[Note 2: M. de la Touche, qui a chanté en beaux vers et décrit en

noble prose les grâces et les grandeurs des sites du Berry et de la

Marche.]

Car, après tout, le croissant n'a rien d'essentiellement turc, et on le

trouve sur les écussons d'une foule de familles nobles en France. La

famille des Villelune, aujourd'hui éteinte, et qui a possédé grand

nombre de fiefs en Berry, avait des croissants pour blason. Ainsi nous

avons cherché, et il reste à trouver: c'est le dernier mot à des

questions bien plus graves.

À deux lieues de Boussac, à travers des sentiers de sable fin semé de

rochers, et souvent perdus dans la bruyère, on arrive aux pierres

Jomâtres, ou _Jo-math_, comme disent nos savants, ou _Jomares_, comme

disent les rustiques. C'est un véritable cromlech gaulois, dont j'ai

peut-être beaucoup trop parlé dans un roman intitulé _Jeanne_, mais que

l'on peut toujours explorer avec intérêt, qu'on soit artiste ou savant.

Le lieu est austère, découvert et imposant, sous un ciel vaste et jeté

au sein d'une nature pâle et dépouillée qui a un grand cachet de

solitude et de tristesse.

V

LES BORDS DE LA CREUSE

L'histoire des manoirs féodaux des bords de la Creuse n'offre, durant

tout le moyen âge, qu'un série de petites guerres de voisin à voisin,

et l'on pourrait dire de cousin à cousin. Il ne paraît pas que ces

turbulents hobereaux aient pris souvent parti dans les grandes guerres

civiles qui désolaient la France. Leurs exploits se tournaient vers les

croisades, où plusieurs ont acquis du renom et dépensé leur bien.

Aussitôt rentrés chez eux, ils n'avaient plus pour aliment à leur

activité que les procès, presque toujours dénoués à main armée. Ils se

mariaient dans le pays, c'est-à-dire que toutes les familles nobles

étaient assez étroitement alliées les unes aux autres; mais il ne paraît

pas que ce fût une raison pour s'entendre. Il n'est guère de succession

qui n'ait donné lieu à des querelles, à des combats et à des assauts

plus ou moins meurtriers.

Il résulte de la petitesse des intérêts personnels qui se sont débattus

dans ces romantiques demeures, que l'histoire des châtellenies

berruyères et marchoises, bien que très-agitée, est sans attrait réel.

Quelques épisodes comiques, quelques discussions et conventions bizarres

entre les couvents et les châteaux, à propos de redevances et de dîmes

contestées, viennent seuls rompre la monotonie de ces éternelles

escarmouches.

Après la féodalité, les vieilles forteresses prennent parti dans les

guerres de religion, mais presque toujours avec un caractère de

personnalité fort étroit. C'est pourquoi l'on peut dire que nul pays n'a

moins d'histoire que le bas Berry. Le dernier siége que soutint le vieux

manoir de Gargilesse fut livré contre un partisan du grand Condé.

L'affaire dura vingt-quatre heures; un gendarme y fut blessé, la petite

garnison se rendit _faute de vivres_. La puissance des hobereaux s'en

allait pièce à pièce devant les idées et les besoins d'unité que

Richelieu avait semés, et que les orgies de la Fronde ne pouvaient

étouffer, comme leurs vieilles forteresses s'en allaient pierre à pierre

devant les ressources nouvelles de l'artillerie de campagne. Richelieu

avait décrété et commencé la destruction de tous ces nids de vautours;

Louis XIV l'acheva.

Ce qui n'a pas du tout d'histoire, c'est le rivage agreste de cette

partie de la Creuse encaissée entre deux murailles de micaschiste et de

granit, depuis les rochers Martin jusqu'aux ruines de Châteaubrun. Là

n'existe aucune voie de communication qui ait pu servir aux petites

années des anciens seigneurs. Le torrent capricieux et tortueux, trop

hérissé de rochers quand les eaux sont basses, trop impétueux quand

elles s'engouffrent dans leurs talus escarpés, n'a jamais été navigable.

