346. Terminons par des considérations qui, bien que diverses, sortent
des entrailles même du sujet: car le seul moyen préventif réellement
efficace serait la suppression de causes puissantes quoique d'un ordre
différent; ne pas laisser produire le désordre vaut certes mieux que
d'avoir périodiquement à le combattre sur une arène sanglante: sous ce
rapport, et s'il était donné à l'humanité de ne pas s'égarer sans cesse,
ou de pouvoir revenir facilement sur ses erreurs, le sombre sujet de ce
livre pourrait heureusement perdre tout intérêt.
* * * * *
347. «Repassez, dit Massillon, sur les grands talents qui rendent les
hommes illustres; s'ils sont donnés aux impies, c'est toujours pour le
malheur de leur nation et de leur siècle. Les vastes connaissances
empoisonnées par l'orgueil ont enfanté ces chefs et ces docteurs
célèbres de mensonge qui, dans tous les âges, ont levé l'étendard du
schisme et de l'erreur, et formé, dans le sein même du christianisme,
les sectes qui le déchirent.
«Ces beaux esprits si vantés, et qui par des talents heureux ont
rapproché leur siècle du goût et de la politesse des anciens, dès que
leur coeur s'est corrompu, ils n'ont laissé au monde que des ouvrages
lascifs et pernicieux, où le poison, préparé par des mains habiles,
infecte tous les jours les moeurs publiques, et où les siècles qui nous
suivront viendront encore puiser la licence et la corruption du nôtre.
«Tournez-vous d'un autre côté, comment ont paru sur la terre ces génies
supérieurs, mais ambitieux et inquiets, nés pour faire mouvoir les
ressorts des états et des empires, et ébranler l'univers entier? Les
peuples et les rois sont devenus le jouet de leur ambition et de leurs
intrigues; les dissensions civiles et les malheurs domestiques ont été
les théâtres lugubres où ont brillé leurs grands talents.
«Esprits vastes, mais inquiets et turbulents, capables de tout soutenir,
hors le repos, qui tournent sans cesse autour du pivot même qui les fixe
et qui les attache, et qui, semblables à Samson, sans être animés de son
esprit, aiment encore mieux ébranler l'édifice et être écrasés sous ses
ruines, que de ne pas s'agiter et faire usage de leurs talents et de
leur force. Malheur au siècle qui produit de ces hommes rares et
merveilleux! et chaque nation a eu là-dessus ses leçons et ses exemples
domestiques.»
* * * * *
348. La guerre civile ruine les nationalités sous des formes diverses:
mais toujours le fléau résulte d'un état de civilisation anormal. De nos
jours, cette idée a été développée avec le langage de la plus vive
préoccupation.
Dans la Vendée, a-t-on dit, il y eut défaut d'activité et de centres de
population, au milieu d'un dédale de borderies, échappant à toute
influence réelle par leur isolement, leur petitesse et leur nombre.
Les grandes capitales offrent aujourd'hui des inconvénients contraires:
et, après tant d'efforts de plusieurs siècles, l'homme, parvenu à une
haute civilisation, retrouverait-il, à coté, l'ingouvernable rudesse des
contrées primitives, surexcitée par le besoin des jouissances, l'excès
des misères?
Dominé par de nouvelles préoccupations, il sonderait épouvanté les
redoutables mystères d'une autre société longtemps ignorée: en présence
de l'envie des uns, de la turbulence, de la légèreté des autres, quelle
mission auraient ces hommes de diverses nations, invisibles, errants ou
flétris par la justice, dans l'immense dédale de tant de quartiers, de
rues, de maisons, d'étages, de réduits, ainsi pressés et superposés?
Chaque jour y condense plus imprudemment la vie, l'activité, les
richesses, les passions, les mécontentements d'un grand pays, classe
vis-à-vis classe, intérêts vis-à-vis intérêts, au risque d'explosions
redoutables.
