A Clermoux, à l'automne de 1880, nous eûmes la visite de Georges Gaussin
et de sa femme. Georges Gaussin, le fils de ma soeur Catherine, venait
de se marier et profitait de cette circonstance pour revoir sa famille
bourbonnaise;--il n'était pas revenu depuis l'époque où ses parents
l'avaient amené tout gamin.
Parti au régiment comme volontaire d'un an à sa sortie des écoles, il
occupait depuis sa libération un emploi de comptable dans une grande
maison de commerce. On le disait fin comme l'ambre...
Georges et sa femme décidèrent de s'installer chez nous durant leur
séjour,--une de mes nièces d'Autry leur ayant écrit que c'était moi qui
pouvais le mieux les recevoir. Quand nous parvint la lettre annonçant
leur arrivée, Rosalie s'exclama:
--Des Parisiens! Ce qu'ils vont en faire des embarras! Ça va parler
gras, mes amis...
Et Victoire, très ennuyée, de se demander comment les coucher, comment
les nourrir...
Après en avoir causé tous ensemble, nous décidâmes de donner à nos hôtes
le lit de la chambre où couchaient Charles et mon filleul, le petit
Tiennon, le fils de Jean et de Rosalie;--eux prendraient à la cuisine le
lit du pâtre qui consentit à s'accommoder d'un gîte au fenil, avec des
couvertures.
Le jour venu, Charles attela à notre charrette, que nous conservions
toujours bien qu'elle nous fût inutile ici, la bourrique d'un voisin de
bon service, et se rendit à la rencontre des Gaussin qui devaient
débarquer à Bourbon par la diligence de Moulins.
Ils furent chez nous un peu avant la nuit. J'étais en train de conduire
les fumiers; d'une venelle perpendiculaire je débouchai avec un char
vide presque en face d'eux, dans le grand chemin, à deux cents mètres de
la cour. Georges et sa femme, bras dessus, bras dessous, marchaient en
avant; Charles tenait la bourrique par la bride; une grosse malle, deux
valises, un carton à chapeaux encombraient la voiture.
Je criai «Holà oh!» à mes boeufs qui s'arrêtèrent. Charles me présenta:
--C'est mon père.
Les jeunes époux eurent une même exclamation:
--Ah! c'est l'oncle! Bonsoir, mon oncle...
Et se précipitèrent pour m'embrasser.
--Pauvre oncle, nous sommes bien contents de vous voir!
--Moi aussi, mon neveu, moi aussi, ma nièce, répondis-je, un peu gêné.
Ayant laissé glisser ma gaule à toucher les boeufs je me laissais
embrasser:
--Je ne suis pas dans une jolie tenue pour vous recevoir! m'excusai-je,
non sans confusion.
En effet mon pantalon de coutil déchiré aux genoux, ma chemise de
cretonne à carreaux bleus, mon vieux feutre aux bords effrangés, mes
sabots usés, émoussés, où dansaient mes pieds nus, ne constituaient pas
un accoutrement bien convenable,--d'autant que tout cela se ressentait
plus ou moins du contact du fumier... Et j'avais encore ce vendredi ma
barbe du dimanche, hirsute et piquante. Quelle devait être sur mon
compte l'impression de cette petite Parisienne mignonne et bien
«pomponnée» dont les cheveux noirs fleuraient bon? De la toucher cela me
faisait l'effet d'une profanation. Elle portait une robe bleue très
simple, un grand chapeau de paille garni d'une touffe de pâquerettes, et
de fines bottines vernies qui gémissaient à chaque pas.
--Elles sont trop délicates pour nos chemins, vos bottines, nièce.
--En effet, mon oncle. C'est qu'ils sont passablement cahoteux, vos
chemins; ils auraient grand besoin d'être aplanis.
Elle souriait doucement, et ce sourire atténuait l'expression un peu
trop sérieuse de son visage mince, aux joues pâles, aux grands yeux
noirs trop profonds...
