LE CLAVECIN HANTÉ

Depuis toujours, le père Laquinte, dit «Guignagauche», guidait les

visiteurs dans le vieux château de Senin-les-Ruines dont les tours

ébréchées s’imposaient altièrement sur les ondulations de la plaine

picarde.

Petit vieillard glabre, ridé, grimaçant, il commentait les pierres

historiques d’une voix nasale de marionnette qui sonnait bizarrement

dans le silence des ruines. Il avait de l’érudition et la déployait

selon l’importance des visiteurs; ses propos devenaient même fort

intéressants quand l’auditoire était de marque.

Les articles sur le château de Senin qui paraissaient quelquefois en des

revues anglaises ou allemandes, n’oubliaient pas de mentionner le vieil

original.

A part ces fonctions que l’isolement du village rendait intermittentes,

le père Laquinte exerçait celle de rebouteux; ses drogues guérissaient,

incontestablement, des maladies réputées incurables. Cela lui avait valu

plusieurs condamnations pour exercice illégal de la médecine et une

renommée inquiétante de «j’teux d’sorts». Les paysans le craignaient et

haïssaient. Même ceux qu’il avait sauvés s’écartaient de son chemin.

Et puis il recevait des journaux d’Allemagne! Les gamins de l’école, au

crépuscule, gibecières ballantes, lui criaient de loin: «A pouille

l’Alboche!...»

Des années et des années auparavant, il était arrivé à Senin avec une

charretée de vieux meubles baroques. Voilà tout ce qu’on savait de lui.

Et son regard, insaisissable grâce au strabisme, prenait vite une

bizarre expression de menace qui décourageait les questionneurs.

Il vivait au pied de l’énorme côte menant aux ruines, dans une chaumière

encombrée de bouquins, de paperasses, de verreries chimiques.

La nuit, ce repaire luisait souvent d’haletantes clartés rouges. Alors,

dans le village endormi, quelque cultivateur, se relevant pour soigner

des bêtes à l’étable, grommelait entre deux pelletées de fumier:

«V’là cor Guignagauche qui bout d’la poison!»

* * * * *

A la mi-août 1914, les petites feuilles des sous-préfectures voisines

annoncèrent des triomphes français en Alsace-Lorraine. On plaignait les

gars du village que, d’après leurs hâtives cartes-postales, on savait en

Belgique: ils ne seraient pas, les pauvres! à la reprise de Strasbourg

et Metz!... Puis ce furent les rumeurs affreuses, patriotiquement

démenties d’abord... Nos troupes, désordonnées, mélangées, repassèrent

au carrefour où, trois semaines auparavant, on avait été les acclamer...

Les populations du Nord, en fuite, disaient sans faire halte le désastre

immense et que, là-bas, leurs chaumières n’étaient plus que des poutres

brûlées joignant des murs en ruines...

Senin voulut rester d’abord... Mais, un matin, la brise apporta les

aboiements précipités du canon. Du sommet abrupt que le vieux château

terminait dans l’air, on aperçut sourdre, au loin, sur l’horizon,

d’immenses fumées à reflets écarlates...

Alors les courages fondirent. Les femmes criaient. Les tocsins se

répondaient sur l’immense campagne. Les mobiliers paysans s’entassèrent

frénétiquement sur charrettes, carrioles, brouettes, au hasard de la

fête. On tâcha d’emmener le bétail. On eût voulu emporter les champs,

les vergers... C’était un désordre pathétique...

Seul, le père Laquinte resta, dans sa demeure mal famée, parmi ses

livres et ses drogues, tranquille, louchant, dédaigneux, malgré le

fracas ébranlant l’horizon, de la bataille sans bornes...

«V’là Guignagauche qui veut faire camarade avec les Boches!» criaient

des vieilles. Et elles jetèrent des cailloux dans la fenêtre du «j’teux

d’sorts». Mais, comme il y parut, elles s’enfuirent, troussant leurs

cottes.