On peut donc s'y promener à l'abri de ces réflexions, tristes et

humiliantes pour la nature humaine, que font naître la plupart des lieux

_à souvenirs_. Ces petits sentiers, tantôt si charmants quand ils se

déroulent sur le sable fin du rivage ou parmi les grandes herbes

odorantes des prairies, tantôt si rudes quand il faut les chercher de

roche en roche dans un chaos d'écroulements pittoresques, n'ont été

tracés que par les petits pieds des troupeaux et de leurs _pâtours_.

C'est une Arcadie, dans toute la force du mot.

Si l'on suit la Creuse jusqu'à Croyent, où elle est encore plus

encaissée et plus fortifiée par les rochers en aiguille, on en a pour

une journée de marche dans ce désert enchanté. Une journée d'Arcadie au

coeur de la France, c'est tout ce que l'on peut demander au temps où

nous vivons.

Mais, quand nous disons _ce désert_, c'est dans un sens que nous

devrions nous reprocher comme trop aristocratique, car ce pays est

fréquenté par une population de pêcheurs, de meuniers et de gardeurs de

troupeaux. Mais c'est assez l'habitude des gens qui ont la prétention

d'appartenir à la civilisation, de se croire seuls quand ils n'ont

affaire qu'à des esprits rustiques, étrangers à leurs préoccupations.

Sans dédaigner en aucune façon ces êtres naïfs, et très-souvent

excellents, on peut cependant dire avec quelque raison qu'ils font

partie de la nature vierge qui leur sert de cadre. Ils ont pour nous le

mérite de ne rien déranger à son harmonie et de ne pas voir au delà de

ses étroits horizons. On n'a pas à craindre qu'ils ne racontent la

légende du manoir dont les ruines se dressent au sommet de leurs

collines. Ils l'ont si bien oubliée, qu'ils s'étonnent d'une question à

ce sujet. Ils ont un mot qui résume pour eux toute l'histoire du monde;

ce mot, c'est _dans les temps_, mot vague et mystérieux, qui couvre pour

eux un abîme impénétrable, inutile à creuser, «Cet endroit a été habité

_dans les temps.--Dans les temps_, on dit qu'il s'y est fait du

mal.--Il paraît que, _dans les temps_, le monde se battait toujours.»

N'en demandez pas davantage: le pourquoi et le comment n'existent pas.

On est donc très-étonné de trouver quelquefois, chez cet homme rustique,

une certaine préoccupation et une certaine notion, que l'on pourrait

appeler divinatoire, des événements primitifs dont la terre a été le

théâtre et dont l'homme n'a pas été le témoin. Le paysan se demande

quelquefois la cause de ces formes capricieuses et de ces accidents

pittoresques qui tourmentent le sol sous ses pas. Il vous dit que le feu

a tout cuit dans la terre, et que les pierres ont poussé, _dans les

temps_, comme poussent maintenant les arbres; notion très-juste, à coup

sûr, dans une région qui porte la trace de soulèvements considérables.

D'où vient cette tradition dans des esprits complètement incultes? Du

raisonnement et de la comparaison. On se tromperait bien si l'on

supposait que le paysan ne réfléchit pas. Il rêve plus qu'il ne pense,

il est vrai; mais sa rêverie est pleine de hardiesses d'autant plus

ingénieuses qu'elles ne sont pas entravées par les notions d'autrui.

Si une race d'hommes mérite le bonheur, c'est à coup sûr la race

agricole. Ce bonheur serait si peu exigeant! Quand on regarde la

frugalité de ses habitudes et que l'on écoute ses plaintes, on s'étonne

du peu qu'il faudrait pour satisfaire l'ambition du paysan: celui-ci

rêve de deux vaches qu'il pourrait mettre dans son pré; celui-là, d'un

bout de pré qui suffirait à ses deux vaches. On a tort de croire que

rien ne contenterait l'avidité croissante du paysan. Il ne désire

généralement que ce qu'il peut cultiver lui-même: si, par exception, son

esprit s'inquiète des besoins de la civilisation, il s'en va, il cesse

d'être paysan.

