LETTRE XXVII.

_Madame de Blamont à Valcour_.

Vertfeuil, ce 28 septembre.

Que de variations! que de choses! il semble que le ciel ne m'ait donné

un coeur sensible que pour l'éprouver par les plus rudes combats.... Je

serais bien plus heureuse si je ne sentais rien. Que je suis loin de

croire à présent qu'une âme tendre soit un des plus beaux dons de la

nature; elle ne nous l'a donnée que pour notre tourment.... Que dis-je?

et quel blasphème osais-je proférer! N'est-ce pas une injustice à moi,

que de prétendre à un bonheur sans mélange? En existe-t-il sous le

ciel?... La chose du monde la plus simple, est d'être née pour les

revers. Ne sommes-nous pas ici-bas, comme des joueurs autour d'une

table?... La fortune favorise-t-elle tous ceux qui s'y trouvent? et de

quel droit osent l'accuser ceux qui sèment leur or, au-lieu d'en

recueillir? Il y a une somme à-peu-près égale de biens ou de maux,

suspendue sur nos têtes, par la main même de l'Eternel; mais il est

indifférent sur qui elle tombe; je pouvais être heureuse, comme je suis

infortunée; c'est l'affaire du hasard, et le plus grand de tous les

torts est de se plaindre.... Eh! s'imagine-t-on d'ailleurs qu'il n'y ait

pas quelque jouissance ... même dans l'excès du malheur; à force

d'aiguiser notre âme, il en augmente la sensibilité; ses impressions sur

elle, en développant d'une manière plus énergique toutes les manières de

sentir, lui font éprouver des plaisirs inconnus à ces êtres froids,

assez malheureux pour n'avoir jamais vécu que dans le calme et dans la

prospérité; il y a des larmes si douces dans nos situations, ces momens,

mon ami, ces instans délicieux, où l'on fuit l'univers, où l'on

s'enfonce dans un autre obscur, ou dans le plus épais d'un bois pour y

pleurer tout à son aise ... ou l'on se replie sous tous les sens de son

malheur, ou l'on se rappelle tout ce qui l'agrave, ou l'on prévoit tout

ce qui va l'accroître, ou l'on s'en abreuve, ou l'on s'en repaît.... Ces

tendres souvenirs des jours de notre enfance, où l'on ne les connaissait

point encore, ces longues et pénibles réminiscences sur les divers

événemens qui nous y ont plongé, ces sombres craintes de le sentir nous

accompagner jusqu'à la mort ... de voir ouvrir notre cercueil par les

mains livides de l'infortune ... et près de tout cela, cet espoir si

doux d'un Dieu consolateur, aux pieds duquel vont se sécher nos larmes,

et commencer toutes nos joies ... quoi, mon ami, tout cela ne sont pas

des voluptés? Ah! ce sont celles d'une âme douce; ce sont celles d'un

coeur délicat; laissez-moi-les goûter un instant avec vous.

Sacrifiée bien jeune[8] à un époux qui n'avait rien pour me plaire, et

que je connaissais à peine[9], je n'en formai pas moins, dans le fond

de mon âme, le plan des plus rigoureux devoirs.... Dieu sait si je les

enfreignis jamais ... Je vis mes égards payés par des duretés, mes

attentions par des brusqueries, ma fidélité par des crimes, ma

soumission par des horreurs.

Hélas! je me crus seule coupable; je ne m'en pris qu'à moi de n'être pas

aimée, malgré les louanges dont j'étais enivrées chaque jour; j'aimais

mieux me croire des défauts ou des torts, que de supposer mon époux

injuste: et contente d'avoir obtenu dans mon sein des preuves de son

estime, si ce n'en était pas de son amour, tous mes sentimens se

portèrent dès-lors sur ces gages sacrés.... Eh bien! me disais-je, je

serai l'amie de mes enfans, puisque je n'ai pas été assez heureuse pour

être celle de mon époux; ils me consoleront de ses duretés, et je

trouverai dans leurs bras la félicité qu'on m'enlève. Que de projets ne

formé-je pas dès-lors pour la leur! je n'apaisais mes maux que par ces

idées; elles seules parvenaient à fermer mes paupières, je ne

m'endormais paisiblement qu'avec elles.... Je ne voyais plus de revers

dès que je croyais avoir trouvé ce qui devait rendre heureux mes enfans.

