Je reprends, trop chère amie, ce fatal et cruel récit que j'ai

été forcée de suspendre. Je n'étais plus à moi, mon coeur

était navré, ma main tremblante laissait tomber ma plume, les

sanglots m'étouffaient, mes yeux offusqués ne pouvaient

retenir l'abondance de larmes où tu m'as vue plongée, et que

ton amitié consolante aurait encore essuyée si j'avais été

près de toi. Enfin mon coeur, un peu dégagé, me rend la

liberté de retracer mon malheur à tes yeux.

Tu sais que j'étais dans ma vingtième année quand mon papa, le

plus tendre et le plus aimable des pères, et en même temps le

plus chéri, duquel j'aurais voulu racheter la vie de tout mon

sang et dont la perte est irréparable pour moi, fut emporté

par une fluxion de poitrine dont tout l'art des médecins ne

put le sauver. Je ne le quittais point, j'étais jour et nuit

près de son lit que j'arrosais de mes pleurs; je m'efforçais

de les cacher; ma bouche était collée sur ses mains. Ce

spectacle le pénétrait; il aurait voulu m'épargner celui de

son état, il tâchait de m'éloigner mais il ne fut pas possible

de m'y faire consentir: je n'écoutais rien, à peine pouvais-je

prêter un peu d'attention à quelques conseils qu'il me

donnait; car il sentait sa situation et la soutenait avec

fermeté. Enfin le coup me fut porté et je reçus sur mes lèvres

son dernier soupir. Ah! quelle perte pour moi, Eugénie! chère

Eugénie! mes yeux arrosent encore le papier sur lequel je

trace ce douloureux récit. Je lui étais mille fois plus

attachée que s'il eût été réellement mon père. Il m'avait fait

connaître le comte de Norval, aux plaisirs duquel je devais le

jour: je l'avais vu sans émotion et sans autre intérêt que

celui de la curiosité; mon coeur ne disait rien. Le désir

d'envisager celui qui avait contribué à mon existence était le

seul guide qui me conduisait. Où est donc, disais-je en

moi-même, cette voix intérieure qui nous porte vers ceux à qui

nous devons la vie?... Vains propos, chimères: notre coeur

parle, mais c'est pour ceux qui ont fait et préparé notre

bonheur.

Enfin, ma douleur sombre, le désespoir, le désordre de mes

facultés anéanties, le déchirement de mon coeur et mes regrets

amers avaient totalement éloigné de moi le repos et le

sommeil. L'embrasement se mit dans mes veines et je fus

moi-même très mal: je voulais mourir, mais mon heure n'était pas

venue, et ma jeunesse fut un des moyens dont le sort se servit

pour me sauver. Aussitôt que j'eus repris mes forces, je n'eus

d'autres pensées que de m'enterrer vive: j'avais tout perdu,

la vie m'était odieuse. Un couvent fut le seul but de mes

désirs: aurais-je jamais pu croire y trouver quelque

adoucissement à mes peines? Mon chagrin serait encore dans

toute sa force s'il n'avait été modéré dans tes bras. Souffre,

belle et tendre amie, que, pour ma propre satisfaction, je

peigne à tes yeux mêmes l'image des doux instants que j'ai

passés près de toi et où tu as versé un baume salutaire sur

les plaies de mon coeur. Ce penchant qu'on nomme sympathie,

cet intérêt qu'on prend aux infortunés par la similitude où

l'on peut se trouver avec eux, te fit concevoir de l'amitié

pour moi presque aussitôt que je fus dans ton couvent, où je

voulais me fixer et pleurer en liberté. Tu pénétras l'état de

mon coeur sans en connaître les motifs, tu vins essuyer mes

larmes, tu quittais ta cellule pour dissiper ma langueur. Ta

jeunesse, tes grâces, tes attraits et ton esprit donnaient du

poids à tes discours, mais tu t'apercevais aisément, le

lendemain, que la solitude de la nuit détruisait tous les

soins que tu avais pris pendant le jour. Tu parvins enfin à

partager mes ennuis et mon lit.

