Ces dames ont trové un jieu... 1105

très inutiles, d’une obscénité choquante, d’un ton goguenard et amusé

qui jure singulièrement avec le contexte--et qui, quelle que fût la

liberté du temps, auraient été plus que singuliers sous la plume d’un

évêque,--ont tous les caractères d’une addition au texte primitif.

[112] tranquille, garantie.

[113] maudite soit.

[114] hoirs, enfants.

[115] amasse.

[116] pis.

[117] et qui n’en a le sien distribue.

[118] sera close et enfermée.

[119] passagère.

[120] excepté la peau.

[121] trésor.

[122] trouve.

[123] maîtresses.

[124] de la suite de Notre Seigneur.

[125] éviter.

[126] Qu’à Dieu puissions nos âmes.

[127] On n’apprend pas sans surprise, après cela, qu’il a été dit de

lui: «Cet homme de génie, né trois siècles trop tôt...» (C. Lenient, _La

Satire en France au moyen âge_. Paris, 1893, p. 109).

[128] Chose singulière, dans le «Tableau chronologique» qui se trouve en

appendice de la dernière édition (posthume, 1905) de _la Littérature

française au moyen âge_ par G. Paris, la Bible Guiot est indiquée deux

fois, comme ayant été composée en 1204 (p. 276) et «vers 1224» (p. 277).

[129] Voir les consciencieuses recherches de M. A. Baudler sur les

quatre-vingt-six personnages cités dans la _Bible_ comme protecteurs du

poète: _Guiot de Provins, seine Gönner..._ (Halle a. S., 1902), pp.

10-55.

[130] San Marte, _Parcival Studien_ (Halle, 1861), p. 142.

[131] L. Guibert, _Destruction de l’Ordre et de l’abbaye de Grandmont_

(Paris, 1877), p. 53 et suivantes.--Les principaux incidents sont de

1185, 1219, 1223. Mais il est aussi difficile de dater les chansons

latines qui s’y rapportent (B. Hauréau, _Notices et Extraits de quelques

manuscrits latins de la Bibliothèque nationale_, VI (1893), p. 303) que

l’allusion de Guiot.

[132] En 1208, d’après le P. Helyot, _Histoire des Ordres religieux et

militaires_, II p. 112. Mais cf. dom G. Maillet-Guy, _Les origines de

Saint-Antoine_, dans le _Bulletin de la Société... d’archéologie de la

Drôme_ (Oct. 1907), p. 384.

[133] Dom G. Maillet-Guy n’a pas trouvé trace de la bulle d’Honorius

III, citée par les anciens historiographes de l’Ordre; mais ce n’est pas

une preuve qu’elle n’ait pas existé.

[134] Dom G. Maillet-Guy, _l. c._, p. 389.

[135] Telle est l’opinion de San Marte (_O. c._, p. 4), acceptée sans

discussion par A. Baudler.

[136] En effet, le v. 2038, qui fait partie d’un passage où il est

question des Convers comme quêteurs ambulants, ne prouve rien; il a fort

bien pu être écrit après l’autorisation, donnée aux Convers en 1209, de

fonder, à Saint-Antoine même, un «très modeste oratoire» (_Bulletin_

cité, p. 384).--Il paraît certain, d’un autre côté, que l’«uevre du

mostier» (v. 2081) doit s’entendre de l’église du «mostier»

(c’est-à-dire du prieuré). Mais il resterait à prouver que, après

l’autorisation de 1209, les Convers furent dégagés, en fait et pour

l’opinion publique, même aux yeux des amis du «mostier» (tels que

Guiot), de toute obligation envers l’«uevre».

[137] _Histoire littéraire_, XXIII, p. 612. Cf. A. Baudler, _Guiot von

Provins_, pp. 70-91.

[138] Ce Jofroi, que je n’ai pas réussi mieux que A. Baudler (_o. c._,

p. 34) à identifier, n’était sûrement pas comte, car il n’y a pas place

pour lui dans la suite bien établie des comtes de Mâcon. Le destinataire

de la chanson n’est donc pas ce Jofroi. On peut hésiter entre Girard de

Vienne (1155-1184) et Guillaume II de Vienne (1184-1226).

[139] On en comptait quatre en 1887, dont un égaré. Celui de Turin (L.

v. 32) a été détruit depuis.

[140] P. Meyer, _l. c._, et dans les _Notices et Extraits des

Manuscrits_, XXXIII, 1, p. 34. Cf. _Romania_, XX, p. 579.

[141] A. Baudler, _Guiot von Provins..._ pp. 55-69.

[142] Analyse par A. Baudler, _l. c._--Les premiers vers contiennent une

allusion assez claire à la tyrannie des moines noirs, dont Guiot s’est

tant plaint dans la _Bible_.

[143] G. Gröber (_Grundriss der romanischen Philologie_, II, p. 703)

est, je crois, le seul qui semble placer la composition de la _Bible_

d’Hugues de Berzé avant celle de la _Bible_ Guiot (puisqu’il parle des

deux «Bibles» dans cet ordre). Cette innovation n’est pas heureuse.

[144] Ce n’est pas une difficulté que le destinataire de la Bible au

seigneur de Berzé soit appelé «biaus frere, biaus amis» par ledit

seigneur. Nous avons une pièce du même seigneur de Berzé où il s’adresse

au troubadour Folquet en ces termes: «Ne le penseiz, Fouquet, biaus dous

amis» (_Romania_, XVIII, p. 557). D’autre part, au moyen âge (comme

aujourd’hui en Russie), on s’appelait couramment «frère» sans être du

même sang.

[145] A. Scheler, qui l’a décrit (_Notice et Extraits de deux manuscrits

français de la Bibliothèque de Turin._ Bruxelles, 1867, p. 89), ne dit

rien de l’envoi final, mais il a noté que la _Bible_ au seigneur de

Berzé comptait dans ce ms. 845 vers (au lieu de 838 dans l’édition).

[146] C’est ce que l’on pouvait déjà inférer des derniers vers de ce

ms., cités par M. P. Meyer dans la _Romania_, VI, p. 19. Mais M. P.

Meyer a eu l’obligeance de transcrire à mon intention, en novembre 1907,

les 50 vers qui précèdent ceux qu’il avait imprimés jadis dans la

_Romania_: ils diffèrent tout à fait de ceux qui se lisent, à la même

place, dans les mss. qui ont servi pour l’édition. Ils ne contiennent,

d’ailleurs, qu’une amplification sans intérêt; voir plus loin, p. 88.

[147] cours.

[148] connaisseurs.

[149] sots.

[150] trompeurs.

[151] je crois.

[152] sale.

[153] «Cince» signifie chiffon, guenille. Allusion aux querelles entre

Philippe de Souabe et Otton IV.

[154] Passage malade dans les deux mss. de Paris: «Des estapes et des

crenices» (fr. 25405); «Des estoupes et descrecine» (fr. 25437). Éd.:

«Des estoupes et des crevices». La restitution proposée ici l’est sous

toutes réserves. Mais le mot à la rime et le sens général ne sont pas

douteux.

[155] Syrie.

[156] Ce personnage mérite de retenir l’attention entre tous. C’est sans

doute ce Raimond d’Anjou en Dauphiné (Anjou, commune de Roussillon,

Isère), qui est si souvent cité dans les œuvres de Francesco da

Barberino (Ant. Thomas, _Francesco da Barberino et la littérature

provençale en Italie au moyen âge_. Paris, 1883, pp. 130-142). Il avait

composé en provençal plusieurs ouvrages didactiques, qui paraissent

perdus, sur des questions de courtoisie et de morale. «C’est, dit A.

Thomas, une physionomie qui rappelle celle de Joinville...»; elle

rappelle aussi celle de Philippe de Novare.

[157] eau.

[158] Ce passage, un des premiers textes où il soit question de

l’aiguille aimantée, est depuis longtemps célèbre. Cf. les textes

contemporains sur le même sujet, réunis par R. Berger, _Canchons und

Partures des... Adan de le Hale_ (Halle a. S., 1900), p. 173.

[159] faux.

[160] source.

[161] ne va sur eux plutôt que sur les Grecs.

[162] tapes.

[163] souvenir.

[164] Allusion obscure à des incidents dont des évêques avaient été

récemment victimes.

[165] fraudent, friponnent.

[166] Ici commence la revue des Ordres monastiques. C’est sans doute la

plus ancienne, comme c’est la plus intéressante, des énumérations

plaisantes de cette espèce dont on a un assez grand nombre. Voir

notamment les _Œuvres_ de Rutebeuf (éd. elzévirienne, I, p. 187; III, p.

147 et suiv.) et le _Livre de Mandevie_.

[167] quelles fautes y ai-je?

[168] mal à mon aise, malheureux.

[169] peur.

[170] ma faute.

[171] feutre, grabat.

[172] triste, inquiet.

[173] maquignons, revendeurs.

[174] laisse.

[175] Le cardinal cistercien auquel il est fait allusion en ces termes

n’est-il pas Gui de Parai [peut-être de Paray-le-Monial en Bourgogne],

ancien abbé de Citeaux, dont la carrière en cour de Rome fut si

brillante sous Innocent III: légat en France et en Allemagne, évêque de

Palestrina, archevêque de Reims? [Voir sa notice dans l’_Histoire

littéraire_, XVI, p. 499]. Gui de Parai est mort le 30 juillet 1206.--Un

autre cistercien, Girard, abbé de Pontigni, fut fait cardinal du titre

de Saint-Nicolas _in carcere Tulliano_ en 1198; les nomenclatures

cardinalices fixent sa mort «vers 1210».--Je ne vois pas d’autre

cardinal de l’«Ordre blanche» avant Rainier Cappocci, de Viterbe, promu

en 1212 (mort en 1252), dont il ne saurait être question ici.

[176] seul.

[177] Ordre religieux.

[178] autre chose.

[179] agitent.

[180] caressent.

[181] m’interdisent.

[182] tout debout.

[183] réfectoire.

[184] œufs pourris.

[185] et des fèves avec les cosses.

[186] boisson à bœufs (de l’eau).

[187] C’est, en effet, l’accusation de style contre les Templiers,

hommes d’argent, financiers, spéculateurs. Voir, par exemple,

l’intéressant fragment de la première moitié du XIIIe siècle, publié

par M. P. Meyer dans la _Romania_, IV (1875), p. 391:

Mult sont prudom[e] li Templer

E bien se sevent purchacer,

Mes trop par aiment le diner;

[E] quant li tens est alques chiers

Si vendent blé

Plus volentiers que il nel prestent a lur menie.

[188] lui vaut peu.

[189] signes de reconnaissance sur la poitrine.

[190] tromper.

[191] éclopés.

[192] prêtre.

[193] rougir et faire suppurer.

[194] brûle.

[195] touailles et anneaux et guimpes.

[196] Cette violente philippique contre les hospitaliers de

Saint-Antoine de Viennois, qui n’a été signalée par aucun des historiens

de cet Ordre (pas même par le dernier, dom G. Maillet-Guy, précité), est

un nouvel indice des relations de Guiot avec les comtes de Mâcon et de

Vienne. Seul, un familier de la maison de Vienne pouvait être à ce point

au courant de la querelle locale entre l’«hôpital» et le «mostier» ou

prieuré bénédictin de Saint-Antoine de Viennois, et intéressé dans cette

querelle.

[197] C’est, semble-t-il, par erreur que l’_Histoire littéraire_ (l. c.,

p. 815) interprète ce passage à la lettre et dit: «Guiot se borne à

reprocher aux nonnes de ne pas maintenir la propreté dans leurs

couvents.»

[198] Les moralistes du moyen âge qui ont écrit des «États du monde» se

sont rarement occupés d’une manière spéciale des professions libérales.

Comparer pourtant à ce qu’en dit ici Guiot ce qu’en ont dit Matfre

Ermengau (_Le Breviari d’Amor_, éd. G. Azaïs, II, p. 65 et suiv.),

l’auteur du Dit des Mais (A. Jubinal, _Nouveau Recueil..._ I, p. 191 et

suiv.), l’auteur de _l’Exemple du riche homme et du ladre_ (dans les

_Notices et Extraits des Manuscrits_, XXXIV, 1re p., p. 180).

[199] blutoir.

[200] son.

[201] Bologne.

[202] bavards.

[203] étourneau en cage.

[204] profit.

[205] examinent les urines.

[206] phtisique.

[207] atteint du «fi» (espèce de ladrerie des bestiaux).

[208] paralytique.

[209] Le meilleur est de mèche avec le pire.

[210] mon infirmité me laisse.

[211] vaisseau.

[212] On connaît maintenant d’autres manuscrits anciens de cette pièce

(P. Meyer, dans la _Romania_, VI, p. 19); voir plus haut, p. 39.

[213] Les manuscrits de la Bible et des chansons d’Hugues offrent les

formes: _Bresi_, _Bersil_, _Bresil_, _Bergi_, _Bregi_, _Bargi_, _Berze_,

_Berri_, etc.

[214] _Histoire littéraire_, XVIII, p. 640, 816.

[215] Rapport publié dans les _Annales_ de ladite Société, 1866, premier

semestre.

[216] On lit dans la dernière édition de la Chronique de Morée (J.

Schmitt, _The Chronicle of Morea_. London, 1904): «[Greek: hoi nte

Berêthoi]». L’éditeur ne se prononce pour aucune identification (p. 624,

col. 1).

[217] G. Paris, _Hugues de Berzé_, dans la _Romania_, XVIII (1889), p.

553; O. Schultz, _Urkundliches zu Hugues de Berzé_, dans la _Zeitschrift

für romanische Philologie_, XVI (1892), p. 504; cf. _Romania_, XXII,

318.

[218] Décrit par H. Furgeot dans le _Cabinet historique_, XXV (1879), p.

145. Cf. la Collection des Châteaux de Bourgogne en cartes postales

(Phototypie Bourgeois frères, Chalon-sur-Saône), nº 44.

La famille de Berzé s’est éteinte vers la fin du XIVe siècle. Voir

Arcelin, dans l’_Indicateur héraldique et généalogique du Mâconnais_,

1866, p. 46.

[219] On lit dans l’_Histoire littéraire_ (XXIII, p. 573): «Nous avons

vu deux copies d’une chanson assez élégante de Gautier de Bregi, lequel

pourrait être de la même famille que Hugues de Bregi, ou Barsi, ou

Brezil, auteur de _la Bible au seignor de Berze_ et dont Fauchet

connaissait des chansons.» Il y a un Brégy dans le département de

l’Oise; est-ce là tout ce qui a décidé M. G. Gröber à parler (_Grundriss

der romanischen Philologie_, II, p. 963) du chansonnier «Gautier de

Bregy (Oise)»?

[220] Ces deux «de Saint Denis» se mêlaient aussi d’écrire. Cf.

_Chansons de Gace Brûlé_ (éd. Huet, 1902), p. 50: «Renaut, chantez, qui

amez sans feintise, Gar lessié l’ont li dui de Saint Denise»....

[221] Si les vers 431 et suiv. (ci-dessous, p. 84) avaient trait, comme

on l’a cru, à Boniface de Montferrat, Hugues serait resté en Romanie

jusqu’en 1207 au moins.