Le fait d'une haute sagesse économique serait d'entretenir chez le

paysan cet amour de la terre et du chez soi, auquel il renonce avec tant

de répugnance ou par suite d'instincts tellement exceptionnels.

Quels services ne rend-il pas, en effet, à la société, cet homme sobre

et patient que rien ne rebute, et qui porte l'effort constant de sa vie

dans des solitudes où nul autre que lui ne voudrait planter sa tente?

Rien ne le rebute dans cette tâche d'isolement et de labeur. Donnez-lui

ou confiez-lui à de bonnes conditions un peu de terre, fût-ce sur la

cime d'un rocher ou sur le bord d'un torrent dévastateur, il trouvera

moyen de s'y installer. Il ne vous demandera ni chemin, ni vastes

établissements, ni dépenses sérieuses. Acclimaté et habitué à tous les

inconvénients de la région où il est né, il persiste à travailler et à

vivre quelquefois dans des conditions devant lesquelles reculeraient des

colonies amenées à grands frais. Les grandes découvertes modernes de

l'agriculture, les machines et le drainage, ne sont applicables qu'aux

plaines. Dans les régions accidentées où les transports ne se font qu'à

dos de mulet, la bêche, c'est-à-dire le bras de l'homme, peut seul tirer

parti de ces précieux filons de terre extrafine qui glissent et

s'accumulent dans les intervalles des rochers. Qui de nous voudrait se

charger de disputer, sa vie durant, ce terreau à la roche qui l'enserre,

et d'habiter cette chaumière isolée au bord du précipice? Le paysan s'y

plaît cependant, hiver comme été; il s'y acharne contre l'eau fougueuse

et la pierre obstinée! Creuser et briser, voilà toute sa vie. C'est une

vie d'ermite, c'est un travail de castor. Cet homme aurait le droit

d'être sauvage. Loin de là, il est doux, hospitalier, enjoué; il prend

en amitié le passant qui regarde son labeur et admire sa montagne. Ce

que nous disons là ne s'applique pas en particulier aux bords de la

Creuse, qui ne sont que des gorges profondes, sillonnant de vastes

plateaux fertiles et praticables; mais, si nous avons raison

relativement à d'étroits espaces dont le paysan sait, à force de

patience, utiliser les escarpements, combien notre sollicitude ne

doit-elle pas s'étendre à des populations entières, oubliées et perdues

dans les montagnes arides qui sillonnent d'autres parties de la France!

GARGILESSE

Grâce à une bonne tendance générale, les artistes et les poëtes

commencent à savoir et à dire que la France est un des plus beaux pays

du monde, et qu'il n'est pas nécessaire, comme on l'a cru trop longtemps

et comme la mode le prétend encore, de franchir les Alpes pour trouver

la nature belle et le ciel doux. Si, comme toutes les vastes contrées,

la France a de vastes espaces encore incultes et frappés d'une apparente

stérilité, ou des plaines uniformes fatigantes de richesses matérielles

pour l'oeil du voyageur désintéressé, elle a aussi, dans les plis de ses

montagnes, dans le mouvement de ses collines, et dans les sinuosités de

ses rivières, des grandeurs réelles, des oasis délicieuses et des

paysages enchantés. Tout le monde connaît maintenant les endroits

pittoresques fréquentés par les savants et les artistes, l'âpre

caractère des sites bretons, les splendeurs étranges du Dauphiné, les

riants jardins de Touraine, et les volcans d'Auvergne, et les herbages

splendides de Normandie, etc.

Le centre de la France est moins connu et moins fréquenté. Le Berry, le

Bourbonnais et la Marche sont comme des noyaux qui envoient le

rayonnement et ne le reçoivent pas. Une partie de ces populations

émigre, et rien n'attire vers elles. Bourges, la ville centrale de la

nationalité française, est une ville morte, sans activité expansive,

sans autre individualité que la force d'inertie qui caractérise les

vieux Berruyers. Il ne semble pas qu'un point central puisse être un

point d'isolement. Il en est pourtant ainsi. La stagnation des habitudes

et des idées est remarquable dans cette ancienne métropole et dans les

populations environnantes.

