_Madame de Blamont à Valcour_.
Vertfeuil, ce 28 septembre.
Que de variations! que de choses! il semble que le ciel ne m'ait donné
un coeur sensible que pour l'éprouver par les plus rudes combats.... Je
serais bien plus heureuse si je ne sentais rien. Que je suis loin de
croire à présent qu'une âme tendre soit un des plus beaux dons de la
nature; elle ne nous l'a donnée que pour notre tourment.... Que dis-je?
et quel blasphème osais-je proférer! N'est-ce pas une injustice à moi,
que de prétendre à un bonheur sans mélange? En existe-t-il sous le
ciel?... La chose du monde la plus simple, est d'être née pour les
revers. Ne sommes-nous pas ici-bas, comme des joueurs autour d'une
table?... La fortune favorise-t-elle tous ceux qui s'y trouvent? et de
quel droit osent l'accuser ceux qui sèment leur or, au-lieu d'en
recueillir? Il y a une somme à-peu-près égale de biens ou de maux,
suspendue sur nos têtes, par la main même de l'Eternel; mais il est
indifférent sur qui elle tombe; je pouvais être heureuse, comme je suis
infortunée; c'est l'affaire du hasard, et le plus grand de tous les
torts est de se plaindre.... Eh! s'imagine-t-on d'ailleurs qu'il n'y ait
pas quelque jouissance ... même dans l'excès du malheur; à force
d'aiguiser notre âme, il en augmente la sensibilité; ses impressions sur
elle, en développant d'une manière plus énergique toutes les manières de
sentir, lui font éprouver des plaisirs inconnus à ces êtres froids,
assez malheureux pour n'avoir jamais vécu que dans le calme et dans la
prospérité; il y a des larmes si douces dans nos situations, ces momens,
mon ami, ces instans délicieux, où l'on fuit l'univers, où l'on
s'enfonce dans un autre obscur, ou dans le plus épais d'un bois pour y
pleurer tout à son aise ... ou l'on se replie sous tous les sens de son
malheur, ou l'on se rappelle tout ce qui l'agrave, ou l'on prévoit tout
ce qui va l'accroître, ou l'on s'en abreuve, ou l'on s'en repaît.... Ces
tendres souvenirs des jours de notre enfance, où l'on ne les connaissait
point encore, ces longues et pénibles réminiscences sur les divers
événemens qui nous y ont plongé, ces sombres craintes de le sentir nous
accompagner jusqu'à la mort ... de voir ouvrir notre cercueil par les
mains livides de l'infortune ... et près de tout cela, cet espoir si
doux d'un Dieu consolateur, aux pieds duquel vont se sécher nos larmes,
et commencer toutes nos joies ... quoi, mon ami, tout cela ne sont pas
des voluptés? Ah! ce sont celles d'une âme douce; ce sont celles d'un
coeur délicat; laissez-moi-les goûter un instant avec vous.
Sacrifiée bien jeune[8] à un époux qui n'avait rien pour me plaire, et
que je connaissais à peine[9], je n'en formai pas moins, dans le fond
de mon âme, le plan des plus rigoureux devoirs.... Dieu sait si je les
enfreignis jamais ... Je vis mes égards payés par des duretés, mes
attentions par des brusqueries, ma fidélité par des crimes, ma
soumission par des horreurs.
Hélas! je me crus seule coupable; je ne m'en pris qu'à moi de n'être pas
aimée, malgré les louanges dont j'étais enivrées chaque jour; j'aimais
mieux me croire des défauts ou des torts, que de supposer mon époux
injuste: et contente d'avoir obtenu dans mon sein des preuves de son
estime, si ce n'en était pas de son amour, tous mes sentimens se
portèrent dès-lors sur ces gages sacrés.... Eh bien! me disais-je, je
serai l'amie de mes enfans, puisque je n'ai pas été assez heureuse pour
être celle de mon époux; ils me consoleront de ses duretés, et je
trouverai dans leurs bras la félicité qu'on m'enlève. Que de projets ne
formé-je pas dès-lors pour la leur! je n'apaisais mes maux que par ces
idées; elles seules parvenaient à fermer mes paupières, je ne
m'endormais paisiblement qu'avec elles.... Je ne voyais plus de revers
dès que je croyais avoir trouvé ce qui devait rendre heureux mes enfans.
Le ciel ne voulait pas, mon ami, que ce fût encore là pour moi la source
du bonheur; j'eus deux filles, l'une m'est ravie au berceau; je la
retrouve quand je ne peux jamais la revoir.... On veut que l'autre soit
aussi malheureuse que moi; et qui ... qui m'assaillit de tous ces maux?
qui me fait avaler, jusqu'à la lie, la coupe amère de l'infortune? celui
que j'ai toujours respecté ... chéri; celui que l'on m'avait donné pour
être le soutien de mes jours, et qui n'en a jamais été que le
destructeur ... celui qui s'est tout permis envers moi ... envers moi
qui aurais mieux aimé perdre la vie que de lui manquer en quoi que ce
fût.... Celui que je regardais comme mon père après la perte du mien....