Georges, en dépit de ses trente ans, conservait une figure poupine
d'adolescent que ne parvenait pas à viriliser le soupçon de moustache
blonde et la barbiche clairsemée. Il était en pantalon fantaisie noir et
blanc, jaquette noire et chapeau melon; une lavallière noire s'étalait
dans l'échancrure de son gilet, faisant valoir la blancheur du faux-col
rigide.
Je hélai les boeufs pour les faire repartir et marchai à côté de Georges
qui reprit le bras de sa femme. Il me donna des nouvelles de ses
parents,--toujours dans la même maison, au service d'une seule vieille
dame de soixante-quinze ans. Ils ne voulaient pas la quitter, espérant
qu'elle leur en tiendrait compte sur son testament.
--Alors, mon oncle, vous revenez des champs avec votre charrette? me dit
Georges, après un silence.
--Oui, Mons...
Je faillis bien dire «Monsieur»:--dame, il était mis comme un bourgeois,
le neveu!
--Oui, mon neveu, nous en sommes à fumer nos guérets pour labourer
bientôt.
--Ah! oui, le fumier... Le fumier sorti des étables, produit de la
fiente et de la litière?
--C'est cela même! répondis-je avec un sourire un peu moqueur.
Cette observation me semblait bête.
Alors la jeune femme de me questionner à son tour, si bien que je fus
amené à lui dire que c'était là où nous allions semer le blé que je
conduisais ce fumier.
--Ah! l'horreur! fit-elle avec un petit cri, le blé avec quoi l'on fait
le pain, il vient comme ça, dans le fumier?
--Mêlé au sol, dit Charles, le fumier ne se voit plus.
Georges reprit:
--Cela t'étonne, Berthe? La terre s'épuiserait, vois-tu, si l'on cessait
de lui fournir des matières fertilisantes.
--Votre charrette est-elle douce, mon oncle? interrogea Berthe à
nouveau; celle du cousin ne l'est guère; je suis montée un peu sur la
route; j'ai eu mal au coeur d'avoir été trop secouée...
Nous arrivions dans la cour. La Victoire, le Jean, sa femme et le petit
s'avancèrent à la rencontre des Parisiens: il y eut embrassade générale.
Georges et Berthe embrassèrent même la Marinette à qui l'on avait fait
mettre à dessein des effets propres; elle se laissa faire de mauvais
coeur, et reprit sa plaintive mélopée coutumière qui parut impressionner
péniblement notre jolie nièce.
La bourgeoise avait préparé à l'intention de nos hôtes une soupe au
lait, des haricots verts au beurre, un poulet rôti et une salade à
l'huile de noix. Pour eux seulement:--faire de l'extra pour tout le
monde eût été trop coûteux. Elle les servit sur une petite table, dans
la chambre. Mais Berthe s'en fâcha:
--Ah! non, nous ne voulons pas dîner seuls; nous sommes venus pour être
en famille!
Je lui dis que nous ne mangions, nous, qu'à huit heures passé, lorsqu'on
ne pouvait plus besogner dehors, la nuit tout à fait venue...
--Par exemple, mon oncle, vous allez au moins rester nous tenir
compagnie, vous et le petit cousin.
Et de faire asseoir auprès d'elle le petit de Jean.
Victoire me dit, voyant qu'ils y tenaient:
--Eh bien oui, Tiennon, il te faut dîner avec le neveu et la nièce.
Je m'en fus donc changer de pantalon, de sabots, mettre une blouse
propre, et je pris place à côté d'eux. Ils déclarèrent excellente la
soupe au lait et se régalèrent des haricots fins et tendres auxquels
Victoire n'avait pas ménagé le beurre. Par contre, ils ne firent pas
grand mal au poulet--plus commun pour eux, peut-être, que le lait et les
légumes frais. Je remarquai qu'ils semblaient aux petits soins l'un pour
l'autre.
--Qu'en dis-tu, Georges?... N'est-ce pas, Georges? faisait-elle à tout
propos.