À part les monuments de Bourges, qui sont d'un grand intérêt, nous ne

conseillerons d'ailleurs à personne d'aller chercher par là les délices

de la promenade. Si l'on traverse le Berry, il faudra éviter aussi le

navrant pays de Brenne et les froides plaines d'Issoudun et de

Châteauroux. Ceux qui voyagent en poste ou en wagon ne verront jamais

de cette région que ce qu'elle a de morne et de stupéfiant. Pourtant, si

l'on se dirige en chemin de fer jusqu'à Argenton, et que l'on veuille

descendre, en voiture ou à cheval, le cours de la Creuse pendant deux

lieues, on arrivera dans cette partie du bas Berry où il faut

nécessairement aller à pied ou à âne, mais dont le charme vous dédommage

amplement des petites fatigues de la promenade.

C'est une gentille et mignonne Suisse qui se creuse tout à coup sous vos

pieds, quand vous avez descendu deux ou trois amphithéâtres de collines

douces et d'un large contour. Vous vous trouvez alors en face d'une

déchirure profonde, revêtue de roches micaschisteuses d'une forme et

d'une couleur charmantes; au fond de cette gorge coule un torrent

furieux en hiver, un miroir tranquille en été: c'est la Creuse, où se

déverse un torrent plus petit, mais pas beaucoup plus sage à la saison

des pluies, et non moins délicieux quand viennent les beaux jours. Cet

affluent, c'est la Gargilesse, un bijou de torrent jeté dans des roches

et dans des ravines où il faut nécessairement aller chercher ses grâces

et ses beautés avec un peu de peine.

Depuis quelques années, le petit village de Gargilesse, situé près du

confluent de ces eaux courantes, est devenu le rendez-vous, le

Fontainebleau de quelques artistes bien avisés. Il en attirera

certainement peu à peu beaucoup d'autres, car il le mérite bien. C'est

un nid sous la verdure, protégé des vents froids par des masses de

rochers et des aspérités de terrain fertile et doucement tourmenté. Des

ruisseaux d'eau vive, une vingtaine de sources, y baignent le pied des

maisons et y entretiennent la verdeur plantureuse des enclos.

Quelque rustiquement bâti que soit ce village, son vieux château perché

sur le ravin et son église romane d'un très beau style, fraîchement

réparée par les soins du gouvernement, lui donnent un aspect confortable

et seigneurial. La fertilité du pays, la rivière poissonneuse,

l'abondance de vaches laitières et de volailles à bon marché, assurent

une nourriture saine au voyageur. Les gîtes propres sont encore rares;

mais les habitants, naturellement hospitaliers et obligeants,

commencent à s'arranger pour accueillir convenablement leurs hôtes.

Une fois installé chez ces braves gens, on n'a que l'embarras du choix

pour les promenades intéressantes et délicieuses. En remontant le cours

de la Creuse par des sentiers pittoresques, on trouve, à chaque pas, un

site enchanteur ou solennel. Tantôt le _rocher du Moine_, grand prisme à

formes basaltiques, qui se mire dans des eaux paisibles; tantôt le _roc

des Cerisiers_, découpure grandiose qui surplombe le torrent et que l'on

ne franchit pas sans peine quand les eaux sont grosses.

Ces rivages riants ou superbes vous conduisent à la colline escarpée où

se dresse l'imposante ruine de Chateaubrun. Son enceinte est encore

entière, et vous trouvez là une solitude absolue. Ce serait l'idéal du

silence, sans les cris aigus des oiseaux de proie et le murmure des

cascades de la Creuse.

Toute cette région jouit d'une température exceptionnelle, et

particulièrement le village de Gargilesse, bâti, comme nous l'avons dit,

dans un pli du ravin et abrité de tous côtés par plusieurs étages de

collines. La présence de certains papillons et de certains lépidoptères

qui ne se rencontrent, en France, qu'aux bords de la Méditerranée, est

une preuve frappante de cette anomalie de climat, enfermée pour ainsi

dire sur un espace de quelques lieues, dans le ravin formé par la

Creuse. C'est comme une serre chaude au milieu des plateaux élevés et

froids qui unissent le bas Berry à la Marche; et c'est ici le lieu de

dire que la France manque d'une statistique des localités salubres et

bienfaisantes qu'elle renferme à l'insu de la Faculté de médecine. On

n'a encore trouvé rien de mieux à conseiller aux personnes menacées de

phthisie, que le littoral piémontais, où les riches seuls peuvent se

réfugier, et où il n'est pas prouvé que l'air salin de la mer, engouffré

dans la corniche des hautes montagnes, ne soit pas beaucoup trop violent

pour les poitrines délicates.