Comme mon ami ... comme mon époux, et qui n'était que mon tyran et mon
persécuteur.
Allons, je me tais, Valcour.... Je me tais, vous pleurez en me lisant,
je le vois, je veux bien mêler mes larmes aux vôtres, mon ami, mais je
ne veux pas vous en faire répandre que ma main ne puisse essuyer.... Oh!
comme nous eussions été heureux cependant .... Vous ... Mon Aline.... Et
moi, quels jours sereins et purs eussent été filés pour tous trois....
Avec quel calme je serai arrivée près de vous, aux bornes de ma vie! ma
vieillesse n'eut été qu'un printemps, les yeux fermés par la tendre main
de l'amitié, je me serais plongée dans le cercueil avec la tranquillité
du bonheur, au lieu de cela j'y descendrai seule, nul ami ne daignera
m'y soutenir, je n'en aurai plus au bord de mon tombeau.... Eh bien!
voyez comme je retombe malgré tout dans le sombre que je veux éviter....
Non ... j'arrêterais en vain la source de mes pleurs, elles coulent
malgré moi.... Mille nouvelles idées me tourmentent.... Si vous êtes
malheureux, c'est ma faute, je ne devais pas laisser naître en vous une
passion que je ne pouvais couronner; je ne devais vous laisser connaître
ni Aline, ni sa triste mère; aujourd'hui nous aurions tous bien des
chagrins de moins, et l'on ne se console jamais de ceux qu'on donne aux
autres.... Mais tout n'est pas désespéré; non Valcour, tout ne l'est
pas, recevez encore un peu d'espoir de votre bonne et sincère amie, de
celle qui désirerait avec tant d'ardeur, mériter ce titre avec vous....
Non Valcour, tout n'est pas perdu.... Ce barbare époux peut réfléchir,
ce monstre qui le suit partout, et qui vous persécute avec tant de
furie, sentira peut-être qu'aucuns des plaisirs qu'il espère ne peuvent
se rencontrer avec celle qui n'a pour lui que de la haine; j'ai besoin
de le penser et de le croire; l'illusion est à l'infortune, comme le
miel dont en frotte les bords du vase rempli de l'absinthe salutaire
présentée à l'enfant, on le trompe, mais l'erreur est douce.
Comme il m'a abusé cet homme.... Je le croyais, on se livre si vite à ce
qu'on désire! le malheureux qui fait naufrage saisit avec tant
d'empressement le bras qu'on lui tend pour le sauver.... Peut-il
imaginer que c'est pour le repousser dans l'abyme!... Hélas! vous avez
bien raison, il me trompait autant qu'il était en lui, il devait croire
Sophie, sa fille, rien ne pouvait l'en dissuader, et ce n'est pas dans
de tels coeurs que la nature fait des miracles.... Il la croyait telle,
et il jurait qu'elle ne l'était pas, le crime est donc dans son entier,
et ce que j'ai obtenu de sa fausseté, n'est donc plus que le fruit de sa
honte.... Ce sentiment mène au dépit, et le dépit a tout dans de telles
âmes.... Quoiqu'il en soit j'ai des parens, je n'en suis point
abandonnée.... Je me jetterai dans leurs bras, ils me sauveront, je les
implorerai pour mon Aline et pour moi, ils ne voudront pas nous perdre
toutes deux.... Mais changeons de propos. Valcour, laissez-moi vous
rendre compte des projets et de mes démarches, car avec ce langage de la
plainte mon coeur s'altère à tout instant.
Vous imaginez bien que je n'ai pu tenir à l'envie de savoir au plutôt
des nouvelles d'_Elisabeth de Kerneuil_. Quelque soit le sort qu'elle
éprouve, il m'intéresse trop réellement pour que je n'aye pas désiré de
l'éclaircir. Déterville a écrit sur-le-champ à un de ses parens à
Rennes, il le supplie de nous donner sur cette jeune personne le plus de
lumières qu'il lui sera possible.... Nous attendons; ma situation dans
ce cas-ci, est très-embarrassante ... vous l'avez senti; j'ai, sans
doute, le plus grand désir de posséder cet enfant, mais quel droit
aurais-je à son coeur?