Le ciel ne voulait pas, mon ami, que ce fût encore là pour moi la source

du bonheur; j'eus deux filles, l'une m'est ravie au berceau; je la

retrouve quand je ne peux jamais la revoir.... On veut que l'autre soit

aussi malheureuse que moi; et qui ... qui m'assaillit de tous ces maux?

qui me fait avaler, jusqu'à la lie, la coupe amère de l'infortune? celui

que j'ai toujours respecté ... chéri; celui que l'on m'avait donné pour

être le soutien de mes jours, et qui n'en a jamais été que le

destructeur ... celui qui s'est tout permis envers moi ... envers moi

qui aurais mieux aimé perdre la vie que de lui manquer en quoi que ce

fût.... Celui que je regardais comme mon père après la perte du mien....

Comme mon ami ... comme mon époux, et qui n'était que mon tyran et mon

persécuteur.

Allons, je me tais, Valcour.... Je me tais, vous pleurez en me lisant,

je le vois, je veux bien mêler mes larmes aux vôtres, mon ami, mais je

ne veux pas vous en faire répandre que ma main ne puisse essuyer.... Oh!

comme nous eussions été heureux cependant .... Vous ... Mon Aline.... Et

moi, quels jours sereins et purs eussent été filés pour tous trois....

Avec quel calme je serai arrivée près de vous, aux bornes de ma vie! ma

vieillesse n'eut été qu'un printemps, les yeux fermés par la tendre main

de l'amitié, je me serais plongée dans le cercueil avec la tranquillité

du bonheur, au lieu de cela j'y descendrai seule, nul ami ne daignera

m'y soutenir, je n'en aurai plus au bord de mon tombeau.... Eh bien!

voyez comme je retombe malgré tout dans le sombre que je veux éviter....

Non ... j'arrêterais en vain la source de mes pleurs, elles coulent

malgré moi.... Mille nouvelles idées me tourmentent.... Si vous êtes

malheureux, c'est ma faute, je ne devais pas laisser naître en vous une

passion que je ne pouvais couronner; je ne devais vous laisser connaître

ni Aline, ni sa triste mère; aujourd'hui nous aurions tous bien des

chagrins de moins, et l'on ne se console jamais de ceux qu'on donne aux

autres.... Mais tout n'est pas désespéré; non Valcour, tout ne l'est

pas, recevez encore un peu d'espoir de votre bonne et sincère amie, de

celle qui désirerait avec tant d'ardeur, mériter ce titre avec vous....

Non Valcour, tout n'est pas perdu.... Ce barbare époux peut réfléchir,

ce monstre qui le suit partout, et qui vous persécute avec tant de

furie, sentira peut-être qu'aucuns des plaisirs qu'il espère ne peuvent

se rencontrer avec celle qui n'a pour lui que de la haine; j'ai besoin

de le penser et de le croire; l'illusion est à l'infortune, comme le

miel dont en frotte les bords du vase rempli de l'absinthe salutaire

présentée à l'enfant, on le trompe, mais l'erreur est douce.

