L'âge venu de s'unir à une famille nouvelle, il est permis à la jeune

fille, en dehors du travail en commun pour l'avantage de tous, de

travailler pour elle-même; et on fermera les yeux. A partir de ce jour

on la laisse augmenter son pécule, le père, la mère, le frère peuvent

y ajouter une part du leur, mais du leur seul, selon le penchant que

chacun d'eux a pour celle qui va les quitter.

Dans la nouvelle famille où elle entre elle a le privilège de la même

loi. Et cette fois sa dot, c'est-à-dire son _Pécule_, lui appartient

absolument; elle en dispose sans réserve; elle n'a nulle formalité à

remplir, nulle signature à obtenir; elle est personnalité civile.

Mais nous ne sommes pas dans ces républiques idéales qui ont pour base

la perfection de l'homme. Dans cette communauté nouvelle où elle entre,

toute injustice ou tout outrage à ce nouveau venu déchaînait autrefois

la _vendetta_ de la communauté primitive; alors le sang coulait. Le

pouvoir du prince, centralisé désormais, ayant absorbé le pouvoir du

clan, c'est la loi désormais qui venge. La loi seule, et un Prince au

cœur tendre, à l'âme juste, et à la main ferme.

Cependant cette jeune femme est devenue veuve, le lien est rompu; que

deviendra-t-elle? Elle a le droit de rester dans sa nouvelle famille

sous les mêmes conditions, comme elle peut aussi revenir à l'ancienne

avec le même sort — à moins cependant qu'au moment de contracter le

mariage, son père lui ait donné la part à laquelle il avait droit en

quittant la communauté, s'il s'en est séparé.

Ainsi donc, enfant et jeune fille, la femme est membre de la

communauté. Mariée elle garde les mêmes droits dans la nouvelle, et

pour mieux cimenter cette union, chaque famille ayant un patron, —

prenons St. Pierre puisqu'il a des clefs, et peut ouvrir bien des

portes, ou St. Nicolas, qui aime bien les enfants, — elle abandonne

son patron, celui de la communauté et se fait adopter par celui de sa

famille nouvelle.

*

* *

Après tant de combats, quand tout convergeait vers l'attaque ou la

défense, voyons ce qu'on a fait pour l'instruction publique.

C'est seulement on 1852, quand Danilo II a pris le pouvoir, qu'on a

organisé et décrété l'école d'abord dans les villes et les villages de

la montagne noire, et après la bataille de Grahovo dans les régions

conquises. Tout-à-fait primaires d'abord les écoles ont un cours

de trois ou quatre ans. A Cettigné un gymnase s'est ouvert, qui se

transforme après quatre ans d'étude, et devient école normale. Une

classe de théologie permet de recruter les prêtres dont on limite le

nombre à la seule nécessité du diocèse. Plus tard pour les sujets

avancés, bien doués, avides d'apprendre et assez fortunés pour

promettre au pays des esprits ouverts, capables de faire progresser;

on a la ressource des missions temporaires à l'étranger. L'enfant du

village va à l'école, et c'est un charme de voir partout, dans les

étroits chemins de la montagne, au carrefour des routes, les petits

monténégrins avec le carton et l'ardoise en bandoulière, prenant le

chemin des écoliers et s'arrêtant pour cueillir une fleurette dans la

fente d'un rocher.

Pour les jeunes filles, les demoiselles qui ont des aspirations plus

hautes que le village, filles de Voivodes et de riches propriétaires,

s'ouvre une institution fondée par l'Impératrice veuve d'Alexandre

II, avec des professeurs distingués, six ans de cours, l'internat, un

niveau élevé qui va croissant avec le temps. On y cultive d'office

les trois langues: _le Serbe_, _le Russe_, _le Français_, et la

connaissance des trois littératures, et souvent l'_Italien_: grâce aux

relations de famille et de voisinage.