[222] Voir l’_Exceptio capitis sancti Clementis_, par Rostang de Cluny,

dans les _Exuviæ sacræ Constantinopolitanae_, t. II.

[223] Je cite, pour plus de clarté, l’excellente restitution en dialecte

bourguignon que G. Paris a composée d’après les deux versions

provençalisées.

[224] G. Paris a cru que la chanson provençalisée était de 1201; elle

aurait été interpolée plus de vingt ans après, par l’addition de la

strophe du ms. de Modène.

«Si, dit G. Paris (_Romania_, XVIII, 558), le poète s’adressait non pas

a Boniface de Montferrat [le héros de la 4e croisade], mais à

Guillaume son fils, il lui parlerait sûrement de son père et de la prise

récente de Salonique par Théodore Ange Comnène, au lieu que, pour

exciter le marquis à secourir non la Romanie mais la Terre Sainte, et

lui rappeler que c’est une obligation de famille pour les Montferrat, il

ne lui cite que l’illustre exemple de Conrad de Montferrat, frère de

Boniface, au courage duquel on avait dû en effet, en 1189, le salut de

Tyr et de la Syrie».--Cet argument, qui repose sur le silence du poète,

ne vaut rien: Hugues, rappelant le souvenir de Conrad de Montferrat,

n’était pas obligé d’évoquer aussi celui de Boniface.

«L’envoi du ms. de Modène a été ajouté, sans doute, en marge de

l’original de ce ms. par quelqu’un qui a voulu rajeunir la pièce de 1201

et l’approprier tant bien que mal aux circonstances de 1223.»--Non;

c’est aux circonstances de 1201 que la pièce n’est pas appropriée. Au

reste, G. Paris ne conteste pas que la pièce soit d’Hugues de Berzé le

jeune. Or, elle a été écrite par un homme d’âge; si elle était de 1201,

il faudrait l’attribuer à Hugues de Berzé l’ancien.

Il faut remarquer enfin que, si la pièce était de 1201, on ne

comprendrait point que Hugues de Berzé, le jeune ou l’ancien, exhortât à

se croiser un prince, Boniface de Montferrat, qui s’était croisé avant

lui (au témoignage de Villehardouin, §§ 43-45) et qui fut, dès le

premier jour, le chef désigné de la croisade. Cette difficulté n’a pas

échappé à G. Paris; mais il n’a pas pu, naturellement, s’en tirer,

malgré ses efforts (_L. c._, p. 562).

O. Schultz, dans sa note sur la biographie de Folquet de Romans

(_Zeitschrift für romanische Philologie_, IX, 133) avait déjà remarqué

que, en 1201, Folquet de Romans était trop jeune pour qu’un seigneur

comme Hugues de Berzé pût s’adresser à lui en de tels termes. O. Schultz

datait, pour ce motif, la chanson de 1213, année où l’on prépara une

croisade qui n’aboutit pas. Mais il ne connaissait pas l’envoi du

manuscrit de Modène.

{Ce qui précède était écrit lorsqu’a paru dans la _Romania_, XXXV

(1906), p. 387 et s., un article de M. J. Bédier sur la chanson

provençalisée d’Hugues de Berzé. M. Bédier conclut comme moi, et à peu

près pour les mêmes raisons, à l’irrecevabilité de l’hypothèse présentée

par G. Paris.--Il en suggère à son tour une qui précise la date que

j’assigne à la chanson (entre septembre 1220 et janvier 1224). La

chanson vise, dit-il, un projet d’expédition à laquelle l’Empereur

devait prendre part en personne (_Ne ja d’aver porter ne seit pensis_,

etc.), et non l’expédition de Salonique, que Frédéric n’a jamais dû

aider que par des subsides. Or il fut fortement question, en 1221, du

départ de Frédéric pour la Terre Sainte. L’exhortation d’Hugues de Berzé

serait donc de 1221.}

[225] C’est par un véritable contresens que l’on a écrit en parlant de

lui: «L’austère gentilhomme...» (C. Lenient, _La Satire en France_, p.

110).

[226] cours.

[227] gai.

[228] pourvu que l’on.

[229] doyennés.

[230] Il s’agit ici d’Isaac l’Ange, que les croisés tirèrent de prison

(étranglé); d’Alexis, son fils (deshérité); de Murzuphle, l’usurpateur;

et enfin de Baudouin, comte de Flandre, que les Latins élurent à la

place de Murzuphle, et qui fit précipiter l’usurpateur du haut de la

colonne de Théodose.--C’est sans raisons sérieuses que O. Schultz

(_Zeitschrift für romanische Philologie_, XVI, p. 507) a contesté ces

identifications.

[231] «Romains», dans l’édition. Il s’agit évidemment des «Comains» de

Villehardouin, le peuple barbare du Danube.

[232] Allusion obscure. L’hypothèse a été émise que c’est Boniface de

Montferrat qui est ici visé; elle est gratuite.

[233] poursuivait l’épée dans les reins.

[234] Les v. 450-454 sont altérés et inintelligibles dans le ms. 837 et

dans l’édition qui reproduit ce ms. (avec une faute d’impression).

J’adopte ici la leçon du ms. fr. 378, fol. 5, qui est claire.

[235] rien.

[236] Le défunt.

[237] débat.

[238] Ms. 837 et Édition: «Chauces et chaudes et pevrées.» Restitué

d’après le ms. fr. 378, fol. 6.

[239] Fors(?).

[240] ragoût au poivre.

[241] C’est cette supplication qui se trouve fort amplifiée à la fin du

ms. de Londres (ci-dessus, p. 40, note 2):

Beal sire Dex, done moi grace

De toi servir et tant d’espace

De vivre .I. petit de respit,

Car je me confort e delit

A bien panser et an bien faire,

Si que li biens me puisse plaire

Autant com li mau m’ont plahu

Tant com j’ai au siegle vescu.

[242] Éd.: aime. Celui qui l’a le plus aimé [l’auteur].

[243] _Recueil général des fabliaux_, II, p. 8.

[244] _Ib._, IV, p. 41.

[245] Sur l’historique des recherches, fondées sur l’étude des rimes,

qui ont abouti à distinguer trois ou quatre Guillaume, clercs normands

ou ayant cherché fortune en Angleterre, voir A. Schmidt, dans

_Romanische Studien_, IV (1879-80), p. 493 et suiv. Cf. _Histoire

littéraire_, XXX, p. 160 (qui adopte les conclusions de A. Schmidt).

[246] Guillaume dit qu’il a composé le Bestiaire «trois ans» après

l’interdit jeté sur l’Angleterre par le pape Innocent III. Cet interdit

est du 23 mars 1208. Par conséquent le _Bestiaire_ serait de 1211. Mais

plusieurs manuscrits présentent la leçon «deux» (au lieu de «trois»).

Voir _Le Bestiaire_, éd. Reinsch, p. 44 et 341.

[247] Ci-dessous, p. 95.

[248] Publié dans la Patrologie latine de Migne, CCXVII, col. 701-746.

Il existe une traduction française du XIIIe siècle, sous ce titre:

_Le livre de la misere de l’homme_ (dont les manuscrits sont énumérés

dans la _Romania_, XVI, p. 68).

[249] «Rien n’indique, dit M. G. Paris (_Revue critique_, 1869, II, p.

55), qu’il ait entendu Maurice lui-même en chaire». Rapprocher pourtant

l’expression dont il se sert en parlant de l’évêque de Paris (_Issi le

me senefia Li bon evesques de Paris_) de celle qu’il emploie en parlant

de l’évêque de Lichfield, au début de sa pièce «Les Treis Moz» (_Mustré

m’a l’evesque Alisandre..._) Rien ne s’oppose à ce que l’on croie, dans

les deux cas, à des relations personnelles.

[250] _Le Bestiaire_ (éd. R. Reinsch, Leipzig, 1892).--Quel est ce «sire

Raol»? Les anciens érudits se sont perdus, là-dessus, en conjectures

gratuites. Les modernes se sont sagement résignés, pour la plupart, à

n’en rien savoir. Voir, sur ce point, C. Hippeau, dans les _Mémoires de

la Société des Antiquaires de Normandie_, IX (1851-52), p. 354.

[251] _Zeitschrift für romanische Philologie_, III (1879), p. 225.

[252] _La Vie de Tobie_, éd. R. Reinsch, dans l’_Archiv_ de Herrig, LXII

(1879), p. 380.--On pense généralement qu’il s’agit ici de Kenilworth en

Warwickshire.

[253] _Le Bestiaire_, p. 221.

[254] Voir plus loin, p. 95.

[255] G. Paris dit, dans sa _Littérature française au moyen âge_ (Paris,

1905, p. 249), à propos du _Roman des Romans_, que ce poème moral

«pourrait bien être de Guillaume le Clerc». J’ai lu ce poème inédit,

dans les deux mss. qu’en possède la Bibliothèque nationale de Paris (fr.

19525, fol. 145; fr. 25407, fol. 139): l’hypothèse, évidemment suggérée

par des ressemblances de pensée et d’expression, ne paraît pas

nécessaire.

[256] _Le Bestiaire_, p. 220.

[257] mosquée.

[258] dans les édifices ecclésiastiques.

[259] _Ib._, p. 341.

[260] Dans l’_Histoire de la langue et de la littérature françaises_, p.

p. L. Petit de Julleville, II, p. 198.

[261] femme.

[262] 8 novembre 1226.

[263] charogne.

[264] des reins.

[265] les vers.

[266] plaisir.

[267] volupté.

[268] Notre Seigneur.

[269] de son prochain.

[270] yeux.

[271] ne le haïsse.

[272] avec lui seul.

[273] Le thème des «trois ennemis de l’homme» (_Spiritus immundus_,

_Caro_, _Mundus_), était classique au moyen âge; voir P. Meyer, dans la

_Romania_, XVI, p. 2 et suiv. Il a fourni la matière de tout un poème

moral: _Des trois ennemis de l’homme_, par Simon, lequel est, du reste,

sans intérêt.

[274] soif.

[275] amasser.

[276] Éd.: _nus_, sans interrogation.

[277] fillette.

[278] Éd.: _nus_, sans interrogation.

[279] coucher.

[280] maîtrise.

[281] et lui refuse son plaisir (impose des privations).

[282] le dresseur d’autours.

[283] Lieu commun d’observation, souvent développé, mais avec une force

singulière dans le Dit de _Chastie Musart_ (p. p. A. Jubinal parmi ses

notes aux _Œuvres_ de Rutebeuf, éd. elzévirienne, III, p. 384; cf.

_Romania_, XV, p. 603).

[284] je ne parle pas de tous les clercs.

[285] avec ceux qui lui devaient des devoirs d’hospitalité.

[286] cavalcade.

[287] firent du tort aux maisons.

[288] même.

[289] anneau au doigt.

[290] L’auteur du _Roman des Romans_ (Bibl. nat., fr. 25407, fol. 147)

s’étend encore plus au long sur les pratiques simoniaques des évêques;

c’est son thème préféré: «Cume d’avers bargaigne l’en d’iglise...»

[291] doyens.

[292] V. _Revue critique_, 1869, II, p. 57.

[293] prêtent la main aux adultères.

[294] pots de vin.

[295] Invectives analogues, mais plus circonstanciées et plus roides,

contre les archidiacres et les doyens [ruraux] dans le _Roman des

Romans_ et d’autres pièces sur les «États du Monde» qui ont été groupées

par M. P. Meyer, _Romania_, IV (1875), pp. 389, 393.

[296] Que feront-ils au Jour du Jugement?

[297] nourries.

[298] Cf. ci-dessus, p. 11, note.

[299] Les mêmes que ceux des riches, observe l’auteur d’un «État du

monde» en vers latins rythmiques (E. du Méril, _Poésies populaires

latines du moyen âge_. Paris, 1847, p. 132); le cadre seul diffère:

_Quoniam inter se concupiscentiam

Et incredibilem habent jactantiam...

Quid ipsi facerent in rebus maximis

Qui vix se cohibent in rebus minimis?_

[300] On s’est toujours plaint de la veulerie et de la mauvaise volonté

des ouvriers. Cf. _De l’Estat du monde_, dans les _Œuvres... de

Rutebeuf_ (éd. elzévirienne), II, p. 22:

Il vuelent estre bien paié

Et petit de besoingne fere...

Et ci-dessous, p. 345.

[301] Je vous le dirai par ma foi.

[302] poux.

[303] qu’il porte d’habitude.

[304] pingrerie.

[305] L’ivrognerie passait alors pour le vice national des Anglais, et

de leur propre aveu; voir _le Petit Plet_ (éd. J. Koch. Heilbronn, 1878)

de Chardri, v. 1271. C’était aussi, déjà, le vice normand: l’auteur

provençal d’un «Art de se tenir à table» conseille de ne pas boire à la

normande (_Revue des langues romanes_, XLVIII, 1905, p. 293):

Ni non vulhas beure nulha via

A costuma de Normandia

Car ellos beuran a una taula

Sinquanta ves...

[306] l’enfant.

[307] tout son gréement.

[308] qu’il ne nous faille boire.

[309] Pierre.

[310] qui rougeoie [l’or].

[311] publicains, hérétiques.

[312] prisés.

[313] Albigeois.

[314] qui sont tout autant.

[315] aille.

[316] chanter, réciter.

[317] laisse aller.

[318] fidèle.

[319] biens, capitaux.

[320] aucunement.

[321] tas, meule.

[322] épines, orties et joncs.

[323] Ces deux chétifs.

[324] ici-bas.

[325] jusque.

[326] aussi.

[327] _Notices et Extraits des Manuscrits_, XXXIV, 1re p., p. 179.

[328] Gilles li Muisis, _Œuvres_, I, 87. Cf. plus loin, p. 307.

[329] «Bertremiu», dans _Carité_ (CLXXXVII, 8).

[330] «Au tans ton aiol». L’aïeul de Louis IX, Philippe-Auguste. M. van

Hamel suppose, très gratuitement, que «le mot _aiol_ est peut-être ici

pour la rime» (_O. c._, I, p. CLXXXIII).

[331] M. van Hamel a pensé (I, p. CLXXXIV, note 2) à cette hypothèse,

sans l’adopter.--G. Gröber (_Grundriss der romanischen Philologie_, II,

p. 697) partage, semble-t-il, l’opinion que j’émets ici.

[332] A.-G. van Hamel, _o. c._ (I, p. XCIII). Cf. G. Nætebus, _Die nicht

lyrischen Strophenformen des Altfranzösischen_ (Leipzig, 1891), p. 106,

n. XXXVI. C’est la strophe de Gower.

[333] _Ib._, I, p. 303. Cf. A. Tobler, _Verblümter Ausdruck und

Wortspiel in altfranzösischer Rede_, dans les _Sitzungberichte_ de

l’Académie de Berlin, XXVI (1882), p. 531.

[334] _Ib._, I, p. CLXXVII.

[335] se réjouit.

[336] haut siège.

[337] coquine.

[338] l’amasseuse.

[339] Telle n’est pas l’opinion d’Hélinant de Froidmont, en ses _Vers de

la Mort_ (XIII, 7-8).

[340] Battre. Voir le Glossaire de Du Cange au mot _Feltrum_.

[341] chambrière.

[342] Sa coutume imprime.