Comme il m'a abusé cet homme.... Je le croyais, on se livre si vite à ce

qu'on désire! le malheureux qui fait naufrage saisit avec tant

d'empressement le bras qu'on lui tend pour le sauver.... Peut-il

imaginer que c'est pour le repousser dans l'abyme!... Hélas! vous avez

bien raison, il me trompait autant qu'il était en lui, il devait croire

Sophie, sa fille, rien ne pouvait l'en dissuader, et ce n'est pas dans

de tels coeurs que la nature fait des miracles.... Il la croyait telle,

et il jurait qu'elle ne l'était pas, le crime est donc dans son entier,

et ce que j'ai obtenu de sa fausseté, n'est donc plus que le fruit de sa

honte.... Ce sentiment mène au dépit, et le dépit a tout dans de telles

âmes.... Quoiqu'il en soit j'ai des parens, je n'en suis point

abandonnée.... Je me jetterai dans leurs bras, ils me sauveront, je les

implorerai pour mon Aline et pour moi, ils ne voudront pas nous perdre

toutes deux.... Mais changeons de propos. Valcour, laissez-moi vous

rendre compte des projets et de mes démarches, car avec ce langage de la

plainte mon coeur s'altère à tout instant.

Vous imaginez bien que je n'ai pu tenir à l'envie de savoir au plutôt

des nouvelles d'_Elisabeth de Kerneuil_. Quelque soit le sort qu'elle

éprouve, il m'intéresse trop réellement pour que je n'aye pas désiré de

l'éclaircir. Déterville a écrit sur-le-champ à un de ses parens à

Rennes, il le supplie de nous donner sur cette jeune personne le plus de

lumières qu'il lui sera possible.... Nous attendons; ma situation dans

ce cas-ci, est très-embarrassante ... vous l'avez senti; j'ai, sans

doute, le plus grand désir de posséder cet enfant, mais quel droit

aurais-je à son coeur?

Le seul titre de mère que je pourrais lui alléguer, me méritera-t-il sa

tendresse? n'est elle pas due, toute entière aux parens qui l'ont

élevée?... Et puis, travaillerai-je pour le bonheur d'Elisabeth en

réunissant à la ravoir? Le sort, ou qu'elle a déjà, on qui lui est

réservé, ne sera-t-il pas toujours préférable à celui que je pourrais

lui faire, comme cadette?... Et les inconvéniens de la rendre à un père

qui peut-être, ou ne voudra pas la reconnaître, ou ne verra dans elle

qu'une victime de plus à son insigne libertinage; ces dangers effrayans

les comptez-vous pour rien Valcour?... Non, j'aime mieux la laisser où

elle est; que je sache seulement qu'elle est heureuse; que je puisse

faire connaissance avec elle, la voir une fois, l'aimer toujours, et je

me croirai trop contente; mais si cette faible jouissance est refusée à

mon âme tendre ... oh, Valcour! je serai encore bien infortunée;

heureusement je sais l'être, et mon coeur est dans un tel état

d'abattement qu'une secousse de plus ou de moins n'est absolument rien

pour lui. Il y a l'histoire des biens qui chagrine un peu ma conscience;

puis-je laisser ma fille jouir d'une fortune qui ne lui appartient pas?

dois-je en priver les héritiers légitimes? Non, sans doute; cette

circonstance vous a frappé comme moi; mais mon ami, je dirai aussi comme

vous, entre deux maux terribles, choisissons le moindre. A l'égard de

Sophie, voici ce que nous avons fait, je ne sais si vous nous

approuverez.

