NOTES:

[1] _Histoire littéraire de la France_, XXIII, p. 245.

[2] _Revue critique d’histoire et de littérature_, 1869, II, p. 54.

[3] «La letteratura didattico morale del Medioevo è assai poco studiata,

fors’ anche perchè, invero, non molto allegra e amena, e molte opere

sono ancora inedite nelle biblioteche...» (R. Ortiz, dans la

_Zeitschrift für romanische Philologie_, XXVIII, 1904, p. 555).

[4] L’état actuel des connaissances acquises et des travaux exécutés sur

les moralistes qui ont écrit en langue d’oil du XIIe au XIVe

siècle a été exposé tant bien que mal par M. A. Piaget, au t. II (pp.

165-218) de l’_Histoire de la Langue et de la Littérature françaises des

origines à 1900_ (Paris, 1896); cf. G. Paris, _la Littérature française

au moyen âge_ (Paris, 1905, 3e éd.), p. 165 et suiv...--Sur les

moralistes du même temps qui ont écrit en latin, voir G. Gröber,

_Uebersicht über die lateinische Litteratur_, au t. II (1902) du

_Grundriss der romanischen Philologie_.--Il n’y a même pas de

nomenclature satisfaisante des écrits de même genre en langue d’oc. Voir

pourtant J. Bathe, _Die moralischen Ensenhamens im Altprovenzalischen_

(Warburg, 1906).

Il existe un inventaire spécial de _la Littérature didactique du moyen

âge s’adressant spécialement aux femmes_ (Halle a. S., 1903), par Alice

A. Hentsch. L’auteur s’est proposé d’y énumérer tous les écrits de ce

genre en quelque langue, savante ou vulgaire, qu’ils aient été composés.

[5] «Ce beau poème...», dit M. P. Meyer (_Romania_, XXXII, p. 104).

Jugement qui paraît, d’ailleurs, un peu trop indulgent.

[6] _Romania_, XXIX, p. 72.

[7] Bibl. nat., ms. fr. 1593, fol. 141.

[8] _Notices et Extraits des Manuscrits_, XXXIV, 1re partie, p. 176.

[9] On ne sait encore rien de plus sur le très intéressant _Livre de

Mandevie_ ou _Melancolies_ de Jehan Dupin--dont G. Paris (_Esquisse

historique de la Littérature française au moyen âge_, 1907, p. 220)

appelle l’auteur «Durpain»--que ce qu’en ont dit l’abbé Goujet

(_Bibliothèque françoise_, IX, 1745, p. 96) et P. Paris (_Les manuscrits

françois de la Bibliothèque du roi_, IV, 179). Il n’en existe pourtant

pas moins de dix mss. à Paris seulement, sans compter les éditions

incunables.

[10] _Bulletin de la Société des Anciens Textes français_, XVIII (1892),

pp. 69-85; cf. _Romania_, XXIII (1894), pp. 449-455.--L’opuscule récent

de L. Lusner (_La Somme des Vices et des Vertus._ Wien, 1905, in-8) est

très peu instructif.

[11] Voir ci-dessous, p. 32, 78, 161-162, 309.--On se fera une idée des

divergences qui se sont produites sur la valeur des écrits les plus

célèbres par l’exemple suivant. Très peu de gens, au XIXe siècle, ont

lu la Somme des Vices et des Vertus du frère dominicain Guillaume

Péraut, dont, pourtant, tous les érudits au courant de l’histoire

littéraire du _XIII_e siècle connaissent le nom. Or, voici le

jugement de l’un de ces lecteurs (_Histoire littéraire_, XIX, p. 309):

«La Somme de Guillaume Péraut n’offre guère que des séries de textes

tirés des livres saints, des docteurs de l’Église, quelquefois des

auteurs profanes; l’auteur n’y ajoute que ce qui est indispensable pour

lier et coordonner ces extraits; ce qu’il y a mis du sien n’en est que

la moindre portion.» Et voici l’opinion d’un autre (B. Hauréau, _Notices

et Extraits de quelques manuscrits latins de la Bibliothèque nationale_,

II, p. 68): «Guillaume Péraut n’était pas seulement un scrupuleux

moraliste; c’était aussi un écrivain... Souvent, sans doute, on trouve

ses dissertations un peu longues, mais on peut rarement leur reprocher

d’être banales.»

[12] MM. G. Paris, G. Gröber, A. Piaget, J. Bathe, Mlle Alice A.

Hentsch, précités.

[13] Quelques-uns ont cru devoir instituer d’abord une première

distinction fondamentale entre ce qui est en prose et ce qui est en vers

(G. Gröber), entre la littérature «religieuse» et la littérature

«profane» (G. Paris), ce qui les a obligés à faire deux énumérations

parallèles et à parler séparément d’œuvres qu’il aurait été évidemment

avantageux de rapprocher.

