Note 979: _Vita Ludovici Pii.--LVIII._

Adont luy respondit le clerc, quant il eut celle estoille veue; aucunes

choses dist et d'aucunes se tut. Et l'empereur qui bien s'en apperceut luy

dit lors: «Une chose y a, dont tu ne parles mie. Car je scay bien que ce

signifie mort de princes et mutacion de règne.» Le clerc luy mist avant

l'authorité du prophète pour lui appaisier, qui dist ainsi: _N'aies paour

des signes du ciel qui les gens espouvantent_[980]. Et l'empereur respondit

par grant sens et par grand fermeté de cuer et de foi: «Nous ne devons,»

dit-il, «nulle riens doubter tant comme celluy qui créa l'estoille. Et

nous-mesmes ne povons pas assez louer né merveiller sa débonnaireté qui

nous daingne admonester par tels signes, pour que nous qui sommes pécheurs

et sans repentance, nous retraions de nos péchés. Et pour ce que ce signe

touche moy et tous les autres, chascun se devroit efforcer de sa vie

amender, que nos péchiés ne nous tollent à avoir sa grace et sa

miséricorde.» Quant il eut ce dit, il demanda le vin[981], si but; et puis

tous les autres. Presque toute celle nuit veilla en prières et en oroisons.

Au matin appella les ministres du palais et leur commanda que l'en donnast

aux moustiers et aux povres, aux moines, aux chanoines et aux autres gens

de religion. Messes fist chanter à tant de prestres comme l'en peut

trouver. Si ne se doubtoit pas tant de luy come de l'estat de Sainte Églyse

qu'il avoit à garder.

Les grandes chroniques de France (2/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis · 第 303 / 316 题