_Lettre de Mlle Raucourt au sujet des débuts de Mlle George._
La Chapelle Saint-Mesmin, ce 4...
(Le coin de la lettre est déchiré.)
Je suis très reconnaissante, mon jeune ami, de la lettre aimable que
vous m'écrivez et des détails qu'elle contient. Bien certainement, une
des premières choses que je ferai, en arrivant à Paris, sera de
profiter de l'accès que vous m'avez ménagé auprès de vos honorables
protecteurs. Incapable de rechercher la faveur pour moi, je la
solliciterai avec chaleur pour celle dont je veux fixer le sort. Elle
est dans ce moment un peu indisposée, ce qui me contrarie fort, parce
que cela retarde son travail. Je n'ai reçu que par vous des nouvelles
de Paris; mais je compte toujours y être dans huit ou dix jours au
plus tard. Mme George et sa fille partiront avant moi. Il y a quelque
marauderie sous jeu pour Mlle Duchesnois. Il n'est pas naturel
qu'elle ait cessé ses débuts pour ne pas les reprendre. La perfide
Florance, qui a fait si ingénieusement tomber Mlle George ici,
travaille sourdement à la faire tomber réellement à Paris; j'ai lieu
de le croire, du moins, d'après ce que vous me mandez.
Allons, courage. Des dispositions, des moyens physiques, des amis
puissants, et nous l'emporterons. Je dis nous, car vous m'avez montré
un si véritable intérêt que je me plais à croire que nous ferons cause
commune.
Tout le monde de la petite chapelle est fort sensible à votre
souvenir, et vous dit mille choses aimables. Mes amis de Paris partent
aujourd'hui. Nous avons souvent parlé de vous et de la joyeuse soirée.
Cette pauvre Mme Suzy est dangereusement malade.
Adieu, mon jeune ami. Je vous embrasse de tout mon coeur.