Qu'elle appartint ou non au président; Déterville nous opposait toujours

le danger certain de la replacer à Berceuil; et l'impossibilité de l'y

remettre devenait d'autant plus fâcheuse, que la variation de son sort

lui rendait fort doux celui que nous avions arrangé pour elle dans ce

village; j'objectais à Déterville qu'il n'avait pas trouvé d'obstacles à

l'établissement de cette fille à Berceuil, dans les premiers momens où

nous l'avions conçu, ne la croyant pas fille légitime, et que je

n'entendais pas pourquoi il en trouvait maintenant qu'elle n'appartenait

ni au mari ni à la femme; il me répondit qu'il avait foncièrement

désapprouvé ce parti dans toutes les circonstances, mais que plus les

recherches du président paraissaient évidentes, plus il croyait Berceuil

dangereux. Qu'elle fût sa fille ou non, nous ne devions pas douter

à-présent du désir qu'il avait de la ravoir, que dès qu'il la saurait

hors de Vertfeuille, il ne manquerait pas d'envoyer chez _Isabeau_, et

qu'alors au lieu de sauver _Sophie_, il est clair que je la

sacrifiais;... je me suis rendue; nous avons donc décidé, un cloître à

Orléans, où nous travaillerions à lui faire prendre le goût de la

retraite, et à l'enchaîner au bout de quelques années par des voeux, si

elle n'y sent aucune répugnance; et ce sort quelque dur qu'il' puisse

être, la dérobant à celui bien plus fâcheux sans doute, que lui aurait

réservé la vengeance de ses deux persécuteurs, nous parut décidément le

plus sage de tous.

Il s'agissait de prévenir cette infortunée des changemens de son sort et

de sa naissance, j'y prévoyais trop de chagrin pour vouloir m'en charger

moi-même; notre ami a rempli ce soin, après beaucoup de larmes, comme

vous l'imaginez aisément, elle a d'abord témoigné quelque désir d'être

rendue à sa mère; convaincue enfin du danger qu'il y avait à ce parti,

elle a réclamée a chère Isabeau; elle renonçait volontiers à la dot, au

mariage, mais elle voulait demeurer avec Isabeau.... Autres dangers, et

elle a enfin conçue ceux-là comme les premiers: «Il faut vous dérober au

président, lui a dit Déterville, il est certain qu'il vous cherche, nous

ne pouvons en douter, il est évident qu'il vous traitera mal s'il vous

découvre, une éternelle retraite devient le seul parti qui puisse vous

garantir et de ses piéges et de ses fureurs, vous y serez moins comme

protégé, que comme parente de madame de Blamont, et vous y jouirez de

cent pistoles de pension; ce sort la ne vaut pas celui d'être sa fille,

mais dès que de malheureuses circonstances vous enlèvent cette douce

satisfaction, vous serez mieux là qu'en nul autre endroit». Eh bien!

j'irai! s'est-elle écriée, en larmes; je suis à charge à tout le monde;

je ne puis trouver d'abri sur la terre, que l'on me mette où l'on

voudra, je serai par-tout pénétrée de reconnaissance des bontés de la

dame qui veut bien ne pas m'abandonner;... dès que je l'ai su dans cet

état, j'ai couru l'embrasser, elle s'est précipitée dans mes bras, toute

en pleurs, et m'a prodiguée les choses les plus tendres et les plus

flatteuses; en vérité, mon amie, il y a des instans où mon coeur

l'emporte sur les réalités que vous nous avez apprises.... Il est

impossible que les vertus de cette âme charmante se trouvent dans la

fille d'une paysanne dépravée, telle que vous nous avez peint cette

Claudine. Mais il fallait s'en tenir aux preuves et l'arracher; nous

l'avons donc, Aline et moi, avant-hier conduite aux Ursulines d'Orléans

dont je connais la supérieure, je l'ai recommandée comme une parente, et

placée sous le nom d'_Isabelle-des-Ganges_, avec mille livres de rentes,

dont l'acte lui a été passé sur-le-champ, je n'ai point caché mes motifs

de mystère à la supérieure, j'y ai intéressé sa religion et sa pitié,

elle ne communiquera qu'avec moi pour tout ce qui concerne cette jeune

personne, et cachera absolument son existence au reste entier de la

terre. Mais je la verrai ... cette chère enfant ... je le lui ai promis,

elle me l'a demandée avec instance, elle m'a dit qu'elle renoncerait

plutôt à tout le bien que je lui faisais qu'à cet engagement, elle m'a

demandé la permission de m'écrire, et sur-tout de pouvoir faire passer

quelque chose tous les ans sur sa pension à Isabeau. Ces deux demandes

faisaient trop d'honneur à son âme tendre pour être refusées; je les lui

ai accordées de tout mon coeur, et nous nous sommes quittées.... Quand

elle m'a vue prête à ouvrir la porte du parloir ... son âme a éclatée,

elle a jetée ses jolis bras au travers des grilles, elle a demandée avec

instance la faveur de baiser encore une fois les mains de ses

bienfaitrices: nous sommes revenues sur nos pas, et la douleur l'a

suffoquée en nous embrassant encore toutes deux.... Voilà donc l'être

que le président accuse de fausseté, d'imposture et de crimes, ah!

