Note 516: _Et si clers que etc._ Cette circonstance n'est pas
mentionnée dans Eginhard. Quant à son nez, le biographe se contente
de dire: «Naso paululùm mediocritatem excedente.» Ces deux derniers
mots ont trompé le traducteur.--_Brune chevelure_--«Canitie pulchrâ.»
Note 517: La fin de cet alinéa n'est pas dans Eginhard.
En estant et en séant, estoit personne de grant authorité, jasoit ce qu'il
eust le chief un pou mendre que droit, et le ventre plus gros; mais la
droite mesure et la bonne disposicion des autres membres celoit ce qui là
messéant estoit. Fier estoit en alant; bien sembloit grant homme et noble
en toutes manières; clere voix avoit et plus clere ce sembloit qu'il
n'appartenoit à son corsage.
Tousjours fu santéis[518], fors en tour quatre ans avant qu'il mourust.
Lors le commencièrent à prendre fièvres et autres maladies et à la parfin
clocha-il d'un pié. Dès-lors commença-il à user de son conseil plus que de
celuy aux phisiciens; [519]si fu dommage, car il en mourut ains ses jours.
Aussi comme contre cuer les avoit, pource qu'ils luy faisoient mengier
chairs cuites en eaue et luy deffendoient les rostis qu'il mengeoit
volentiers, comme il avoit tousjours accoustumé.
Note 518: _Santéis_, en santé.
Note 519: _Si fu domage._ Cette réflexion bienveillante pour les
médecins n'est pas d'Eginhard.
Acoustumement chevauchoit en chasçant en bois, selon la coustume des
François, car à paine est-il nacion qui autant en sache. En bains chaus
naturelement se déduisoit, [520]et noioit mieulx que nul autre ne feist.
Et, tout pour ce, fist-il faire une sale et uns bains à Ais-la-Chapelle, où
il demoura jusques à la fin de sa vie. Et ses fils faisoit baingner
avecques luy et non mie seulement ses fils, mais ses barons et ses princes;
et aucunes fois grant tourbe des sergens qui le gardoient; si que ils
estoient bien cent ou plus telle fois avecques lui. [521]De robes se
vestoit à la manière de France. Emprès sa char usoit de chemises et de
famulaires de lin[522]: par dessus vestoit une cote ourlée de soie,
chausses et soulliés estrois chausçoit. En yver, vestoit un garnement
fourré de piaus de loutre ou de martre. Tousjours avoit l'espée ceinte,
dont le pomiaus estoit d'or ou d'argent, et le baudrié d'un tissu de soie.
Si en ceignoit deux[523], mesmement ès haultes festes et quant il venoit
messages d'estranges terres. Estranges manières de robes tant feussent
belles ne voult oncques vestir, fors une fois tant seulement qu'il vestit
une cote et un mantel à la guise de Romme à la prière l'apostole Adrien.
Mais aux grans festes solenneles avoit un garnement tissu à or et solliers
à pierres précieuses. Aux autres jours avoit petit de différence entre son
habit et l'habit commun du peuple[524].
Note 520: _Noioit._ Nageoit.