[Résumé]
En octobre 2004, Google lance la première partie de son programme
Google Print, établi en partenariat avec les éditeurs pour consulter à
l’écran des extraits de livres, puis commander les livres auprès d’une
librairie en ligne. En décembre 2004, Google lance la deuxième partie
de son programme Google Print, cette fois à destination des
bibliothèques, le but étant de numériser 15 millions de livres, à
commencer par ceux des bibliothèques de plusieurs universités
partenaires (Harvard, Stanford, Michigan, Oxford) et de la ville de New
York. La version bêta de Google Print est mise en ligne en mai 2005. En
août 2005, le programme est suspendu pour cause de conflit avec les
associations d'auteurs et d'éditeurs de livres sous droits. Il reprend
en août 2006 sous le nom de Google Books (Google Livres). La
numérisation des fonds de grandes bibliothèques se poursuit, tout comme
le développement de partenariats avec des éditeurs. En octobre 2008,
Google clôt le conflit avec les associations d'auteurs et d'éditeurs en
signant un accord avec eux.
[En détail]
En 2004, le moteur de recherche Google met son expertise au service du
livre. En octobre 2004, Google lance la première partie de son
programme Google Print, établi en partenariat avec les éditeurs pour
consulter à l'écran des extraits de livres, puis commander les livres
auprès d'une librairie en ligne. En décembre 2004, Google lance la
deuxième partie de son programme Google Print, cette fois-ci à
destination des bibliothèques. Il s'agit d'un projet de bibliothèque
numérique de 15 millions de livres, qui consisterait à numériser en
quelques années les livres de plusieurs grandes bibliothèques
partenaires. Les premières bibliothèques participantes sont celles des
universités du Michigan (dans sa totalité: 7 millions d'ouvrages), de
Harvard, de Stanford et d'Oxford, et la New York Public Library. Le
coût estimé se situe entre 150 et 200 millions de dollars US (environ
10 dollars par livre) et la durée prévue est de dix ans. La version
bêta de Google Print est mise en ligne en mai 2005. En août 2005, ce
programme est suspendu pour un temps indéterminé pour cause de conflit
avec les associations d'auteurs et d'éditeurs de livres sous droits. Le
programme reprend en août 2006 sous le nouveau nom de Google Books
(Google Livres).
Google Book Search, le moteur de recherche de Google Books, permet
chercher les livres par date, titre ou éditeur. La numérisation des
fonds de grandes bibliothèques se poursuit, en étant cette fois axée
sur les livres libres de droit, et sur le développement de partenariats
avec les éditeurs qui le souhaitent. Les livres libres de droit sont
consultables à l'écran et leur texte copiable, avec possibilité
d'impression page à page. Ils sont téléchargeables sous forme de
fichiers PDF et imprimables dans leur entier.
A l'exception de la New York Public Library, les bibliothèques
participantes sont des bibliothèques universitaires (Harvard, Stanford,
Michigan, Oxford, California, Virginia, Wisconsin-Madison, Complutense
de Madrid). S’y ajoutent début 2007 les bibliothèques des Universités
de Princeton et du Texas (Austin), ainsi que la Biblioteca de Catalunya
(Catalogne, Espagne) et la Bayerische Staatbibliothek (Bavière,
Allemagne). En mai 2007, Google annonce la participation de la première
bibliothèque francophone, la Bibliothèque cantonale et universitaire
(BCU) de Lausanne (Suisse), rejointe ensuite par la Bibliothèque
municipale de Lyon (France). Google scannerait 3.000 livres par jour,
ce qui représenterait un million de livres par an.
Pour les livres sous droits, Google fournit la fiche du livre et des
extraits incluant les mots-clés recherchés, en invoquant le droit de
citation. De ce fait, le conflit avec les éditeurs et les auteurs se
poursuit lui aussi, puisque Google continue de numériser des livres
sous droits sans l'autorisation préalable des éditeurs, en invoquant là
aussi le droit de citation qu'il procure en aval. L'Authors Guild et
l'Association of American Publishers (AAP) invoquent pour leur part le
non respect de la législation relative au copyright pour attaquer
Google en justice et réitérer leurs plaintes pendant deux ans. Ce
conflit prend fin en octobre 2008 avec la signature d'un accord prévue
en 2009 entre Google et les parties plaignantes.