Que je fus surprise des trésors que ta guimpe et tes habits

recelaient! Cet instant ranima d'un sentiment vif le souvenir

de mes peines: tu vis couler mes pleurs, tu en fus étonnée, tu

voulais connaître la cause et découvrir un secret que tu as si

bien su m'enlever depuis.

Je ne tenais à rien, j'étais dans une inertie totale, à peine

aurais-je su que j'existais sans le sentiment de ma douleur.

Je concevais le besoin d'une amie, mais je n'espérais plus en

trouver une telle que je la désirais. Ce fut dans cet instant

que je sentis plus vivement combien Lucette me manquait, je ne

comptais pas pouvoir la remplacer, bien moins me flattais-je

d'en trouver une semblable sous le masque qui te couvre. Ton

caractère, ton humeur, ton âme vinrent sans déguisement se

montrer à moi et se joindre à ta figure charmante; j'en fis

quelque temps mon étude, et mes observations furent toutes en

ta faveur; enfin ton amitié et ta confiance établirent les

miennes. Tes confidences furent payées par celles que je te

fis alors, et je trouvai dans tes bras l'adoucissement que tu

cherchais à me procurer. Avec quelles satisfactions je me

rappelle encore cette nuit où tu me dis:

-- Aimable Laure, chère amie, j'ai lieu d'être persuadée que

tes chagrins sont cuisants; mais si je puis, en te faisant

part des miens, émousser le sentiment de ceux qui t'accablent,

j'aurai du moins le contentement que me donnera la diminution

de ta douleur.

Tu jugeais avec raison qu'observant une réserve exacte sur le

secret de mon coeur, je pouvais aussi garder le tien: tu ne te

trompais pas; il me semble encore t'entendre me dire:

-- Écoute, ma chère, j'aime, oui, j'aime aussi tendrement qu'on

puisse aimer, et j'ai le malheur cruel d'être couverte des

livrées religieuses. Des béguines emmiellées et trompeuses ont

entouré de murs et de grilles ma jeunesse sans expérience et

l'ont attirée dans leur cachot infernal. Mon ignorance, des

voeux, des préjugés sont mes tourments; les désirs, mes

bourreaux, et j'en suis la victime. La nuit, le sommeil est

loin de mes yeux, et les larmes s'en emparent; le jour, tout

me déplaît et m'ennuie; mon âme est absorbée: juge de mon

état. Libre comme tu es, tu peux au moins sans crainte livrer

à l'amant que tu chéris les appas que j'ai vus et que je

touche.

Ta main, que tu mis sur mon sein, me fit frissonner:

-- Ah! chère Eugénie, te dis-je avec transport, voilà le jour

de mon désespoir! je l'ai perdu cet amant que j'adorais, et la

mort me l'a ravi. Dieux! que n'est-il ici! mais c'est lui,

oui, c'est lui que je tiens.

Je te serrais dans mes bras, tu me faisais illusion. Hélas! le

détail de tes charmes, que je parcourus, me rendit à moi-même;

ce qui te manquait détruisit le prestige de mon imagination et

le fantôme qu'elle se créait. Cependant, tes attraits

répandirent sur ma langue tous les éloges que tu méritais si

bien. Ton sein, ta taille, tes fesses, tes cuisses, ta motte

et ta peau, tout en fut un sujet pour moi:

-- Quel plaisir! m'écriai-je, pour ton amant et pour toi s'il

te tenait dans ses bras comme je te serre dans les miens.

Tu désirais t'instruire, tu voulais savoir, tu balançais, tu

cherchais à m'interroger, et tu n'osais. Je te voyais venir.

Tu pris enfin la résolution de me demander si j'avais

connaissance de ces plaisirs et s'ils étaient si grands. Je te

l'avouai; je t'en fis une peinture qui t'enchantait sans

pouvoir les concevoir:

-- Il faut les éprouver, te dis-je. Quoi donc! à dix-sept ans

passés ne les pas connaître? Si tu veux, ma chère, je t'en

ferai goûter au moins ce qu'ils ont de plus vif.