... Au crépuscule, les routes brumeuses furent submergées d’uniformes

gris. Cette invasion, bruyamment, bonassement, avec une confiance

hilare, s’étendit jusqu’au village, reflua autour, l’étreignit, moussa

entre les chaumières...

* * * * *

Le père Laquinte fut interrogé par l’«oberst» commandant le régiment

bavarois qui allait passer la nuit à Senin. Cet officier supérieur,

gras, la taille amincie par un corset, le visage rond et rasé, les

cheveux teints, les pommettes rougies à peine et les lèvres un peu plus,

avait un roulement de hanches féminin et des manières précieuses.

Un joli lieutenant robuste et silencieux, aux mains énormes et baguées

bizarrement, ne le quittait guère et sentait le musc.

Dans le régiment on surnommait l’oberst «la Poupée»; et le lieutenant

«la Gazelle» à cause de son musc.

Dans les bagages de l’oberst se trouvaient une grande quantité de livres

et de brochures ayant trait aux curiosités artistiques et archéologiques

du Nord de la France.

Et il dit au vieux guide, d’une voix à la fois rauque et mignarde:

«Regardez toute cette librairie qui me suit:... Et pourtant vos sales

journaux écrivaillent que nous sommes des barbares!... Monsieur l’expert

des ruines, un Bavarois sait faire la guerre, sa puissante épée dans une

main et, dans l’autre, un livre! Notre puissance combative s’associe à

une extrême civilisation et en est un des aspects, une des clartés...

Mais cette photo reproduite par cette revue... là... n’est-elle pas

votre effigie? Oh! nous avons de la chance! Il paraît que vous êtes une

curiosité locale! Nous allons donc visiter ces ruines d’une façon

intéressante... Veuillez nous guider.»

Et un feldwebel, ajouta, en bousculant violemment le vieillard:

«Marche devant!...»

Le père Laquinte ne s’étonna point. A peine son petit visage sec se

plissa-t-il davantage autour de ses yeux louchant, à peine les fanons de

son cou s’empourprèrent-ils.

Il commença à gravir la rude côte devant l’oberst, le lieutenant et une

dizaine d’officiers.

Derrière eux, le paysage s’abaissait, s’élargissait, devenait une

immense étendue de campagne où les moissons ondoyaient jusqu’aux forêts

indistinctes de l’horizon. Senin ne fut plus qu’un jouet minuscule avec

son clocher, ses rouges toits, ses peupliers. L’air fraîchit...

Enfin, le sommet!... Une passerelle menait aux ruines par-dessus un

grand fossé marécageux où coassaient des grenouilles centenaires.

Une énorme tour, presque intacte, offrit les marches creusées de son

escalier tournant...

Et, dès lors, Guignagauche récita ses explications avec son nasillement

monotone, automatique, où subsistait l’accent du pays. Les Germains

écoutaient, comparaient avec les dires des brochures, interrogeaient,

remerciaient...

En les grandes salles sonores, sombres, parfois d’étroites meurtrières

leur montraient l’étendue indistincte de la plaine où rougeoyait le

soir.

Au loin, les heurts sourds du canon se contrariaient irrégulièrement...

La plus haute salle était si vaste que même un midi ensoleillé y

laissait de l’ombre, si haute qu’au-dessus de soi on sentait, on

entendait, sans les voir, le vol en cercle d’oiseaux nocturnes qui y

nichaient... Là, spécialement, le silence, l’obscurité, l’atmosphère,

étaient étranges...

En entrant, les officiers se turent, soulevèrent leurs fourreaux de

sabre...

La voix de Polichinelle du vieux guide crépita:

«Vous êtes ici en ce qui constituait le salon de la dernière comtesse de

Senin, guillotinée, en 1793, à cause de son amitié pour

Marie-Antoinette, reine de France. Elle était très belle. Elle avait

beaucoup d’instruction aussi, puisqu’elle réunissait en ce château les

grands esprits de l’époque, surtout les philosophes, les musiciens, les

peintres... Cette pièce, que vous voyez si délabrée, a contenu les gens

les plus fameux de la Régence et du règne de Louis XVI. Ah! si ces

pierres pouvaient parler!

