A peine le roi d'Espagne avait-il quitté Paris que, le lendemain même de
son départ, le roi de Portugal y arrivait à son tour, mais non pas sous
l'incognito de naguère. Cette fois, il venait en France officiellement,
empressé à rendre au président de la République la visite récente que
celui-ci lui fit dans ses Etats. Laissant à Lisbonne la reine Amélie,
qui a tenu à rester auprès du jeune prince Louis-Philippe, investi de la
régence pendant l'absence de son père, dom Carlos a entrepris ce voyage
accompagné de M. Eduardo Villaça, son ministre des Affaires étrangères,
et d'une suite nombreuse. Son arrivée, mercredi dernier, à la gare du
Bois de Boulogne, où l'attendait M. Loubet, entouré des ministres, s'est
effectuée avec le cérémonial et les honneurs militaires d'usage; en
uniforme de généralissime portugais, la plume blanche au casque, la
poitrine barrée du grand cordon de la Légion d'honneur, il est monté en
voiture pour se rendre d'abord au palais des Affaires étrangères, lieu
de sa résidence pendant son séjour, et la foule, massée sur le parcours
du cortège, a fait le meilleur accueil au souverain, dont la figure
ouverte et sympathique est déjà bien connue des Parisiens.
En raison des nécessités matérielles du journal, au moment de mettre
sous presse, nous ne pouvons publier dans ce numéro, sur cet événement
historique de la semaine, qu'un document de «dernière heure». Aussi
bien, nous avons donné, il y a peu de temps, le 4 novembre, un
remarquable portrait de dom Carlos, et, quant aux réceptions, dîners et
représentations de gala, etc., ils ne diffèrent pas sensiblement, comme
décor et physionomie, de ce qu'on a vu déjà si souvent, depuis que tant
de souverains se plaisent à nous rendre visite.
«L'ILLUSTRATION» PUBLIERA LA SEMAINE PROCHAINE SON NUMÉRO DE NOËL 1905.
Le numéro du 9 décembre contiendra un supplément théâtral: LES OBERLÉ.
LE CARNET DE LA REINE, par Henriot.
Note du transcripteur: Les suppléments mentionnés en titre ne nous ont
pas été fournis.