Si le progrès du mal continuait, on en viendrait peut-être à se
demander: quelle administration possible pour tant de nécessités
diverses; quelle police pour ce nombre de délits et de sinistres
projets; quelle règle pour trop d'appétits échappant à toute censure
réelle; quelle répression facile et non sanglante pour des forces
imprévues, se produisant à l'appel des plus dangereuses passions,
surexcitées par les paroles et les actions de chaque jour?
349. La centralisation ne souffre de vie que dans les capitales;
décentraliser, ce serait diviser le territoire en éléments assez
importants, conservant encore, dans de certaines limites, une existence
administrative propre: de ces limites, que l'on ne choisit pas à
volonté, peuvent résulter, soit l'anarchie, soit une salutaire
pondération.
La centralisation une fois établie devient une nécessité chaque jour
plus grande, par suite de l'affaiblissement graduel du pouvoir local; un
peuple convaincu de ses inconvénients ne serait pas toujours maître de
les atténuer, encore moins de s'en débarrasser.
Regrettons donc que les nations modernes n'aient pas été dirigées sur
une voie de civilisation également éloignée de ces deux extrêmes: _le
défaut et l'excès de centralisation_: et si partagés que puissent être
les avis à cet égard, continuons d'examiner l'un des deux côtés d'une
question que le temps, ou des circonstances au-dessus de toute volonté
humaine, semblent exclusivement dominer.
350. Y-a-t-il nécessité que la capitale soit la ville la plus
considérable de l'empire, pour la population ou pour le mouvement des
esprits? la liberté d'action de l'autorité n'est-elle pas en raison
inverse de l'agitation tumultueuse de son chef-lieu? À certains égards,
il paraîtrait quelquefois plus avantageux, pour la durée des états,
l'indépendance de leurs grands pouvoirs, que le centre du Gouvernement
fût établi en dehors d'une telle ville, mais à proximité: et alors, on
apprécierait l'utilité d'une capitale militaire fortifiée, comme
contrepoids de celle à qui l'on aurait laissé prendre, sans retour
possible, une importance excessive.
Plus la centralisation est complète, a-t-on dit, plus le gros de toutes
les forces nationales se fixe exclusivement dans la métropole: ce séjour
les altère à la longue; et l'influence peut s'étendre jusqu'aux
provinces les plus éloignées.
En transportant le centre de son Gouvernement Lombardo-Vénitien, de
Milan à Vérone, alors qu'il en était encore temps, l'Autriche n'a pas eu
seulement pour but de prendre une ligne militaire contre toutes
éventualités: elle place le pouvoir central en lieu sûr, d'où, libre des
plus redoutables préoccupations, il dominera mieux Milan, que s'il y
demeurait exposé à la contagion d'une atmosphère anarchique.
351. Au même point de vue, il n'y aurait pas toujours nécessité que les
richesses, l'activité et la masse des forces vives d'un État fussent
exclusivement concentrées dans une seule capitale, sous la pression des
passions anarchiques qui y établissent leur empire: l'avantage de
paraître tout diriger plus facilement ne devrait pas faire renoncer à
celui, plus réel, de ne pas tout exposer à la fois? Un peuple sage se
constitue également, quand il le peut, en vue de tous les périls
extrêmes, sans prétendre éviter aussi les moindres.
À de certaines époques exceptionnelles, deux métropoles rivales, par une
importance et des intérêts différents, assureraient peut-être quelque
temps, la durée du pouvoir, les contenant l'une par l'autre; ainsi
s'expliqueraient ces déplacements de capitales, ou ces centres multiples
de gouvernement, dont le singulier spectacle étonne dans l'histoire de
quelques nations.
L'État le moins imparfait ne serait-il pas celui dans lequel de sages
limites assignées aux excès de chaque influence, déterminent une
harmonie où tout se balance? cet équilibre ne peut résulter que de
l'antagonisme constant mais régulier de forces à peu près égales, se
contenant quelquefois l'une l'autre sans trop de violences, et
conspirant presque toujours pour leur grandeur commune.
352. Tel pays se serait exposé à décheoir, au milieu de révolutions
successives, par le fait d'une subdivision administrative et
territoriale uniformément parcellaire, affaiblissant pouvoir et forces
réelles partout ailleurs qu'au centre.