Ta curiosité, tes désirs que mes caresses faisaient naître et

qui firent couler le feu de la volupté dans toutes les parties

de ton corps, t'y firent consentir. L'envie de te consoler à

mon tour, et de dissiper les ténèbres de ton ignorance,

suspendit mes peines. Tu te prêtas à mes leçons: j'écartai tes

cuisses, je caressai les lèvres de ton petit conin dont les

roses étaient à peine épanouies; je n'osai t'y enfoncer le

doigt, tu n'étais pas encore assez endoctrinée pour que tu

eusses regardé la première douleur comme propre à produire une

augmentation de plaisir. Bientôt je gagnai le trône de la

volupté, et ton charmant clitoris, que je caressai, te jeta

dans une extase dont tu pouvais à peine revenir:

-- Ah! Dieux! me dis-tu, ma chère Laurette, quelles suprêmes

délices!

Tu me pris à ton tour pour ton amant; j'étais couverte de tes

baisers; tes mains s'égarèrent sur tout mon corps: tu voulus

me rendre le service que tu venais de recevoir de moi, mais

mon coeur, encore trop serré, ne s'y prêtait pas et je retins

ta main. Je te repris bientôt dans mes bras et, renouvelant

mes caresses, je t'en appris davantage sur le premier instant

de jouissance. Tu étais animée, tu fus aisément persuadée.

-- Eh bien! me dis-tu avec cette charmante vivacité qui te va

si joliment, fais de moi ce que tu voudras.

Je repris ton petit conin, j'y enfonçai le doigt d'une main

tandis que je te branlais de l'autre. La douleur, mêlée au

plaisir, te le fit trouver encore plus délicieux: c'est moi,

chère et tendre amie, oui, c'est moi l'heureuse mortelle qui

ai cueilli ton pucelage, cette fleur si rare et si recherchée.

Plus libre avec toi, qui venais de connaître et sentir les

attraits de la volupté, je ne craignis plus de t'ouvrir mon

coeur en entier, de t'en faire parcourir toutes les routes et

de te raconter, en raccourci, ce que je retrace ici dans

toutes ces circonstances. Si le plaisir et ma main ont su te

dégager des entraves de l'ignorance et des préjugés qu'elle

enfante, combien n'ai-je pas eu de peine à te vaincre sur tous

les autres! La crainte de la grossesse ne te faisait plus

trembler, je t'en avais guérie par mon récit et ma propre

expérience. Ton amant me devait déjà tes premiers pas à son

bonheur et à ta jouissance:

-- Hélas! me disais-tu, la plupart des dogmes dont on a bercé

mon enfance jusqu'à présent, les voeux qu'on m'a dictés, cette

guimpe, ces grilles qui nous entourent, tout s'y oppose.

Mais ton amour, mes avis et mon assistance ont affaibli ces

préjugés et vaincu tous les obstacles. Tu me dois donc, chère

Eugénie, la tranquillité d'esprit et de société dont tu jouis.

De toute façon ton amant me doit sa victoire, de toute manière

mon amitié vous a servis tous deux. Mais avant, j'ai voulu

connaître ce Valfay si cher à ton coeur, étudier sa façon de

penser, et juger s'il méritait ton amour, ta confiance et tes

faveurs. Ces soins, tu le sais, n'ont pas été l'affaire d'un

jour. Les femmes dont le jugement a été cultivé ont le tact

fin, délicat et sûr pour pénétrer dans le coeur des hommes

malgré leurs détours, leur duplicité et les voiles dont ils

cherchent à se couvrir. Mais je fus contente de Valfay, je

trouvai suffisamment en lui pour me faire présumer que je ne

risquais plus rien à prendre tout sur moi pour satisfaire tes

désirs, aider ton peu d'expérience et bannir tes frayeurs.