--Qu’est-ce que c’est, là?... Ce vieux clavecin... lamentable avec son

clavier édenté et ses cordes tordues?...» demanda «La Gazelle», le suave

lieutenant de l’oberst.

Le père Laquinte regarda le clavecin, craintivement.

«Ce clavecin?... oh, c’est la légende du château... ou plutôt pas une

légende, Vos Excellences, non... une suite de faits mystérieux, oui,

mystérieux..., quoique _nettement constatés_ par les gens les plus

capables... Voilà: vers 1780, un de vos compatriotes, le chevalier

Gluck, vint en France où il fit fureur... La reine Marie-Antoinette le

protégea contre les partisans de son rival Piccini... Mais de nobles

officiers bavarois connaissent aussi bien que les lettrés français les

querelles des Gluckistes et des Piccinistes! Cela appartient à

l’histoire de la musique et Munich est la cité de tous les arts!... Or,

la comtesse de Senin fit plus encore que la reine pour le chevalier

Gluck... Le comte, qui courait les gueuses de Paris et passait ses nuits

dans les maisons de jeu du Palais-Royal, laissait sa femme fort libre.

Et Gluck rejoignait souvent la comtesse en ce château, dont il devint un

familier... Il passait quelquefois deux jours et une nuit en chaise de

poste pour être ici quelques heures... Il était épris corps et âme de la

comtesse... Il préférait un regard d’elle à ses plus grands succès de

compositeur... Des livres marquent même qu’elle fut la seule passion de

sa vie et son suprême regret au seuil de la mort... Et ils ne se

trompent pas, ces livres, allez!... Nous en sommes sûrs, ici à Senin!...

Car, la nuit qui suit chaque anniversaire de la mort de la comtesse, le

chevalier Gluck _revient_ ici, en habit de la cour... Oui, Excellences,

il _revient_!... et pas d’erreur, ni d’hallucinations!... C’est bien

lui!...»

Le vieillard parlait à voix basse, mais d’une façon intense.

L’obscurité, presque totale, était menaçante. De l’angoisse, comme

laissée là par autrefois, frissonnait entre les pierres humides...

--Oui, il _revient_ dans cette salle et il joue les motifs préférés de

son amie sur ce clavecin qui, alors, se trouve bon comme jadis et qu’à

cause de cela personne n’a jamais voulu enlever d’ici... Oh, c’est bien

Gluck, allez!... Gluck tel que sur les gravures... Bien des gens, qui ne

croyaient pas, l’ont guetté _et l’ont vu_!... Il est transparent comme

de la fumée, mais il n’y a pas à se tromper... Et on entend le clavecin

nettement..., de si beaux airs!... Aussi vrai que nous sommes là?... Et

tenez, Excellences, c’est justement ce soir l’anniversaire en question!»

Le père Laquinte murmura seulement ces derniers mots.

Dans les ténèbres, maintenant profondes, de la vieille tour, le vent

nocturne grondait...

«De la lumière...» ordonna nerveusement l’oberst.

Aux mains de plusieurs officiers, des cônes électriques parurent,

projetèrent des ronds pâles sur les pierres.

Et «La Poupée» ajouta:

«Les légendes ont parfois une intéressante part de vérité! Rappelez-vous

celle de l’Atlantide, qui semblait une diablerie de nourrice, et qui est

devenue une réalité historique!... La ville d’Ys, à la pointe ouest de

l’Europe, a parfaitement existé!... Or, nous avons ce soir une occasion

superbe d’examiner une curieuse légende... et de faire une politesse à

l’auteur génial d’_Iphigénie_!... Soupons dans cette salle! Notre

régiment qui, avant l’entrée à Paris, sert de pivot à une conversion du

corps d’armée vers l’est, est ici, jusqu’à demain au moins, bien

tranquille... Nous allons attendre Gluck en buvant du champagne...

