Quelques jours plus tard eut lieu, aux Mayons, la fête des _Amis de
Maurin des Maures_.
Maurin, ce personnage de roman, représentation fidèle d’un type réel, a
pris assez de notoriété pour avoir, après sa mort, plus d’amis que n’ont
coutume d’en avoir les vivants. Et de ces amitiés, son historiographe,
Jean d’Auriol, a hérité. Autour de lui et de l’ombre de Maurin, une ou
deux fois dans l’année, se groupaient pour un banquet les membres de la
société fondée sous ce titre: _les Amis de Maurin_. Et la fête avait
lieu, chaque fois, dans une commune différente, mais dans le royaume de
Maurin, c’est-à-dire dans la région des Maures.
Cette année-là, le banquet eut lieu aux Mayons, sous les fenêtres de
l’école, sur la terrasse qui domine la plaine magnifique, la vallée de
l’Aille.
Au-dessus de la table, flottait une longue banderole portant ces mots en
augustales: