Blanco-Sancho, le 25 juillet, midi.
«Monsieur le général. M. le maréchal duc de Raguse m'annonce les
événements du 22 juillet, sa blessure et votre commandement.
«Je reçois en même temps votre lettre de ce matin d'Arevalo, et le
porteur m'assure n'être parti d'Arevalo qu'après vous avoir vu partir.
La lettre de M. le maréchal ne me parlait que de la perte de trois mille
hommes et m'assurait que celle de l'ennemi était plus considérable. La
vôtre, monsieur, me prouve que nos malheurs sont plus grands, puisqu'ils
ont pu vous déterminer à vous retirer sur la droite du Duero, me sachant
si près de vous, et à me déclarer que la réunion de mes troupes (de
quatorze mille hommes) ne suffirait pas pour attaquer les Anglais; que
vous ne resteriez sur le Duero que dans le cas où lord Wellington se
porterait sur Madrid. Je n'ai donc d'autre parti à prendre que de
ralentir la poursuite de l'ennemi par les mouvements que j'ordonnerai à
la cavalerie et par la lenteur que je mettrai dans mon retour sur
Madrid. Vous devez sentir combien je suis impatient de connaître l'état
de vos pertes et votre situation actuelle.»
(Par duplicata.)