L’ami, trouvez le nécessaire dans le village!...»

Et, se tournant vers «La Gazelle», le commandant bavarois ajouta:

«Cela te plaît ainsi, j’espère, cher Frantz?»

* * * * *

Le père Laquinte fit généreusement enfoncer par la soldatesque teutonne

les portes des maisons. Il indiqua les meilleures caves, les étables

riches. Il divulgua, sans vergogne, les cachettes où les habitants

avaient enfoui des objets précieux.

Il fut populaire et obéi...

Tout en organisant le pillage, il faisait apprêter et transporter au

sommet du château, un énorme repas pour ces dilettantes bavarois qui

voulaient voir Gluck surgir dans les ténèbres de minuit...

... Peu avant cette heure ordinaire aux sorcelleries, en un coin de la

grande salle hantée où des lueurs oscillantes de bougies déplaçaient des

lambeaux d’ombre, les officiers, gonflés de mangeaille, s’alcoolisaient,

tuniques ouvertes, accoudés lourdement.

La brume nocturne entrait, malgré les planches appliquées contre les

meurtrières. On avait chassé les oiseaux de nuit. Les pierres

suintaient. L’air sentait la cave, le rhum, le cigare et, soudain, le

musc, quand, d’un délicat foulard, «La Gazelle» s’essuyait les tempes...

Dehors, l’ombre opaque, humide, s’imposait sur le roulement lointain de

la canonnade. D’un clocher, l’heure, à chaque quart, lointaine,

illusoire peut-être, montait en vibrant à travers les murailles...

Au village, le régiment était ivre. Depuis les plaines belges il n’avait

pas encore trouvé de vins aussi gaillards, d’eaux-de-vie aussi âpres.

Ces hommes habitués aux beuveries de bière absorbaient ces alcools

français comme du léger liquide munichois. Aussi gisaient-ils pêle-mêle,

ronflant, vomissant...

... Le commandant bavarois discourait, les yeux vagues:

«Minuit bientôt, Messieurs... La matérialisation de choix que nous

attendons, se produira-t-elle?... Nous sommes persuadés que non, à cause

de notre grand sens scientifique... Mais, qui sait?... peut-être!... Ah!

on en arrive vite à ces limites de la pensée: _peut-être... qui

sait!..._ Rappelez-vous l’adage de ce baroque Hamlet en qui leur

Shakespeare incarna l’âme germanique: «Il y a plus de choses au ciel et

sur la terre que les philosophes n’en rêvèrent jamais!...» Grâce à ce

bonhomme qui louche et à cette attente puérile de Gluck, notre

imagination contemple le Versailles de Marie-Antoinette et toute cette

époque française qu’il fallait connaître, paraît-il, pour savoir la

douceur de vivre... Versailles!... La cour admirable... le Trianon, les

bergeries, les menuets au clair de lune, les philosophes, les querelles

entre Gluckistes et Piccinistes... Antoinette! «... _O toi qui, dans tes

mains, portes aussi ta tête, rose et lis transformés en un bouquet de

fête, et que sur l’échafaud un ange vient cueillir!_...» chanta leur

poète, dont l’art et le sang savent cette époque à laquelle nous voici

par notre violent rêve... Ah! l’heure est exquise pour nous Bavarois

raffinés... Mais à qui devons-nous cette joie intellectuelle?... à la

Force!... à nos canons!... Buvons au Kaiser!... Hoch!... Hoch!...»

Mais commandant et officiers esquissèrent seulement, et péniblement, le

geste du toast. Ils se sentaient lourds d’une singulière langueur... le

corps engourdi et l’esprit anormalement lucide, capables de dialoguer

mieux qu’à l’ordinaire, impuissants à tout effort physique... État

agréable, après tout...