*

* *

Pour l'instruction militaire, notre école nationale de St.-Cyr fut

parfois celle où des aides-de-camp du Prince ont appris le métier

des armes, et plus tard sont devenus aptes à la direction des divers

services administratifs, toujours prêts d'ailleurs à échanger la

plume contre l'épée aux jours de péril. Aujourd'hui, c'est l'Italie,

Modène, qui est l'école, la pépinière des officiers, fondus au retour

dans l'armée indigène, ils l'encadrent, sans émousser le caractère

offensif du soldat monténégrin et lui faire perdre sa personnalité

de combattant. Trois aides-de-camp, deux officiers d'ordonnance, le

capitaine des Périaniks, ou gardes du corps, forment un Etat major

personnel au Prince. Une grande caserne s'est élevé à Cettigné, une

école militaire à Pogdoritza, pour les sous-officiers, et un bataillon

régulier reste permanent. Le fond de la défense nationale étant la

milice légère, qui se mobilise, pour ainsi dire, d'instinct. On peut

compter à l'effectif, au moins 45 bataillons compacts et bien armés.

Nous nous souvenons d'avoir assisté jadis aux évolutions d'un escadron

bien monté — le noyau subsiste, mais la nature du pays proteste et le

cavalier, comme masse militaire, n'a pas sa raison d'être, vu la nature

du Pays.

*

* *

Nous constaterons encore d'autres innovations, si j'en crois un de mes

jeunes amis, un grand voyageur, nouvellement revenu du Pays dont les

lettres de crédit avaient pour unique objet de saluer de ma part S.

A. le prince Nicolas, et de chanter pour moi le «_Cari luoghi_» à la

montagne Noire. Celui-ci m'a assuré qu'il s'était couvert de gloire

au _Lawn Tennis_ de Cettigné où il avait eu pour partner des dames du

corps diplomatique, des jupes de Laferrière, des manches bouffantes de

M^me Pacquin et des chapeaux de chez Virot. — C'est la loi du progrès.

— Les nouvelles routes de Cettigné à la frontière sont désormais

propices à la byciclette: un jour ou l'autre on importera _le polo_ et

_l'automobile_, qui ne rappelle que de loin les temps de la chevalerie.

Cependant le Pays tient à ses coutumes. Le costume national reste en

honneur partout, le trésor des poésies populaires, des chants épiques,

chants de gloire, de guerre et d'amour, histoire vivante, sont une

source féconde qui ne tarit jamais. Il y a toujours dans chaque ancien

clan quelque Barde errant qui chante au son de la Guzla au détour de

la route ou sous l'orme des vallées et souvent le chantre est aveugle,

comme Homère; il dit et redit des poésies, qui restent presque toujours

anonymes, et semblent portées sur l'aile du vent de montagne en

montagne ou répercutées par un écho comme celles des recueils de Vuk

Stefanovich que Tommaseo vous a fait connaître.

Pierre II Pétrovich, le grand chantre de la Cernagora employait dans

ses poësies le décasyllabe qui ne recherche point la rime mais la donne

parfois, quand la raison l'appelle. Le Prince qui règne aujourd'hui à

la fois soldat, législateur et poëte, auteur de «_l'Impératrice des

Balkans_» devenu populaire, en fixant en vers de huit syllabes, le

caractère de chacune des tribus monténégrines; a faite cette poësie

plus personnelle, c'est la poësie littéraire avec la strophe de quatre

vers de la Poësie Ragusaine, qui garde à ces chants leur caractère à la

fois tendre et épique.

«Si j'avais recueilli toutes les fleurs dont ta main a jonché le chemin

de ma vie (dit le Prince Poëte à celle qui partage son trône, en lui

dédiant son œuvre); si j'en avais respiré tout le parfum: j'en aurais

pu faire un poème si beau, un livre ailé tel que jamais le monde n'en

eût lu de pareil.... j'eus mieux chanté l'amour, l'intelligence et

j'aurais pu écrire un livre tout entier rien qu'en y recueillant toutes

les vertus de ton âme qui resplendissent comme un diadème impérial.»

En entendant parler ainsi le Père, vous reconnaissez l'Épouse et la

Mère, et vous devinez celle dont les destinées sont désormais les

vôtres.

