9. THE FRENCH CANADIANS (1737).

=Source.=--A Memoir transmitted to the French Ministry, probably

by Gilles Hocquart, intendant of New France: quoted in _Documents

relating to the Seigniorial Tenure in Canada_, edited by W. B.

Munro. Toronto, 1908.

La colonie de la Nouvelle-France peut comprendre environ 40,000

personnes de tout âge et de tout sexe, sur lesquelles il se trouve

dix mille hommes en estat de porter les armes. Les Canadiens sont

naturellement grands, bien faits, d'un tempérament vigoureux. Comme

les arts n'y sont point gênés par des maîtrises, et que dans les

commencements de l'établissement de la colonie les ouvriers étoient

rares, la nécessité les a rendus industrieux de génération en

génération. Les habitans des campagnes manient tous adroitement la

hache. Ils font eux-mêmes la pluspart des outils et ustensiles de

labourage, bâtissent leurs maisons, leurs granges. Plusieurs sont

tisserans, font de grosses toiles et des étoffes qu'ils appellent

droguet, dont ils se servent pour se vêtir eux et leur famille.

Ils aiment les distinctions et les caresses, se piquant de

bravoure, sont extrêmement sensibles aux mépris et aux moindres

punitions: ils sont intéressés, vindicatifs, sont sujets à

l'ivrognerie, font un grand usage de l'eau-de-vie, [et] passent

pour n'être pas véridiques.

Ce portrait convient au grand nombre particulièrement aux gens de

la campagne. Ceux des villes sont moins vicieux. Tous sont attachés

à la religion. On voit peu de scélérats. Ils sont volages, ont trop

bonne opinion d'euxmêmes, ce qui les empêche de réussir comme ils

pourroient le faire dans les arts, l'agriculture et le commerce.

Joignons à cela l'oisiveté à laquelle la longueur et la rigueur

de l'hiver donne occasion. Ils aiment la chasse, la navigation,

les voyages et n'ont point l'air grossier et rustique de nos

paysans de France. Ils sont communément assez souples lorsqu'on

les pique d'honneur et qu'on les gouverne avec justice, mais ils

sont naturellement indociles. Il est nécessaire de fortifier de

plus en plus l'exacte subordination qui doit estre dans tous les

ordres, particulièrement dans les gens de la campagne. Cette

partie du service a esté de tout temps la plus importante et la

plus difficile à remplir. Un des moyens pour y parvenir est de

choisir pour officiers dans les costes les habitans les plus

sages et les plus capables de commander, et d'apporter de la part

du gouvernement toute l'attention convenable pour les maintenir

dans leur autorité. On ose dire que le manque de fermeté dans les

gouvernemens passés a beaucoup nui à la subordination. Depuis

plusieurs années les crimes ont esté punis, les désordres ont été

reprimés par des châtiments proportionés. La police par rapport aux

chemins publics, aux cabarets, etc., a esté mieux observée et en

général les habitants ont esté plus contenus qu'ils ne l'estoient

autrefois. Il y a quelques familles nobles en Canada, mais elles

sont si nombreuses qu'il y a beaucoup de gentilshommes.

Canada (1535-Present Day) · 第 35 / 88 题