_De la comète qui apparut. Coment l'empereur donna à Charlot, son petit
fis, partie de l'empire, dont les frères furent moult courouciés. Coment il
le couronna. De la complainte du peuple contre le comte Berard. Coment il
donna grant terre à Lothaire, pour ce que il feust garde de son fils
Charlot, et coment Loys ostoia contre son père._
Après ce parlement et ces choses, se départirent tous, et donna l'empereur
congié à ses fils; en chaces de bois se déporta vers le mois de septembre;
vers la Saint-Martin se traist vers la Chapelle pour yverner. Tout cet yver
y demoura et y célébra la sollempnité de Noël et de Paques. [979]Lors
apparut au ciel un signe espouvantable que l'en nomme l'estoille comète; si
dient les astronomiens qu'elle signifie mort de princes. L'empereur qui
l'estudioit volentiers en telles choses, l'apperceut premièrement: tantost
fist venir devant luy deux clercs qui de cel art savoient, et leur demanda
qu'il leur sembloit de ce signe? L'un de ces deux clercs fu celluy qui
ceste histoire escript, si comme il dit là endroit. Lors luy dit le clerc
qu'il attendist la response de luy de ce qu'il demandoit, jusques à
lendemain qu'il auroit mieux l'estoille pourveue et la signification
congnue; et l'empereur cuida, si comme il estoit voir, qu'il ne luy déist
fors pour passer temps et pour ce qu'il avoit paour que il ne feust
contraint à respondre telle chose dont l'empereur fu courroucié. Lors luy
dit: «Va tost sur les murs de ce palais et me saches à dire la vérité de ce
que tu auras veu; car je sai bien que c'est l'estoille et le signe dont
nous avons aucunes fois parlé. Va doncques, et si m'en saches à dire ce
qu'il t'en semblera.»