PAR MAHIEU.

Il existe à la Bibliothèque de l’Université d’Utrecht un ms., qui paraît

remonter au commencement du XIVe siècle, d’un poème en latin dont

l’auteur, dès le v. 9. donne le titre: _Lamenta_. Ce ms., découvert il y

a quelque vingt ans par feu M. A.-G. van Hamel, professeur à

l’Université de Groningue, a permis à cet érudit, qui l’a publié, de

composer sur ce poème, jadis célèbre, qu’on croyait perdu, et sur son

auteur, une notice presque irréprochable[585].

L’auteur des _Lamenta_, originaire de Boulogne-sur-Mer, s’appelait, en

latin, _Matheus_, «Mahieu» dans le dialecte de son pays. Il avait des

parents et des amis parmi les personnages qui, de son temps, étaient les

plus considérables de l’Église de Thérouanne. Il fut lui-même clerc, au

début de sa carrière, ayant étudié la logique et le droit pendant six

ans, à Orléans, sous Jacques de Boulogne, qui devint évêque de

Thérouanne, et sous Nicaise de Fauquembergue, plus tard chanoine de

cette église. Il avait le titre de «maître» et il exerçait la profession

d’avocat (_causidicus_). A vingt indices, dans son œuvre, se

reconnaît, d’ailleurs, le juriste, nourri de droit civil et canonique,

hostile à la «coutume».

Il connaissait Paris, où il avait probablement mené joyeuse vie, tout

aux tavernes et aux filles, comme dit l’autre. Ses mœurs étaient

alors faciles, très faciles, comme il l’avoue, sans honte, à plusieurs

reprises[586].

Un concile œcuménique se tint, à Lyon, du 1er mai au 17 juillet

1274. Maître Mahieu y assista, il le déclare lui-même, vraisemblablement

dans la suite de l’évêque de Thérouanne, prédécesseur de Jacques de

Boulogne.

Le Concile eut à délibérer sur la réformation des mœurs du clergé, et

particulièrement sur la condition des clercs (_usque ad subdiaconatum_)

mariés. Un certain nombre de ceux-ci étaient, non seulement mariés, mais

«bigames»; non point, comme on pourrait le croire, qu’ils eussent épousé

deux femmes, mais parce qu’ils avaient épousé une femme qui n’était pas

vierge, une veuve ou une fille publique. La jurisprudence épiscopale

variait au sujet de ces «bigamies»; les uns les toléraient, d’autres les

condamnaient. Le 14 juillet 1273, le Concile condamna formellement

toutes ces unions suspectes: _Bigamos omni privilegio clericali

declaramus esse nudatos, consuetudine contraria non obstante._ Cette

constitution fut sanctionnée en novembre par le pape Grégoire X; elle a

pris place dans les Décrétales.

Maître Mahieu savait donc à quoi s’en tenir sur ce qui l’attendait s’il

se mariait, en dépit de la _Sanctio Gregoriana_, avec une veuve. C’est

pourtant ce qu’il fit, pris dans les lacs d’une certaine Perrette, ou

Perrenelle, dont il ne réussit à triompher qu’en consentant au

sacrement.--Le voilà «bigame» et sous le coup de la dégradation

canonique.

Cette mesure rigoureuse lui fut appliquée, comme à beaucoup d’autres.

Sans doute par l’officialité de Thérouanne. Mais à quelle époque? on

l’ignore. La date de son mariage n’est pas connue non plus. Nul moyen de

savoir, par conséquent, s’il s’écoula un long temps entre l’infraction

et le châtiment.--Le voilà dépouillé de tous ses droits de clergie

(tonsure, habit, admission au chœur, aptitude à recevoir des

prébendes, privilège de judicature, exercice de son métier d’avocat à

l’officialité, etc.).

Durement frappé de ce côté, Mahieu ne trouvait point de consolation à

son foyer. Car Perrette, avec le temps, était devenue laide, acariâtre,

querelleuse. Incompatibilité d’humeur. Il était très malheureux en

ménage.

