Il s'agit maintenant de nous faire comprendre sans parler. Les
_pets_ muets vulgairement appellés _vesses_, n'ont point de son,
et se forment d'une petite quantité de vents très-humides. On les
nomme en latin VISIA, du verbe _visire_, en allemand _feistein_, et
en anglais _fitch_, ou _vetch_. Elles sont _sèches_ ou _foireuses_.
Les sèches sortent sans bruit, et n'entraînent point avec elles de
matière épaisse. Les _foireuses_ sont au contraire composées d'un vent
taciturne et obscur, et emportent toujours avec elles un peu de matière
liquide. Elles ont la vélocité d'une flèche ou de la foudre, et sont
insupportables par l'odeur fétide qu'elles exhalent. Jean Despautère a
dit qu'une liquide jointe à une muette dans la même syllabe, rend brève
la voyelle douteuse, ce qui signifie que l'effet de la vesse foireuse
est très-prompt.
Un diable du pays latin voulant un jour lâcher un pet, et ne faisant
qu'une vesse foireuse, s'écria avec colère et indignation, en
maudissant la trahison de son derrière: _nusquam tuta fides?_ Il n'y a
donc plus de bonne foi dans le monde! On fait donc très-bien, quand on
craint ces vesses, de mettre bas les culottes, et de lever sa chemise,
avant de les lâcher. Il faut être sage, prudent et prévoyant.
Les vesses foireuses sortant sans bruit, sont un signe qu'il n'y a pas
beaucoup de vents. La partie liquide qu'elles entraînent donne lieu
de croire qu'elles sont salutaires. Elles indiquent la maturité de la
matière, et qu'il est tems de soulager ses reins, suivant cet axiôme:
_Maturum stercus est importabile pondus._
C'est un lourd fardeau que l'envie d'aller à la selle.