ARTICLE SEPTIÈME.

1. Aucun membre de l'État de New-York ne pourra être privé des droits et

priviléges assurés à tous les citoyens de l'État, si ce n'est par les

lois du pays et par les jugements de ses pairs.

2. Le jugement par jury sera inviolablement et à toujours conservé dans

toutes les affaires où il a été appliqué jusqu'à aujourd'hui. Aucun

nouveau tribunal ne sera établi, si ce n'est pour procéder suivant la

loi commune, excepté les cours d'équité, que la législature est

autorisée à établir par la présente constitution.

3. La profession et l'exercice libre de toutes les croyances

religieuses et de tous les cultes, sans aucune prééminence, sont permis

à chacun, et le seront toujours; mais la liberté de conscience garantie

par cet article ne peut s'étendre jusqu'à excuser des actes licencieux

et des pratiques incompatibles avec la paix et la sécurité de l'État.

4. Attendu que les ministres de l'Évangile sont, par leur profession,

dévoués au service de Dieu et au soin des âmes, et qu'ils ne doivent pas

être distraits des grands devoirs de leur état, aucun ministre de

l'Évangile ou prêtre d'aucune dénomination ne pourra, dans quelque

circonstance et pour quelque motif que ce soit, être appelé, par

élection ou autrement, à aucune fonction civile ou militaire.

5. La milice de l'État devra être toujours armée, disciplinée et prête

au service; mais tout habitant de l'État appartenant à une religion

quelconque, où des scrupules de conscience font condamner l'usage des

armes, sera exempté, en payant en argent une compensation que la

législature déterminera par une loi, et qui sera estimée d'après la

dépense de temps et d'argent que fait un bon milicien.

6. Le privilége de l'acte d'_habeas corpus_ ne pourra être suspendu

qu'en cas de rébellion ou d'invasion, lorsque le salut public requiert

cette suspension.

7. Personne ne pourra être traduit en jugement pour une accusation

capitale ou infamante, si ce n'est sur l'accusation ou le rapport d'un

grand jury. Il est fait plusieurs exceptions à ce principe: la première,

lorsqu'il s'agit d'un cas d'accusation par les représentants; la

seconde, quand on poursuit un milicien en service actif et un soldat en

temps de guerre (ou en temps de paix, si le congrès a permis à l'État

d'entretenir des troupes); la troisième, quand il n'est question que de

petits vols (_little larceny_): la législature fixera lesquels.

Dans tout jugement par accusation des représentants ou du grand jury,

l'accusé pourra toujours être assisté d'un conseil, comme dans les

causes civiles.

Personne ne pourra être mis en jugement deux fois pour le même fait sur

une accusation capitale, ni être forcé à donner témoignage contre

lui-même dans une affaire criminelle, ni être privé de sa liberté, de sa

propriété ou de sa vie, que conformément à la loi.

L'expropriation pour cause d'utilité publique ne pourra avoir lieu

qu'après une juste compensation.

8. Tout citoyen peut librement exprimer, écrire et publier son opinion

sur tout sujet, et il demeure responsable de l'abus qu'il peut faire de

ce droit. Aucune loi ne pourra être faite pour restreindre la liberté de

la parole ou de la presse. Dans toutes les poursuites ou accusations

pour libelle, on sera admis à la preuve des faits; et si le jury pense

que les faits sont vrais, qu'ils ont été publiés dans de bons motifs et

pour un but utile, l'accusé sera acquitté. Le jury, dans ces causes,

décidera en droit comme en fait.

7. L'assentiment de deux tiers des membres élus de chaque branche de la

législature est nécessaire pour l'application des revenus et la

disposition des propriétés de l'État, pour les lois d'intérêt

particulier ou local, pour créer, prolonger, renouveler ou modifier les

associations politiques ou privées.