C’est pour soulager sa douleur, et aussi pour mettre en garde ses jeunes

ex-confrères contre une destinée pareille à la sienne qu’il conçut, au

seuil de la vieillesse (v. 656), l’idée d’exhaler ses «lamentations»

dans un poème anti-féministe.--Ce poème écrit, il ne le publia pas, par

crainte de sa femme, mais il l’envoya à ses amis, dignitaires ou

familiers de l’église de Thérouanne. Les «envois», ou épîtres, qu’il a

rédigés pour chacun d’eux, et qui forment la meilleure partie du livre

IV des _Lamenta_[587], permettent de fixer à peu près la date de la

composition du poème[588].

L’évêque Jacques de Boulogne, un des destinataires de l’œuvre, nommé

en 1287, est mort, dit M. van Hamel (p. CXXIV), en septembre 1301. Les

_Lamenta_ ont donc été terminés avant septembre 1301. D’autre part, en

1295, le frère de cet évêque, Robert le Moiste, était encore prévôt de

l’église de Saint-Martin, à Ypres; à une date incertaine, il a échangé

ces fonctions contre celles d’abbé de Sainte-Marie-au-Bois de

Ruisseauville, et c’est en cette qualité qu’il est salué par Mahieu. M.

van Hamel en conclut que le poème est postérieur à 1295. Il ajoute que

les autres données chronologiques fournies par les «envois» concordent

avec celles-là: on a la preuve que tous les destinataires des _Lamenta_,

que Mahieu nomme, étaient vivants de 1295 à 1301[589].

Quelques-unes de ces considérations laissent fort à désirer; mais il en

est une, n ouvelle, qui me dispensera de les critiquer à fond; elle se

tire de la présence, au nombre des destinataires du poème, d’un

personnage sur lequel M. van Hamel (de même que M. Vaillant, le

précédent biographe de notre auteur) n’était pas suffisamment informé.

Ce personnage, Jehan de Vassogne, «archidiacre de Flandres en l’Église

de Thérouanne», qui «n’a pu être identifié» ni par M. Vaillant[590], ni

par M. van Hamel (p. CXXVI), est pourtant bien connu. Clerc du roi de

France, jurisconsulte que l’on voit souvent de service aux parlements

judiciaires de la Couronne, chargé de faveurs par le pape comme homme de

confiance du roi,[591] il exerça les hautes fonctions de garde royal des

sceaux, ou, comme on disait alors, par courtoisie, de chancelier, depuis

1290 jusqu’à son élection comme évêque de Tournai, laquelle doit être

fixée aux derniers jours de 1291 ou aux premiers de 1292[592]. La

dédicace de Mahieu à Jehan de Vassogne, où celui-ci n’est pas qualifié

d’évêque, est donc antérieure au printemps de 1292; elle l’est même,

sans doute, à la date incertaine de 1290 où Jehan de Vassogne succéda,

comme garde des sceaux ou chancelier de France, à Pierre Chalon, doyen

de Saint-Martin de Tours, puisque Mahieu a l’air d’ignorer qu’il

s’adresse au chef suprême de la chancellerie royale. Et le poème tout

entier est, par suite, dans le même cas. J’indique plus loin (p. 249, en

note) un autre motif de croire que le poème a été rédigé en effet, au

moins en partie, vers la fin de 1290.

* * * * *

Les sources du versificateur boulonnais ont été étudiées avec le plus

grand soin par l’éditeur. Mahieu était certainement assez versé dans la

littérature sacrée et profane. Il a connu et plus ou moins utilisé le

fragment, classique au moyen âge, du _De nuptiis_ de Théophraste, le _De

planctu naturæ_ d’Alain de Lille, des recueils d’_Exempla_, et, sinon le

_Roman de la Rose_ lui-même, les œuvres plaisantes et satiriques en

langue vulgaire dont le _Roman_ de Jehan de Meun est le plus notable

spécimen[593]. Enfin, on trouve au livre III des _Lamenta_ comme un écho

des discussions théologiques de son temps. Homme d’Université, il avait

été un des émules de ces savants personnages, ses anciens confrères,

comme Jacques d’Étaples, dont il énumère complaisamment les

connaissances variées.--Toutefois, et Dieu merci, «le premier fond de

son poème a été fourni à Mahieu, on n’en saurait douter, par sa propre

expérience». Ce poème, quoi qu’il soit embarrassé par la plus

détestable rhétorique (vers léonins, etc.), n’est pas sans sincérité.