[14] Controverse entre W. Bohs (_Romanische Forschungen_, XV, p.

204-316) et J. Bathe (_Archiv für das Studium der neueren Sprachen_,

CXIII, p. 394-399).

[15] G. Paris, _Saint Alexis_, p. 213.

[16] A. Stickney, _The Romance of Daude de Pradas on the four cardinal

virtues_ (Florence, 1879).

[17] B. Hauréau, _Notices et Extraits de quelques manuscrits latins..._

II, p. 202 et suiv.

[18] Liste des traductions et des adaptations du pseudo-Caton dans les

_Romanische Forschungen_, XV (1903), pp. 41-149.--Sur les traductions du

_Moralium Dogma philosophorum_, voir _Notices et Extraits des

Manuscrits_, XXXIII, 1re p., p. 23.

[19] Migne, t. CLXXI.

[20] Voir la dernière édition de ce _Carmen_ dans les _Notices et

Extraits des Manuscrits_, XXXIV, 2e p., p. 153. Il n’est nullement

certain, quoi qu’en dise l’éditeur, que ce poème soit tout entier

d’Abélard.

[21] _Li Ver del Juïse_ (éd. H. von Feilitzen. Upsala, 1883) et

l’opuscule de Pierre (_Notices et Extraits des Manuscrits_, XXXIII,

1re p., p. 37) sont typiques de ces productions parfaitement vides,

dont on a un assez grand nombre (G. Paris, _la Littérature française au

moyen âge_, § 153).

[22] Il est à remarquer que les œuvres en latin qui offrent le plus

d’intérêt sont précisément des enfilades d’historiettes, comme le _De

Nugis curialium_ de Walter Map et le _Verbum abbreviatum_ de Pierre le

Chantre.--On n’a toujours pas d’autre édition du charmant _De Nugis

curialium_ que celle de Th. Wright (1850).--Sur le _Verbum abbreviatum_,

voir les _Positions des Mémoires présentés à la Faculté des lettres [de

Paris] pour l’obtention du Diplôme d’études supérieures_ (Paris, 1905),

p. 109.

[23] Les ouvrages du même genre qui ont été composés au moyen âge hors

de France (abstraction faite des traductions) sont beaucoup moins

nombreux. Voir L. Torretta, _Il «Wälscher Gast» di Tommasino di

Cerclaria e la poesia didattica del secolo XIII_, dans les _Studi

medievali_, I (1904), pp. 24-76; et R. Ortiz, _Il «Reggimento» del

Barberino ne’ suoi rapporti colla letteratura didattico-morale degli

Ensenhamens_ dans la _Zeitschrift für romanische Philologie_, XXVIII

(1904), pp. 550, 649.

La littérature provençale sur ces sujets est assez abondante, mais

médiocre. L’œuvre, qui paraît avoir été importante, de Raimond, seigneur

d’Anjou en Dauphiné, est perdue (V. plus loin, p. 45).

[24] _Bibliothek des literarischen Vereins in Stuttgart_, CXX (1874).

[25] Voir plus haut, p. V, notes 5 et 6.

[26] _Chardry’s... Petit Plet_ (éd. John Koch). Heilbronn, 1879

(_Altfranzösische Bibliothek_, t. I).

[27] Il va sans dire que ces dix personnages ne sont pas les seuls qui

auraient mérité d’être entendus. On a regretté notamment de ne pouvoir,

faute d’espace, présenter l’auteur du _Poème moral_ (publié par W.

Cloetta, à Erlangen, 1886) et les trois jongleurs typiques des cours

seigneuriales wallonnes de la fin du XIIIe et du commencement du

XIVe siècle, Baudouin et Jehan de Condé, Watriquet de Couvin.

J’aurais souhaité aussi d’être en mesure de placer à la fin de ce

volume, en appendice, deux études que j’avais préparées sur deux

compositions très intéressantes, _la Riote du Monde_ et _li Proverbe au

vilain_, avec l’analyse de ces compositions. J’ai dû y renoncer, pour le

même motif.--Sur _la Riote du Monde_, voir la _Zeitschrift für

romanische Philologie_, t. VIII (1884) et XXIV (1900); sur _li Proverbe

au vilain_, voir la _Revue universitaire_, 1902, II, pp. 161-172.

[28] Il va de soi que les citations originales sont faites ici d’après

les meilleures éditions: on n’a pas pu entreprendre de procurer, à

l’occasion du présent ouvrage, toutes les éditions critiques qui

manquent, ni de traduire, comme il serait très désirable qu’on le fît,

le texte des œuvres de Robert de Blois, qui nous a été transmis en

dialecte de l’Est, dans le dialecte du val de Loire dont Robert de Blois

se servit sans doute. Mais tous les textes cités ont été vérifiés dans

les manuscrits, chaque fois que le sens en paraissait douteux. Des

leçons fautives, adoptées par les éditeurs, ont pu être, de la sorte,

rectifiées en plusieurs endroits.

