ANNEE: 833.

_Coment tout le peuple se tourna devers ses fils, et de la déception

l'apostole. Coment ses fils le prindrent luy et sa femme et Charlot son

petit fils. Coment ils despartirent le royaume; de la complainte que il

fait de ses fils; puis coment il gaba le serjant qui le gardoit à

Saint-Maard de Soissons._

[934]L'ennemi contraire à tout bien et à toute paix ne cessoit, chascun

jour, de troubler la sainte pensée de l'empereur par ses menistres, qui

firent entendant à ses fils qu'il les vouloit trahir et déshériter. Si ne

regardoient mie à ce qu'il estoit si débonnaire et si humain à toutes gens,

neis[935] à ceulx qui avoient sa mort jurée, comme luy-meisme savoit bien;

coment donc pouvoit ce estre qu'il feist cruaulté né traïson vers ses

enfans? Mais pour ce que mauvaises parolles corrumpent bonnes meurs, et la

goute d'eaue qui chéit continuellement cave la pierre dure, il advint aussi

que les menistres du diable pourchacièrent tant qu'ils assemblèrent tous

ses fils à tant comme ils purent avoir de gens, chascun endroit soy. Et

l'apostole Grégoire firent aussi venir par malice sous la couleur de pitié,

ainsi comme pour mettre paix, sé il peust, entre l'empereur et ses enfans.

Mais la vérité fu après apperceue. D'autre part vint l'empereur à Garmaise

à grant ost. Là demoura grant pièce pour luy conseiller et aviser qu'il

feroit. A la parfin, envoia à ses fils l'évesque Bernart[936] et autres

messages, et leur mandoit qu'ils venissent à luy comme fils devoient venir

à père.

Les grandes chroniques de France (2/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis · 第 284 / 316 题