Il est, d’ailleurs, très brutal. Instructif par là même, et non pas

tant, peut-être, comme tableau des mœurs cléricales que comme exemple

des écrits que ses jongleurs ordinaires pouvaient offrir au haut clergé,

sans crainte de l’offenser.

* * * * *

Quel fut le succès des _Lamenta_ de Mahieu? On n’en sait rien. Il y en

avait jadis un exemplaire à la Bibliothèque du Chapitre de Saint-Bertin;

l’exemplaire d’Utrecht est en Hollande depuis le XVIIe siècle. Pas

d’autres renseignements.

Le livre, destiné à l’étroit public de Thérouanne et de

Boulogne-sur-Mer, aurait peut-être sombré dans l’obscurité, comme tant

d’autres, si, vers 1370, une copie n’en était tombée entre les mains

d’un nommé Jehan le Fèvre, natif de Ressons-sur-le-Matz (Oise),

procureur au Parlement de Paris.

Ce Jehan le Fèvre avait beaucoup lu, tant en vers qu’en prose, et il

avait le goût de composer des traductions en vers (il avait déjà

traduit, entre autres, la _Vetula_ de Richard de Fournival). De plus, il

était marié depuis une vingtaine d’années, et regrettait de l’être. Il

fut donc surpris et charmé de rencontrer un poème qu’il ignorait, que

tout le monde ignorait autour de lui et qui concordait si bien avec ses

préoccupations personnelles. Un si beau poème, dont l’auteur, en l’art

de se lamenter, dépassait, à son avis, l’Apocalypse, Ezéchiel et

Jérémie! Un poème dont l’auteur avait été comme lui, homme de loi![594].

Il en entreprit aussitôt la traduction sous ce titre: _Livre des

Lamentations_, pour son plaisir, non pour de l’argent:

S’en droit françois le vous puis mettre, 70

Vous m’en devés bon gré savoir

Car ce n’est pas pour vostre avoir.

C’est la traduction des _Lamenta_ par le procureur Jehan le Fèvre qui a

conféré la célébrité au bigame de Boulogne-sur-Mer. Christine de Pisan

la lut en 1404, par hasard, car ce livre n’avait encore, dit-elle,

«aucune reputacion». Mais, vers 1440, Martin le Franc, le prévôt du

chapitre de Lausanne, la cite comme un ouvrage fameux, à côté du _Roman

de la Rose_. Au milieu du XVe siècle, «Matheolus»[595] devint, dans

l’esprit des lettrés, synonyme de misogyne et d’ennemi du mariage: on ne

lisait plus l’original depuis longtemps; la traduction même n’avait

peut-être plus beaucoup d’amateurs; mais le nom de l’auteur primitif,

comme il arrive, surnageait. Beaucoup d’écrivains du XVe et du

XVIe siècle l’ont cité sans l’avoir lu; on connaissait l’œuvre

surtout par des abrégés, des morceaux choisis, des imitations.

Le travail de Jehan le Fèvre est parvenu jusqu’à nous dans dix

manuscrits. Il a été publié dès 1864; mais l’édition qu’en a donnée M.

van Hamel, en regard de l’original latin, est la première qui soit

critique; on peut la considérer comme définitive.

