NAPOLÉON.

En notre palais de l'Elysée-Napoléon, le 5 avril 1813.

_Message de l'empereur et roi au Sénat._

Sénateurs,

Nous avons nommé pour remplir les treize places vacantes au sénat:

Le cardinal Bayane, prélat distingué par ses vertus religieuses,

l'étendue de ses lumières et les services qu'il a rendus à la patrie; il

a travaillé au concordat de Fontainebleau, qui complète les libertés de

nos églises; oeuvre commencée par saint Louis, continuée par Louis XIV,

et achevée par nous; le baron Bourlier, évêque d'Evreux, le doyen de nos

évêques, l'un des docteurs les plus distingués de la Sorbonne de Paris,

société qui a rendu de si importans services à l'état, en démêlant, au

milieu des ténèbres des siècles, les vrais principes de notre religion,

d'avec les prétentions subversives de l'indépendance des couronnes. Nous

désirons que le clergé de notre empire voie dans ces choix un témoignage

de la satisfaction que nous avons de sa fidélité, de ses lumières et de

son attachement à notre personne.

Le comte Legrand, général de division, couvert d'honorables blessures,

et auquel nous avons les plus grandes obligations pour les services

qu'il nous a rendus dans les circonstances les plus importantes.

Le comte Chasseloup-Laubat, le comte Gassendi, et le comte Saint-Marsan,

conseillers en notre conseil-d'état. Nous désirons que notre conseil

voie dans cette distinction accordée à trois de ses membres, le

contentement que nous avons de ses services;

Le comte Barbé-Marnois, premier président de notre cour des comptes: en

peu d'années et par un travail assidu, notre cour des comptes a liquidé

tout l'arriéré, et atteint le but pour lequel nous l'avions instituée.

Le comte De Crois, l'un de nos chambellans, présenté par le collège

électoral du département de Sambre et Meuse: les officiers de notre

maison verront dans cette distinction accordée à l'un d'eux, la

satisfaction que nous avons de la fidélité et de l'attachement qu'ils

nous montrent dans toutes les circonstances.

Le duc de Cadore, ministre d'état, intendant-général de notre maison;

le duc de Frioul, notre grand-maréchal; le comte de Montesquiou, notre

grand-chambellan; le duc de Vicence, notre grand-écuyer; le comte de

Ségur, notre grand-maître des cérémonies.

Nous voyons de l'utilité à faire siéger au sénat les grands-officiers

de notre couronne; nous sommes bien aise de leur donner cette preuve de

notre satisfaction.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome V. · 第 12 / 73 题