Note 949: Le latin porte seulement: «Legatio Constantinopolitani
imperatoris.» Cet empereur se nommoit _Théophile_ et non pas
Constantin.
Note 950: _Et Tules_, etc. Le latin porte: «Marcus archiepiscopus
Ephesi, et protospatarius imperatoris.» La charge de protospataire
(premier porte-glaive) répondoit assez bien à celle de _grand
écuyer_, chez nos rois.
Note 951: Le latin ajoute: «Cum multi insimularentur devotionis in
patrem.»
Ainsi jugièrent le preudomme qui pas n'estoit présent, et qui oncques
n'avoit esté oï né convaincu du cas dont ils le jugièrent: et à ce le
contraindrent que luy-meisme se déposa de l'ordre de chevalerie, et mist
ses armes devant l'autel saint Sébastien le martir; et luy firent vestir
une gonne[952] et puis garder comme devant en estroite prison. Après se
départit le parlement droit à la feste Saint-Martin; si repaira chascun en
sa contrée dolent et triste de ce qu'il estoit avenu à l'empereur. Et tout
l'empire et tout le royaume de France en grant tumulte et en grant esmay.
Le peuple de France et de Bourgoingne, d'Acquitaine et d'Alemagne
s'assemblèrent, chascun en sa contrée, et se complaignoient ensemble de la
honte et des griefs que l'en faisoit à l'empereur.
Note 952: _Gonne._ Robe longue. Variante du manuscrit 8299. _Coulle:_
du latin _cucullus_. «Pullaque indutum veste.»
Guillaume le connestable de France et le conte Egebart travailloient moult
à ce que l'empereur feust restabli. Tous ceulx qu'ils savoient de ceste
volonté alioient ensemble; les contes Berart et Guérin refaisoient ainsi en
Bourgoigne. Le peuple faisoient assembler et les attraioient à cest accort,
les uns par promesses, les autres par beaux admonnestemens, et les autres
lioient par seremens. Loys l'un des fils l'empereur qui jà estoit tourné
devers son père, et qui lors demouroit en Alemaigne, et l'évesque de Mez,
Dreues, qui frère estoit l'empereur, et mains autres qui là s'en estoient
fouis, envoièrent le conte Huon[953] en Acquitaine à Pepin, l'autre frère,
pour l'attraire à leur partie.
Note 953: _Le comte Huon._ Le latin édité porte: «Hugo abbas.»
C'étoit l'abbé de Saint-Quentin, fils de Charlemagne et frère de
Dreues de Metz aussi bien que de l'empereur.
[954]Quant l'yver fu trespassé et la nouvelle saison fu revenue, Lothaire
prist son père et se partit d'Ais, et mut à venir droit à Paris. Parmi la
terre de Hasbain trespassa, et fist assavoir à tous ceulx qu'il cuidoit que
l'amassent qu'ils venissent encontre luy à Paris. Mais le conte Egebart et
les autres barons de celle contrée avoient tandis assemblé grans gens.
Contre Lothaire s'en alèrent pour délivrer l'empereur; si eussent
encommencié ce qu'ils avoient en propos, mais l'empereur qui ce sceut
regarda le peuple et le péril de luy et des autres, et fist tant à quelque
paine qu'ils n'en firent plus.