Quels auraient été, à chaque crise révolutionnaire, les moyens réguliers
des autorités attendant du premier courrier, dans une petite
circonscription, leur sort et celui de l'état.
Ailleurs, on aurait supprimé, à la fois, et à tous les points du vue,
social, politique, religieux, territorial jusqu'aux dernières traces des
influences, des antagonismes, des contre-poids, des fonctions rivales
enfin sur lesquelles se fonde un équilibre véritable.
Une telle situation serait peu favorable aux libertés: il semble,
quelquefois, que les empires ainsi uniformément découpés ne puissent
aller que de l'anarchie au despotisme, à travers des convulsions et des
ruines.
353. Tôt ou tard, des dangers sérieux résulteraient également d'une
constitution d'état opposée; mais est-il donné de rester longtemps dans
une situation raisonnable: l'essentiel, le possible est de ne pas trop
s'écarter de cet équilibre instable où les passions humaines empêchent
de séjourner.
Sitôt que l'on approche de la dernière limite des excès dans un sens, il
ne faudrait pas craindre de pouvoir se retourner vers les maux opposés:
si grands, si inévitables que soient ceux-ci, on ne les subirait pas de
longtemps, et sans avoir traversé, pendant une courte période de
bonheur, la position la plus convenable, mais où il est si difficile de
se maintenir contre la tendance à de successives oscillations
politiques.
Chaque époque a ses infirmités dont il faut d'abord se préoccuper: qui
signalerait, aujourd'hui, le danger des écarts de la foi et du
dévouement; des influences provinciales, de l'esprit de profession, de
classe, de secte ou de nationalité trop exclusifs?
Sans prétendre résoudre, dans un mémoire militaire, un problème aussi
complexe, aussi difficile, et qui, d'ailleurs, doit être pris de loin ou
dans les circonstances les plus favorables, il convient d'insister sur
son importance.
Cette grave question aurait pu être envisagée à un point de vue tout
autre, mais trop étranger au sujet de ce livre pour qu'on doive en tenir
compte ici.
* * * * *
354. L'humanité réagit constamment sur elle-même; quand elle n'a pas la
guerre de nation à nation, elle la fait de classe à classe, de gouverné
à gouvernant: ainsi les sociétés se dissolvent.
Les forces vives des peuples paraissent d'autant plus dangereuses, pour
leur bonheur et leur puissance, qu'elles sont plus accumulées par
l'inaction.
Il faut que les nations, aussi bien que l'homme, soient sérieusement
occupées, sinon elles emploient mal leurs puissantes facultés trop
longtemps oisives.
355. Pendant la paix, chacun développe son énergie, son intelligence
dans les affaires; on voit grandir des réputations, des moyens
d'influence et d'action, dont aucuns ne sont à la disposition du
Pouvoir; celui-ci reste privé, ainsi que ses principaux agents, de la
force que donne une activité fécondante; alors les gouvernements
désarment plus encore vis-à-vis les mauvaises passions que contre
l'extérieur; ils perdent une partie de leur puissance; ils détendent
leurs ressorts.
La guerre autorise, oblige même l'État à réunir, augmenter, entretenir,
perfectionner, mettre en action tous ses moyens; alors lui et ses agents
occupent presque seuls la scène; les réputations, les influences sont
exclusivement son partage: la force morale et l'héroïsme deviennent sa
base inébranlable.
La guerre emploie au dehors les forces matérielles d'une nation, donne
une noble direction à ses forces morales.
Une lutte longue et désastreuse épuise un empire; la paix prolongée lui
donne, en dehors du pouvoir, un excédent de vie, de célébrités ou
d'influences qui pourraient le rendre ingouvernable.