Et lui:
--Voyons, Berthe, tu vas te faire mal, ma chérie; tu abuses de ces
haricots...
Nous avions, comme dessert, de grosses prunes noires.
--C'est mauvais, ces fruits-là! N'en mange pas trop, petite...
Un peu niaises à mon avis, ces façons de faire. A la campagne, si l'on
se parlait comme ça entre époux, tout le monde s'en amuserait. Au fond,
peut-être bien qu'on s'aime autant qu'eux, mais on ne se prodigue jamais
de mots tendres.
Quand ma femme venait pour le service, Georges et Berthe lui
reprochaient encore doucement d'avoir préparé deux dîners et lui
défendaient de recommencer à l'avenir:--ça leur était bien égal de
manger un peu plus tard!
Charles avait apporté de Bourbon, sur l'ordre de sa mère, une couronne
de pain blanc, notre pain de ménage, vieux de huit jours étant déjà dur;
ils eurent néanmoins la fantaisie d'en user.
--Nous voulons devenir tout à fait campagnards, mon oncle! disaient-ils.
Et, de me demander ceci et cela, combien nous avions de moutons, combien
de vaches et comment on faisait pour traire.
--J'irai voir toutes les bêtes demain, fit Berthe. Voyons, vous vous
levez de bon matin, à six heures?
--Oh! ma nièce, à six heures il y a déjà deux heures que nous
travaillons.
--Sitôt!... Ah! par exemple!... Eh bien, nous, mon oncle, nous sommes
des paresseux; Georges entre à neuf heures au bureau; nous nous levons à
huit, jamais avant. Mais ici, nous serons debout à l'aube, vous
verrez...
Le repas terminé, il nous fallut revenir à la salle commune où les
autres commençaient à manger. Après qu'ils eurent avalé la soupe, chacun
émietta selon la coutume un morceau de pain dans son assiette de terre
rouge et le trempa d'une grande louchée de lait écrémé. La Parisienne en
fut très étonnée:
--Mais alors c'est une autre soupe... Vous mangez deux soupes à votre
dîner?
Elle comprit à ce moment sans doute que ce second dîner n'avait guère
retardé la cuisinière...
Je leur proposai de faire un tour dehors à la fraîcheur, voyant que leur
présence gênait les femmes pour la vaisselle. Les garçons s'étant joints
à nous, nous fîmes ensemble le tour du pré de la maison. Nuit plutôt
maussade; ciel sombre et brise trop fraîche; la lune en faucille
éclairait faiblement. Georges, ayant senti frissonner sa femme, répétait
à tout propos, bien qu'elle se défendît d'avoir froid:
--Tu vas t'enrhumer, ma chérie, j'en suis sûr; il ne faut pas nous
attarder.
Grâce à Charles, qui leur tenait tête à peu près, la conversation ne
languit pas; mais, pour mon compte, je dis fort peu de chose, me sentant
ridicule de parler si mal à côté d'eux qui parlaient si bien,--et aussi
parce que je n'osais leur poser de questions sur la ville, prévoyant
qu'elles seraient pour le moins aussi naïves que les leurs sur la
campagne.
Quand nous fûmes de retour à la maison, avant de leur souhaiter le
bonsoir, la bourgeoise demanda aux jeunes gens ce qu'ils prenaient le
matin.
--Ne faites rien de spécial pour nous, ma tante, nous mangerons la soupe
de tout le monde.
Ils ne se doutaient pas de l'importance de notre premier déjeuner, le
repas de la potée au lard!
Bien entendu, Victoire, sans tenir compte de leur avis, leur prépara du
café au lait.
Mais ils redirent tellement le matin qu'ils entendaient manger avec nous
et comme nous au «goûter», qu'il fallut bien leur donner satisfaction.
