Note 276: «Cum ocreæ consutæ essent pannis loricæ.»

Endementres que il le tenoient ainsi et le contraignoient à lever de terre,

il regarda entour luy, si vit venir Arnoul d'Audenarde et aucuns chevaliers

qui forment se hastoient luy secourre; et quant il les vit vers luy venir,

il se laissa couler à terre et fainst qu'il ne se peust ester sur ses piés,

en espérance que cil Arnoul le délivrast. Mais ceux qui entour luy estoient

le frappoient de très grans coups, et le firent par force monter sur un

ronsin; et cil Ernoul et tuit cil qui avec luy estoient fuient pris et

retenus.

Après ce que tuit les chevaliers de la partie furent mors ou pris ou

eschapés par fuite, et tuit cil de la mesnie Othon eurent le champ voidié,

estoient encore enmy le champ sept cens sergens à pié, preux et hardis, nés

de la terre de Brebant[277], que ceux de delà avoient mis par devant eux

pour mur et pour deffense contre la force de leur ennemis. Le roy qui moult

bien les apperceut, envoya contr'eux Thomas de St-Walery, noble chevalier

et digne de louenge.

Note 277: _Nés de la terre de Brebant._ Guillaume le Breton écrit:

_Brabantiones_, et c'est peut-être les _Brebançons_ ou _Coteriaux_,

dont il a voulu parler, plutôt que des guerriers du Brabant.

Cil Thomas avoit en sa route cinquante chevaliers bons et loiaux nés de son

pays, et deux mille sergens à piés. Quant luy et sa gent furent bien

rdenés, il se férirent en eux ainsi comme le lous affamé se fiert entre les

brebis; et jasoit ce que il fust moult travaillié de combatre luy et sa

gent, comme cil qui avoient fait merveilles d'armes en celle journée, il

les desconfist tous et prist, par merveilleuse prouesce. Si avint la chose

qui moult fait à merveilles: car quant il eut nombré toute sa gent après

celle victoire, il n'en trouva défaillant que un seul; et cil fu quis et

trouvé entre les mors. Aux héberges fu aporté et livré aux phisiciens qui

le rendirent sain et haitié en assez pou de temps après.

Le roy ne voult pas que ses gens enchaçassent les fuians plus d'une mille,

pour le péril des trépas mal congneus, et pour la nuit qui approuchoit, et

meismement pour ce que les princes et les riches hommes qui pris estoient

n'eschapassent par aucune aventure, ou qu'il ne fussent ravis et tollus par

force à ceux qui les gardoient; car c'estoit une chose de quoy le roy se

doubtoit moult. Lors sonnèrent trompes et buisines pour donner signe de

retour à ceux qui encore enchaçoient; et quant toutes les compaingnies

furent retournées de l'enchas, il s'en alèrent tous aux heberges à grant

joie et à grant léesce.

Les grandes chroniques de France (4/6 ) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis · 第 159 / 446 题