[Résumé]
Fondé par Michael Hart en juillet 1971 alors qu’il était étudiant à
l’Université d’Illinois (Etats-Unis), le Projet Gutenberg a pour but de
diffuser gratuitement par voie électronique le plus grand nombre
possible d’oeuvres du domaine public. Il est le premier site
d’information sur un internet encore embryonnaire, qui débute
véritablement en 1974 et prend son essor en 1983. Vient ensuite le web
(sous-ensemble de l’internet), opérationnel en 1991, puis le premier
navigateur, qui apparaît en novembre 1993. Lorsque l’utilisation du web
se généralise, le Projet Gutenberg trouve un second souffle et un
rayonnement international. Au fil des ans, des centaines d’oeuvres sont
patiemment numérisées en mode texte par des milliers de volontaires.
D’abord essentiellement anglophones, les collections deviennent peu à
peu multilingues. Le Projet Gutenberg Europe débute en janvier 2004. Le
Projet Gutenberg franchit la barre des 20.000 titres en décembre 2006
et celle des 25.000 titres en avril 2008.
[En détail]
Si le livre imprimé a cinq siècles et demi, le livre numérique n'a pas
encore 40 ans. Il est né avec le Projet Gutenberg, créé en juillet 1971
par Michael Hart pour diffuser gratuitement sous forme électronique les
oeuvres littéraires du domaine public. Site pionnier à tous égards, le
Projet Gutenberg est à la fois le premier site d’information sur un
réseau encore embryonnaire et la première bibliothèque numérique.
Longtemps considéré par ses détracteurs comme totalement irréaliste, le
Projet Gutenberg compte 30.00 titres en novembre 2008, avec des
dizaines de milliers de téléchargements quotidiens. A ce jour, personne
n’a fait mieux pour mettre les classiques de la littérature mondiale à
la disposition de tous, ni pour créer à moindres frais un immense
réseau de volontaires de par le monde, sans gâchis de compétences ni
d’énergie.
Les vingt premières années, Michael Hart numérise lui-même les cent
premiers livres, avec l’aide occasionnelle de telle ou telle personne.
Lorsque l’utilisation du web se généralise au milieu des années 1990,
le projet trouve un second souffle et un rayonnement international.
Tout en continuant de numériser des livres, Michael coordonne désormais
le travail de dizaines puis de centaines de volontaires de par le
monde. Les collections atteignent 1.000 livres en août 1997, 2.000
livres en mai 1999, 3.000 livres en décembre 2000 et 4.000 livres en
octobre 2001.
Trente ans après ses débuts, le Projet Gutenberg fonctionne à plein
régime. La barre des 5.000 livres est franchie en avril 2002, celle des
10.000 livres en octobre 2003, celle des 15.000 livres en janvier 2005,
celle des 20.000 livres en décembre 2006 et celle des 25.000 livres en
avril 2008, avec 340 nouveaux livres par mois, 40 sites miroirs dans de
nombreux pays, plusieurs dizaines de milliers de téléchargements par
jour et des dizaines de milliers de volontaires toutes équipes
confondues.
Qu’ils aient été numérisés il y a trente ans ou qu’ils soient numérisés
maintenant, tous les livres sont numérisés en mode texte, en utilisant
l’ASCII (American standard code for information interchange) original
sur sept bits, avec des règles précises pour le formatage. Grâce à quoi
les textes peuvent être lus sans problème quels que soient la machine,
la plateforme et le logiciel utilisés, y compris sur un PDA ou sur une
tablette de lecture. Libre ensuite à chacun de convertir les livres
dans d'autres formats, après avoir vérifié que les oeuvres sont
également du domaine public dans le pays concerné.
En janvier 2004, le Projet Gutenberg essaime outre-Atlantique avec la
création du Projet Gutenberg Europe. A la mission originelle s’ajoute
le rôle de passerelle entre les langues et les cultures, avec de
nombreuses sections nationales et linguistiques. Tout en conservant la
même ligne de conduite, à savoir la lecture pour tous à moindres frais,
par le biais du texte électronique gratuit, indéfiniment utilisable et
reproductible. Et, dans un deuxième temps, la numérisation de l’image
et du son, dans le même esprit.