puisse-t-il pour le bonheur de ce qui lui appartient être aussi pur que

celle qu'il ose calomnier ainsi.

Nous nous sommes retirées, et je vous réponds qu'Aline n'était pas en

meilleur état que moi. Nous ne sommes pourtant parties de la ville que

le lendemain après avoir appris que cette pauvre fille était aussi bien

qu'elle pouvait être pour sa situation, elle avait devinée elle-même la

mort de son enfant, quand elle avait vue qu'on ne lui en parlait pas.

Mais Déterville l'avait si bien ramenée à la raison sur cet objet, que

sa douleur a été beaucoup moins vive que nous ne l'aurions cru.

Pendant que j'agissais de ce côté, Déterville allait de l'autre rompre

nos engagemens de Berceuil; la bonne Isabeau a été désolée, je n'ai pu

résister au charme de lui laisser une petite somme sur l'argent que je

retirais du curé, ainsi qu'une autre à ce bon pasteur pour les

malheureux de sa paroisse. Il est si doux mon ami de faire un peu de

bien, et à quoi servirait-il que le sort nous eût favorablement traité,

si ce n'était pour satisfaire tous les besoins de l'infortuné? nos

richesses sont le patrimoine du pauvre, et celui qui ne sent pas le

plaisir de les soulager, a vécu sans connaître et la véritable raison

pour laquelle il était né plus à son aise qu'un autre, et les plus doux

charmes de la vie.

Toutes nos opérations terminées, nous nous sommes réunis, nous nous

sommes regardés, comme le feraient des gens, qui du sein de la

tranquillité auraient subitement passés dans celui des angoisses et des

tribulations; et, qui voyant enfin le calme renaître.... Je dis le

calme,.car j'y crois, et ne vois absolument rien qui puisse le troubler

jusqu'à notre retour à Paris. Alors, mon intention est de demander de

seconds délais, de contenir du mieux que je pourrai le président, avec

le peu de moyens que je retire de tout ceci, et d'armer enfin mes parens

s'il le faut; car soyez-en bien sûr, il n'y aura que la force qui pourra

me décider à sacrifier ma fille au scélérat qui la désire ... et si je

gagne ma cause, en faveur de qui sera-ce?... Connaissez-vous l'homme à

qui je la destine?... C'est au plus digne de la posséder.... C'est au

meilleur ami de mon coeur.

Notes:

[Footnote 8: Elle fut mariée à quinze ans; elle va de trente-cinq à trente-six,

lors du moment d'action de ces lettres; elle accoucha d'Aline à seize

ans: elle est grande, faite à peindre. Les traits les plus doux, les

plus agréables, pétrie de grâces et de talens.]

[Footnote 9: M. de Blamont avait quinze ans plus que sa femme, indépendamment des

défauts de caractère assez prononcés dans ses lettres, pour donner une

juste horreur de lui, il y a peu de figures plus repoussantes; il a le

regard effrayant, la bouche affreuse, le nez très-long, le front chauve

et bas, le menton relevé, en perruque depuis son enfance; une taille

longue, frêle, voûtée, la poitrine plate, un son de voix rauque et

cassé, et malgré tout cela, beaucoup d'esprit et quelques connaissances.]

* * * * *

Aline et Valcour, ou Le Roman Philosophique. Tome 1 · 第 52 / 60 题