[343] Voir, entre autres, le fabliau publié dans le _Recueil général des

fabliaux_ de MM. de Montaiglon et Raynaud, V, p. 157.

[344] fils de marchande de graisse.

[345] la grasse Bologne.

[346] tromper.

[347] et plie les plaids en tant de plis.

[348] rase.

[349] bavardage.

[350] même.

[351] chef, capitale.

[352] arrange.

[353] ligne.

[354] met en ordre.

[355] désordres.

[356] Le Reclus se montre ici, en somme, très respectueux du pouvoir

royal. Très différent en cela est Hélinant de Froidmont (_Vers de la

Mort_, XIX), qui exhorte nettement les prélats à la révolte:

[Morz, va] semondre vivement

Toz nos prelaz comunement,

Lombars, Englois et ceus de France,

Por coi ne font sans demorance

Justise de roial* poissance

Qui Dieu guerroie apertement?..

{*} Variante: laie.

[357] et ceux par qui la nourriture [de tous] est procurée.

[358] grave.

[359] la ressemblance de Dieu.

[360] en telle affaire.

[361] chétif.

[362] parce qu’il est voleur.

[363] n’incline.

[364] vêtement de toile grossière.

[365] Cela me pèse qu’il ne rougisse tant que le feu s’en échappe. Un

tel miracle vaudrait beaucoup.

[366] dans ta cour [de justice].

[367] Les moralistes du moyen âge ont assez souvent apostrophé les juges

(impitoyables, prévaricateurs) et les gens de justice (d’avidité

proverbiale). Nul ne l’a fait plus énergiquement que l’auteur du _Poème

moral_ (éd. Cloëtta, Erlangen, 1886), qui s’attaque surtout aux justices

municipales de sa région, le Nord (str. CCCXLVI-CCCLVI).--Voir aussi le

_Contenz du Monde_ (Bibl. nat., fr. 1593, pl. 141) et le _Dit des Mais_

(A. Jubinal. _Nouveau recueil..._ I, p. 189).

[368] toujours.

[369] A tous ceux qui en ont besoin.

[370] si tu es méchant, qui sera.

[371] silence.

[372] mesuré.

[373] jusqu’aux souliers.

[374] assis, debout.

[375] si tu ne parais pas.

[376] si un laïc est ton égal.

[377] M. van Hamel a soigneusement comparé (I, p. 310) à ces

développements sur le symbolisme des vêtements ecclésiastiques les

passages correspondants du _Rationale divinorum officiorum_ de Guillaume

Durand. Il n’y a pas parallélisme.

[378] salir en frappant un homme.

[379] danser.

[380] jouer au tremerel.

[381] boire en compagnie.

[382] aller à la chasse.

[383] chiens.

[384] travaille donc jusqu’à suer.

[385] C’est à moissonner de l’argent qu’ils suent.

[386] Jeu d’adresse et de hasard; il s’agissait de faire sauter un bâton

en le frappant avec un autre. On disait: «chacer la briche» (_Livre des

manières_, v. 128).

[387] essaie.

[388] Et sinon je la laisserai.

[389] Ces chevaliers-là n’étant pas tenus pour fous par tous les

moralistes. L’un d’eux est le héros d’un des plus jolis morceaux de l’un

des meilleurs recueils d’anecdotes du XIIIe siècle (Bibl. de Tours,

ms. 468, fol. 124 vº): «Un chevalier, très fort aux armes, semait ses

blés en veste de bure et grands souliers; des chevaliers qui allaient en

tournoi le virent, en passant sur la route, et se moquèrent de lui. Le

lendemain, il alla au tournoi et gagna tous les chevaux des railleurs.

De retour sur sa terre, il les harnacha pour le labour et se remit au

travail. Les chevaliers vaincus, repassant sur la route, les

reconnurent, lui et les chevaux, et lui demandèrent son nom. Il leur

avoua qu’il n’avait que de petits revenus, de sorte qu’il était hors

d’état de fréquenter les tournois au loin, mais que, pour ceux qui

avaient lieu dans le voisinage, il y allait volontiers. Il les conduisit

à sa maison, les reçut de son mieux et leur conseilla de ne plus rire

des pauvres chevaliers.»

[390] insulte.

[391] ressemble à un chat qui crache.

[392] tend la patte.

[393] volages.

[394] Telle n’est pas, d’après Hélinant de Froidmont, la «senefiance»

(_Vers de la Mort_, XIX) des deux cornes de la mitre:

..... Cornes, c’est senefiance

Qu’il doivent hurter durement.

[395] mauvais chiens.

[396] archers.

[397] Comparer le _Poème moral_ (éd. Cloëtta), str. XLV. Lorsque Moïse

eut embrassé une vie quasi monastique:

Ne manjoit mie mut de salmon a pevreie...

Lo cuir n’avoit il mie deliet et roselant

Ne n’aloit pas ses ventres par devant lui crolant.

[398] dans les bois.

[399] étoffe de laine bourrue.

[400] vêtir de laine.

[401] mettre du linge.

[402] peuple.

[403] Même quand je claquemurai ma vie.

[404] Pour ce je ne mis pas une écluse à ma bouche.

[405] Les riches peuvent se sauver aussi. Cela paraissait difficile à

croire. Nul n’a plus creusé ce problème que le Reclus et l’auteur

anonyme du _Poème moral_ (éd. Cloëtta, 1886). Voir les quatrains

CCCCLXXVIII et suiv. de ce dernier, sous la rubrique: _Ke li riche home

se puet salver et si ne semble mie voir_.--La conclusion de l’auteur du

_Poème moral_ est aussi, bien entendu, qu’on peut se sauver dans toutes

les conditions de la vie:

Teilz use vin et pain et chiere vesteüre,

Plus l’aimet Deus ke teil ki boit de l’aiwe pure.

[406] à qui mes dits semblent obscurs.

[407] soit permis.

[408] richesse.

[409] vinaigre.

[410] peignez.

[411] épouvantes.

[412] tous les jours.

[413] droits de vente.

[414] Qui s’est chargé de richesses.

[415] ta première toison.

[416] Lazare.

[417] soulagement.

[418] chairs.

[419] car tu nous rabotes de trop près.

[420] flétrir.

[421] femme seule.

[422] seul à seule.

[423] quelle.

[424] insipide.

[425] tu mérites d’être vomi.

[426] ici-bas.

[427] aime mieux.

[428] dans l’autre monde deux.

[429] Variante: «mari».

[430] un chapeau de [feuilles de] saule.

[431] que l’on méprise.

[432] et le grenier de ton prochain est vide.

[433] dont il a six ou sept à son foyer.

[434] ta panse flasque.

[435] la mienne.

[436] toutes deux.

[437] pour toi.

[438] Qui, pour augmenter sa beauté.

[439] de marbre.

[440] L’auteur de la _Clef d’amors_ (éd. Doutrepont, Halle, 1890)

estimait au contraire que, parmi les modes récentes, celle des robes à

traîne était une des plus louables (v. 2385-90):

Les cotes longues par derriere...

Ce me semble la meillor guise

Qui soit de nouvel avant mise.

[441] Quel homme est cet individu?

[442] C’est l’histoire orientale du savetier de Baudas, qui est dans

Marco Polo et ailleurs (A.-G. van Hamel, _o. c._, II, p. 352).

[443] Allusion à une historiette dont on n’a pas retrouvé jusqu’ici le

prototype dans les écrits connus sur Merlin.

[444] lait.

[445] n’enfournera sous sa moustache.

[446] Cf. le _Poème moral_ (éd. Cloëtta), str. DLXV.

[447] Encore un trait de ressemblance entre le Reclus et l’auteur du

_Poème moral_. Celui-ci n’admet pas non plus que les jongleurs aient

droit à la vie. Ne leur donnez rien, conseille-t-il: mieux vaut donner

aux pauvres. Mais c’est ce que l’on ne fait pas. On ouvre volontiers la

porte, qu’on ferme aux pauvres, à celui qui sait «drecier les jambes

contremont» ou «faire le perier* sor la halte table», qui fait rire, qui

«sait bien rechinier**».

{*} faire le poirier, l’arbre fourchu, la tête en bas.

{**} grimacer.

L’auteur du _Poème moral_ poussait, semble-t-il, la haine des jongleurs

plus loin qu’aucun autre moraliste de son temps; il ne se lasse pas de

les anathématiser:

Ceax qui savent jambes encontremont jeter, DXVII

Qui sevent tote nuit rotruenges canteir,

Ki la mainie funt et sallir et dancier.

Doit hom a iteil gent lo bien Deu aloweir***

{***} allouer.

Tout ce qu’ils disent, tout ce qu’ils font tourne à péché.

D’un mot ke je dirai ne vos correciez mie: DXX

Il resemblent la truie qui de boe est cargie;

S’ele vient entre gent, de son greit u cacie,****

Tuit ont del tai lor part a cui ele est froïe*****.

{****} de son gré on chassé.

{*****} leur part de la fange dont elle est souillée.

Ceux qui s’amusent de ces gens-là ne sont pas, eux-mêmes, sans faute;

ils répondront devant Dieu des cadeaux qu’ils leur auront faits.

[448] défendu.

[449] C’est un porc: qu’il mange faines et glands.

[450] Noces.

[451] chétive.

[452] Allusion, qui paraît certaine, au roman de _Carité_. Cf. plus

haut, p. 119 et suiv.

[453] veau.

[454] et il y a plus de peaux d’agneaux que de peaux de brebis en vente.

[455] il me semble.

[456] fait la fête.

[457] A.-G. van Hamel n’a pas trouvé la source de cette historiette. «Il

est probable, dit-il (II, p. 366), qu’elle n’existait encore qu’à l’état

d’anecdote orale en circulation dans quelques communautés de Citeaux

lorsque le Reclus la mit, le premier, par écrit.»

[458] aveuglé.

[459] de ton œil la taie.

[460] guérisseuse.

[461] la mienne.

[462] marécageux.

[463] dépense le sien.

[464] Ponthieu.

[465] Beauvaisis.

[466] Le P. Anselme, _Histoire généalogique de la Maison royale de

France_, VIII, p. 604.

[467] _Layettes du Trésor des chartes_, IV (1902), p. 481.

[468] En 1250 (E. Boutaric, _Actes du Parlement_, p. CCCX, nº 24).

[469] _Actes du Parlement_, I, p. CCCXVIII, col. I (avec une faute de

ponctuation).

[470] «Dominus Gaufredus de Capella, miles, consiliarius domini regis,

qui supradicta pronunciavit» (L. Delisle, _Fragments inédits du registre

de Nicolas de Chartres_ (Paris, 1872. Extr. du t. XXIII, 2e p., des

_Notices et Extraits des Manuscrits_, p. 82).

[471] _Romania_. XVI, 1887, p. 27. Le ms. porte «Tierri, li quens frans

de Sortphat». M. P. Meyer a imprimé cette leçon, évidemment fautive,

avec un point d’interrogation. Lisez «Forpach». Voir des pièces

originales du XIVe siècle, à la Bibl. nat., fr. 26595, _Aspremont_,

nº 6: «Je, Jehans d’Aspremont, chevaliers, sires de Forpah»; nº 7:

«sires de Fourpach». Forbach n’a été érigé en comté qu’au XVIIIe

siècle, mais, en 1241, on donnait déjà, par courtoisie, le titre de

comte au sire de Forbach, qui se le donnait à lui-même: «Ego Thiricus,

comes de Forpars...» (Archives de Meurthe-et-Moselle, B 566, nº 203).

[472] _Ib._, p. 31, note 5.

[473] Je ne saurais dire si la dédicace à Jean de Bruges, à Tierri,

comte de Forbach, et aux dames d’Aspremont a été substituée à celle aux

Tyrel par Robert de Blois lui-même ou par un autre, au XIIIe ou au

XIVe siècle. C’est en 1330 seulement que la seigneurerie de Forbach a

passé par mariage dans la maison d’Aspremont (M. Besler, _Geschichte des

Schlosses, der Herrschaft und der Stadt Forbach_. Forbach, 1895).

D’autre part, il y a eu, comme nous l’avons vu, un Tierri de Forbach au

XIIIe siècle. Quant à Jean de Bruges, plusieurs personnages de ce nom

ont vécu tant au XIIIe qu’au XIVe siècle (van Praët, _Recherches

sur Louis de Bruges, seigneur de la Gruthuyse_. Paris, 1831, p. 47 et

suiv.).

[474] Cf. le même, dans la _Romania_, XXI, p. 109: «Une édition des

poésies de Robert de Blois est une des œuvres les plus attrayantes que

puisse se proposer la critique».

[475] _Romania_, XVI, p. 42. Cf. XXI, p. 109: «Robert de Blois est un

auteur intéressant. C’est un lettré. Il connaît assez bien les écrivains

latins que, de son temps, on étudiait dans les écoles, Ovide surtout.

C’est le poète courtois par excellence...»

[476] Il a été inséré dans _le Jardin de Plaisance_ par l’Infortuné

(1501). Voir A. Piaget, _Martin le Franc_ (Lausanne, 1888), p. 134.

[477] La liste des manuscrits est dans la _Romania_, XVI, p. 33, nº 5.

[478] Notons seulement le morceau intitulé «_De floibles natures_»

(_Romania_, l. c., p. 41; Ulrich, III, 126). «Il y a, dit Robert de

Blois, des gens si faibles et de telle nature qu’ils ne se peuvent pas

bien tenir de luxure ni supporter de graves pénitences. Ces péchés là,

les «pechiés par non pooir», qu’on appelle «pechés au Père», Dieu les

pardonne volontiers.--D’autres pèchent par ignorance; s’ils savaient que

ce fût pécher, ils n’agiraient pas de la sorte. Ce sont là les «péchés

par non savoir» ou «pechés au Fils»; on en peut bien avoir merci.--Les

seuls péchés impardonnables sont ceux de «desesperance», qu’on commet

contre le Saint-Esprit:

C’est pechier par desesperance;

Et cil n’a pas droite creance

A cui ceste creance faut.

Nule bone ovre ne lor vaut...

Desesperance est apeleiz...

Quant on a fait tant de pechiez

C’om en est si fort esmaiez

C’om ne cuide pas ne ne croit

Que Deus si debonaires soit

Que il tout vuelle pardoner,

Por ce pert l’en le confesser.

Même définition du péché de «desesperance», cent ans plus tard, dans _le

Ménagier de Paris_ (éd. de 1846), I, p. 41.

[479] Sur la langue de l’auteur, voir W. Förster, dans l’_Archiv_ de

Herrig, LXXXVII (1891), p. 233 et suiv.

[480] _Histoire littéraire_, XIX, p. 833. Cf. _ib._, XVI, p. 219.

[481] Il n’y a rien d’analogue dans les _Ensenhamens_ provençaux

antérieurs à Robert de Blois, qui sont constamment graves: celui de Gari

lo Bru (_Revue des langues romanes_, 4e série, III, 1889, p. 404) et

celui de Sordello (C. Appel, _Provenzalische Chrestomathie_, 3e

édit., Leipzig, 1907, p. 165).