Pour la circonstance on se mit à table à midi, c'est-à-dire une grande
heure plus tôt qu'à l'ordinaire,--la jeune femme placée entre Charles et
moi, son mari en face. Il y avait un menu exceptionnel: du vin d'abord,
puis une juteuse omelette aux oeufs purs, des biftecks, du fromage à la
crème saupoudré de sucre--et les poires d'un espalier du jardin qu'on
aurait vendues au moins vingt sous le quarteron au marché de Bourbon!
Seulement, Rosalie avait imaginé de mettre un plat à chaque bout de la
table: celui de l'autre extrémité n'étant qu'en apparence conforme au
nôtre--omelette aux pommes de terre, morceaux de lard grillés, fromage
peu crémeux et pas du tout sucré:--les seules poires étaient semblables,
mais la bourgeoise fit de vilains yeux au petit pâtre qui s'avisa d'en
prendre une.
--Tu dois pourtant en trouver assez dans les champs, lui glissa-t-elle à
mi-voix; les _bâtardes_ ne manquent pas, à cette saison...
Alors, ceux de la maison comprirent le rôle somptuaire des belles
poires, et personne dorénavant ne s'avisa d'y toucher.
Au repas du soir, on n'essaya même plus de sauver les apparences. Il y
avait pour tout le monde soupe et lait froid comme de coutume--et pour
les Parisiens un potage au vermicelle avec une purée de pommes de terre
et un morceau de veau rôti. Berthe, qui paraissait s'entendre à la
préparation de ces petits plats fins, aidait à Victoire et la
conseillait.
Les jours suivants, nos hôtes acceptèrent sans protestations d'être
mieux traités que nous. Ils eurent, je crois, un étonnement considérable
de ce que nous vivions si mal,--encore que notre ordinaire fût meilleur
que de coutume.
--Il ne faut pas cependant que nous leur fassions trop pitié! avais-je
dit à ma femme.
Comme à Paris, Georges et Berthe s'offraient la grasse matinée. On
fermait à leur intention les volets délabrés de la fenêtre, et ils ne se
dénichaient qu'entre sept et huit heures.
--C'est le seul moment tranquille de la journée, affirmait Rosalie; on
ne les a pas sur le dos!
Aussitôt levée, Berthe, en peignoir et pantoufles, courait de-ci de-là,
avec des exclamations et des étonnements de gamine. Elle faisait le tour
du jardin, entrait au poulailler pour dénicher les oeufs frais pondus,
prenait plaisir à voir manger les petits canards et les petits poussins.
Elle allait même dans l'étable à vaches au moment de la traite,
n'esquivant qu'à grand'peine entre les pavés mal joints les trous pleins
de purin. Une fois, elle engagea dans le plus grand l'une de ses
pantoufles;--des gouttes odorantes tavelèrent de taches brunes le bas de
son peignoir clair; et dans la préoccupation de cet accident, elle
faillit être atteinte par le jet d'une vache qui fientait. Elle avait
peur des veaux, poussait des cris perçants lorsqu'on les détachait pour
aller têter. Par la suite elle hésita même à franchir le seuil de cet
endroit dangereux... A la maison, elle s'occupait à faire de la
tapisserie, de la dentelle,--très habile à ces petits travaux
d'agrément.
Georges, après un baiser au front de sa femme, et un «Au revoir!» comme
pour une longue absence, nous rejoignait aux champs, et après quelques
tours à la charrue, s'en allait flânocher au bord des mares pour
capturer des grenouilles. En rentrant il ne manquait pas d'embrasser de
nouveau sa Berthe qui lui demandait, câline:
--T'es-tu promené beaucoup? Et ta pêche? Voyons si tu as eu de la
réussite, mon Geogeo.
Elle vérifiait alors le petit sac en filet contenant ses
grenouilles--qu'il écorchait lui-même, personne ne voulant s'en occuper.
Rosalie disait:
--Je ne sais pas comment on peut manger de la saleté pareille; c'est
race de crapauds!
