ÉTABLISSEMENT SUR LES POSITIONS DE COMBAT.

175. Ce chapitre est le développement indispensable de celui qui

précède: on y expose les détails pratiques d'exécution.

À l'aide de quelques répétitions nécessaires, puisqu'elles ne portent

que sur les principes les plus incontestables, les plus importants, on a

pu présenter l'ensemble de toutes les mesures pratiques de répression,

indépendamment du plan général de défense précédemment exposé et comme

une autre solution moins générale, moins théorique, moins absolue du

problème qui nous occupe.

Mais, cette fois encore, ne l'oublions pas, la principale condition du

problème sera de rendre toute lutte impossible à la révolte, afin du

mieux éviter l'effusion du sang et les autres calamités qui en résultent

pour tous.

* * * * *

176. Contre une émeute sérieuse, qui veut faire une révolution, il faut

occuper plus d'un point; les rebelles libres, ou soutenus de tous les

indifférents et peureux, y bloqueraient la garnison.

Si, au contraire, on occupe toute la ville uniformément, on n'est fort

nulle part; les troupes disséminées agissent sans ensemble, leurs

communications sont interceptées; chaque corps bloqué est livré à ses

propres forces et impressions; la situation est moins bonne.

Il faut choisir un _quartier militaire_ renfermant le centre du

Gouvernement, les ministères, la poste, les télégraphes, les chambres,

les messageries, la manutention, l'arsenal et les principales

administrations: de cette position, on doit pouvoir dominer le reste de

la cité, séparer les unes des autres les différentes parties de ville en

insurrection, communiquer directement avec l'extérieur, isoler les

quartiers extérieurs abandonnés ou révoltés.

177. Le rassemblement des gardes nationaux se fera aux mairies: les

premiers réunis, ou un peloton d'élite, envoyé par la troupe dès qu'elle

sera arrivée, parcourra tambour battant les rues deux fois de suite: une

première fois pour appeler aux armes, une seconde pour rallier.

Aussitôt, un signe général, jusque-là inconnu, sera délivré ou assigné à

chaque garde national: le peloton de la ligne retournera à son

bataillon.

178. Chaque corps, avant départir, laissera dans sa caserne, sous les

ordres d'un officier, 25 à 30 hommes renforcés par autant de gardes

nationaux du quartier, pour défendre l'édifice, empêcher le pillage des

armes: celles-ci seront démontées et incomplètes.

On occupera un bâtiment en face de la porte de la caserne, surtout si

celle-ci n'a pas de cour.

170. Les bataillons, formés sur deux rangs, seront divisés en pelotons

de 40 à 50 hommes, sous les ordres de deux officiers, de manière à ce

que les soldats restent, autant que possible, avec leurs chefs

habituels: ordinairement il y aura 10 pelotons, dont 4 d'élite par

bataillon.

180. Dès que les troupes arriveront dans un quartier en pleine révolte,

on y prendra position.

Elles seront précédées et suivies, à 50 pas, de deux files de 7 à 8

tirailleurs sur un rang, sous les ordres d'un officier.

Les divisions, en colonne par section, prendront entre elles 50 pas de

distance, tambours et clairons dans les intervalles.

181. Lorsqu'une compagnie marchera isolément, la première section en

tirailleurs à droite et à gauche, pour faire fermer les fenêtres et

tirer à tout ce qui s'y montre armé, éclairera la 2e suivant à 60 pas en

arrière.

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182. Parvenu au premier embranchement de rue voisin de la position, le

bataillon sera arrêté à l'abri du feu des insurgés; chaque division

surveillant provisoirement le carrefour près duquel elle se trouve et

assurant les derrières de la précédente.

Le premier peloton de fusiliers occupera les maisons d'angle du premier

carrefour.

L'embranchement suivant à 50 ou 80 pas de distance, plus ou moins, de

manière à ne laisser aucune partie de rue non observée, recevra le 2e

peloton, protégé s'il est nécessaire, pendant sa marche, par le feu du

1er.

On placera de la même manière le 3e et, s'il y a lieu, le 4e peloton de

fusiliers.

183. L'état-major et les 4 pelotons d'élite de réserve occuperont, au

centre des pelotons déjà placés, un ou deux bâtiments contigus ou

vis-à-vis l'un de l'autre, spacieux, susceptibles d'une bonne défense et

à débouchés faciles.

184. Les compagnies du centre, non encore employées, prendront position

aux carrefours de droite et de gauche, dans les rues littorales,

vis-à-vis de cette position centrale.

185. Chaque poste particulier aura, au plus, deux factionnaires dans la

rue: une des fenêtres, par maison occupée, sera constamment ouverte la

nuit, sans lumière dans la chambre, et garnie de deux factionnaires.

De jour, les hommes se montreront aux fenêtres.

La grande porte du bâtiment occupé par la réserve sera ouverte, afin que

les forces de celle-ci soient vues et qu'elles puissent déboucher

immédiatement.

Les boutiques des maisons occupées resteront fermées.

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Insurrections et guerre des barricades dans les grandes villes par le général de brigade Roguet · 第 44 / 60 题