[482] Il est curieux, du reste, de constater comment les textes

littéraires relatifs à l’histoire des mœurs ont été utilisés parfois

dans les ouvrages les plus estimés. Voir, par exemple, les réflexions de

l’_Histoire littéraire_ à propos du § XVII du _Chastoiement_ (sur l’art

de manger à table). Le poète dit:

Se vos maingiez avec autrui

Les plus beaux morceaux devant lui

Tornez; n’alez pas alisant

Ne le plus bel ne le plus gent

Vers vos.....

«Ces vers ne prouvent-ils pas, se demande le rédacteur de l’_Histoire

littéraire_ (XIX, 834), que l’on conservait encore l’usage de manger à

deux dans la même assiette, comme les chevaliers de la Table Ronde?»

Le poète dit:

En autrui maison ne soiez

Trop larges, se vos i maingiez,

N’est cortoisie ni proesce

D’autrui chose faire largesce.

Le rédacteur de l’_Histoire littéraire_ (XXIII, 757) voit là une preuve

que, dans les repas publics du XIIIe siècle, «les illustres convives

jetaient souvent quelque chose à ceux qui passaient derrière leurs

sièges».

[483] Ce premier préambule de deux vers est remplacé, dans l’édition de

l’_Enseignement_ qui forme le début du roman de _Beaudous_, par 45 vers

de précautions oratoires: «De trop parler est vilenie»; soyons prudents;

pas de noms propres, afin de plaire à tout le monde et de ne fâcher

personne; parlons en termes généraux (cf. plus haut, p. 41):

Et qui vuet aucun chastoier 24

Si k’il ne se puist corroucier,

Comunemant doit toz blasmer

Ceulx qui tel sont, sanz nul nomer.

[484] draps d’or et de soie.

[485] Dans l’édition de _Beaudous_, on lit en outre: «Ceux d’aujourd’hui

utilisent leurs vieux habits; ils les offrent en payement aux maçons et

aux charpentiers qui travaillent pour leur compte. Un vêtement fait deux

saisons, car on retourne l’étoffe, quand elle est défraîchie:

Une penne fait dous saisons 98

Li nuef dedens, li viés defors.

Une arme metent en dous cors.»

Passage incorrectement interprété dans l’_Histoire littéraire_, XXIII,

p. 736.--Cf. le _Mirouer du Monde_, p. p. F. Chavannes dans les

_Mémoires et Documents_ de la Société d’histoire de la Suisse romande,

IV, 1845, p. 79): «Il [les seigneurs] sont fin frepier [de leurs vieux

habits], car il les vendent plus chier que il ne feroient en un marchié.

Car il les donnent a leurs serjans ou a leurs ouvriers...»

[486] enlever.

[487] ne les pouvait.

[488] Ici s’arrête le second préambule, d’après P. Meyer (_Romania_,

XVI, p. 25).

[489] dehors.

[490] Troisième préambule, qui est rubriqué dans le ms. 5201 de

l’Arsenal: _Du blasme des princes et des prelaz_. Vient ensuite la

dédicace aux Tyrel (à un anonyme dans l’édition de _Beaudous_) dont il a

été question plus haut (p. 153).

[491] ont l’habitude de.

[492] on compose.

[493] pingre.

[494] âme.

[495] Ce petit poème, qui suit le troisième préambule et la dédicace

dans l’édition d’Ulrich, se trouve, ailleurs, transcrit à part

(_Romania_, XVI, p. 31, nº 3). Il y en a une édition séparée dans la

_Romania_, VI, p. 501.

[496] C’est ici que commence, dans l’édition du ms. 5201 de l’Arsenal,

l’_Enseignement des princes_ proprement dit; il est précédé de la

rubrique: «Enseignement des princes et d’autres genz conmunemant».

[497] malheur.

[498] modéré.

[499] Ce paragraphe est transcrit à part dans quelques manuscrits, sous

la rubrique _De derision_ (_Romania_, XVI, p. 35, nº 7).

[500] Cet article est très amplement développé dans le poème moral du

XIIIe siècle qui est intitulé _Vilainnengouste_ (Bibl. nat., fr.

12471, fol. 11). _Vilainnengouste_ n’est, presque d’un bout à l’autre,

qu’une invective «contre les mesdisans et gens mal parliere». L’auteur

n’était pas sans talent.

[501] _Romania_, XVI, p. 36, nº 8.

[502] Bouchez-vous le nez pour la puanteur.

[503] pire.

[504] pue.

[505] _Romania_, XVI, p. 36, nº 9.

[506] Lieu commun fort ancien, ici traditionnel et atténué. W. Map, par

exemple (_De Nugis curialium_, éd. Wright, p. 203), le présente avec une

tout autre verdeur: «Cum naturaliter odit anima mea servos, hoc mihi

placet in eis quod circa finem et opportunitates edocent quantum amandi

sint. Proverbium anglicum de servis est: _Canem suscipe compatrem et

altera manu baculum..._»

[507] pour ton malheur.

[508] Lieu commun complémentaire du précédent; l’auteur n’a voulu se

priver d’aucun.--Celui-ci est également fort ancien, et il a été

pareillement développé, quelquefois, avec force. Voir notamment le

célèbre sermon en vers anglo-normands _Grant mal fist Adam_ (dans la

_Bibliotheca Normannica_ de H. Suchier, Halle, 1879, p. 16), et le _Dit

de Gentillece_ (au t. II du _Nouveau Recueil..._ d’A. Jubinal, p. 50).

Au commencement du XIVe siècle, Jehan de Condé (_Œuvres..._, éd. A.

Scheler, II, p. 189) le ressassait plus que jamais.

[509] _Romania_, l. c., p. 37, nº 10.

[510] On a quantité de dénonciations du XIIIe et du XIVe siècle

contre les «losangiers» qui captent la faveur des princes par de basses

complaisances.--«Pleut il?» fait li sire a son serjant. «Oil, sire»,

fait il, «se vos voulez» (_Le Mirouer du Monde_, éd. F. Chavannes, p.

81).--Cf. le _Le Livre du chevalier de la Tour Landry_ (éd. A. de

Montaiglon, 1854, p. 150): «Je vouldroye que vous sceussiez un exemple

que je vi en Angoulesme quant le duc de Normandie vint devant Aguillon.

Sy avoit chevaliers qui trayoient par esbat encontre leurs chapperons.

Si comme le duc vint en cellui parc, par esbat si demanda a un des

chevaliers un arc pour traire, et, quant il ot trait, il y en eut .II.

ou .III. qui distrent: «Monseigneur a bien trait!»--«Sainte Marie, fist

un, comme il a trait royde!»--«Ha! fist l’autre, je ne voulsisse pas

estre armé et il m’eust feru!» Si commencerent a le louer moult de son

trait, mais, a dire verité, ce n’estoit que flatterie, car il tray le

pire de tous...»

[511] combats, mêlées.

[512] en cas de nécessité.

[513] _Romania_, l. c., nº 11.

[514] plusieurs se sont sanctifiés.

[515] pingres.

[516] _Ib._, nº 12.

[517] Éd.: pas.

[518] effronterie.

[519] Ce conseil est le premier que tous les moralistes du moyen âge ont

donné aux dames, depuis Gari lo Bru (loc. cit.):

...Non es cortesia 149

Que domna an tost per via

Ne trop faça gran pas

Ni per annar se las...

Cf. ci-dessous, p. 195, note 1.

[520] broche ou anneau.

[521] _L’Art d’amors_ de Jacques d’Amiens (éd. G. Kœrting, Leipzig,

1868) a (p. 61) un chapitre sur les présents qu’il convient de faire aux

dames. On s’est étonné naguère que ces présents soient, parfois, «tout

simplement de l’argent». Mais les dames que Jacques d’Amiens avait en

vue n’étaient pas toutes des dames du monde, et il s’agit en cet endroit

de «cadeaux» proprement dits.

[522] sinon de bien.

[523] Cf. _Urbain le Courtois_, dans la _Romania_, XXXII (1903), v. 83

et suiv.

[524] Au XIIIe et au XIVe siècles, les dames ôtaient leurs

chaperons devant ceux qu’elles croyaient devoir honorer: «Dont il avint

que je estoye en une bien grande compaignie de chevaliers et de grans

dames, si osta une grant dame son chapperon et se humilia encontre un

taillandier. Si y avoit un chevalier qui dist: «Madame, vous avez osté

vostre chapperon contre un «taillandier»; et la dame respondit que amoit

mieux a l’avoir osté contre luy que a l’avoir laissié contre un gentil

homme» (_Le Livre du chevalier de la Tour Landry_ [1372], éd. A. de

Montaiglon, 1854, p. 23).

[525] Littéralement: «avec le frein»; comme qui dirait: toute bridée.

[526] malsaine.

[527] de son haleine.

[528] On jugeait les gens à leur manière de rire: «Li fous se fait oïr

en son ris» (_Altfranzösische Lebensregeln_, dans _Romanische Studien_,

I, p. 373).--L’auteur de _la Clef d’amors_ (éd. Doutrepont. Halle, 1890)

enseigne expressément (v. 2525 et suiv.) l’art de rire: «Fame doit

aprendre a rire...»

[529] Voir _Flamenca_ (dans _La Société française au XIIIe siècle_,

p. 156).

[530] psautier.

[531] Robert de Ho (_Les Enseignements de Robert de Ho_, éd. M. V.

Young, Paris, 1901, in-8) donne le même conseil avec une addition, tirée

de son expérience personnelle: «Si tu sais contes conter ou chansons de

geste chanter, ne te fais pas trop prier en compagnie; tu en serais

blâmé. Mais que cela ne dure pas trop longtemps, jusqu’à fatiguer

l’auditoire. Et voici une «cointise» par le moyen de quoi tu verras bien

si l’on en a assez:

Fiz, encore te conterai 2352

D’une quointise* que je sai

Conment tu porras esprover

Si lor plaist de tei escouter.

Repose toi au meillor pas,

Si lor laisse dire lor gas**;

Quar quant il tuit gabé avront

Saches qu’il t’amonesteront

De dire avant, si lor agrée.

Ou se ce non, ta reposée

Seit ilec***, que tu plus n’en dies...»

{*} politesse.

{**} laisse-les blaguer.

{***} arrête-toi là.

[532] Cf. l’_Art d’amors_ (éd. G. Kœrting, v. 2280 et suiv.): «Ne n’aiés

pas roigneus le col...» L’auteur de _La Clef d’amors_ (éd. Doutrepont,

v. 2305) et Amanieu de Sescas (_Ensenhamen de la donzela_, dans K.

Bartsch, _Provenzalisches Lesebuch_. Elberfeld, 1855, p. 141, v. 54),

ajoutent: «se laver les dents».

[533] Comparer _La Clef d’amors_ (éd. Doutrepont), v. 3213 et suiv.--Il

existe toute une littérature du moyen âge, en langue d’oil et en langue

d’oc, en prose et en vers, sur les «Contenances de table». Voir, sur ce

point, les indications bibliographiques de V. Chichmarev dans la _Revue

des langues romanes_, XLVIII (1905), p. 289 (il ne connaît pas

l’appendice à l’opuscule de Mme de Saint-Surin, _L’Hôtel de Cluny au

moyen âge_, Paris, 1835). Cf. Ant. Thomas, _Francesco da Barberino_

(Paris, 1883), p. 137, n. VI. Le livre de A. Franklin, _La Civilité...

du XIIIe au XIXe siècle_ (Paris, I, 1908) est nul pour le moyen

âge.

[534] Ce qui suit est le formulaire de déclarations et de réponses à des

déclarations dont les rimeurs du moyen âge avaient coutume d’enrichir

leurs Enseignements et leurs «Arts d’amour», à l’instar du _De Amore

libri tres_ d’André le Chapelain. Il y a un formulaire du même genre,

plus ample, dans l’_Art d’amors_ de Jacques d’Amiens, précité.

[535] Entre autres choses, Robert de Blois a inséré ici (v. 649 et

suiv.) une chanson de son cru: _Dame, por cui sovant sopir..._ Autres

chansons d’amour de Robert dans les _Sämmtliche Werke_ d’Ulrich, II, p.

147-150.

[536] refus, excuse.

[537] Ms.: et.

[538] longues difficultés.

[539] Dans l’édition de Méon le _Chastoiement des Dames_ ne s’arrête pas

là, non plus que dans le ms. fr. 24301 de la Bibliothèque nationale. Il

se termine par une pièce sur l’Amour, qui, dans d’autres manuscrits, est

isolée (_Romania_, XVI, p. 38, nº 13; cf. _ib._, XVII, p. 283).

En la fin de mon livre vuel

Parler d’amors ou dairien fuel...

Édition synoptique des quatre mss. dans les _Sämmtliche Werke_ de J.

Ulrich (II, 103-143).

Ce morceau, de pure description psychologique, se termine par des

conseils qu’il n’est pas hors de propos de rapprocher des précédents:

Aprendre vueil a toz amanz 317

Les .II. cortoisies plus granz

C’on puist avoir...

Les deux courtoisies les plus grandes qu’on puisse avoir, c’est _aimer_

et _donner_.--Mais il faut donner sagement, ou l’on se moque de vous. De

même si l’amoureux ne garde pas son secret, s’il se vante, on perd

confiance en lui. Les confidences sont permises, mais seulement à un ami

sûr.

[540] «Le premier fist de lui meesmes une partie, car la est dit dont il

fu, et comment et por quoi il vint deça la mer, et commant il se contint

et maintint longuement par la grace Nostre Seignor. Après i a rimes et

chançons plusors, que il meïsmes fist, les unes des granz folies dou

siecle que l’an apele amors; et assez en i a qu’il fist d’une grant

guerre qu’il vit a son tens antre l’ampereor Fredri et le seignor de

Barut, mon seignor Jehan de Belin le viel. Et .I. mout biau compe i a il

de cele guerre meïsmes dès le commancement jusques a la fin, ou que il

sont devisé li dit et li fait et li grant consoil des batailles et des

sieges atiriez ordenéement; car Phelipes fu a touz. Après i a chançons

et rimes qu’il fist plusors en sa viellesce de Nostre Seignor et de

Nostre Dame et des sains et des saintes. Celui livre fist il por ce que

ces troveüres et li fait qui furent ou païs a son tens et les granz

valors des bons seignors fussent et demorassent plus longuement en

remembrance... a tous ces qui les vorront oïr.»

«Il résulte de ce passage, dit très bien G. Paris (_Les Mémoires de

Philippe de Novare_, dans la _Revue de l’Orient latin_, IX, 1902, p.

165), que le premier des trois livres dont Philippe de Novare se déclare

l’auteur devait s’appeler _Li livres Phelipe de Novaire_ et se composait

de quatre parties: 1º récit de la jeunesse de Philippe, de son arrivée

en Orient et des premiers temps de sa vie dans sa nouvelle patrie; 2º

chansons d’amour, composées par lui à cette époque; 3º récit en prose de

la guerre des Ibelin contre l’Empereur Frédéric, dans lequel étaient

intercalées des chansons de circonstance; 4º chansons pieuses, composées

par Philippe dans sa vieillesse.»

[541] _Revue de l’Orient latin_, l. c., p. 205.

[542] On l’a appelé longtemps, par erreur, «Philippe de Navarre».

L’erreur commune sur ce point a été rectifiée par G. Paris dans la

_Romania_, XIX, 99.