Quelque rapide qu'ait été l'hommage que j'ai voulu rendre aux

Monténégrins, il n'était peut-être pas inutile qu'une voix et un cœur

français vinssent ici confondre dans la même sympathie et les mêmes

vœux de prospérité la Cernagora, l'Italie et.... la France.

NOTE:

[1] V. son _Voyage d'Italie_.

[2] Lettre à Fontanes du 20 janvier 1804, insérée dans le _Voyage

d'Italie_.

[3] _Les martyrs_, V^e livre.

[4] Lettre précitée à Fontanes.

[5] _Mémoires d'outre-tombe_, p. 121, 122, 123 du V^e vol. dans la

récente édition Garnier.

[6] Discours du 2 janvier 1848, p. 122-123 et 144 du V^e vol. de

l'édition de ses Discours publiée par L. Ulbach en 1865.

[7] Discours précité.

[8] Discours précité.

INDICE

Lamartine, Châteaubriand et l'Italie Pag. 5

La pleiade musicale 39

La elettricità animale 75

_Appendice_:

Le Monténégro 113

LE CONFERENZE FIORENTINE SULLA VITA ITALIANA

Alcuni giudizi della stampa.

«Le _Conferenze fiorentine_, che tanto favore incontrarono nel

pubblico che ascolta e in quello che legge, hanno cambiato di

editore: sono passate dai fratelli Treves di Milano alla Casa

R. Bemporad e figlio di Firenze; ma ciò non vuol dire nulla: la

sostanza è rimasta sempre la stessa, cioè buona.

«Dopo aver trattato della vita italiana negli albóri, nel trecento,

nel rinascimento, nel cinquecento, nel seicento, nel settecento,

nel periodo della rivoluzione francese e dell'impero, le conferenze

fiorentine hanno ora preso a trattare della _Vita Italiana nel

Risorgimento_ e sono già state raccolte in volume.» (_La Rassegna

settimanale universale_, 3 aprile 1898).

«Alla prima serie di _Conferenze fiorentine_, edite dalla Casa

Treves di Milano, che ebbero tanta fortuna nel pubblico degli

ascoltatori e dei lettori, quando furono dette e stampate, segue

questa seconda intorno al periodo più serio, interessante glorioso

della nostra storia. Il periodo del risorgimento ci commuove e ci

fa fremere anco adesso, poichè le più belle energie intellettuali e

morali ond'esso fu prodotto si vanno spegnendo, e fra le diserzioni

e le delusioni, lo scetticismo dilaga.» (G. PIPITONE FEDERIGO nel

_Flirt_ di Palermo, 5 maggio 1898).

«I volumi, che la Casa E. Bemporad e figlio ha dato alla luce con

una signorilità eguale a quella dei Treves di Milano, contengono

la prima, la seconda e la terza serie delle letture tenute l'anno

scorso sulla _Vita Italiana nel Risorgimento_ e si aggirano su quel

burrascoso periodo, che va dal 1815 al 1831; periodo in cui gli

amori più puri e gli slanci più generosi si alternano agli odi i

più feroci, alle mène più tenebrose e più sozze.

«Tredici letture fra le più belle e le più attraenti, perchè

parlano di cose e di uomini il cui ricordo è ancor vivo nella

mente come fossero d'ieri e perchè toccate dalla mano, non sempre

maestra, ma spesso sicura del Del Lungo, del Rovetta, del Nitti,

del Biagi, del Costa di Beauregard, dell'Alfani, del Panzacchi, del

Bonfadini, della Serao, del Colombo e del Ricci.

«Io potrei, se volessi, darvene qui un'idea più ampia e farvene

anche un tantino di critica; ma a che prò, se i giornali della

città seppero meglio di me, aiutati dalla freschezza delle

impressioni, darvi, allora, l'una e l'altra?...» (GUIDO RUBETTI nel

_Corriere italiano_ del 6 giugno 1898).

