Paris, 23 janvier 1814

_Lettres-patentes signées au palais des Tuileries le 23 janvier 1814,

et par lesquelles l'empereur confère à S. M. l'impératrice et reine

Marie-Louise le titre de régente._

Napoléon, par la grâce de Dieu et les constitutions, empereur des

Français, roi d'Italie, protecteur de la confédération suisse, etc.

A tous ceux qui ces présentes verront, salut:

Voulant donner à notre bien-aimée épouse l'impératrice et reine

Marie-Louise des marques de la haute confiance que nous avons en elle,

attendu que nous sommes dans l'intention d'aller incessamment nous

mettre à la tête de nos armées pour délivrer notre territoire de la

présence de nos ennemis, nous avons résolu de conférer, comme nous

conférons par ces présentes, à notre Bien-aimée épouse l'impératrice et

reine, le titre de régente pour en exercer les fonctions en conformité

de nos intentions et de nos ordres, tels que nous les aurons fait

transcrire sur le livre de l'état; entendant qu'il soit donné

connaissance aux princes grands dignitaires et à nos ministres desdits

ordres et instructions, et qu'en aucun cas l'impératrice ne puisse

s'écarter de leur teneur dans l'exercice des fonctions de régente.

Voulons que l'impératrice-régente préside, en notre nom, le sénat, le

conseil d'état, le conseil des ministres et le conseil-privé, notamment

pour l'examen des recours en grâce, sur lesquels nous l'autorisons

à prononcer, après avoir entendu les membres dudit conseil-privé.

Toutefois, notre intention n'est point que, par suite de la présidence

conférée à l'impératrice-régente, elle puisse autoriser par sa signature

la présentation d'aucun sénatus-consulte, ou proclamer aucune loi de

l'état, nous référant, à cet égard, au contenu des ordres et intentions

mentionnés ci-dessus.

Mandons à notre cousin le prince archichancelier de l'empire, de

donner communication des présentes lettres-patentes au sénat, qui les

transcrira sur ses registres, et à notre grand-juge ministre de la

justice de les faire publier au Bulletin des lois, et de les adresser à

nos cours impériales pour y être lues, publiées et transcrites sur les

registres d'icelles.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome V. · 第 28 / 73 题