Note 850: La forest de _Vouge_. «Vosagi lustra.» Ce sont plutôt les
monts des Vosges.
En cette voie lui fu compté comment Bernart son nepveu, le roi de
Lombardie, qui par luy avoit esté couronné, au temps le roy Charlemaines
son père, s'estoit tourné contre luy par le conseil d'aucuns traiteurs. Et
si s'estoient à luy aliés et jurés tous les princes des cités du règne de
Lombardie, et jà avoient mis garnisons ès destrois des montaignes et à
toutes les entrées de la terre.
Quant l'empereur sceut certainement la vérité, par le tesmoingnage Suppone
et l'évesque Rathal, il assembla ses osts moult efforciement de toutes les
parties de France et d'Alemaigne; au plus hastivement qu'il put mut et vint
jusques à la cité de Chalon. Mais Bernart qui bien vit qu'il ne pourroit
durer envers luy à la parfin né à bonne fin venir de cette besoingne (car
plusieurs de ceulx qui s'estoient à luy aliés luy failloient), du tout
chaït en désespérance. Les armes mist jus et vint à l'empereur, à ses piés
se laissa chéoir et luy regehi[851] qu'il s'estoit vers luy meffait. A
l'exemple de luy firent tons les autres. Tous désarmés vindrent avant et se
mistrent haut et bas en sa merci et en son jugement, et recongnurent à la
première fois toute la traïson, et par quel ennortement et comment et
à quelle fin ils béoient à en venir.
Note 851: _Regehi._ Confessa.
De ceste traïson furent principaulx Egidion, que l'empereur cuidoit son ami
especial, et Renier, qui conte eut esté du palais, au temps de Charlemaines
son père, fils le conte Mehenier; et Reginal, prevost et chambellen de la
chambre le roy. Si n'estoient pas seuls en ce cas; ains avoient plusieurs
compaignons et clers et lais. Des clers fu l'un, Anselm, arcevesque de
Millan, Volfouth, évesque de Tremoigne[852], et Theodulphe, évesque
d'Orléans. Quant la traïson fut plaineinent descouverte et les traiteurs
furent mis en prison, l'empereur s'en repaira pour yverner à
Ais-la-Chapelle, si comme il avoit proposé devant.
Note 852: _Tremoigne._ Pour Cremone.