[543] C’est-à-dire _tient_, et non pas _tint_. On a conclu, bien à tort,

de ce texte, que, en 1263-64, Philippe de Novare était mort.

[544] Comparer les _Enseignements_ de Robert de Ho, qui ne sont, presque

d’un bout à l’autre, qu’un commentaire de maximes empruntées à la Bible

et au pseudo-Caton; et _Li Castois dou jouene gentilhomme_, par Jehan de

Condé (_Œuvres..._, éd. A. Scheler, I, p. 251), d’où il n’y a rien à

tirer.

[545] Joinville vieillissant se mêlait aussi, comme on sait, de donner

des consultations sur les bonnes manières. Francesco da Barberino en a

conservé quelques-unes (Ant. Thomas, _Francesco da Barberino_. Paris,

1883, p. 26).

[546] mangeoires.

[547] sales.

[548] ennuyeux.

[549] méchants et capricieux.

[550] Cf. ci-dessous, p. 220, 221.

[551] Cet article est développé par l’auteur d’ «Urbain le courtois»

(_Romania_, XXXII, 1903, p. 68):

...Li bon enfant deit ester* 19

Devant son seigneur a manger.

Il ne se doit point apouuer**

Ne nul membre ne doit grater...

Si hom vous doigne*** petit u grant 27

Tant com vous estes joesne enfant,

En genoillant le recevez

Et doucement lui merciez.

{*} se tenir debout.

{**} appuyer.

{***} si on vous donne

[552] A rapprocher d’un sermon anonyme du XIIIe siècle (B. Hauréau,

_Notices et Extraits de quelques manuscrits latins de la Bibliothèque

nationale_, IV, p. 95). Au dire de ce prédicateur, l’éducation des

jeunes nobles était moins douce que celle des enfants des vilains, plus

gâtés par la tendresse et la vanité des parents: «Rustici filios suos,

quando parvuli sunt, sublimant et faciunt eis tunicas rudicatas, et,

quando sunt adulti, mittunt eos ad aratrum. Econtra nobiles viri primo

ponunt filios suos sub pedibus et faciunt eos comedere cum garcionibus;

quando sunt magni, tunc sublimant eos.»

[553] coureuses.

[554] Tel est aussi l’avis qu’exprime l’auteur d’ «Urbain le courtois»

(_Romania_, XXXII, 1903, p. 68):

Si femme volez esposer 59

Pensez de tei, mon filz chier.

Pernez nule por sa beauté

Ne ki soit en livre lettrié;

Car sovent sunt decevables...

Le _Ménagier de Paris_ (éd. de 1846, I, p. 75), qui écrivait à la fin du

XIVe siècle, admet que les femmes sachent lire, mais il se fait

l’écho, à ce sujet, d’un bruit singulier qui courait: «Est a noter sur

ce, si comme j’ay oy dire, que, puisque les roynes de France sont

mariées, elles ne lisent jamais seules lettres closes, si elles ne sont

escriptes de la propre main de leur mary..., et aux autres elles

appellent compaignie et les font lire par autres devant elles.... Et

leur vient de bonne doctrine...»

[555] Cf. le _De regimine principum_ de Gilles de Rome, où il est dit

qu’il faut empêcher les jeunes filles de courir à droite et à gauche

(_cohibendæ a discursu_), de peur de les exposer au mal et à la

tentation (_Histoire littéraire_, XXX, p. 521).

Comparer les préceptes du chevalier de La Tour Landry à ses filles

[1372]: «En disanz vos heures a la messe ou ailleurs, ne samblés pas a

tortue ne a grue; celles semblent a la grue et a la tortue qui tournent

le visaige et la teste par dessus et qui vertillent de la teste comme

une belette... Soiez ferme comme de regarder devant vous tout droit

plainement, et, si vous voulés regarder de costé, virez visaige et corps

ensemble; si en tendra l’en vostre estat plus seur et plus ferme, car

l’on se bourde de celles qui se ligierement brandellent et virent le

visaige ça et la» (_Le Livre du chevalier de La Tour_, éd. A. de

Montaiglon, 1854, p. 24).

[556] peu.

[557] Il semble que la douleur de l’exil hors du pays natal ne soit pas

chose à considérer en cette affaire. Même sentiment dans le _Petit Plet_

de Chardri (éd. J. Koch, v. 495-540):

Se francs estes, duz et gentiz,

Tutes terres vus sunt païs...

[558] Il a été dit plus haut qu’on ne sait pourquoi ni comment Philippe

de Novare, en sa jeunesse, avait quitté son pays natal. Mais il me

paraît clair que l’auteur pense ici à son cas personnel.

[559] joyeux.

[560] Cf. le _Mireour du monde_ (éd. F. Chavannes, p. 91), d’un anonyme

contemporain: «Tous ceux qui font leurs pechiés coiement ne sont mie

ypocrites... quar, qui son pechié choile et cuevre, pour ce que il ne

corrumpe ses prochains par mauvais essample, en ce fait il bien.»

[561] mettent à rançon.

[562] affaiblit.

[563] C’est l’histoire du roi annuel de Barlaam et Josaphat; cf.

_Romania_, I, p. 425, et les _Gesta Romanorum_, éd. Œsterley, nos 74

et 224. Thème développé aussi par Robert de Blois, _Sämmtliche Werke_,

éd. Ulrich, III, p. 112.

[564] sous aucun prétexte.

[565] Les «Mémoires» de Philippe de Novare étaient, comme ses «Quatre

âges», entrecoupés de chansons. Sur ces chansons, très distinguées pour

un homme du monde qui n’était pas rimeur de profession, voir G. Paris,

dans la _Revue de l’Orient latin_, IX, p. 196.

[566] Philippe ne déconseille pas, pourtant, de se «rendre»; mais il

faut le faire à temps et avoir la vocation. Cf. § 152; et ci-dessus, p.

83.

[567] L’idéal de la correction mondaine, pour un homme bien né, a été

souvent esquissé au XIIe et au XIIIe siècle. Il l’a été par Robert

de Ho (_Enseignements_, éd. M. V. Young, v. 1105 et suiv.): bien monter

à cheval, s’entendre au fait des chiens et des oiseaux, parler avec

mesure, être «estable», et versifier comme il faut. Il l’est dans le

_Doctrinal Sauvage_ (au t. II du _Nouveau Recueil..._ d’A. Jubinal, p.

150 et suiv.)[568]: «Bien garder sa parole et son sens»; ne blâmer ni

reprendre personne «car vous ne savez mie quanqu’il vous avendra»; ne

donner de conseils qu’à qui en demande et, «s’il ne vous veut croire,

tout qoi si le lessier»; se tenir soigneusement à l’écart des «fous

melancoliques» qui pourraient vous dire ou vous faire vilainie; ne

jamais quereller en public ni sa femme ni sa maisnie (ses domestiques).

La vaillance ne suffit pas: «Honiz soit hardemens ou il n’a gentillece».

Ne point faire des économies de bouts de chandelle:

Quar poi de chose fet un despens embelir

Dont li espargnemens fet grant blasme venir;

Et si n’en puet l’en pas durement enrichir...

Telles étaient encore exactement, à la fin du XIVe siècle, les

recommandations du chevalier de La Tour Landry.

[568] Liste des manuscrits du _Doctrinal Sauvage_ dans les _Notices et

Extraits des Manuscrits_, XXXIII, 1, p. 45.

[569] Cf. plus bas, p. 219.

[570] Ces blasphèmes des «desesperés» que Philippe de Novare connaissait

font penser naturellement à ce passage célèbre des _Vers de la Mort_

d’Hélinant, composés entre 1194 et 1197 (éd. Fr. Wulff et E. Walberg.

Paris, 1905, p. 32; cf. _ib._, p. XXXIII):

Mais li fol dient: «Nos que chaille

De quel eure Morz nos assaille?

Prendons or le bien qui nos vient!

Après, que puet valoir si vaille:

Mors est la fins de la bataille

Et ame et cors noient devient».

Voir aussi le _Mireour du Monde_ (éd. F. Chavannes, p. 51): «N’est-ce

mie grant orguel quant un vilain ou une vieille... cuide plus savoir de

divinitei que tous les clers de Paris... et ne veut croire que Dieu

sache faire chose que il ne puist entendre?» Cf. ibidem, p. 48; et le

_Livre de Mandevie_ (Bibl. nat., fr. 1002, fol. 31): «Telz y a qui ne

croient point que soient paradis ne enffer ne qu’ilz aient ame en

corps...»

Les témoignages surabondent, d’ailleurs, qui font voir que, à toutes les

époques du moyen âge, en France, les libres-penseurs de tout genre n’ont

pas manqué. On se fait aujourd’hui une idée si conventionnelle de ces

temps-là que cela surprend toujours, au premier abord, quiconque

rencontre, pour la première fois, des témoignages sur ce point. L. Petit

de Julleville, par exemple, fut très étonné de voir dans Gautier de

Coinci que, parmi les contemporains dudit Gautier, beaucoup ne

respectaient guère le clergé et ne croyaient pas aux miracles; et il a

jugé à propos de manifester sa surprise (_Histoire de la langue et de la

littérature françaises au moyen âge_, I, 1896, p. 35, note; cf. p. 37).

[571] L’auteur du Dit moral intitulé _Chatepleure_ ou _Pleurechante_ (p.

p. A. Jubinal, dans les notes aux _Œuvres_ de Rutebeuf, éd.

elzévirienne, III, p. 91; cf. _Romania_, XIII, 510) a entrepris aussi de

refuter les «bougres», qui «riens ne croient». Mais sa réfutation est

très faible, et c’est sur l’Inquisition qu’il compte surtout:

Bien nos eüst deables feru a descouvert

Se Diex n’eüst sor terre tramis(?) frere Robert.

Ce frère Robert est, bien entendu, l’inquisiteur Robert le Bougre, et

non pas Robert de Sorbon, comme le croit l’éditeur.

[572] Le singulier usage, que blâme ici Philippe de Novare, de sortir de

l’église après l’Évangile en laissant le prêtre achever seul sa messe,

était jadis très répandu. Lecoy de la Marche (_La chaire française du

moyen âge_, 1886) a recueilli à cet égard des textes curieux et

probants: «J’ai vu, dit le prédicateur Jacques de Vitri, un chevalier

qui n’avait jamais assisté au sermon; il ne savait pas ce qu’est le

saint sacrifice; il se figurait qu’on le célèbre uniquement pour

recevoir l’offrande» (p. 209). Un chancelier de l’église de Paris

reproche en 1273 aux bourgeois de Paris de tourner le dos et de sortir

sitôt qu’ils voient le prédicateur monter en chaire: «Ainsi font les

_boteriaus_ (crapauds) quand la vigne fleurit; le parfum de la fleur les

chasse ou les tue, comme la douceur de la parole de Dieu met en fuite

ces bourgeois» (p. 215). Cet usage était déjà en vigueur au temps de

saint Césaire d’Arles et a persisté, paraît-il, jusqu’à nos jours en

certains lieux (_ib._). Le désir de ne pas être sollicité à l’offrande y

était sans doute pour quelque chose.

[573] Sur l’historiette de la Dame aux petits couteaux, voir P. Meyer

dans la _Romania_, XIII, p. 595.

[574] Comparer une pièce anonyme sur ce thème: _Cument les foles genz se

affient trop de testamenz_, dans la _Romania_, XIII, p. 525.

[575] le Diable.

[576] Avez-vous mal?

[577] convenables, ragoûtantes.

[578] décaties.

[579] Voir le portrait idéal de la bonne vieille grande dame, d’après

nature--d’après madame Olive de Belleville, dame de la Galonnière--dans

_le Livre du chevalier de La Tour Landry_ (éd. A. de Montaiglon), p.

274. Cf. la comtesse de Hereford, ci-dessus, p. 27.

[580] L’auteur s’exprime ainsi au § 195. Il établit, au contraire, plus

loin (§ 222), une concordance entre chacune de ces «choses» et chacun

des quatre âges (Soffrance-Enfance, Servise-Jovent, Valour-Moien aage,

Honors-Viellesce).

[581] Cf. _l’Enseignement des princes_ de Robert de Blois (éd. Ulrich),

v. 156.

[582] Cf. plus haut, p. 170.

[583] _Ib._, p. 169, note 2.

[584] effacée.

[585] A.-G. van Hamel, _Les Lamentations de Matheolus..._ (Paris,

1892-1905, 2 vol. in-8). Fasc. 95 et 96 de la «Bibliothèque de l’École

des Hautes Études».

[586] M. Ch. Haskins a dépouillé naguère, sur mon conseil, les sermons

des Chanceliers de l’Université de Paris au XIIIe siècle; il en a

tiré les éléments d’un intéressant tableau de la vie des écoliers à

cette époque (_The University of Paris in the sermons of the XIIIth

century_, dans l’_American Historical Review_, oct. 1904).

Un sermon de Gautier de Château-Thierry jette, par ailleurs, le jour le

plus cru sur la vie à la Villon qui était alors celle d’un grand nombre

de clercs étudiants à l’Université de Paris. Ces _Gastebien_, dit

Gautier, viennent dépenser joyeusement à Paris l’argent de leurs pères

usuriers ou des églises qui leur ont octroyé des bourses. «Sunt etiam

qui accipiunt bursas suas a mulieribus quas tenent...; conveniunt de

denario nocturno ad litteram, id est de nocte turpiter per luxuriam

acquisito» (B. Hauréau, _Notices et Extraits de quelques manuscrits

latins_, VI, p. 210).

[587] M. van Hamel a très bien démontré (p. CXXIX) que Mahieu a dû

envoyer à tous ses correspondants le poème entier, tel qu’il est dans le

ms. d’Utrecht, avec le livre IV, c’est-à-dire avec la collection de

toutes ses épitres dédicatoires. Ces épitres, dont quelques-unes

ressemblent à des satires déguisées, sont, du reste, bourrées

d’allusions et d’intentions qui restent, pour nous, inintelligibles.

[588] Les personnages nommés au livre IV des _Lamenta_ ont été

identifiés avec soin, pour la plupart, par M. V.-J. Vaillant dans son

mémoire sur _Maistre Mahieu, satirique boulonnais du XIIIe siècle_.

Boulogne-sur-Mer, 1894.

[589] M. van Hamel se demande s’il est possible de préciser davantage,

et répond par l’affirmative.--Mahieu fait allusion à une querelle

célèbre entre l’épiscopat et les Ordres Mendiants, et au protagoniste de

la campagne du côté épiscopal, Guillaume de Mâcon, évêque d’Amiens. Or,

c’est une bulle de Martin IV, du 10 janvier 1282, qui ouvrit cette

querelle. Comme Mahieu dit que, présentement (_diebus istis_), l’évêque

Guillaume «brille partout comme le soleil», et comme c’est vers 1298 que

Guillaume paraît avoir été au comble de sa faveur en cour de France[?],

M. van Hamel estime que «c’est en 1298 ou dans les années environnantes

que maître Mahieu a écrit les _Lamentations_» (p. CXXVII).--Cf. plus

loin, p. 249.

[590] M. Vaillant s’exprime ainsi (_o. c._, p. 13): «L’absence de dates

dans les nécrologes tant de Thérouanne que de Boulogne a rendues futiles

les recherches entreprises pour identifier le _Johannes de Vassonia_ du

rubricateur.»