Les rapports du texte primitif et de la traduction ont été parfaitement

définis par l’éditeur.--La traduction est, en somme, fidèle (malgré des

contre-sens, des suppressions, des amplifications[596]). Et elle est

beaucoup plus claire que son modèle. Il faut avouer que les Lamentations

de Mahieu ne sont plus, aujourd’hui, lisibles; et elles n’ont jamais dû

l’être sans effort, quoique l’auteur eût un vrai talent. Sous l’habit

français dont le médiocre Jehan le Fèvre les a revêtues, elles sont

encore, au contraire, çà et là, fort agréables. Les conversations,

surtout, insipides ou prétentieuses dans Mahieu, sont, dans la

traduction, excellemment vivantes et naturelles.--C’est donc la

traduction qui sera citée ci-dessous, toutes les fois qu’elle ne trahit

pas l’original.

Au cours de son adaptation, Jehan le Fèvre a eu, plus d’une fois[597],

le sentiment que Mahieu était allé trop loin et, une fois au moins, il a

mis formellement à couvert sa responsabilité:

Pour ce suppli qu’il ne desplaise II, 1562

S’en cest ditié suy recordans

Aucuns mos qui soient mordans.

Car de moy ne procede mie...

Esbatu me suy au rimer;

Si ne m’en doit on opprimer.

Mais il ne s’en tint pas là. Très peu de temps après avoir publié _le

Livre des Lamentations_, il composa (vers 1373), sous le titre galant de

_Livre de Leesce_, une réfutation méthodique des invectives du Bigame.

Ayant plaidé le _contre_ d’après Mahieu, il plaida le _pour_ en son

nom.

Va, petit livre; expose à mes très nobles compagnons l’état déplorable

où m’ont mis le mariage et la bigamie.

L’auteur est humilié, car il a été dépouillé de ses droits et de sa

noblesse: de sa «clergie». Il était «maître»; il a perdu la face,

l’habit; il a dû prendre «forme laie». Pourquoi? Parce qu’il a épousé

une veuve, une veuve qui «froncist et grouce» à toute heure contre lui,

et l’appelle: «Chétif!». Mauvaise bête, en vérité; et elles sont toutes

comme cela.

Seigneurs, compagnons et amis, excusez les incorrections de l’écrivain.

Il n’est pas maître de lui: _Ira impedit animum_.

Instruisez-vous, jeunes gens, tandis qu’il en est temps. Le décret du

pape Grégoire, de mauvaise mémoire, a condamné irrévocablement les

clercs bigames. Après avoir été en situation de maltraiter les laïques,

quelle honte de retomber à leur niveau!

Pour les lais ne souloie[598] faire 257

Fors ce qui leur estoit contraire;

Mes cornes encontre eulx levoye

Et par maintes fois les grevoye.

Las! or me va tout autrement.

Un serf peut devenir franc, en se rachetant, mais un clerc dégradé ne

peut jamais ravoir «signe de clerc». Il est comme la chouette qui n’ose

s’associer aux autres oiseaux. Il est «serf des serfs en toute manière»

(v. 1077). Maudit soit le jour où Mahieu a rencontré Perrette!

C’est tout de même dur que, pour un clerc, le fait d’épouser une veuve,

même non diffamée, entraîne la dégradation. Celui de s’amuser

«follement» avec cent filles n’est pas puni et «couple illicite ne nuist

point a devenir prestre». Certes, celui qui fit le décret en question

n’avait pas assez réfléchi.

La bigamie, même proprement dite, n’a pas toujours été défendue: à

preuve, les patriarches, «qui doublerent leurs mariages» et n’en furent

pas moins heureux. Il semble bien que le premier bigame qui ait été

châtié, dans la Bible, soit Lamech. Nous sommes frappés pour sa faute.

Pourquoi donc ne s’avisa-t-il pas qu’une seule femme suffit à dix

hommes?

Et pas de défense possible. Mahieu ne peut pas plaider, dans l’espèce,

la violence ni la force; il a su et consenti; il est cause de sa ruine.

Comment un homme peut-il se lier «par veu de second mariage?» Les veufs

qui se remarient devraient être écorchés, brûlés; leurs noces, du reste,

sont, avec raison, mal vues:

Point de beneïçon n’y a 532

Es noces de leur assemblée,

Qui souvent se fait a emblée

Par doute de charivari[599].

Si Perrette mourait, son mari ne la remplacerait pas, pour sûr.

