_Al plazen
Pessamen_, etc.
Voyez cette strophe entière, citée, page 282, note 1.
Observons encore que la langue italienne, dès sa naissance, ayant
presque entièrement rejeté de ses mots la terminaisons masculines, les
vers ne purent avoir, à peu d'exceptions près, que des rimes féminines
et des terminaisons tombantes, dont le croisement et la combinaison,
dans les _canzoni_ comme dans les sonnets, ne purent faire entièrement
disparaître l'uniformité, tandis que dans les chansons provençales, le
mélange des rimes masculines et féminines entretenait une variété
agréable, et que le plus souvent même des rimes toutes masculines, mais
croisées entr'elles, donnaient à la strophe plus de vigueur, et sans
doute au chant plus de caractère et d'originalité.
Page 428, addition à la note[1].--En 1282, dit Giov. Villani, l. VII, c.
78, Florence étant gouvernée par quatorze magistrats, sous le titre de
Bons-hommes, _buoni Huomini_, il parut difficile de réunir, sans
confusion, en un seul esprit, tant d'esprits divisés entre eux, une
partie étant Guelfe et l'autre Gibeline. On abolit donc ce gouvernement,
et l'on en créa un nouveau, qu'on nomma les Prieurs des arts. Il y en
eut d'abord seulement trois, ensuite six, un pour chacun des six
quartiers ou _sesti_ de la ville: on y en ajouta d'autres de temps en
temps: ils s'élevèrent à douze, à quatorze, et enfin jusqu'à vingt-un,
autant qu'il y avait d'arts ou métiers. Le but de cette institution
populaire étant surtout l'abaissement des nobles, on exigea que tout
citoyen fût porté sur le registre ou la matricule de l'un de ces arts,
quand même il ne l'exercerait pas, afin, dit un autre historien, que les
nobles qui voudraient occuper quelque emploi déposassent, en prenant le
nom de l'un des métiers, une partie de l'arrogance que leur inspirait
cet orgueilleux mot de noblesse. _Giudicavano esser necessario che
almeno col nome che prendevano, deponessero parte dell'alterigia che
porgea loro quella boriosa voce della nobilità_.--Scipion Ammirato,
_Istor. fior._, l. III. Voyez sur cette même institution, Machiavel.
_Istor. fior._, l. II.
Page 440.--A ce qui est dit dans les huit premières lignes de cette
page, sur le tombeau élevé au Dante par le père du cardinal Bembo, il
faut ajouter que dans le dernier siècle, en 1780, le cardinal Valenti
Gonzaga, étant légat du pape à Ravenne, en fit ériger un nouveau,
beaucoup plus magnifique que le premier, et digne enfin du grand homme à
qui il est consacré.
Page 442.--«Le Dante avait le teint brun...... la barbe et les cheveux
noirs et crépus, habituellement l'air pensif et mélancolique». C'est le
portrait qu'en fait Boccace, _Vita e costumi di Dante_. Il rapporte à ce
sujet une petite anecdote. A Vérone, où son poëme, et surtout la
première partie intitulée l'_Enfer_, avaient déjà beaucoup de
réputation, et où il était lui-même généralement connu, parce qu'il y
séjournait souvent depuis son exil, il passait un jour devant une porte
où plusieurs femmes étaient assises. L'une d'elles dit aux autres à voix
basse, mais pourtant de façon à être entendue de lui et de ceux qui
l'accompagnaient: «Voyez-vous cet homme-là? c'est celui qui va en enfer
et en revient quand il lui plaît, et rapporte sur la terre des nouvelles
de ceux qui sont là-bas». Une autre femme lui répondit avec simplicité:
«Ce que tu dis doit être vrai; ne vois-tu pas comme il a la barbe crépue
et le teint brun? C'est sans doute la chaleur et la fumée de là-bas qui
en sont la cause». Dante voyant qu'elle disait cela de bonne foi, et
n'étant pas fâché que ces femmes eussent de lui une semblable opinion,
sourit et passa son chemin.