[591] En 1289, on trouve, parmi les clercs de l’hôtel du roi qui

reçoivent des «manteaux» (_pallia_): «Archidiaconus Brugiarum, Johannes

de Vassonia» (Ludewig, _Relliquiæ manuscriptorum_, XII, p. 20, c. 2).

Le 30 juin 1289, Nicolas IV réserve un canonicat dans l’église de

Boulogne à Jehan de Vassogne, déjà chapelain du pape, archidiacre de

Bruges, prébendé dans les églises de Laon, de Beauvais, de Soissons, de

Troyes, de Montfaucon (_Journal des Savants_, 1890, p. 499). C’est

évidemment à cause de sa qualité de chanoine de Boulogne que Mahieu

s’est adressé à lui.

[592] Voir A. d’Herbomez, _Philippe le Bel et les Tournaisiens_

(Bruxelles, 1893-97), p. 11-12.

[593] La littérature antiféministe du moyen âge, en latine et en langue

vulgaire, est immense, comme on sait. Elle a été de nos jours, l’objet

de plusieurs travaux, pour la plupart médiocres. Voir notamment Th. Lee

Neff, _La satire des femmes dans la poésie lyrique française du moyen

âge_ (Paris, 1900; cf. _Romania_, XXX (1901), p. 158); et C. Pascal,

_Misoginia medievale_, dans les _Studi medievali_, II (1906), p. 242.

[594] Il est à noter que plusieurs des dignitaires de l’église de

Thérouanne à qui Mahieu adressa son ouvrage avaient été ou étaient

membres ordinaires de la cour judiciaire du roi, c’est-à-dire des

«parlements» ou du Parlement, à Paris (Jacques de Boulogne, Jehan de

Vassogne, etc.). Il paraît probable que c’est pour ce motif qu’un

exemplaire en circulait encore, soixante-dix ans plus tard, dans le

cercle de parlementaires lettrés dont Jehan le Fèvre faisait partie.

[595] L’ouvrage du Bigame a été désigné, depuis le XVe siècle, sous

le nom de «Matheolus», abréviation du diminutif «Matheolulus», adopté

par l’auteur lui-même (_Liber lamentationum Matheoluli_). Voir, sur ce

point, van Hamel, _o. c._, p. CLVII, note.

[596] Amplifications dues, pour la plupart, à des réminiscences du

_Roman de la Rose_ (Jehan de Meun), dont Jehan le Fèvre était un lecteur

assidu.

[597] II, 1673; II, 1702; etc.

[598] je n’avais l’habitude de.

[599] La première description comme d’un «chalivali» (charivari), «et

même», d’après G. Paris, «la plus ancienne mention de ce mot» se trouve

dans les additions de Chaillou au second roman de _Fauvel_ (v. plus

loin, p. 288). Ce passage, curieux pour l’histoire des mœurs au XIVe

siècle, est reproduit dans l’_Histoire littéraire_, XXXII, p. 146:

Desguisez sont de grant maniere.

Li uns ont ci devant darriere[600]

Vestuz et mis leur garnemenz;

Li autres ont fait leur paremenz

De gros saz et de froz[601] a moinnes.

Li uns tenoit une grant poelle,

L’un le havet[602], le greïl, et le

Pesteil[603], et l’autre un pot de cuivre

Et tuit contrefesoient l’ivre...

Li uns avoit tantins[604] a vaches

Cousuz sus cuisses et sus naches[605],

Et au dessus grosses sonnetes

Au sonnier et hochier claretes;

Li autres tabours et cimbales

Et granz estrumens orz et sales

Et cliquetes et macequotes[606]

Dont si hauz brais et hautes notes

Fesoient que nul ne puet dire...

Dans le ms. fr. 146, des miniatures illustrent ces scènes grotesques.

Elles ont été reproduites en fac-simile par P. Aubry, _La musique et les

musiciens d’Église en Normandie au XIIIe siècle d’après le Journal

des Visites pastorales d’O. Rigaud_ (Paris, 1906, gr. in-8), qui a

négligé d’en indiquer la provenance et la destination.

[600] Ed.: le devant d’arrière.

[601] frocs.

[602] croc.

[603] pilon.

[604] clochettes.

[605] fesses.

[606] instrument de musique mal défini.

[607] Cf. v. 1269. «S’il veult pois, elle fait porée--De raves ou de

cicorée.»

[608] fait la lessive.

[609] quenouille.

[610] hanche.

[611] Historiettes bien connues. Les contes analogues de la littérature

du moyen âge sont indiqués par van Hamel, «Notes», p. 150.

[612] farce.

[613] veau.

[614] il convient.

[615] Légende célèbre. Voir A. Héron, _Œuvres de Henri d’Andeli_ (Paris,

1881), p. XXVIII.

[616] Mahieu revient souvent sur ce chapitre: l’âge a annulé sa vigueur.

D’autre part, on a vu que Perrette est représentée comme âgée. Comment

donc a-t-elle un jeune enfant? «La présence de la nourrice qui allaite

le bébé de l’auteur, dit sagement M. van Hamel (p. 156), s’accorde assez

mal avec la vieillesse de Perrette et l’impuissance du mari». La scène

de la nourrice est-elle «une expérience ancienne» de Mahieu ou un simple

morceau de littérature (cf. Perse, _Sat._, V, 132)?--Rappelons que

l’auteur se maria nécessairement à la fin de 1274 au plus tôt et qu’il

écrit vers la fin de 1290.

[617] labourer.

[618] entendras.

[619] j’y vais.

[620] désormais.

[621] qu’il aille.

[622] Plus haut, p. 91.

[623] Cette référence, qui n’est pas dans l’original, appartient au

traducteur (à moins que le traducteur ait travaillé sur un ms. plus

complet que celui d’Utrecht). «Les _histoires du peintre_, dit M. van

Hamel, sont sans doute des peintures murales, des vitraux, ou bien des

miniatures dans le genre de celles que contient notre ms. M.» (_O. c._,

II, p. 157). Mais il me paraît certain qu’il s’agit de Pierre le

Peintre, chanoine de Saint-Omer au XIIe siècle, auteur de vives et

plaisantes satires; on a de lui, entre autres écrits antiféministes, un

poème _De muliere mala_ (B. Hauréau, _Notices et Extraits de quelques

mss. latins de la Bibliothèque nationale_, V, p. 219).

[624] La contre-partie de cette thèse se trouve dans d’innombrables

invectives contre les femmes libres ou vénales. La plus énergique,

vraiment belle, est le Dit de _Chastie Musart_ (publié parmi les Notes

aux _Œuvres_... de Rutebeuf, éd. elzévirienne, III, p. 382; cf.

_Zeitschrift für romanische Philologie_, IX, 330 et _Romania_, XV, 604),

dont il existe au moins deux rédactions, mais pas d’édition convenable.

Voir aussi Wilham de Wadington (_Histoire littéraire_, XXVIII, p. 191),

parce qu’il donne une note qui n’a pas souvent été donnée au moyen âge:

E le cors mettent a nient,

Car leprus devenent sovent:

Las! tant est a vilté doné

Feme qe est a tuz liveré.

[625] châsses.

[626] reliques.

[627] «Sainte Geneviève, Notre-Dame des Champs, Saint-Maur corrompent

ainsi nos dames de Paris (_nostras dominas parisienses_)», dit Mahieu.

Le traducteur ajoute de son chef une longue liste d’autres églises

parisiennes (p. 72).

[628] Le témoignage du Bigame sur l’importance du rôle joué dans la vie

galante des femmes du moyen âge par les églises et les pèlerinages est

confirmé par cent autres. Voir, plus haut, celui d’Etienne de Fougères

(p. 24). Cf. les notes de l’édition Van Hamel, II, p. 166.

[629] Est-ce une addition du traducteur, ou bien le passage

correspondant à cet endroit de la traduction manque-t-il dans le seul

ms. connu du poème original? Voir sur ce point van Hamel, _o. c._, II,

p. LV. Le traducteur, en tout cas, connaissait certainement la scène

analogue qui se trouve dans le _Roman de la Rose_ (v. 17326 et suiv.).

[630] tout ce que.

[631] souviennes.

[632] tout ce que.

[633] tienne.

[634] affligez.

[635] avec les plus grandes.

[636] rester.

[637] Cf. v. 3397 et suiv. Les mœurs des femmes nobles sont

particulièrement libres: «Il ne convient que lieu trouver».--L’auteur de

_La Clef d’amors_ (éd. Doutrepont, v. 249 et suiv.) est du même avis:

Aime en haut lieu, si tu es sage...

Tant plus sera de noble afere

Plus sera douce et debonere...

Fille a vilain se fet proier.

[638] Ce passage est à rapprocher de celui où Gui de Mori, remanieur du

_Roman de la Rose_ (fin du XIIIe siècle), parle des nonnains en

amour. La nonne vivant rarement seule, dit Gui de Mori, son ami est

toujours obligé de donner au moins à deux: à elle et à sa compagne; et

comme elles ont du temps de reste, elles aiment beaucoup à nourrir leurs

amours par des messages. Voir _Bibliothèque de l’École des Chartes_,

LXVIII (1907), p. 269.

[639] Historique de la querelle par B. Hauréau dans l’_Histoire

littéraire_, XXV, 380.--C’est au synode national de Paris, présidé par

le légat Benoit Caëtani en 1290, qu’eut lieu la passe d’armes décisive

entre les partisans et les adversaires des Mendiants sur la question des

confessions. Un très intéressant compte rendu contemporain de ce synode

(dont l’histoire est encore à faire) a été récemment exhumé et publié

par H. Finke, _Aus den Tagen Bonifaz VIII_ (Münster i. W., 1902), p.

III-VII. On y voit que le principal orateur, après l’évêque d’Amiens,

fut Jacques de Boulogne, évêque de Thérouanne, le propre patron de notre

Bigame (p. IV). Je pense en conséquence que les _Lamenta_, certainement

écrits avant 1292, l’ont été probablement en 1290 ou très peu après,

sous le coup de l’émotion produite par le synode.

[640] femme.

[641] Sur le mariage des filles du Diable, voir P. Meyer, dans la

_Romania_. XXIX (1900), p. 54.

[642] Il y avait, au temps de l’auteur de _La Clef d’amors_ (éd.

Doutrepont, v. 2417 et suiv.) des marchands de perruques pour dames.

D’où la grossière apostrophe des écoliers de Paris aux dames à faux

cheveux, que les prédicateurs aimaient à citer: «Isabel, ceste queue

n’est pas de ce veel!» (B. Hauréau, _Notices et Extraits de quelques

manuscrits latins_, IV, p. 177).

[643] le masque.

[644] fourrures blanches.

[645] Les «souliers à la poulaine» sont du traducteur; c’est une mode du

XIVe siècle. L’original parle simplement de souliers _laqueatos et

decollatos_.--Par contre, le texte du XIIIe siècle mentionne l’usage

où étaient les femmes de se botter comme les hommes (_more virorum

Extensas caligas fert, quod non credo decorum_); il s’ensuivait entre

les sexes une confusion que Mahieu estime fâcheuse. Le traducteur a

laissé de côté ce passage, qui ne correspondait plus aux usages de son

temps.

[646] M. van Hamel résume ainsi ce passage (II, p. XC): «Le poète

lui-même a été souvent dupe des séductions des Parisiennes et de leur

toilette». Mais non; il dit seulement, ici, qu’il l’avait été des «cols

de Paris» et des «voiles d’Allemagne», à Paris ou ailleurs.

[647] en couches.

[648] Qu’est-il licite à un amant d’accepter de celle qui l’aime sans

s’exposer à une qualification malséante? Voici l’avis de Gui de Mori,

déjà nommé (_Bibliothèque de l’École des Chartes_, LXVIII, 1907, p.

270):

Coevreciés, plouroirs, chains de laine,

Ou de fil bendiaus dont on saine,

Ou un loissiel de fil prenés

D’eles; a tant vous en tenés.

[649] temps de rester couché.

[650] cet individu.

[651] ruse

[652] La mention de la Babelée est une addition du traducteur. La

Babelée est citée aussi dans _le Songe du Vergier_ et par Eustache

Deschamps.

[653] bavarder.

[654] Ce passage n’est que dans la traduction; mais il est à croire

qu’ici, comme ailleurs, Jehan le Fèvre avait sous les yeux un texte

latin plus complet que celui du ms. d’Utrecht.

[655] chaînes.

[656] endommager.

[657] La même profession de foi est mise dans la bouche d’une femme par

l’auteur de _Gilote et Johane_ (au t. II, p. 28 et suiv., du _Nouveau

Recueil de contes, dits, fabliaux_, p. p. A. Jubinal). Cette pièce est

en anglo-normand très incorrect, et c’est dommage, car, sans cela, elle

serait agréable. Être battue, avoir des enfants! Gilote n’a jamais connu

de femme qui ne se soit repentie de s’être mariée:

A noun Dieu, Johane, ne est pas issi

Entre moi meismes e mon amy.

Je pus quaunt je vueil partyr de ly

Sauntz congié de prestre ne de autruy.

Et choysir un autre tauntost apres,

E vivre en joye...........

[658] prébendes.

[659] aime l’argent.

[660] D’après la coutume du Boulonnais, le droit d’aînesse s’appliquait,

non seulement en ligne directe, mais dans les successions collatérales.

[661] cruelle.

[662] Ordre religieux.

[663] Cf. v. 2822 et suiv.

[664] Cette description de danses du XIIIe siècle est une des plus

circonstanciées que l’on connaisse. Voir les références à d’autres

textes et le commentaire de celui-ci dans les «Notes» de M. van Hamel,

p. 212.

[665] Cette énumération du traducteur diffère de celle de l’original

(_Tibia_, _psalterium_, _symphonia somniferaque Cum citharis vidule_,

_tuba_, _fistula_, _timpana..._). Cf. les textes cités par Fr. Novati

dans les _Studi medievali_, 1907, p. 309.

[666] L’auteur insiste d’une manière un peu désobligeante sur l’humilité

des origines d’Eustache, et toute la tirade à l’adresse de ce personnage

paraît (comme celle à l’adresse du suivant), plutôt ironique. Eustache

d’Aix avait-il été mêlé, en sa qualité d’official, à la dégradation de

Mahieu?

[667] Le traducteur, qui s’est contenté de résumer très brièvement les

envois qui précèdent, a traduit cette diatribe.

Ce hors-d’œuvre, si bizarrement inséré en appendice à la tirade qui

concerne Guillaume de Licques, n’est à coup sûr qu’une adaptation d’un

des nombreux «États du monde» qui circulaient alors comme pièces

indépendantes. Il est conforme, en ses grandes lignes, aux pièces

latines du même genre qui ont été conservées à part (E. du Méril,

_Poésies populaires latines du moyen âge_. Paris, 1847, p. 128, et

_Poésies inédites du moyen âge_. Paris, 1854, p. 313; Th. Wright, _The

latin poëms commonly attributed to Walter Mapes_, p. 229).

[668] troupeau.

[669] Cf. Guiot de Provins, ci-dessus, p. 66.

[670] Lieu commun; cf. ci-dessus, p. 46.