«Pochi libri come questo sono degni di essere letti e meditati

profondamente.... I soggetti che gli autori imprendono a trattare

con l'usata maestria, non possono, in verità, essere più serii

ed attraenti, come quelli che ravvivano il culto delle patrie

memorie, e, tesoro di osservazioni quasi sempre giuste e di

bellezze peregrine, mirano tutti a dilettare istruendo.» (N. PENNA,

nell'_Ebe_ di Loreto Aprutino, 1º luglio 1898).

«In realtà queste Conferenze portano un geniale e utile contributo

alla coltura nazionale. Non l'aridità dei fatti, non una cifra

uggiosa, ma un'esposizione facile e limpida, un giudizio equamine

o sereno danno il quadro più completo e vivo del periodo preso a

studiare, e rendono con la maggiore schiettezza il pensiero che

l'ha agitato. Il tema svolto da ciascun conferenziere dice subito

l'interesse o l'importanza di questi volumi.» (_Il Paese_ di

Palermo, 8 ottobre 1898).

«Apprendere senza fatica e senza perdita di tempo è il desiderio

di quanti assistono a ogni conferenza, ed è quello che pensava

anche il Giusti prima che le conferenze venissero di moda. A

un così giusto desiderio rispondono le conferenze tenutesi con

costante accorrenza di pubblico a Firenze, per cura della Società

di letture, riguardanti argomenti di letteratura e di storia.

Raccolte in volumi, questi ebbero lieta accoglienza; ora, gli

editori fiorentini R. Bemporad e figlio inaugurano le serie delle

conferenze storiche sul nostro Risorgimento, pel periodo compreso

dal 1815 al 1831. Anche a coloro che non ignorano le vicende di

quegli anni, tornerà gradito questo volume, che per la varietà

degli argomenti, per la vivezza e il colorito della esposizione e

pel valore degli autori, riesce un interessante e nuovo contributo

alla storia paesana.» (_Cronaca universitaria_ di Catania, 16

novembre 1898).

«V'è da rallegrarsi che le dotte e geniali conferenze tenutesi

a Firenze per iniziativa della Società di pubbliche letture

si raccolgano ogni anno in un bel volume che il pubblico legge

avidamente.

«Quello uscito ora, il primo della serie storica, non potrebbe

essere più interessante, per l'indole, la varietà e l'importanza

degli argomenti trattati. Romualdo Bonfadini discorre dottamente

della politica degli Stati italiani dal 1831 al 1846; Guglielmo

Ferrero ci ricorda la vecchia Italia e ne deduce i bisogni della

«nuova»; F. S. Nitti tratta del brigantaggio meridionale durante

il regime borbonico; e per ultimo il Masi ci delinea la figura del

vescovo d'Imola, che fu poi Pio IX, del quale reca notizie inedite

e rievoca memorie patriottiche. Certo la lettura di questo volume

giustifica il pregio e l'interesse dei precedenti e conferma il

favore del pubblico.» (_Il Commercio_ di Milano, 3-4 giugno 1899).

«En deux volumes la maison R. Bemporad et fils de Florence nous

donne une série de conférences très intéressantes sur la vie

italienne pendant le _Risorgimento_. C'est la seconde serie et

l'accueil fait au premier recueil est mérité par celui-ci.

«Le premier volume — Histoire — contient quatre études de: MM.

Bonfadini, Ferrero, Nitti et Masi. Le second volume consacré aux

Lettres, Sciences et Arts, nous offre des articles d'Antonio

Fogazzaro, d'Enrico Panzacchi, d'Arturo Linaker et de Guido

Mazzoni.

«Chacune de ces études mériterait un article special et l'espace

nous incite ù renvoyer le lecteur aux deux volumes, dont chaque

page a une haute valeur littéraire, historique ou philosophique.»

(_L'Italie_, 19 giugno 1899).

Nota del Trascrittore

Ortografia e punteggiatura originali sono state mantenute, così come le

grafie alternative (Monténégro/Monténegro e simili), correggendo senza

annotazione minimi errori tipografici.

La vita Italiana nel Risorgimento (1831-1846), parte 3 Seconda serie - Lettere, scienze e arti · 第 6 / 6 段