Heureusement je servais, dans ton couvent, de prétexte à son

amour tandis que je travaillais pour vous deux, car ta

faiblesse et ta timidité n'auraient jamais été vaincues sans

mon secours. Retrace-toi ce jour où, après un temps assez

long, ton amant te pressait avec les instances les plus vives

de le rendre heureux: je le secondais de tout mon pouvoir, tu

t'en défendais et tu le désirais. Tu lui opposais des raisons

qui te paraissaient bien fortes, tu lui présentais des

obstacles insurmontables à tes yeux, tu me faisais compassion.

J'avais pitié de lui; je ne vous le cachai pas, je voyais

l'ardeur de vos désirs portée à son comble. L'instant me parut

favorable, je m'enivrai de l'idée de contribuer à ta félicité:

-- Eh bien! te dis-je, je vais tout surmonter. Valfay, tu

serais un ingrat, un homme indigne de son bonheur si ma

conduite pour te le procurer influait, dans ton esprit, à mon

désavantage.

Je fermai les portes du parloir de notre côté, malgré tes

oppositions apparentes; ton amant en fit autant du sien.

Je te pris dans mes bras, je t'approchai de la grille, je

soulevai ta guimpe; il prit tes tétons, il baisait tes lèvres,

il suçait ta langue que tu lui donnas à la fin. Mais la soif

dévorante du désir lui fit porter sa main sous tes jupes pour

saisir ta motte et s'en emparer. Je te pressais contre lui, je

te baisais aussi, tu ne pouvais m'échapper ni retirer tes bras

des miens: il eut enfin l'adresse et la satisfaction de les

lever et de saisir cet aimable petit conin où tous les

attraits de la jeunesse et de la fraîcheur sont répandus. Ses

caresses t'embrasèrent du feu de la volupté; il en était

dévoré, il maudissait cette impitoyable grille qui nous

séparait et s'opposait à sa jouissance. J'étais émue, hors de

moi-même:

-- Quoi! dis-je à ton amant, vous avez en vous si peu de

ressources? Ah! Valfay, quand on aime bien tout devient

facile. J'aime donc ma chère Eugénie plus tendrement que vous;

je veux lui prouver que ce sentiment me rend tout possible, et

que rien ne peut m'arrêter pour le satisfaire, en vous

obligeant tous deux; car si elle est abandonnée à elle-même

vous êtes perdu.

Tu te rendis enfin. Je te fis monter sur l'appui de la grille,

tes mains posées sur mes épaules; je .te soutenais. Valfay

releva ces habits noirs qui faisaient briller l'éclat et la

blancheur de tes fesses charmantes; il les maniait, les

baisait, leur rendait l'hommage qui leur était dû. Ton petit

conin, encadré dans un des carreaux de la grille, était un

tableau vivant qui l'enchantait. Il lui donna cent baisers.

Mais, pressé de couronner son bonheur, il te le mit, tandis

que, passant moi-même ma main entre tes cuisses, je te

branlais.

Le plaisir que nous appelions, que nous caressions, vint

s'emparer de toi; tu prenais mes tétons, tu me baisais, tu me

mangeais, tu déchargeais. Valfay, prêt à en faire autant, eut

la prudence de se retirer; sa volupté vint expirer entre mes

doigts et se répandre sur ma main comme la lave d'un volcan.