Le seul titre de mère que je pourrais lui alléguer, me méritera-t-il sa
tendresse? n'est elle pas due, toute entière aux parens qui l'ont
élevée?... Et puis, travaillerai-je pour le bonheur d'Elisabeth en
réunissant à la ravoir? Le sort, ou qu'elle a déjà, on qui lui est
réservé, ne sera-t-il pas toujours préférable à celui que je pourrais
lui faire, comme cadette?... Et les inconvéniens de la rendre à un père
qui peut-être, ou ne voudra pas la reconnaître, ou ne verra dans elle
qu'une victime de plus à son insigne libertinage; ces dangers effrayans
les comptez-vous pour rien Valcour?... Non, j'aime mieux la laisser où
elle est; que je sache seulement qu'elle est heureuse; que je puisse
faire connaissance avec elle, la voir une fois, l'aimer toujours, et je
me croirai trop contente; mais si cette faible jouissance est refusée à
mon âme tendre ... oh, Valcour! je serai encore bien infortunée;
heureusement je sais l'être, et mon coeur est dans un tel état
d'abattement qu'une secousse de plus ou de moins n'est absolument rien
pour lui. Il y a l'histoire des biens qui chagrine un peu ma conscience;
puis-je laisser ma fille jouir d'une fortune qui ne lui appartient pas?
dois-je en priver les héritiers légitimes? Non, sans doute; cette
circonstance vous a frappé comme moi; mais mon ami, je dirai aussi comme
vous, entre deux maux terribles, choisissons le moindre. A l'égard de
Sophie, voici ce que nous avons fait, je ne sais si vous nous
approuverez.
Qu'elle appartint ou non au président; Déterville nous opposait toujours
le danger certain de la replacer à Berceuil; et l'impossibilité de l'y
remettre devenait d'autant plus fâcheuse, que la variation de son sort
lui rendait fort doux celui que nous avions arrangé pour elle dans ce
village; j'objectais à Déterville qu'il n'avait pas trouvé d'obstacles à
l'établissement de cette fille à Berceuil, dans les premiers momens où
nous l'avions conçu, ne la croyant pas fille légitime, et que je
n'entendais pas pourquoi il en trouvait maintenant qu'elle n'appartenait
ni au mari ni à la femme; il me répondit qu'il avait foncièrement
désapprouvé ce parti dans toutes les circonstances, mais que plus les
recherches du président paraissaient évidentes, plus il croyait Berceuil
dangereux. Qu'elle fût sa fille ou non, nous ne devions pas douter
à-présent du désir qu'il avait de la ravoir, que dès qu'il la saurait
hors de Vertfeuille, il ne manquerait pas d'envoyer chez _Isabeau_, et
qu'alors au lieu de sauver _Sophie_, il est clair que je la
sacrifiais;... je me suis rendue; nous avons donc décidé, un cloître à
Orléans, où nous travaillerions à lui faire prendre le goût de la
retraite, et à l'enchaîner au bout de quelques années par des voeux, si
elle n'y sent aucune répugnance; et ce sort quelque dur qu'il' puisse
être, la dérobant à celui bien plus fâcheux sans doute, que lui aurait
réservé la vengeance de ses deux persécuteurs, nous parut décidément le
plus sage de tous.
Il s'agissait de prévenir cette infortunée des changemens de son sort et
de sa naissance, j'y prévoyais trop de chagrin pour vouloir m'en charger
moi-même; notre ami a rempli ce soin, après beaucoup de larmes, comme
vous l'imaginez aisément, elle a d'abord témoigné quelque désir d'être
rendue à sa mère; convaincue enfin du danger qu'il y avait à ce parti,
elle a réclamée a chère Isabeau; elle renonçait volontiers à la dot, au
mariage, mais elle voulait demeurer avec Isabeau.... Autres dangers, et
elle a enfin conçue ceux-là comme les premiers: «Il faut vous dérober au
président, lui a dit Déterville, il est certain qu'il vous cherche, nous
ne pouvons en douter, il est évident qu'il vous traitera mal s'il vous
découvre, une éternelle retraite devient le seul parti qui puisse vous
garantir et de ses piéges et de ses fureurs, vous y serez moins comme
protégé, que comme parente de madame de Blamont, et vous y jouirez de
cent pistoles de pension; ce sort la ne vaut pas celui d'être sa fille,
mais dès que de malheureuses circonstances vous enlèvent cette douce
satisfaction, vous serez mieux là qu'en nul autre endroit». Eh bien!
