M. Augias avait écouté religieusement; il soupira et dit:

--Cela viendra peut-être, Monsieur. En attendant, permettez-moi de vous

remercier de vos paroles; je sors d’ici avec un peu plus de courage et

de bonne volonté qu’au moment où j’y suis entré. Si vous revenez rendre

visite à M. le curé, je le prie instamment de vouloir bien m’en faire

prévenir. Je serai si heureux de vous entendre encore! Au revoir,

Messieurs.

Il sortit et regagna son logis.

Arnet, qui le rencontra, ne put s’empêcher de lui dire:

--Vous avez l’air de sourire aux anges, maître Augias?

--Voyons, mon brave Arnet, je vous ai vu causer parfois, vous, le

républicain rouge, avec M. le curé; que pensez-vous de lui?

--C’est un brave homme, dit Arnet sans hésiter.

--Et des curés, en général, qu’en pensez-vous? Sans plaisanter, Arnet,

les croyez-vous inutiles?

Le visage d’Arnet refléta un instant la gravité de la question; il garda

d’abord le silence, puis tout-à-coup:

--Qui sait? dit-il. Et il ajouta: «Il faut de tout pour faire un monde».

--Vous ne croyez pas si bien dire, mon vieil ami!

Arlette des Mayons: Roman de la terre et de l'école · 第 39 / 79 题