Jusqu'à présent, les antiquaires, les naturalistes et les peintres ont

seuls la bonne fortune et le bon esprit de pénétrer dans ces oasis dont

nous parlons et dont nous pouvons signaler au moins une dans le rayon

de nos promenades. Combien ne découvrirait-on pas de ces abris naturels

dans les différentes provinces! Est-ce qu'un voyage médical entrepris

dans ce but par une commission compétente, et devant amener

l'établissement de maisons de santé sur un grand nombre de points de

notre territoire, ne serait pas digne de l'attention du gouvernement? Ce

serait une source de bien-être pour ces petites populations, en même

temps qu'une immense économie pour les familles médiocrement aisées qui

demandent, pour un de leurs membres languissant et menacé, un refuge

contre nos rigoureux hivers. Il faut, nécessairement que ce refuge soit

à leur portée, et certainement chaque province, chaque département

peut-être, en renferme au moins un. Mais qui le sait ou qui le remarque?

Il faudrait le trouver et le signaler. L'expérience seule des habitants

et des proches voisins les initie à ce bienfait qu'ils ne proclament

pas, la plupart ignorant peut-être qu'à quelques lieues de leur clocher

le climat change et la vigne gèle, tandis que chez eux elle fleurit et

prospère. Nous avons remarqué qu'à Gargilesse on était, cette année, en

avance de quinze jours, pour la fauchaille de la moisson, sur des

localités situées à très-peu de distance. Quinze jours, c'est énorme;

c'est la différence de Florence à Paris. Et, si nous parlons de

l'Italie, nous ferons remarquer que, dans presque toutes ses villes

renommées et recherchées, il faut payer un tribut souvent grave,

quelquefois mortel, à l'insalubrité ou à l'excitation du climat. Le

voyage, long ou rapide, produit chez les malades, ou une fatigue

funeste, ou une secousse de trop brusque transition, où les nerfs

s'exaltent. Les accès de fièvre de Rome et de Venise sont terribles. Ce

qu'on appelle la distraction du déplacement, c'est-à-dire l'émotion et

l'agitation, n'est un remède que pour ceux qui ont la force de le

supporter. Et, en effet, au physique comme au moral, il n'y a que les

natures énergiques qui supportent la transplantation et qui se

retrempent en changeant de milieu.

C'est donc risquer le tout pour le tout que d'envoyer les malades en

Italie. Il faudrait trouver l'Italie à la porte de chaque ville de

France, et elle y est, nous en sommes certain. À le bien prendre,

l'Italie, c'est-à-dire ce que nous nous imaginons de l'Italie, comme

saveur et beauté de climat, est loin d'être partout sur le sol de la

Péninsule. On peut même affirmer que, dans cette longue chaîne de

montagnes entre deux mers qui forme son territoire, il faut beaucoup

chercher pour trouver une exposition qui ne soit ou très-froide, ou

brûlée d'un soleil dévorant. Nous avons de ces inégalités de température

en France; raison de plus pour chercher, sur un espace bien autrement

vaste et assani par la culture, les sites heureux où règnent les

bénignes influences, la facilité des transports, la vie à bon marché, et

le grand avantage d'être à proximité de ses devoirs et de ses

affections.

FIN

TABLE

PROMENADES AUTOUR D'UN VILLAGE

BERRY.-- I. Moeurs et Coutumes

-- -- II. Les Visions de la nuit dans les campagnes

-- -- III. Les Tapisseries du château de Boussac

-- -- IV. Les bords de la Creuse

-- -- V. Gargilesse

End of Project Gutenberg's Promenades autour d'un village, by George Sand

Promenades autour d'un village · 第 10 / 10 段