_Aux braves soldats de l'armée devant Paris._
Soldats!
Quand je cède à la nécessité qui me force de m'éloigner de la brave
armée française, j'emporte avec moi l'heureuse certitude qu'elle
justifiera par les services éminens que la patrie attend d'elle, les
éloges que nos ennemis eux-mêmes ne peuvent pas lui refuser.
Soldats! je suivrai vos pas, quoiqu'absent. Je connais tous les corps,
et aucun d'eux ne remportera un avantage signalé sur l'ennemi, que je ne
rende justice au courage qu'il aura déployé. Vous et moi nous avons été
calomniés. Des hommes indignes d'apprécier vos travaux ont vu, dans les
marques d'attachement que vous m'avez données, un zèle dont j'étais le
seul objet; que vos succès futurs leur apprennent que c'était la patrie
pardessus tout que vous serviez en m'obéissant; et que si j'ai quelque
part à votre affection, je la dois à mon ardent amour pour la France,
notre mère commune.
Soldats! encore quelques efforts et la coalition est dissoute. Napoléon
vous reconnaîtra aux coups que vous allez porter.
Sauvez l'honneur, l'indépendance des Français; soyez jusqu'à la fin,
tels que je vous ai connus depuis vingt ans, et vous serez invincibles!