Le doyen des souverains d'Europe, le grand-duc Adolphe de Luxembourg,
frère de la reine de Suède, s'est éteint, le 17 novembre, dans sa
quatre-vingt-neuvième année, au château de Hohenbourg (Palatinat).
En 1839, il avait hérité de son père la couronne ducale de Nassau, dont
il devait se voir dépossédé par la Prusse, en 1866. Lorsque Guillaume
III, roi de Hollande, chef de la branche cadette de la maison d'Orange
et grand-duc de Luxembourg, mourut en 1890, ne laissant qu'une fille, la
princesse Wilhelmine, que la constitution luxembourgeoise, admettant la
loi salique, privait d'une part de la succession paternelle, ce fut au
prince Adolphe, chef de la branche aînée, qu'échut la souveraineté du
grand-duché. Il l'exerça effectivement jusqu'en 1902, époque où,
fléchissant sous le poids de l'âge, devenu impotent, il confia la
régence à son fils Guillaume, le prince héritier.
[Illustration: Le comte de Flandre.--_Phot. Gunther._]
[Illustration: Le grand-duc défunt Adolphe de Luxembourg.--_Phot.
Bernhoeft._]
[Illustration: Le nouveau grand-duc, la grande-duchesse et leur dernière
fille, Sophie.]
[Illustration: Elisabeth. Antonia. Hilda. Charlotte. Marie-Adélaïde. Les
petites princesses de Luxembourg.--_Phot. Bernhoeft._]
Le nouveau grand-duc, âgé de cinquante-trois ans, a épousé, en 1893, une
infante de Portugal, la princesse Marie-Anne de Bragance. De cette union
sont nées six filles: Marie-Adélaïde, Charlotte, Hilda, Antonia,
Elisabeth et Sophie; l'aînée a onze ans et demi, la plus jeune en aura
bientôt quatre. Ainsi qu'en témoigne une photographie de 1902 qui, au
nombre de cinq (un autre document montre la dernière entre les bras de
sa mère), les représente rangées en flûte de Pan, elles sont charmantes,
les petites princesses; nul souci ambitieux ne semble altérer leur
sérénité enfantine, et, si elles regrettent l'absence d'un frère espéré,
sans doute ignorent-elles encore cette peu galante loi salique dont la
rigueur interdit à leur sexe la possession du trône autour duquel elles
prennent leurs ébats.