356. On a fait observer que ces préoccupations extérieures seraient
indispensables là où les révolutions auraient tout détruit, tout
uniformisé: à défaut d'antagonisme de classes, de sectes, de
professions, de corporations, de pouvoirs, de provinces, on verrait les
passions d'autant plus violentes, qu'après avoir davantage renversé,
elles seraient sans frein: ne sachant plus où se prendre, puisqu'il ne
resterait rien d'humain à combattre ou à détruire, elles en viendraient,
peut-être, à attaquer les éternelles et divines conditions de
l'existence des sociétés, qui seules subsisteraient: la famille, la
propriété, la religion.
Les voeux de paix universelle et de désarmement sont donc irréalisables.
Jusqu'à ce jour, l'humanité a vécu par la famille; par les nationalités
et les religions diverses.
Vouloir abaisser toutes les barrières, détruire toutes les nuances qui
différencient, qui classent, qui facilitent l'équilibre du monde par
l'antagonisme de ses parties; qui assurent le progrès indéfini de
l'humanité par la concurrence, par la division du travail dans
l'acception la plus élevée, la plus générale de ces deux mots, ce serait
préparer la barbarie.
De tous les antagonismes, le moins dangereux, le plus indispensable pour
le bonheur de l'humanité, c'est celui qui résulte de l'esprit de
patriotisme; loi divine du la famille appliquée à l'harmonie de
l'univers.
* * * * *
357. Les états, où des révolutions successives ont altéré le principe
d'autorité, sont le jouet de leurs voisins habiles à ne leur point
laisser rétablir les éléments de nationalité.
La grandeur passée d'un peuple et celle qu'il pourrait encore avoir
excitent des états rivaux à le faire périr dans l'anarchie.
Telle puissance ne daigne même pas faire la guerre aux gouvernements qui
gênent sa politique ambitieuse; elle soudoie la révolte et les ébranle
en quelques journées.
Ainsi, au risque de compromettre sa propre existence dans la ruine
commune, elle entretient depuis longues années de malheureux pays dans
cet état normal d'anarchie qui les prive également d'institutions mûries
par le temps et de la puissance des traditions.
À l'aspect des redoutables fléaux qui peuvent chaque fois lui être
renvoyés de tant de nationalités ébranlées par elle, l'appel coupable
aux passions révolutionnaires de tous les pays cessera peut-être; une
politique moins machiavélique peut rendre le repos au monde.
* * * * *
358. Trois partis sérieux, et non incompatibles avec toute pensée
d'ordre ou d'avenir, affaiblissent plusieurs sociétés européennes:
l'aristocratie, la bourgeoisie, la démocratie; leur désaccord pourrait
seul faire triompher le génie de la destruction.
L'un de ces partis s'est-il établi au pouvoir..., on a vu les deux
autres aveuglés préparer et décider sa chute, à l'aide de l'anarchie,
qui seule en a profité.
Partout, à chaque révolution, la condition du principe d'autorité et de
la société a également empiré; le nombre et l'influence des hommes ou
des idées anarchiques ont crû, en même temps que celui des hommes ou des
idées d'ordre a diminué; et toujours le flot révolutionnaire avance
engloutissant de nouvelles ruines.
359. Deux de ces partis n'auraient pu, même réunis, lutter contre
l'anarchie, accidentellement renforcée par le troisième; tous ensemble
détourneraient les nations des abîmes où elles sont entraînées.
On fonderait peut-être ainsi quelque chose de solide; on assurerait, du
moins, aux contemporains si agités quelques années de repos; et de
nouvelles péripéties modifieraient la direction des esprits.
Dès qu'ils ne réunissent pas l'unanimité de voeux, sans lesquels ils ne
triompheraient qu'accidentellement, et pour l'anarchie, tout parti,
toute idée patriotique doivent renoncer à leur individualité et se
rallier au drapeau qui compte le plus de forces; agir autrement serait
un crime de lèse-humanité.
Le naufragé s'obstine-t-il à périr en refusant la main qui peut le
sauver, pour une autre hors de portée?
Celui qui ne surnage pas doit-il s'efforcer d'entraîner tous les autres
dans sa ruine?
Pourquoi se diviser par des préoccupations d'un autre temps?
Les partis impatients, quelque agitation qu'ils se donnent, ne
parviendront pas à arracher de l'avenir un secret, qui, comme lui, est
encore à naître.