[29] C’est ici le lieu de rappeler que les œuvres des moralistes du

moyen âge, comme les romans du même temps, ont été souvent dépouillées

par des érudits qui se sont proposé d’y relever, pour les rapprocher les

uns des autres, tous les renseignements relatifs à tel ou tel sujet (par

exemple à la manière de se tenir à table ou à l’éducation des femmes),

ou encore toutes les données d’un certain genre (par exemple les

proverbes). J’ai donné la liste de ces monographies dans mon volume de

1904 (_La Société française au_ XIIIe _siècle_, p. VII, note 2 et

Appendice). Cette liste n’est plus à jour; il a paru depuis trois ans

une trentaine de nouvelles dissertations de cette espèce.

[30] L. Delisle, _Chronique de Robert de Torigni_, II (1873), p. 2.

[31] «Clausula est compositio verborum plausibilis structuræ exitu

terminata» (Cité par du Cange).

[32] _L._ _c._, p. 73.

[33] _Ib._, p. 285, 286.

[34] L. Delisle, _Notes sur les chartes originales de Henri II, roi

d’Angleterre, au British Museum et au Record Office_, dans la

_Bibliothèque de l’École des Chartes_, LXVIII (1907), p. 292, nº 61.

[35] _Chronique de Robert de Torigni_, II, p. 292; cf. p. 2, note 4.

[36] _Ib._, p. 74, note 2, et p. 2, note 4.

[37] Dès 1874, A. Boucherie avait annoncé l’intention de publier une

édition du _Livre des Manières_, qu’il n’a jamais donnée.

[38] Cette «contesse d’Heirefort» doit être très probablement identifiée

avec Damette, fille de Robert Goyon, femme du comte Adam d’Hereford,

dont il est question dans le _Pouillé historique de l’archevêché de

Rennes_ (p. p. G. de Courson). Il y a trace de donations d’Adam et de

Damette en faveur de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et du monastère de

Blanc-Essay dès avant 1160.

[39] Voir, sur l’édition Kremer, A. Mussafia, dans le _Literaturblatt

für germanische und romanische Philologie_, VIII (1887), col. 353.

[40] Voir aussi A. Le Moyne de la Borderie, _Histoire de Bretagne_, t.

III (1899).

[41] Ajoutons que la langue de ce poème, écrit dans un dialecte dont on

a très peu d’autres monuments, est souvent, par elle-même, embarrassante

pour les philologues les plus expérimentés. Un certain nombre de mots de

l’ancien vocabulaire français ne sont connus que par le _Livre des

Manières_.

[42] Cf. plus loin, p. 25, note 2.

[43] G. Paris en a eu, je crois, le sentiment. M. Haard af Segerstad

écrit au contraire, par un véritable contresens (_O. c._, p. 97): «Il

[Étienne] est peu maître de la langue; il condense en trois cents

strophes environ des matériaux dont un autre eût tiré dix fois plus...»

[44] éviter.

[45] attirer.

[46] changeante, trompeuse.

[47] aux honneurs.

[48] mangent avec eux.

[49] débauchés.

[50] On lit dans la Chronique précitée de Robert de Torigni sous l’année

1173 (II, p. 42): «Cum rex Anglorum Henricus misisset Brebenzones suos

ad devastandam terram Radulfi de Fulgeriis...»

[51] va.

[52] allègre.

[53] va.

[54] pas même. Cf. _Romania_, VII, p. 343.

[55] Il faut lire, semble-t-il, les cent premiers vers du _Livre des

Manières_ sur la condition des rois à la lumière de ce que l’auteur de

la _Vie de Guillaume le Maréchal_ (éd. P. Meyer, I, 1891) a fait

connaître de la vie errante et torturée d’Henri II vieillissant:

Quant li reis Henris entendi

Que la riens ou plus [a]tendi 9080

A bien faire e qu’il plus amot

Le traïsseit, puis ne dist mot...

Li sanz li figa sur le cuer...

[56] concubines, maîtresses.

[57] concubines, maîtresses.

[58] «trentel», série de trente messes.

[59] affligé du vice bestial.

[60] Ces noms bizarres sont des noms bretons. «Organite» est un

diminutif d’Orguen; comme l’a remarqué M. Haard af Segerstad (_O. c._,

p. 62), la femme du prêtre Damalioc, mère de Robert d’Arbrissel,

s’appelait ainsi. Quant à «Horhan», ou «Orhan» (ci-dessous, p. 26), ce

nom se trouve, sous la forme «Orhant», dans des chartes du XIIe

siècle (_Cartulaire de Redon_, éd. de Courson, nos 349 et 379).