10. Le produit de la vente ou cession de toutes les terres appartenant à

l'État, excepté de celles réservées ou appropriées à un usage public,

ou cédées aux États-Unis, et le fonds appelé des écoles communales,

formeront et resteront, un fonds perpétuel, dont l'intérêt sera

inviolablement appliqué à l'entretien des écoles communales de l'État.

Un droit de barrières sera perçu sur toutes les parties navigables du

canal, entre les grands lacs de l'Ouest et du Nord et l'océan

Atlantique, qui sont établies ou qu'on établira par la suite. Ces droits

ne seront pas inférieurs à ceux agréés par les commissaires des canaux,

et spécifiés dans leur rapport à la législature du 12 mars 1831.

Ce droit, ainsi que celui sur toutes les salines, établi par la loi du

15 avril 1817, et les droits sur les ventes à l'enchère (excepté une

somme de 33,500 dollars dont il est disposé par cette même loi), et

enfin le montant du revenu établi par décision de la législature du 13

mars 1820 (au lieu de la taxe sur les passagers des bâtiments à vapeur),

sont et resteront inviolablement appliqués à l'achèvement des

communications par eau, au paiement de l'intérêt et au remboursement du

capital des sommes empruntées déjà, ou qu'on emprunterait par la suite,

pour terminer ces travaux.

Ces droits de barrières sur les communications navigables, ceux sur les

salines, ceux sur les ventes à l'enchère, établis par la loi du 15 avril

1817, non plus que le montant du revenu fixé par la loi du 13 mars 1820,

ne pourront être réduits ou appliqués autrement, jusqu'à entier et

parfait paiement des intérêts et du capital des sommes empruntées ou

qu'on emprunterait encore pour ces travaux.

La législature ne pourra jamais vendre, ni aliéner les sources salines

appartenant à l'État, ni les terres contiguës qui peuvent être

nécessaires à leur exploitation, ni en tout, ni en partie, les

communications navigables, tout cela étant et devant rester toujours la

propriété de l'État.

11. Aucune loterie ne sera désormais autorisée; et la législature

prohibera par une loi la vente dans cet État des billets de loteries

autres que celles déjà autorisées par la loi.

12. Aucun contrat, pour l'acquisition de terrains avec les Indiens, qui

aurait été ou qui serait fait dans l'État, à dater du 14 octobre 1775,

ne sera valide que par le consentement et avec l'autorisation de la

législature.

13. Continueront d'être lois de l'État, avec les changements que la

législature jugera convenable de faire, les parties du droit coutumier

(_common law_) et des actes de la législature de la colonie de New-York,

qui composaient la loi de cette colonie, le 19 avril 1775, et les

résolutions du congrès de cette colonie et de la convention de l'État de

New-York, en vigueur le 20 avril 1777, qui ne sont pas périmées, ou qui

n'ont pas été révoquées ou modifiées, ainsi que les décrets de la

législature de cet État, en vigueur aujourd'hui; mais toutes les parties

de ce droit coutumier et des actes ci-dessus mentionnés qui ne sont pas

en accord avec la présente constitution, sont abrogées.

14. Toute concession de terre faite dans l'État par le roi de la

Grande-Bretagne, ou par les personnes exerçant son autorité, après le 14

octobre 1775, est nulle et non avenue; mais rien, dans la présente

constitution, n'invalidera les concessions de terre faites

antérieurement par ce roi et ses prédécesseurs, ou n'annulera les

chartes concédées, avant cette époque, par lui ou eux, ni les

concessions et chartes faites depuis par l'État ou par des personnes

exerçant son autorité, ni n'infirmera les obligations ou dettes

contractées par l'État, par les individus et par les corporations, ni

les droits de propriété, les droits éventuels, les revendications ou

aucune procédure dans les cours de justice.

De la Démocratie en Amérique, tome premier et augmentée d'un Avertissement et d'un Examen comparatif de la Démocratie aux États-Unis et en Suisse · 第 117 / 158 题