«Burgos, le 24 février 1812.
«Les rapports que je reçois de la Biscaye sont de nature à m'empêcher
d'en détacher un seul homme.--Les 2e et 3e régiments de marche de votre
armée y gardent seuls la communication d'Irun à Vitoria, et, malgré tout
le désir que j'ai de les mettre à votre disposition, vous devez
concevoir qu'il m'est impossible de le faire avant d'avoir reçu les
troupes de la division Bonnet, qui doivent les remplacer.--Le 1er
régiment de marche, stationné en Navarre, a depuis longtemps l'ordre
d'en partir pour se rendre à Valladolid; mais je suis sans nouvelles de
cette province, et j'ignore même encore si le général Caffarelli y est
entré: c'est ce qui m'empêche de vous adresser l'itinéraire de ces
détachements.
«Toute l'armée a subi des pertes, de sorte que je ne puis même disposer
d'aucun de ces corps. Le peu de troupes qui va me rester me met dans la
nécessite de prier Votre Excellence d'ordonner l'occupation des postes
de Villa-Rodrigo et Quintana del Puente. Il existe dans le premier deux
cent cinquante hommes, et dans le second soixante-dix. Je ferai tout ce
qui sera en mon pouvoir pour garder le plus longtemps possible Reynosa;
mais, si on n'augmente pas mes moyens, je crains d'être forcé à vous
prier également d'en faire remplacer la garnison.
«Un approvisionnement de grains que je suis obligé d'envoyer dans la
province de Santander me met aussi dans l'embarras pour les transports.
Cependant j'espère pouvoir diriger sur Valladolid, dans huit à dix
jours, cent à cent vingt voitures pour y prendre une partie de mes
malades.
«J'ai fait partir aujourd'hui le douzième convoi de fonds, et j'ai joint
à son escorte le détachement de l'année de Portugal, qui formait la
garnison d'Aranda.»