«Tudela, le 31 juillet 1812.
«Sire, je viens de rendre compte au ministre de la guerre des événements
qui ont eu lieu depuis que les Anglais ont commencé à agir contre
l'armée de Portugal. Mon rapport contient le détail de mes opérations
jusqu'au moment où ma malheureuse blessure m'a privé du commandement.
J'ai cru devoir envoyer un de mes aides de camp, M. le capitaine
Fabvier, pour porter ce rapport à Paris. J'ai pensé aussi que Votre
Majesté ne désapprouverait pas que cet officier, qui est parfaitement au
fait de tout ce qui s'est passé et qui connaît l'état des choses, se
rendit près d'elle pour lui donner tous les renseignements qu'elle
pourrait désirer et répondre aux questions qu'elle daignerait lui faire.
«Sire, un combat s'est engagé le 22 juillet avec les Anglais; il a été
sanglant. J'ai été frappé auparavant, et au moment où tout nous
présageait des succès et où la présence du chef était le plus
nécessaire; mais la fortune, en m'éloignant de l'armée, a abandonné nos
armes. Que n'ai-je pu, Sire, conserver le commandement jusqu'à la fin de
la journée au prix de tout mon sang et de ma vie!»