À moins qu'un bienfait providentiel ne fasse surgir, du milieu des
sociétés désunies, la force qui, étrangère à tant d'aberrations,
mettrait fin à l'aveuglement, au désordre des esprits, ces sociétés sont
condamnées à périr de marasme anarchique ou par la conquête.
Il ne s'agit même plus, pour des nationalités jadis prospères,
d'intérêts de famille, de classe ou de dynastie; c'est la vieille Europe
qui s'en va avec ses grandeurs, ses gloires, sa foi, ses idées d'avenir,
ses éléments de progrès, fruits de longs et heureux efforts de la
civilisation moderne; c'est le principe d'autorité successivement démoli
par tous qu'il faut recréer; c'est la société qui est à relever en
commençant par ses bases primordiales.
360. Ce grand labeur, on doit l'entreprendre, avec quelques rares et
chétifs débris, sous l'ouragan déchaîné des idées de destruction, et en
présence d'états rivaux qui préparent ou convoitent toutes les ruines.
Au-dessous d'aucune noble ambition, cette tâche sera, partout, l'oeuvre
providentielle de fortes volontés. Le monde a besoin de grands exemples.
Le 22 juin 1815, après sa seconde abdication, et alors qu'en butte aux
factions qui déchiraient son pays, il devait s'expatrier pour toujours,
Napoléon, plus que jamais nécessaire, disait-il au peuple français:
_Unissez-vous tous pour le salut public, et pour rester une nation
indépendante._ Ce solennel adieu, cette dernière et patriotique trace du
génie des temps modernes, devrait aussi éclairer la génération
européenne actuelle sur le plus grand de ses intérêts.
Si tant de sublimes esprits, hommes d'état, écrivains ou capitaines, la
gloire et jadis la force des nationalités aujourd'hui menacées, si leur
puissante raison pouvaient encore renaître et dominer au milieu d'elles,
ils gémiraient sur leur oeuvre follement compromise, sur trop de pénibles
travaux et de généreux efforts devenus inutiles; ils conjureraient
l'humanité égarée de revenir, en toute hâte, à la concorde et au respect
du pouvoir qui peuvent seuls sauver.
_O navis, referent in mare te novi
Fluctus! o quid agis? fortiter occupa
Portum ...
tu, nisi ventis
debes ludibrium, cave!_
(HORACE, Ode 12, liv. 1er.)
* * * * *
361. Parvenu au terme de ce travail, il reste à choisir entre les deux
parties principales qui le composent.
Si l'on admet la nécessité du système général de défense proposé dans
les chapitres 3 et 4, on devra, pour compléter ceux-ci, extraire des
chapitres suivants de nombreuses prescriptions pratiques et de détails
nécessaires dans toute hypothèse.
Si l'on juge les considérations des chapitres 3 et 4 exagérées et trop
théoriques, il suffira de s'en tenir aux chapitres 5 et 6, où se
trouvent également résumés les principes les moins contestables de la
première partie.
Dans l'une ou l'autre manière de voir, ce livre, rédigé à deux points de
vue différents, mais dans un même but, paraîtra peut-être utile; en
quelque pays, et, de quelque manière que l'émeute surgisse, un ou
plusieurs des principes exposés deviendraient plus ou moins applicables.
Si nous avons pu contribuer à rendre encore plus évidente pour tous
cette vérité: _Vis-à-vis d'un pouvoir régulier pénétré de ses devoirs,
et au milieu de nations éclairées par tant de désastres, l'anarchie ne
peut désormais espérer que des succès trop éphémères pour exciter ses
coupables projets_; alors le but de cet ouvrage sera rempli.
Dans un pareil sujet, plus que dans tout autre, un mot de Napoléon
doit-être constamment rappelé: «À la guerre, les trois quarts sont des
affaires morales; la balance des forces réelles n'est que pour un autre
quart.»
Terminons enfin par cet adage de tous les temps: _L'anarchie est le
fléau du peuple, la ruine des nationalités_.