Dehors, dans les ténèbres, la brume s’épaississait encore. C’était,

prématurément, l’horreur des nuits de novembre. Les heurts de la

canonnade se percevaient mieux.

L’oberst, la main renversée, petit doigt en l’air, regardait sa

montre-bracelet.

«Minuit moins deux...»

Tous les regards se portèrent obliquement vers la silhouette du clavecin

hanté, indistincte dans la pénombre...

Il y eut un silence. Les respirations inclinaient les flammes des

dernières bougies...

A travers les pierres de la tour, le premier coup de minuit vibra... le

second... le neuvième..., le douzième...

Nulle évidence spectrale ne parut en la vieille salle... Rien... rien...

Mais les officiers contemplaient, hébétés, un rêve intérieur...

L’oberst, sans bouger, les paupières lourdes, murmura:

«Décidément, pas de Gluck... pas de Gluck... pas de Gluck... Il n’est

qu’une illusion... Mais les illusions ne sont-elles pas des réalités que

nous constatons mal!... Où est la vérité?... Qu’est la substance?...

L’atome possède-t-il plus qu’une existence hypothétique?... Le

percevons-nous?... Problème et encore problème!... Et sans fin...

Allons, il faut tout de même nous diriger vers nos cantonnements, en

bas... Non qu’une attaque de nuit soit à prévoir, loin de là... Mais nos

bougies défaillent, et puisque ce vieux Gluck oublie son amie la

comtesse... levons-nous!... et descendons...»

En les officiers l’esprit de discipline luttait contre

l’engourdissement. Ils allaient se lever...

Quelques bougies encore moururent en grésillant. Les ténèbres étaient

presque complètes...

Soudain, la voix du père Laquinte susurra:

«Écoutez!...»

Une grêle mélodie métallique émanait de l’indécise silhouette du

clavecin!... On n’en avait pas perçu les premières notes, mais,

maintenant, elle se détachait, faible, claire, répétée par de menus

échos...

Hallucination?... Non... il n’y a guère d’hallucinations collectives...

Alors?... un mort jouait-il du clavecin, là?... Glacés de peur, les

Bavarois sentaient croître encore, et leur bizarre prostration physique,

et leur faculté de penser vite, clairement, tumultueusement...

Soudain, une flamme de bougie, s’exaltant clair avant de s’éteindre,

projeta quelques vives clartés vers le clavecin: on y vit _une

silhouette en culotte courte et grand manteau de jadis... Les mains

jouaient!_...

Elles s’arrêtèrent... La mélodie cessa net, puis reprit, scandaleusement

moderne sembla-t-il aux officiers qui voulurent en vain se dresser,

protester... mais distinguent-ils le réel du rêve?... Non, puisqu’ils

entendent les cordes du clavecin éclater avec un vacarme terrible... Oh

oui, les cordes... Ce sont elles qui explosent, elles qui tonnent, qui

tonnent...

Ils ne surent même pas qu’ils finissaient de s’endormir!...

* * * * *

... Le père Laquinte termina ainsi ses explications au colonel du

régiment français qui, si facilement, venait de reprendre

Senin-les-Ruines en une attaque de nuit:

«Oui, mon colonel, le jus de pavots dont j’avais arrosé leur mangeaille

les a grisés, puis endormis, comme s’ils avaient fumé de l’opium... Un

instant, j’ai cru la dose trop faible... mais ma vieille boîte à

musique, et moi au clavecin, en culotte cycliste et cape de berger, ont

fait l’affaire... Juste à temps, car, après avoir joué le grand air

d’_Orphée_, la serinette se mettait à moudre la valse de _Faust_! et

votre attaque commençait son tapage... Quant aux soldats ils étaient

tous fin saouls dans le village, et je savais bien que sans leurs

officiers... Comment, mon colonel?... j’aurai la croix d’honneur...

moi?... moi?... oh! mon colonel...»

Le clavecin hanté · 第 2 / 25 题