j'irai! s'est-elle écriée, en larmes; je suis à charge à tout le monde;
je ne puis trouver d'abri sur la terre, que l'on me mette où l'on
voudra, je serai par-tout pénétrée de reconnaissance des bontés de la
dame qui veut bien ne pas m'abandonner;... dès que je l'ai su dans cet
état, j'ai couru l'embrasser, elle s'est précipitée dans mes bras, toute
en pleurs, et m'a prodiguée les choses les plus tendres et les plus
flatteuses; en vérité, mon amie, il y a des instans où mon coeur
l'emporte sur les réalités que vous nous avez apprises.... Il est
impossible que les vertus de cette âme charmante se trouvent dans la
fille d'une paysanne dépravée, telle que vous nous avez peint cette
Claudine. Mais il fallait s'en tenir aux preuves et l'arracher; nous
l'avons donc, Aline et moi, avant-hier conduite aux Ursulines d'Orléans
dont je connais la supérieure, je l'ai recommandée comme une parente, et
placée sous le nom d'_Isabelle-des-Ganges_, avec mille livres de rentes,
dont l'acte lui a été passé sur-le-champ, je n'ai point caché mes motifs
de mystère à la supérieure, j'y ai intéressé sa religion et sa pitié,
elle ne communiquera qu'avec moi pour tout ce qui concerne cette jeune
personne, et cachera absolument son existence au reste entier de la
terre. Mais je la verrai ... cette chère enfant ... je le lui ai promis,
elle me l'a demandée avec instance, elle m'a dit qu'elle renoncerait
plutôt à tout le bien que je lui faisais qu'à cet engagement, elle m'a
demandé la permission de m'écrire, et sur-tout de pouvoir faire passer
quelque chose tous les ans sur sa pension à Isabeau. Ces deux demandes
faisaient trop d'honneur à son âme tendre pour être refusées; je les lui
ai accordées de tout mon coeur, et nous nous sommes quittées.... Quand
elle m'a vue prête à ouvrir la porte du parloir ... son âme a éclatée,
elle a jetée ses jolis bras au travers des grilles, elle a demandée avec
instance la faveur de baiser encore une fois les mains de ses
bienfaitrices: nous sommes revenues sur nos pas, et la douleur l'a
suffoquée en nous embrassant encore toutes deux.... Voilà donc l'être
que le président accuse de fausseté, d'imposture et de crimes, ah!
puisse-t-il pour le bonheur de ce qui lui appartient être aussi pur que
celle qu'il ose calomnier ainsi.
Nous nous sommes retirées, et je vous réponds qu'Aline n'était pas en
meilleur état que moi. Nous ne sommes pourtant parties de la ville que
le lendemain après avoir appris que cette pauvre fille était aussi bien
qu'elle pouvait être pour sa situation, elle avait devinée elle-même la
mort de son enfant, quand elle avait vue qu'on ne lui en parlait pas.
Mais Déterville l'avait si bien ramenée à la raison sur cet objet, que
sa douleur a été beaucoup moins vive que nous ne l'aurions cru.
Pendant que j'agissais de ce côté, Déterville allait de l'autre rompre
nos engagemens de Berceuil; la bonne Isabeau a été désolée, je n'ai pu
résister au charme de lui laisser une petite somme sur l'argent que je
retirais du curé, ainsi qu'une autre à ce bon pasteur pour les
malheureux de sa paroisse. Il est si doux mon ami de faire un peu de
bien, et à quoi servirait-il que le sort nous eût favorablement traité,
si ce n'était pour satisfaire tous les besoins de l'infortuné? nos
richesses sont le patrimoine du pauvre, et celui qui ne sent pas le
plaisir de les soulager, a vécu sans connaître et la véritable raison
pour laquelle il était né plus à son aise qu'un autre, et les plus doux
charmes de la vie.
Toutes nos opérations terminées, nous nous sommes réunis, nous nous
sommes regardés, comme le feraient des gens, qui du sein de la
tranquillité auraient subitement passés dans celui des angoisses et des
tribulations; et, qui voyant enfin le calme renaître.... Je dis le
calme,.car j'y crois, et ne vois absolument rien qui puisse le troubler
jusqu'à notre retour à Paris. Alors, mon intention est de demander de
seconds délais, de contenir du mieux que je pourrai le président, avec
le peu de moyens que je retire de tout ceci, et d'armer enfin mes parens
s'il le faut; car soyez-en bien sûr, il n'y aura que la force qui pourra
me décider à sacrifier ma fille au scélérat qui la désire ... et si je
gagne ma cause, en faveur de qui sera-ce?... Connaissez-vous l'homme à
qui je la destine?... C'est au plus digne de la posséder.... C'est au
meilleur ami de mon coeur.
Notes:
[Footnote 8: Elle fut mariée à quinze ans; elle va de trente-cinq à trente-six,
lors du moment d'action de ces lettres; elle accoucha d'Aline à seize
ans: elle est grande, faite à peindre. Les traits les plus doux, les
plus agréables, pétrie de grâces et de talens.]
[Footnote 9: M. de Blamont avait quinze ans plus que sa femme, indépendamment des
défauts de caractère assez prononcés dans ses lettres, pour donner une
juste horreur de lui, il y a peu de figures plus repoussantes; il a le
regard effrayant, la bouche affreuse, le nez très-long, le front chauve
et bas, le menton relevé, en perruque depuis son enfance; une taille
longue, frêle, voûtée, la poitrine plate, un son de voix rauque et
cassé, et malgré tout cela, beaucoup d'esprit et quelques connaissances.]
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