[61] qui font encore dans leurs lits.

[62] prébendes, et font la fête.

[63] encaissent(?).

[64] prêtre.

[65] église.

[66] Cf. plus haut, p. 3.

[67] intérêt.

[68] intérêt.

[69] K. Haard af Segerstad conjecture, non sans vraisemblance, que

l’archevêque de Tours, métropolitain d’Étienne, est spécialement visé

ici (les saints Gatien, Martin et Julien sont des saints tourangeaux).

Et quel archevêque de Tours? Barthélemi de Vendôme, intronisé en 1174,

jeune et prodigue, dont la _Gallia Christiana_ dit: «Usque adeo fœnus

excrevit ut totius archiepiscopatus annui redditus vix ad solvendas

usuras sufficerent.» Il semble que le prédécesseur de Barthélemi sur le

siège de Tours ait été un tout autre homme.

[70] «O reisson final» (v. 515). Éd.: «oreisson».

[71] plus grande.

[72] dame.

[73] fardeaux.

[74] cultiver avec la charrue.

[75] bétail.

[76] ivraie.

[77] paysans.

[78] que vous payiez bien vos dimes.

[79] espèce d’étoffe orientale.

[80] «hoquet», manteau à capuchon.

[81] Ici commence la partie du _Livre_ dont l’intelligence est, pour

nous, la plus difficile, à cause de l’état du texte.--On doit remarquer

que le développement sur les ventes à prix surfait avec payment différé,

auquel l’auteur attachait évidemment beaucoup de prix et qui comportait,

semble-t-il, deux parties symétriques (cas où le prêteur est victime,

cas où c’est l’emprunteur), est coupé en deux, dans le texte du ms.

unique, par une suite de cinq quatrains (CCXIX-CCXXIII) qui n’ont aucun

rapport avec le sujet. De plus l’une et l’autre partie de ce

développement se présente mal, abruptement. Quelle que soit

l’insuffisance des écrivains du moyen âge en général dans l’art de

composer, et de celui-ci en particulier (J. Kremer, _o. c._, p. 144),

tant d’incohérence paraît l’indice d’une altération du texte, sans doute

d’interversions.

Je dois ajouter que je ne suis pas certain d’entendre correctement

toutes les parties de ce passage. M. Haard af Segerstad (_O. c._, p. 87)

ne l’a certainement pas bien compris.

[82] avec.

[83] s’amuse.

[84] récipient qui sert à puiser et à porter l’eau.

[85] Ms.: acorust.

[86] Vers obscur. Il s’agit d’un mauvais traitement, mais

lequel?--«Estalle» signifie «latte» ou «barre de bois» (cf. le fr.

moderne «astelle»).

[87] Sans doute la Belissant d’_Amis et Amiles_, fille de Charlemagne,

femme d’Amis, qui dit: «Ne m’en chaut... se mes peres m’en fait chascun

jor batre» (Haard af Segerstad, _o. c._, p. 38).

[88] l’eau à la cruche.

[89] guenilles.

[90] convînt de l’intérêt.

[91] Passage difficile, qui a été diversement interprété. Voir Haard af

Segerstad, _o. c._, p. 85.

[92] marché raisonnable.

[93] Sur les fils d’usurier, cf. Guiot de Provins, ci-dessous, p. 46.

[94] meurent.

[95] Ce qu’Étienne de Fougères dit des femmes serait encore plus

intéressant si l’on n’y pouvait pas noter des réminiscences classiques,

de Marbode (_De meretrice_, _De matrona_) et surtout de Juvénal (_Sat._

VI).

[96] querelle.

[97] froide et distante.

[98] envers un pire que lui ardente.

[99] satisfaite.

[100] outrager.

[101] ami de cœur.

[102] vient de muer.

[103] Vers intervertis dans le ms. et les éditions.

[104] Ms. et éd.: que la.

[105] Richeut, type de l’entremetteuse.

[106] telle lignée.

[107] mise à fin.

[108] au fils adultérin échoit l’honneur (le bien).

[109] Lieu commun, très répandu dans la littérature du moyen âge. Le

roman de _Blancandin_ attribue, de même, aux déportements des femmes

nobles la décadence de la noblesse; cette décadence est venue

par les dames corrompues

Qui gisent avoec lor garçons.

Voir l’_Histoire littéraire_, XXII, p. 765.--Cf. Guiot de Provins, plus

bas, p. 42.

[110] mauvais visages.

[111] Il me semble que les cinq quatrains qui suivent (CCLXXVII à

CCLXXXI), consacrés à la description détaillée des actes contre nature,

depuis:

La vie en France au moyen âge d'après quelques moralistes du temps · 第 68 / 69 题