«Valladolid, le 23 mai 1811.
«Il m'est impossible, mon cher maréchal, d'envoyer un seul homme à
Salamanque. Ne pourriez-vous pas établir dans cette ville les dépôts de
votre armée avec un ou deux bataillons? Cette province va se trouver
entièrement dépourvue de troupes. Comment communiquer avec vous si vous
ne laissez rien entre Salamanque et le Tage? Vous calculerez sans doute
toutes les conséquences que cela peut avoir.
«Comment vous parviendront vos convois? Quelles ressources aurez-vous en
cas d'un mouvement rétrograde? Je pense, mon cher maréchal, que vous
songerez à l'inconvénient d'abandonner Salamanque. Vous voyez l'effet
que cela a déjà produit, puisque tout ce qui est compromis dans cette
ville parle de l'abandonner. Cette province a toujours été occupée par
l'armée de Portugal, même lorsqu'elle était à Santarem. Je vous prie de
vous faire une idée juste de mes moyens en troupes: je ne puis pas
disposer d'un homme.»