Les appréciations de notre bru, ses mots dépourvus d'hypocrisie,
amusaient beaucoup Georges et Berthe. Mais la Marinette les importunait
avec son regard fixe, son rire stupide, sa mélopée plaintive, les gestes
de son poing maigre.
* * * * *
Le dimanche, Charles prit en location, à dessein de promener nos
Parisiens, le cheval et la voiture à ressorts de l'épicier du bourg.
Après une grande tournée en forêt, ils eurent la fantaisie de revoir
Bourbon où ils s'attardèrent un peu. L'escalade des vieilles tours les
fatigua sans les amuser. Mais ils s'intéressèrent au moulin, au parc en
terrasse, à la fontaine d'eau chaude et à son grand bassin--où les
pauvres gens douloureux et infirmes venaient autrefois d'un lointain
rayon se baigner sans honte sous les regards de tous, la veille de la
Saint-Croix. Ils rentrèrent à la tombée du jour, enchantés de leur
après-midi.
Par contre la journée du mardi, pluvieuse, se traîna bien monotone.
Georges, ne pouvant sortir, fuma cigarettes sur cigarettes, écrivit des
lettres,--après que le pâtre fut allé au bourg acheter de l'encre, car
nous n'en avions pas. Sur le tard, la pluie ayant cessé, il manifesta
l'intention de se risquer dehors, et Berthe voulut le suivre. Mais il y
avait trop d'eau et de boue pour qu'elle pût sortir avec ses bottines;
elle chaussa donc les sabots du dimanche de Rosalie; seulement les pieds
lui tournèrent bientôt, car elle ne savait pas du tout les porter; elle
revint, craignant une entorse. Et tout le soir, nerveuse, elle ne
chercha pas à masquer son dépit.
Ils demeurèrent jusqu'au samedi, huit jours pleins, assez satisfaits, je
crois. Ils appréciaient surtout notre lait, notre beurre, nos fromages
baignés de crème. Mais cela devait les ennuyer un peu de voir que l'on
se mettait en frais pour leur cuisine. Et, sans doute, nous
plaignaient-ils de travailler tant, d'avoir si peu d'agréments, d'être
si en retard pour bien des choses. Ils durent perdre beaucoup de leurs
illusions sur la campagne.
--Nièce, dis-je à Berthe le matin du départ, avouez que vous trouveriez
le temps long s'il vous fallait rester chez nous toujours?
--C'est vrai, mon oncle; j'aurais de la peine à devenir fermière. Pour
que je me trouve vraiment bien, il me faudrait une maison confortable,
un jardin aux allées propres avec des fleurs et des ombrages, et puis un
cheval et une voiture pour me promener.
--Moi, dit Georges, je passerais volontiers ici quelques mois d'été, à
condition de disposer de mon temps pour pouvoir chasser, pêcher, courir
les prés à ma guise, cultiver un jardin.
Je songeai par devers moi:
--Tous les gens des villes doivent être ainsi: ils ne voient de la
campagne que les agréments qu'elle peut donner; ils rêvent des prairies
et des arbres, des oiseaux et des fleurs, du laitage, des légumes et des
fruits,--mais ils ne se font pas la moindre idée des misères du paysan.
Et nous sommes sans doute dans le même cas: quand nous parlons des
avantages de la ville et des plaisirs qu'elle offre, nous ne pensons pas
à l'existence de l'ouvrier qui vit au jour le jour d'un travail souvent
dur et ingrat...
* * * * *
Ces jeunes parents s'étaient montrés fort gentils, somme toute, mais
leur départ nous apporta quand même une impression de détente heureuse.
C'est que, outre le dérangement inévitable, la cohabitation avec des
gens différents de caractère et de moeurs provoque toujours une
contrainte pénible. Où il n'y a pas communion d'idées règne le malaise.
Le pâtre fut seul à s'affliger du départ de nos hôtes. Je l'entendis qui
disait le soir à la servante:
--J'aurais bien voulu qu'ils restent plus longtemps, les Parisiens, on
mangeait mieux...