Voici comment l’auteur fut pris. Il fut séduit et «afolé» par doux

regards et beau langage. Perrette était alors très jolie, avec sa

chevelure blonde, son front ample, net et poli, ses yeux noirs, doux et

riants, son nez bien fait, sa bouche vermeille et parfumée, ses dents

blanches et bien assises, sa gorge pleine, ses bras «soupples pour

accoler», sa poitrine parée comme il faut et la «compasseüre» des reins

ni trop large ni trop étroite; etc., etc. Hélas! qu’est-elle devenue,

cette déesse à l’angélique visage? «Courbée, boçue et tripeuse,

défigurée et contre-faite, toute grise, toute chenue, rude, sourde...»:

Le pis a dur et les mamelles, 681

Qui tant souloient estre belles,

Sont froncies, noires, souillies

Com bourses de bergier mouillies.

Yeux a rouges, lermeus et caves;

Joes sans chair, maigres et haves.

Au moral, triste, «pleine d’inimitié», querelleuse, batailleuse. C’était

une douce laitue; c’est une ronce, une ortie.

Si je di _bo_, elle dit _beu_. 713

Nous sommes comme chien et leu

Qui s’entrerechignent es bois;

Et se je vueil avoir des pois

Elle fera de la porée[607].

Il n’est qu’une consolation: c’est que tous les gens mariés sont logés à

la même enseigne.

Toute femme mariée est comme une horloge qui ne s’arrête jamais. A tort

et à travers, elle «abomine contre les fais» de son mari, et celui-ci

n’a qu’à se taire. Quand il y a famine à la maison, elle dit que c’est

la faute de l’homme; l’abondance, elle s’en attribue le mérite, sous

prétexte qu’elle «file et bue[608]». A l’en croire,

... Ce qui vient de la quelongne[609], 793

Que l’en porte jouxte la longne[610],

Nuit et jour soustient tout l’ostel.

Les «perverses jangleresses» ne s’en tiennent pas là. Elles s’entendent

merveilleusement à décevoir leurs maris et à faire en sorte que ceux-ci

n’en croient pas l’évidence. C’est ce qui advint, par exemple, à ces

trois hommes débonnaires, Gui, Guerri et Frameri, qui prirent leurs

femmes en flagrant délit: on leur prouva qu’ils avaient rêvé[611].

De la lune nous font entendre 1016

Par paroles et par revel[612]

Que soit une peau de veël.[613]

Combien que soit chose impossible

Vuelent prouver qu’il soit loisible

A croire ce et plus grant chose.

N’est nuls qui contredire l’ose

Ne soustenir a l’encontre, ains

Estuet[614] que, par amour constrains

Ou par tençon, on leur ottroye

Et qu’en die que l’en le croye.

Tant d’exemples illustres à l’appui! Mieux vaut n’en pas citer, «car

j’ay ailleurs assés a faire». Il en cite néanmoins: Salomon,

Aristote...

Que proufita a Aristote 1080

Peryarmenias, Elenches,

Devisées en pluseurs branches,

Priores, Posteres, logique

Ne science mathematique?

Il n’en fut pas moins chevauché, le philosophe à barbe grise, par une

femme qui «lui fist la loupe, par maniere de moquerie»[615]. Ce grand

maître fut déçu par «figure d’amphibolie». D’où cette «confusion

perpétuele» qui est advenue jusqu’à nos jours aux étudiants ès arts, les

«artiens», ses disciples:

_Pro quibus artistis confusio perpetuatur._

Confusion pareille à celle du présent livre, que l’auteur, en proie à sa

femme, est hors d’état d’écrire correctement.

Une femme a mille manières de torturer son mari. Elle lui fait répéter

dix fois la même chose, pour le taquiner; elle l’assourdit de paroles;

elle le contredit; elle le gifle. S’il veut du vin, il a de la cervoise;

s’il veut du pain blanc, du gruau «plein de levain».--Elle réclame avec

énergie ses droits conjugaux,

La vie en France au moyen âge d'après quelques moralistes du temps · 第 33 / 69 题