquentes. A chacun d’eux
elle sentait s’accroître son affreuse inquiétude; enfin elle fut
frappée d’une illusion effroyable, et crut retomber en proie au
délire dont elle venait d’être sauvée.
C’était lui.
C’était ce tableau qui lui avait inspiré une terreur si profonde à
Venise, quand la tête de Lothario apparut dans une glace au-dessus
de son schall rouge.
Elle s’avança d’elle-même pour convaincre ou pour détromper ses
yeux; sa physionomie avait le même caractère. Il était enveloppé
d’une robe ou d’un manteau de la même couleur.
C’était lui. « Lothario! » s’écria-t-elle d’une voix déchirante,
en se précipitant vers lui.
Lothario se détourna et la reconnut.
« Lothario! » dit-elle en s’ouvrant un passage au travers des
sabres et des baïonnettes, car elle concevait qu’il allait mourir.
« Non, non, — répondit-il, — je suis Jean Sbogar!
— Lothario! Lothario!
— Jean Sbogar! — répéta-t-il avec force.
— Jean Sbogar! — cria Antonia. — O mon Dieu!..... » et son cœur se
brisa.
Elle était par terre, immobile; elle avait cessé de respirer.
Un des sbires souleva sa tête avec la pointe de son sabre, et lui
laissa frapper le pavé en l’abandonnant à son poids.
« Cette jeune fille est morte, — dit-il.....
— Morte, — reprit Jean Sbogar en la considérant fixement. —
Marchons! »
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MOLIÈRE Œuvres Complètes 12 vol.
ROMAN EGYPTIEN Tabubu 1 vol.
JOKAÏ Rêve et Vie 1 vol.
ALPH. DAUDET Entre les Frises et la Rampe 1 vol.
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15 Avril 1894.
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