Je vous abandonnai pour lors tous deux à vous mêmes; tu vis,

tu pris en main, tu caressas ce bijou dont tant de fois je

t'avais fait la peinture; mais, manquant des facilités que je

te procurais, tu ne pus recommencer d'en faire usage. Tu m'en

fis, à ton retour, des plaintes amères; tu n'osais me demander

de servir encore ta maladresse; j'apercevais à quel point tu

le désirais, tu me pressais, tu me conjurais de ne plus te

quitter. Tu voulus, cruelle amie, que je fusse témoin de tes

plaisirs et de ta félicité pendant que la mienne était perdue

pour toujours. Il fallut que ma complaisance et mon amitié

pour toi me sollicitassent encore de t'offrir de nouveaux

secours. Mes offres t'enchantèrent, tu m'accablas de caresses

et de baisers; je te fis penser, en cet instant, à te munir de

l'éponge salutaire, et tu m'entraînas pour être présente à vos

transports et au bonheur dont vous jouissiez. Toi-même me fis

voir le dieu que portait Valfay, ce dieu que tu chérissais,

avec lequel tu badinais et dont il m'avait, dès la première

fois, fait sentir la présence. Tu ajoutais de jour en jour à

tes folies, tu lui découvrais mes tétons et tout ce que

j'avais de plus caché, je me prêtais à ton badinage, tu les

lui faisais toucher. Dans quel état et dans quelle émotion me

mettiez-vous tous les deux! Je te le disais à l'oreille, et la

pitié perfide te faisait révéler mon secret. Tu voulais me

faire jouir de ton amant, tu lui souhaitais mes faveurs, tu me

pressais de les lui accorder, tu voulais enfin me porter à la

place que tu avais occupée. Ton aveu, tes empressements et ses

désirs, dont tu mettais entre mes mains les témoignages

sensibles, l'engageaient à m'en solliciter. Je résistai

toujours: tes prières, ses sollicitations, le feu même qui

roulait dans mes veines, ne purent m'y déterminer. Non, ma

chère Eugénie, non, en vain espères-tu de lui faire remporter

la victoire, je n'y consentirai jamais. A tort me fais-tu des

reproches, ce n'est ni par haine, ni même indifférence: Valfay

détruit l'une et n'est point fait pour inspirer l'autre; mais

ton amitié seule me suffit. Après la perte que j'ai faite, je

renonce pour toujours à toute liaison intime avec les hommes,

et je serai ferme dans cette résolution. Tu dois en être

persuadée puisque, malgré vos plaisirs, les caresses que vous

vous faisiez, celles que j'ai reçues, la vue et le toucher de

ce que vous avez de plus intéressant, et vos transports qui

animaient mes sens et les mettaient en désordre, je ne me suis

pas laissé vaincre. J'étais contente et satisfaite lorsque, la

nuit, dans tes bras, tu apaisais les feux que tu avais allumés

le jour.

Un destin, jaloux de la tranquillité que j'avais retrouvée,

est venu l'interrompre: le mariage de ma cousine, la nécessité

de mes affaires ont précipité mon départ et nous ont séparées

pour quelque temps. Tu as exigé de mon amitié, tu lui as

commandé que, pendant mon éloignement, je t'entretinsse encore

et te fisse un détail exact de ce que je t'avais dit en plus

grande partie et que tu écoutais avec tant de plaisir et

d'avidité. J'ai rempli ma promesse: quel sacrifice je fais à

la prudence! Tu connais ton pouvoir sur moi, tu sais combien

je te chéris; tu réunis aujourd'hui tous les sentiments de mon

coeur: partagés autrefois dans le monde et la société, tu les

rassembles tous. Reçois-en pour assurance mille baisers que je

t'envoie, ils te diront combien je soupire après le doux

instant de te les donner moi-même enveloppée de tes bras et

serrée dans les miens. Ah! ma chère, pourquoi cet instant

n'est-il pas encore arrivé? Je me flatte au moins qu'il sera

très prochain. Je t'apporterai ce bijou, semblable à celui de

Valfay mais moins dangereux: s'il n'est pas aussi naturel, ses

avantages n'en sont pas moins grands puisqu'il remplira, sans

les risques des alentours, le vide qui se fait sentir dans nos

plaisirs. Si tu te trouves bien de son usage, notre tendre

amitié nous tiendra lieu de tout. Et puisque Valfay se trouve

dans l'obligation de s'éloigner de toi pour un temps, crois-moi,

chère amie, laissons affaiblir les liaisons étrangères

qui pourraient, à la fin, devenir fatales, étant hors de nous.

J'irai bientôt à mon tour essuyer tes pleurs. Oui, tendre

amie, oublions l'univers pour ne nous en tenir qu'à nous-mêmes.

Attends-moi donc au plus tôt.

Le Rideau levé; ou l'Education de Laure · 第 9 / 9 段