JEAN CERVIN

[Illustration: Vue de l'armature métallique des caissons avant

l'immersion. _Phot. Godefroy._]

[Illustration: Aspect d'une cheminée d'accès à la chambre de travail,

vue du _sas à air_.]

[Illustration: _Dessin d'après nature de Kupka_ LES MYSTÈRES DE LA

CONSTRUCTION DU METROPOLITAIN: LE CHANTIER SOUS LA SEINE EN AMONT DU

PONT AU CHANGE]

_L'antre mythologique où forgeaient les cyclopes, les grottes

mystérieuses où peinaient les Niebelungen, apparaîtraient comme des

décors puérils et démodés auprès de cet atelier souterrain, lentement

descendu à 8 mètres sous le fond de la Seine. Quand, par la longue

cheminée qui relie l'atmosphère libre à la chambre de travail, où de

puissantes machines compriment un air lourd aux poumons, on pénètre dans

cette galerie métallique, sous une pression incommodante, la sensation

qu'on éprouve est étrange. Au rayonnement des lampes électriques, une

trentaine d'ouvriers travaillent, s'escriment du pic et du marteau, à

coups rythmés, avec un bruit assourdissant, creusent peu à peu le sol où

s'enfonce le caisson, tandis que les «glaiseurs» attentifs, comme celui

qu'on aperçoit à gauche, au premier plan du dessin, s'appliquent à

boucher avec de l'argile les fissures du terrain par où se perdrait trop

vite la charge d'air comprimé. Les beaux gestes harmonieux des

travailleurs sont plus lents, plus pénibles qu'au grand soleil; leurs

poitrines halètent plus fort. Pourtant, ils accomplissent leur labeur du

même air tranquille et sûr, ainsi séparés du monde, reliés seulement

avec les camarades du haut par un fil téléphonique et par cette cheminée

qui leur livre passage et leur envoie l'air nécessaire, calmes comme si

leur vie n'était pas à la merci d'une valve qui se dérangerait._--Voir

l'article technique aux pages précédentes.

[Illustration: Vue de Madrid à 1.000 mètres d'altitude. Le ballon que

l'on aperçoit est le «Vencejo».]

L'Illustration, No. 3274, 25 Novembre 1905 · 第 14 / 32 题