[Illustration: Vue de l'armature métallique des caissons avant
l'immersion. _Phot. Godefroy._]
[Illustration: Aspect d'une cheminée d'accès à la chambre de travail,
vue du _sas à air_.]
[Illustration: _Dessin d'après nature de Kupka_ LES MYSTÈRES DE LA
CONSTRUCTION DU METROPOLITAIN: LE CHANTIER SOUS LA SEINE EN AMONT DU
PONT AU CHANGE]
_L'antre mythologique où forgeaient les cyclopes, les grottes
mystérieuses où peinaient les Niebelungen, apparaîtraient comme des
décors puérils et démodés auprès de cet atelier souterrain, lentement
descendu à 8 mètres sous le fond de la Seine. Quand, par la longue
cheminée qui relie l'atmosphère libre à la chambre de travail, où de
puissantes machines compriment un air lourd aux poumons, on pénètre dans
cette galerie métallique, sous une pression incommodante, la sensation
qu'on éprouve est étrange. Au rayonnement des lampes électriques, une
trentaine d'ouvriers travaillent, s'escriment du pic et du marteau, à
coups rythmés, avec un bruit assourdissant, creusent peu à peu le sol où
s'enfonce le caisson, tandis que les «glaiseurs» attentifs, comme celui
qu'on aperçoit à gauche, au premier plan du dessin, s'appliquent à
boucher avec de l'argile les fissures du terrain par où se perdrait trop
vite la charge d'air comprimé. Les beaux gestes harmonieux des
travailleurs sont plus lents, plus pénibles qu'au grand soleil; leurs
poitrines halètent plus fort. Pourtant, ils accomplissent leur labeur du
même air tranquille et sûr, ainsi séparés du monde, reliés seulement
avec les camarades du haut par un fil téléphonique et par cette cheminée
qui leur livre passage et leur envoie l'air nécessaire, calmes comme si
leur vie n'était pas à la merci d'une valve qui se dérangerait._--Voir
l'article technique aux pages précédentes.
[Illustration: Vue de Madrid à 1.000 mètres d'altitude. Le ballon que
l'on aperçoit est le «Vencejo».]