1° Les individus non armés faisant partie des rassemblements;
2° Ceux qui commettraient des dévastations;
3° Les individus armés étrangers à la garde nationale;
4° Les étrangers à la garde nationale, qui revêtiraient son uniforme;
5° Ceux qui construiraient des barricades;
6° Les chefs d'attroupements, afficheurs de proclamation, péroreurs;
7° Les personnes chez qui se tiendraient des réunions séditieuses;
8° Ceux qui désarmeraient les gardes nationaux à domicile, dans les rues
ou qui pilleraient des magasins d'armes;
9° Les meurtriers de gardes nationaux, soldats, ou autres citoyens;
10° Les provinciaux récemment arrivés dans la capitale et coupables de
l'un des délits précédents;
11° Les étrangers, et successivement les individus suivants qui
seraient dans le même cas;
12° Les employés des administrations;
13° Les réfugiés politiques et étrangers;
14° Les repris de justice;
15° Les hommes en rupture de ban.
324. 6 à 8,000 réfugiés de toutes les nations ont pris la part la plus
active aux désordres européens; une réserve révolutionnaire de tous les
pays se transporte successivement d'une capitale à l'autre et y impose
l'anarchie.
Les étrangers, à qui un peuple accorde refuge, n'ont pas le droit de se
mêler d'affaires qui le regardent seul; encore moins de décider de son
avenir.
325. Les dépenses, pour dégradations commises pendant l'émeute, dans
chaque quartier, seraient exclusivement à la charge de l'arrondissement.
Tout individu, dont une partie du mobilier aurait servi à élever une
barricade, serait passible, à moins de cas de force majeure constatée,
d'une amende égale au montant de ses contributions réunies.
Le locataire d'un appartement, duquel on aurait fait feu sur la troupe,
serait, à moins de force majeure également constatée, passible d'une
amende équivalente à une ou deux fois son loyer.
Des amendes plus importantes frapperaient les cabaretiers, logeurs et
chefs d'établissements auteurs des mêmes délits, par négligence ou
mauvaise intention.
* * * * *
320. Les maisons garnies, les logeurs, les dépôts de remplaçants, ainsi
que les arrivages des voitures publiques, exigent la surveillance la
plus active.
Les propriétaires et maîtres d'hôtels doivent déclarer, dans les 24
heures, les noms, qualités, lieux de départ et de destination des
personnes descendues chez eux, sous peine, en cas de condamnation
desdits individus pour délits politiques, de payer une amende au plus
égale au loyer de leur maison ou hôtel.
Le déplacement des ex-fonctionnaires ou des pensionnés est également
surveillé.
327. Le séjour des grandes villes serait interdit aux personnes
étrangères non munies d'un passeport ou d'un livret en règle. Toute
famille ruinée tombe à la charge d'une capitale; le nombre des
mécontents y augmente chaque jour.
Les repris de justice doivent être éloignés à 30 lieues des grandes
villes et punis en cas d'arrestation dans celles-ci.
328. Il y a un ensemble de mesures à prendre à l'égard de quelques
cabarets, quant à leurs emplacements plus ou moins favorables à la
révolte comme dépôts d'armes, de munitions et comme centres d'action;
quant aux intentions des personnes qui les tiennent, à leur
responsabilité et à la surveillance dont ils devraient être l'objet.
Certains cabarets sont les clubs les plus dangereux, les véritables
lieux de dépôt, d'organisation, de recrutement, d'excitation et les
centres d'action de l'émeute; c'est là que les insurgés passent leurs
revues, et sont entretenus sur le pied de la révolte: c'est de là que
part le signal.
Dans les cabarets sont détournés les fruits du labeur journalier; les
familles délaissées, oubliées, y voient une cause incessante de misère
et de désordres intérieurs; beaucoup de délits, de crimes publics ou
privés s'y préparent également: de toutes les prépondérances, la plus
regrettable serait celle de l'estaminet.
329. Les armuriers et les débitants de poudre, commissionnés et
constamment surveillés, seraient tenus d'inscrire sur leurs registres, à
chaque vente, les noms, la demeure et la qualité de l'acquéreur assisté
de témoins.
Leurs boutiques, autant que possible voisines des mairies, casernes ou
postes, seraient solidement grillées et closes; pendant l'émeute, on ne
pourrait pas les forcer facilement.
Les magasins ne contiendraient pas au delà d'une certaine quantité
d'armes et de munitions; les premières seraient démontées et
incomplètes. La fabrication de la poudre coton, sévèrement punie en tout
temps, le serait plus encore pondant l'émeute.
En temps anormal, et dans une capitale complètement organisée en vue de
périls journaliers, n'y aurait-il même pas lieu d'exagérer toutes ces
précautions, pour quelques quartiers les plus importants?
Ainsi, les principaux magasins indispensables, pendant une insurrection,
pour les approvisionnements de tous genres, pourraient être, soit à
l'abri de toute attaque, par la solidité de leur clôture; soit groupés
autour des mairies et de quelques positions tertiaires déterminées à
l'avance.
Pendant la lutte, la vente s'y ferait à des heures déterminées, en
présence des agents de l'autorité; l'action de la troupe et de la garde
nationale, vis-à-vis d'une insurrection privée de moyens, serait
d'autant mieux assurée.
330. Les clochers, d'où l'on pourrait tirer des coups de fusil et sonner
le tocsin; les édifices publics, non susceptibles d'être gardés pendant
la lutte, seraient bien clos dans le pourtour de leur rez-de-chaussée et
fermés de portes assez solides pour qu'on ne puisse s'y introduire
facilement; au besoin, les clefs de l'escalier de chaque clocher
seraient de suite remises aux mairies.
On ne perd pas de vue les maisons particulières qui enfilent les rues,
dominent les environs et les carrefours: on empêche qu'elles ne soient
occupées par les rebelles; on les garnit, s'il le faut, de fusiliers.
* * * * *
331. Imposer des limites à l'extension exagérée des industries de même
nature; à l'agglomération en trop grands ateliers, dans et autour des
capitales.
Faire peser une certaine responsabilité sur les chefs de ces
établissements; l'avenir des sociétés ne peut dépendre du plus ou du
moins de prévoyance des spéculateurs.
Pendant l'émeute, ou s'assure que les ouvriers restent à l'ouvrage; une
prévision est nécessaire à cet égard.
332. L'administration doit combattre la misère, non en ouvrant
simultanément un nombre de travaux considérables dans la capitale, ce
qui augmenterait, au delà de tous les besoins normaux, la classe
ouvrière et les petits établissements qu'elle fait prospérer.
Au moment tôt ou tard inévitable de la brusque clôture de ces
entreprises extraordinaires dans une seule localité, surgiraient des
misères impossibles à soulager.
Mais on entreprendrait successivement des travaux aux alentours, et de
plus en plus loin, afin d'y retenir les ouvriers et de diminuer d'autant
la masse de ceux qui ont peine à vivre dans les grandes villes. On
éviterait ainsi à cette classe, trop souvent malheureuse, un
déclassement qui la ruine.
* * * * *
333. On a proposé d'établir, comme agents de sûreté, par quartier de
100,000 âmes de chaque capitale,
1 Commissaire de police central,
dépense annuelle. 3,000 fr.