[671] Le traducteur, analysant, sans la traduire, cette partie de

l’œuvre de Mahieu, atteste qu’il avait sous les yeux un ms. plus complet

(en cet endroit) que celui d’Utrecht. Il y avait, dans ce ms. perdu, une

tirade à l’adresse de maître Ernoul de Beaurain, doyen du chapitre de

Saint-Firmin-le-Martyr de Montreuil, qui n’est pas dans le ms. d’Utrecht

(entre la tirade à Jehan de Ligny et celle à Nicaise de Fauquembergue).

[672] On lit dans le ms. 947 de la Bibliothèque de Tours, qui contient

les deux parties: _Ci commence le Livre de Fauvel et de Fortune_; et:

_Explicit Fauvel et Fortoune_.

[673] Guile = Tromperie.

[674] Bibl. nat., fr. 571. Publié à Saint-Pétersbourg, en 1888, par A.

Bobrinsky et Th. Batiouchkof. Voir l’_Histoire littéraire_, XXXII, p.

111.

[675] _Poésies de Gilles li Muisis_, éd. Kervyn de Lettenhove, II

(Louvain, 1882), p. 85.

[676] «Cette façon de parler était si répandue, dit G. Paris, qu’elle a

passé en anglais. _To curry Favel_, «étriller Fauvel», s’employait pour

«tromper, faire le flatteur». Plus tard, on ne comprit plus le mot

Favel, et, par une de ces fausses interprétations si fréquentes dans

toutes les langues, on dit _to curry favour_, manière de parler encore

usitée aujourd’hui» (_Histoire littéraire_, l. c., p. 115).

[677] Un seul ms. (fr. 24436) donne «septembre» au lieu de «decembre».

Deux donnent le VI au lieu du XVI.

[678] Le texte de l’énigme se présente ainsi, correct, dans deux

manuscrits seulement (fr. 2195 et 947 de Tours). On lit dans fr. 12460:

_Ge mes..._; et dans fr. 24436: _Ge rues dor..._

[679] _Histoire littéraire_, XXXII, p. 136.

[680] Le ms. fr. 580 de la Bibl. nat. de Paris ne contient que la

première partie, mais c’est un accident; ce ms. est de basse époque.--Le

ms. 4579 des nouv. acq. fr. de la même Bibliothèque ne contient pas la

seconde partie; mais c’est un accident: la première partie elle-même y

est incomplète.

[681] Bibl. nat., fr. 2139. Il n’y a qu’une différence d’encre.

[682] Il n’est pas douteux que l’auteur du premier _Fauvel_ connaissait

aussi l’œuvre de Jehan de Meun. Il parle de Faux-Semblant (Bibl. nat.,

fr. 2139, fol. 10).

[683] G. Paris avait pourtant dit plus haut, et très bien (_Hist.

litt._, XXXII, p. 116): «La popularité de _Fauvel_ ne provient pas de ce

poème [le premier]; au contraire, c’est cette popularité qui l’a

inspiré».

[684] G. Gröber ne fait pas preuve de goût en émettant cette

appréciation (_Grundriss der romanischen Philologie_, II, 902): «Der

Ausdruck ist... klar und voll Kraft.»

[685] Le remanieur du ms. fr. 2140 a pratiqué des suppressions

considérables. Il a fait aussi quelques additions, mais sans intérêt.

[686] Le premier _Fauvel_ est cité ici, non d’après l’édition, mais

d’après le ms. fr. 2139.

[687] La main d’un ancien reviseur a noté au fol. 9 vº de ce ms. la

lacune par le mot «Defectus». Cf. une autre lacune (certainement

accidentelle, celle-là), au fol. 9 rº; elle est signalée de même par les

mots: «Hic deficit».

[688] Ne pas confondre, d’ailleurs, _Gervasius_, clerc de la

Chancellerie royale, avec _magister Gervasius_, son contemporain, qui

siégeait aux parlements judiciaires. Le surnom de ce dernier était: «de

Ponte Arci» (Pont-Arcy, arr. de Soissons, Aisne).

[689] La plus ancienne mention que je connaisse de Gervais du Bus se

trouve dans une copie partielle d’un compte de l’Hôtel du roi pour le

terme de la Pentecôte 1313 (Ludewig, _Relliquiæ manuscriptorum_, XII, p.

29). Ce compte offre trois noms de notaires qui ne se rencontrent dans

aucun document antérieur: Jean du Temple, Gui de Livri et «Gervasius».

Mais, tandis que l’on a, au Trésor de Chartes, quantité de lettres

royales des années 1313 et 1314 qui ont été contresignées par les

nouveaux venus Jean et Gui, je ne me souviens pas d’en avoir rencontré

qui porte la signature de Gervais avant le temps des fils de Philippe le

Bel.

[690] Liste publiée par J. Viard dans la _Bibliothèque de l’École des

Chartes_, LI (1890), p. 266. On lit dans cette édition «Guez du Buc» (au

lieu de «Gervez du Bus»).

[691] Arch. nat., JJ 66, fol. 434 vº (mai 1332).

[692] Arch. nat., JJ 71, fol. 97 vº; cf. JJ 66, fol. 374: «Pour

consideration des bons et loyaus services que nostre amé et feal clerc

Gervais du Bus a fait longuement et continuelment a noz devanciers....

non contrestant qu’il ne soit nobles...» (Février 1332, n. st.).

[693] Arch. nat., JJ 71, fol. 97 vº.

[694] M. P. Aubry a fait exécuter une reproduction photographique des

premiers feuillets de ce ms. célèbre, qui a été mise en vente, en

octobre 1907, chez P. Geuthner, à Paris. Cf., du même, _Un «explicit» en

musique du Roman de Fauvel_. Paris, Champion, 1906, gr. in-8.

[695] La composition en a été sérieusement étudiée pour la première fois

par P. Paris (_Les manuscrits françois de la Bibliothèque du roi_, I

(1836), p. 304 et suiv.).--Cette notice de P. Paris a exercé beaucoup

d’influence (beaucoup trop) sur celle que G. Paris a insérée dans

l’_Histoire littéraire_.

[696] Cette addition est imprimée dans l’_Histoire littéraire_, XXXII,

p. 138, où elle n’est pas très exactement interprétée.

[697] Dans l’_Histoire générale de la langue et de la littérature

françaises_, II, p. 199. G. Gröber (_Grundriss_, l. c.) dit la même

chose, mais rapporte en outre, sans l’adopter ni la rejeter, l’opinion

de G. Paris.

[698] Il le faut paléographiquement.--«François» est, d’ailleurs, un

prénom tout à fait inusité au commencement du XIVe siècle. Il est

surprenant que cette circonstance n’ait pas éveillé la méfiance de G.

Paris.

[699] Chose qui, de plus, n’a rien d’étonnant en soi: on a vu plus haut

(p. 279, note 2) que, sur 4 mss. où l’énigme qui contient le nom de

Gervais du Bus figure, deux l’offrent sous une forme indéchiffrable, par

suite de méprises analogues.

Il y a du reste, dans le ms. fr. 146, en marge du vers altéré (à

gauche), un G: indice que la faute commise fut constatée et corrigée par

quelqu’un dès le XIVe siècle.

[700] Le nom de cette famille se présente dans les documents sous les

formes _Challo_, _Chaillo_, _Chaillou_; en latin _Challoti_,

_Charloti_.--Elle a son dossier au Cabinet des Titres (Bibl. nat., fr.

27130, fol. 1).

[701] Voir la «Chronologie des baillis et des sénéchaux», par M. L.

Delisle, au t. XXIV des _Historiens de la France_.

[702] Arch. nat., K 1151, nº 26. (Ce document a échappé à M. L. Delisle,

qui n’a pas signalé R. Chaillou comme bailli de Touraine).

[703] E. Boutaric, _Actes du Parlement de Paris_, t. II (à l’index des

noms propres).

[704] Arch. nat., KK 1, p. 308.

[705] _Histoire générale de Languedoc_ (éd. Privat), t. IX et X (à

l’index des noms propres).

[706] On lit dans le Livre des Changeurs du Trésor, parmi les recettes

faites en avril 1336-1337: «Des hoirs feu mons. Raoul Chaillou» (Arch.

nat., KK 5, fol. 17).

[707] _Histoire littéraire_, l. c., p. 145.

[708] Ch.-V. Langlois, _La Société française au moyen âge_, p. 234 et

suiv.

[709] Il a déjà été remarqué (ci-dessus, p. 227) que Jehan de Vassogne,

un des destinataires des _Lamenta_ de Mahieu, fut Chancelier de France,

et Jehan le Fèvre, le traducteur dudit Mahieu, procureur au Parlement de

Paris.

[710] Encore un mot.--Il est certain, pour bien des raisons, que le ms.

fr. 146 n’est pas l’exemplaire original des «Morceaux choisis» de

Chaillou; c’en est une copie au net, exécutée par un scribe plus

calligraphe que lettré. Fut-il transcrit et enluminé pour Raoul Chaillou

lui-même, ou pour Jehan Chaillou, le clerc secrétaire de Charles V, ou

pour un autre membre de la famille? C’est ce que je ne saurais décider.

L’écriture est de la première moitié du XIVe siècle.

[711] Ms.: sa.

[712] voile.

[713] le plus grand.

[714] tond la crinière.

[715] peigne.

[716] signifier.

[717] fourberie.

[718] plaisir.

[719] hérétique équivaut.

[720] Pierre.

[721] tributaire.

[722] filet.

[723] prébendes.

[724] loup.

[725] intronisés.

[726] mérite.

[727] s’attachent.

[728] L’église de Saint-Benoît le Bestourné, à Paris, ainsi nommé à

cause de son orientation inverse de celle des autres églises.

[729] avec un harnachement qui comporte les courroies appelées

«lorains».

[730] «Dorenlot», grosse boucle de cheveux relevée sur le front d’un

homme.

[731] Cf. la _Somme le roi_ (Bibl. nat., fr. 938, fol. 31 vº): «I

[732] attirer.

[733] robe chantent touz jourz _Placebo_, c’est a dire: «Messire dit

voir, Messire fait bien...»

[734] Voir ci-dessus, p. 282.

[735] «Angoisseuse» symbolise le vice, trop peu répandu pour que la

plupart des moralistes aient pensé à le stigmatiser, qui s’oppose à

«Accide» ou «Fole parece». Voir le _Mirouer du Monde_ (éd. F. Chavannes,

p. 203); cf. Étienne de Fougères, plus haut, p. 26.

[736] prier.

[737] agir ainsi.

[738] Voilà une de ces ressemblances d’expression entre la première (cf.

ici même, pp. 294, 296) et la seconde partie de _Fauvel_ dont

l’existence a été signalée plus haut.

[739] Le séjour de Gilles à l’Université de Paris a été contesté dans la

_Biographie nationale belge_, t. XI, mais sans motif, comme l’a bien vu

Ph. Wagner (_Gillon le Muisi_, dans les _Studien und Mittheilungen aus

dem Benedictiner- und dem Cistercienser Orden_, t. XVII (1896), p. 554)

et démontré H. Lemaître (_Chroniques et Annales de Gilles le Muisit._

Paris, 1905, p. VI). M. Kervyn avait fixé le séjour de Gilles à Paris

avant sa prise d’habit; M. Lemaître le place «depuis la fin de 1297

jusque vers le milieu de 1301; mais voyez plus loin, p. 326: «Je vis en

mon enfanche...»

[740] Les trois principales biographies de Gilles li Muisis sont citées

à la note précédente. Voir aussi U. Berlière, _Notes sur Gilles li

Muisis_, dans la _Revue bénédictine de Maredsous_, X (1893), p. 256.

[741] Il a été vendu, le 10 juin 1901, chez Sotheby, pour la somme de 16

500 francs.

[742] Cette édition laisse à désirer. Voir _Revue critique d’histoire et

de littérature_, 1883, II, p. 174. Cf. A. Scheler, _Étude lexicologique

sur les poésies de Gillon le Muisit_, dans les _Mémoires couronnés par

l’Académie de Belgique_, XXXVII (1886).

L’étude de Ph. Wagner sur le registre poétique de l’abbé (_Studien und

Mittheilungen_, XVIII, 1897, p. 396-411) n’est pas instructive.

[743] Le manuscrit contient en outre des prières, un historique des

derniers abbés du monastère de Saint-Martin, des souvenirs sur les papes

de Célestin V à Clément VI, la biographie de deux évêques de Tournai et

des remerciements de l’auteur pour sa guérison.

[744] Ph. Wagner, le dernier biographe de l’abbé Gilles, n’en sait pas

plus long que nous sur ce Jacques Bochet, gloire locale (_Studien und

Mittheilungen..._, XVIII, 1897, p. 53).

[745] Les vers n’étant pas numérotés dans l’édition Kervyn de

Lettenhove, les références numériques (chiffres entre parenthèses)

seront faites ici, par exception, non pas au vers, mais à la page de

l’édition.

[746] Il faut dire aussi que l’impression de pesanteur est encore

accentuée, pour nous, par le «walesc» de l’auteur, c’est-à-dire par le

dialecte wallon, ou tournaisien, dont il se sert, et par le rythme si

lassant des quatrains monorimes.

[747] Que l’on soit bien averti, toutefois, que tel n’est pas l’avis de

tous les lecteurs modernes de l’abbé Gilles.--M. Kervyn de Lettenhove,

qui a édité l’œuvre poétique du bon abbé, le compare à Dante (I, p. II),

parle de son éloquence, de la fécondité de son imagination, de sa

vivacité, de son élégance (p. XVIII, XXVIII). M. A. Delboulle (_Revue

critique_, 1883, II, p. 174) s’exprime ainsi: «Les poésies de Gillon le

Muisit ne sont ni ternes ni plates ou chargées de chevilles, comme

celles de la plupart de ses contemporains; elles ont de la précision, de

l’énergie, de la grâce même...». Cf. Ph. Wagner, _l. c._, p. 407; et H.

Lemaître, _o. c._, p. XXIV.

[748] quantité.

[749] péchés.

[750] On constate que l’abbé Gilles a noté, en effet, avec la plus

grande diligence, dans ses écrits historiques et ses cartulaires

administratifs, la qualité et la valeur des crus.

[751] oublié.

[752] Cf. un éloge très analogue de la paix de cloître, dans le _Poème

moral_ (éd. Cloëtta):

Kant hem lo chevalier fiert parmi la boële 472

Et hom li fait vuidier a grant honte la sele,

Entant siet li bons hom toz solz en sa capele

Et senz nul grant torment cante sa miserele.

[753] Cf. II, 2. «On se doit mieuls amer k’autruy, c’est carités...»

[754] Cf. I, p. 68-70.

[755] jeunesse.

[756] laissera.

[757] péchés véniels.

[758] je bats ma coulpe, la main sur la poitrine, de cœur, de bouche.

[759] Cf. I, p. 104: «Ay penset, pour le siecle qui est cangiés et cange

tous les jours, que li biens et le tranquilitet que je vie en men

enfanche et en me jovenche de tous estas, selonc chou qu’en memore m’en

venra, et au mieuls que je porrai, je le ferai registrer et escrire, par

quoy les gens presens et li futur sachent le bien qui solloit iestre

pour yauls corrigier...»

