J'avais accepté de dîner le lendemain chez ce capitaine baleinier. Nous
nous étions convenus à merveille. Il n'avait rien de la manière des
hommes policés, mais il n'était nullement banal. Et puis, surtout,
c'était le seul moyen pour moi d'amener Yves à son bord.
Je m'attendais un peu le lendemain matin, au jour, à trouver le
baleinier disparu, envolé pendant la nuit comme un oiseau sauvage. Mais
non, on le voyait là-bas à son poste, au large, avec toutes ses franges
noires dans ses haubans, se détachant sur le grand miroir circulaire des
eaux, qui étaient ce jour-là immobiles, et lourdes, et polies, comme des
coulées d'argent.
C'était sérieux, cette invitation, et on m'attendait. Par précaution, le
commandant avait voulu que les canotiers qui me mèneraient fussent armés
et restassent là, tout le temps avec moi. Justement cela tombait à
merveille pour Yves, et je le pris comme patron.