[760] choux.

[761] collerettes.

[762] gagnent.

[763] dispensés de travailler.

[764] Ce n’était pourtant pas faute de s’y appliquer. Les sermons du

XIIIe et du XIVe siècle sont pleins de récriminations au sujet de

l’attitude inconvenante des fidèles à l’église. Cf. le _Mirouer du

Monde_ (éd. F. Chavannes, p. 35): «Cil sunt fol et pechent durement qui

rient et trufent devant le cors Jesus Crist et sa douce mere...». _Ib._,

p. 71: «Il n’oent mie matines trois fois l’an, et quant il vont oïr

messe, il font plus leur damage et celi d’autrui que leur preu. Car il

ne se puevent coi tenir ne que singe, rient, gabent, boutent, sachent

l’un l’autre, accolent les damoiselles, et, parmi tout ce, leur est la

messe trop longue..... Et, quant on leur blasme leur folie, si mettent

tout sus chevalerie, et disent: «Voulez-vous que nous nous fachons huer?

et «que nos fachons le papelart?...»

[765] C’est la pièce très singulièrement intitulée dans le ms. et dans

l’édition (I, p. 104): _Li estas dou monastere Saint Martin_.

[766] Ordres religieux.

[767] Cf. p. 205-206.

[768] Nous avons besoin.

[769] Aussi bien, ils s’en passent (cf. p. 191): «On s’espart sans

congiés».

[770] le cœur est au marché.

[771] passés à la lessive.

[772] Cf. p. 204. Ces moines-là voudraient porter «brunettes» et

«sauvagines»; ils voudraient avoir «habits estroits et courts». Ils

prétendent aussi, chose nouvelle, avoir chacun son vestiaire personnel,

écrins, coffres et armoire (p. 170). Ils n’acceptent plus les

distributions d’habits du camérier, comme autrefois; il faut qu’on leur

donne de l’argent, pour qu’ils s’équipent eux-mêmes: la constitution du

pape Benoit n’a pas mis fin à cet abus.

Ces détails s’harmonisent très bien avec ceux dont les sermons de la fin

du XIIIe siècle sont remplis sur le relâchement des mœurs

monastiques. «On n’accepte plus les ordres des supérieurs que s’ils sont

agréables; sinon, murmures. Si le supérieur dit: «Mon frère, allez à

l’infirmerie», on y va; mais s’il dit: «Allez aider à la boulangerie»,

on répond: «Ah! monseigneur, je ne suis pas un homme à ça; _non decet

meam personam; mittite illum fratrem qui est de humili plebe..._» (B.

Hauréau, _Notices et Extraits de quelques manuscrits latins_, IV, p.

141).

[773] On lit dans un recueil d’anecdotes de la fin du XIIIe siècle

(Bibliothèque de Tours, ms. 468, fol. 74 vº): «Raimond, évêque de

Toulouse, disait que les religieux faisaient aux novices comme la

vieille à la poule qu’elle achète; elle lui tond la tête et la laisse

ensuite aller où elle veut. De même, il y a des religieux qui se

travaillent beaucoup pour avoir des novices et qui, après les avoir

tondus et vêtus, les laissent vaguer à leur gré...»

[774] verset.

[775] Ce semble, qui les entend, qu’ils vont se quereller.

[776] à l’autre côté leur verset.

[777] bandes, troupes.

[778] Comparer Rutebeuf, en son Dit _de la Vie dou Monde_ (_Œuvres_, éd.

elzévirienne, II, 42):

Les blances et les grises et les noires nonains

Sont sovent pelerines as saintes et as sains;

Se Dix leur en set gré, je ne suis mie certains:

S’eles fuissent bien sages, eles alassent mains.

Quant ces nonnains se vont par le pays esbattre,

Les unes a Paris, les autres a Montmartre....

[779] parer.

[780] collerettes.

[781] Bien savent où il fait bon aller pour s’amuser.

[782] pourvu que.

[783] excès.

[784] citoles, espèce de sistre.

[785] danses.

[786] badinage.

[787] vieilles.

[788] supérieure.

[789] visiteur.

[790] Mêmes sous-entendus injurieux à l’endroit des béguines dans _L’Art

d’amors_ de Jacques d’Amiens (v. 2299 et suiv.) et dans Rutebeuf

(_Œuvres_, éd. elzévirienne, I, pp. 190, 221).

[791] gagner (notre vie.)

[792] Il n’y avait point que des laïcs à se fâcher de l’extraordinaire

multiplication des Ordres religieux. Dans les anciens Ordres plusieurs

n’y voyaient rien moins que le commencement de la fin, au témoignage de

Guiard de Laon, le célèbre chancelier de l’église de Paris, qui fut plus

tard évêque de Cambrai: «Claustrales... novis Ordinibus invident... Unde

dicere non crebescunt, imo dicunt, quod tot sunt Ordines quod totum in

fine adnihilabitur» (B. Hauréau, _Notices et Extraits de quelques

manuscrits latins..._ VI, p. 227).

[793] s’enrichissent.

[794] assemblées.

[795] piocher.

[796] Est-il besoin de rappeler que la prudente modération de l’abbé

Gilles à l’endroit des Mendiants contraste avec les fulminantes

diatribes d’une foule de ses contemporains: Rutebeuf (_Œuvres_, éd.

elzévirienne, I, 208), Gervais du Bus (ici-même, p. 299), Jehan de Condé

(_Œuvres_, éd. A. Scheler, II, p. 181, 249), etc?

[797] Une longue pièce du «registre» est intitulée pourtant: «Ch’ est

des papes» (I, pp. 299-342). Mais c’est une sorte de chronique «des

papes qui ont esté de mon temps», de Célestin V à Clément VI. Elle se

termine par des considérations très générales sur les devoirs du pape et

des cardinaux, expurgées de toute critique.

[798] Je ne vois pas, mais j’entends.

[799] émeuve.

[800] manteaux.

[801] s’embarquent.

[802] tourments, souffrances.

[803] annuels.

[804] nous gagnerons de l’argent.

[805] [services] annuels.

[806] Ce singulier conseil fait penser à la maxime, non moins

surprenante, des _Enseignements_ de Robert de Ho (éd. M. V. Young):

Fiz, ne seiés pas menzungier... 1195

Mes qui ne s’en puet abstenir

Ke ne li estouce mentir,

Donc deit mentir si cointement

Et si tres acemeement

K’il resemble bien verité...

[807] ensemble.

[808] Et pour bien d’autres. Voir la pièce de Jehan de Condé, _Des

mahommés aus grans seigneurs_ (_Œuvres_..., éd. A. Scheler, II, p. 161).

Cf., du même, _Li dis du seigneur de Maregni_, ib., II, p. 267; et _Li

dis de la Torche_, ib., II, p. 289.

[809] Chacun sait qu’il était d’usage, au XIIe et au XIIIe siècle,

de se faire coudre les manches, et non pas de les boutonner, chaque fois

que l’on s’habillait; on les décousait le soir ou, dans la journée, pour

se laver. Voir les textes analysés dans _La Société française au_

XIIIe _siècle_, p. 63; cf. Amanieu de Sescas qui, dans son

_Ensenhamen de la donzela_ (K. Bartsch, _Provenzalisches Lesebuch_, p.

141, v. 80) recommande aux femmes de chambre d’avoir toujours sur elles

du fil et des aiguilles pour recoudre les manches de leurs

maîtresses.--Le port des boutons fut longtemps considéré pour les

hommes, et surtout pour les femmes, comme «un signe de putaige». Cf. le

_Mirouer du Monde_ (éd. F. Chavannes, p. 79), qui est probablement

antérieur de trois quarts de siècle aux plaintes de l’abbé Gilles: «Tant

font de curiosités et de desguisemens que c’est merveille: boutons,

orfrois, cotes ridées, estroites manches, chauces detrenchiées,

decolées, a bouclettes d’argent...»

[810] pelisses.

[811] La mode des cornettes, pour les femmes, qui fut durable, a été

pour les moralistes de la fin du XIIIe et du XIVe siècle une

source inépuisable d’invectives et de plaisanteries. Voir l’_Histoire

littéraire_, XXIII, p. 248.

Très jolie description de la coiffure féminine par Gui de Mori, _l. c._,

p. 269; cf. _La Clef d’amors_ (éd. Doutrepont), v. 2273 et suivants.

[812] L’auteur du _Poème moral_ (éd. Cloëtta) ne s’étend pas moins

abondamment sur le thème de la coquetterie féminine, mais avec d’autres

détails:

Ainz k’ele voist a messe, la convient a mirer CXXVIII

Acemeir lo pipet, lo sobrecil plomeir[813].

Asseiz seit hom de coi ele soi leve et froie[814], CXXIX

De quel chose rogist et dont ele blancoie.

Engardeiz grant folie! si forment lace et loie[815]

Les bras et les costeiz k’a grant paine soi ploie[816].

Le chevalier de la Tour Landry, dans son livre à ses filles [1372],

blâme de même avec énergie les modes nouvelles, mais surtout chez les

servantes et les femmes de condition modeste:

[813] s’arranger la bouche, se plomber les sourcils.

[814] lave et frotte.

[815] lie.

[816] plie. «Je ne parle point sur les dames ne sur les damoiselles

atournées qui bien le pevent faire a leur plaisir; car sur leur estat je

ne pense mie a parler chose qui leur doye desplaire...». Il reproche,

lui, aux «femmes servantes et femmes de chambre, clavieres et aultres de

mendre estat» de «fourrer leurs doz et leurs talons, autant penne que

drap, dont vous verrez leurs pennes derriere que ilz ont crottées de

boue a leurs talons, tout aussy comme le treu d’une brebis soilliée

derriere... Et en esté les puces s’y mucent...» (_Le Livre du chevalier

de La Tour Landry_, éd. A. de Montaiglon, 1854, p. 49).

[817] A l’époque où écrivait le chevalier de la Tour-Landry, la mode des

coiffes cornues pour les femmes et des habits courts et collants pour

les hommes persistait. Le chevalier rapporte (éd. A. de Montaiglon, p.

98) le sermon d’un «saint homme evesque» sur ce sujet: «Il dist que les

femmes qui estoient ainsi cornues faisoient les cornes aux hommes cours

vestus, qui monstroient leurs c... et leurs brayes.»

[818] Éd.: faut.

[819] qu’ils ont raison.

[820] assemblées, réunions, syndicats.

[821] Il l’a traitée à trois reprises, dans trois pièces destinées,

peut-être, à être ultérieurement fondues, sous le titre: «Li estas des

seculiers»: II, 70-125; II, 152-169; II, 244-246. Voir aussi la pièce

intitulée: «Dou siecle qui court a present» (II, 247-255), rédigée après

que l’auteur eût recouvré la vue.

[822] Il est revenu sur ce sujet (II, 156). Tous ceux qui ont des rentes

sont perdus, si ça dure; les changeurs et les monnayeurs vont se

substituer à eux. Cette question des monnaies est très obscure:

Elles vont haut et bas, se ne set on que faire;

Quant on quide waignier, on troeve le contraire.

Monnoyer des monnoies sevent k’on en poet traire;

L’or et l’argent ne poeent li signeur mieuls atraire.

Tant qu’on gagnera bien, le «commun» se taira; mais gare, au cas

contraire! Car il dépense à mesure (II, 278).

[823] Ce qui suit, sur le malheur d’avoir des domestiques à gages, est à

rapprocher de la rubrique «Sur l’estat des mercenaires (valets et

servantes)» dans le _Livre de Mandevie_, daté de 1340 (Bibl. nat., fr.

1002, fol. 95); et du chapitre: «De choisir varlets, aides et

chamberieres» dans _le Ménagier de Paris_, écrit entre 1392 et 1394 (Éd.

de 1846, II, p. 53 et suiv.). Se méfier, dit le Ménagier, des serviteurs

«repliquans, arrogans, haultains, raffardeurs ou de laides responses...»

Aucune allusion à un pareil état de choses dans les _Ensenhamens_

provençaux du XIIe et du XIIIe siècle à l’usage des serviteurs,

mais des serviteurs nobles. Voir J. Bathe, _Die moralischen Ensenhamens

im Altprovenzalischen_ (Warburg, Pâques 1906).

[824] L’abbé revient plus loin (II, 154) sur les valets, bergers,

charruyers, etc. Ils n’acceptent plus de porter, comme c’était l’usage

autrefois, les vieux habits de leurs maîtres; il leur faut des «dras

nouviaus»; et ils se moquent, par dessus le marché, des patrons:

Sur leur capiaus trestous se demandent le houpe

Et se font les signeurs par derriere la loupe.

[825] changer de domestiques.

[826] il faut leur.

[827] flatter, caresser.

[828] Cf. II, 155. C’est, hélas, qu’il est toujours de plus en plus

difficile, de nos jours, de trouver à se faire servir:

A paine poet on mais maiskines[829] recouvrer.

On les soloit jadis assayer, esprouver;

Or n’en poet on mais nul, se petit non, trouver.

[829] servantes.

[830] Cf. II, 154. Les valets demandent maintenant des «loyers»

exagérés; jadis, ils ne recevaient pas de quoi mettre tant d’argent «en

depos» (de côté).

[831] faire le paresseux.

[832] enfer.

[833] folie.

[834] paresseux.

[835] Cf. p. 114, str. 1.--Dans sa seconde pièce «Des seculers» (II,

168), il ajoute que l’on se vante maintenant de ce dont on était blâmé

jadis. «Luxurieux» est devenu un compliment: «On dist que ch’est pour

chou k’on est li mieuls amet.»

[836] concubinage.

[837] Ni, non plus, la famine de 1316 (II, p. 249), plus cruelle encore

(pour les pauvres), car «espée nulle n’est si trençans que famine».

[838] Monsieur l’abbé.

[839] Monsieur l’abbé.

[840] bruyamment joyeux.

[841] parleront.

[842] aillent.

[843] souliers.

[844] Malheureuses, il vous faudra nourrir vos bâtards.

[845] au service militaire.

[846] Les compagnons «de la Gale». «Il y avait à Tournay, dit M. Kervyn,

de bons et joyeux compagnons qui, aussi bien que les plus braves

chevaliers de Froissart, s’honoraient d’être surnommés _les Galois_, car

ils aimaient à rire et à plaisanter.» Cf. le chapitre VI^{XX}IIe du

_Livre du chevalier de la Tour Landry_ (éd. A. de Montaiglon, 1854), p.

241: «Cy parle des Galois et des Galoises».

[847] «Loenge a Dieu... de chou que li veue li est recouvrée, qui avoit

estet aveules trois ans et plus... Se fu aidiés par un maistre nommet

Jehan de Meence, qui ouvra en ses yeuls d’un instrument d’argent a

maniere d’aguille... Et fu faite cheste cure, et vey des deus yeuls

selonc son eage souffisçaument, l’an de grace MCCCLI, environ le fieste

saint Remi...» (II, 230).

[848] On a retrouvé trace aux archives de Tournai d’un «maistre

Campion», connétable des paroisses de St Piat et de Ste Catherine

en cette ville, membre du collège des prévôts et jurés au milieu du

XIVe siècle.

[849] peuple.

La vie en France au moyen âge d'après quelques moralistes du temps · 第 69 / 69 题