Ce qui gâte la plupart de nos actes, même généreux, c’est qu’il s’y mêle

un péché, le grand péché des hommes: l’égoïsme. Nous ne sommes jamais

entièrement nets de ce travers. Derrière nos gestes les plus obligeants,

les pauvres gens, qui voient clair, l’aperçoivent et ils en souffrent.

Ils ont d’ailleurs vu, comme nous tous, des requins, un masque

charitable sur le nez, faire leurs affaires et recueillir, aux dépens

des malheureux, de l’or et des honneurs. Bref, la vraie charité serait

trop belle, et quiconque a un peu vécu n’y croit plus beaucoup. C’est

dommage, car si les humains qu’elle réchauffe la pouvaient accepter d’un

cœur frais, elle ramènerait l’harmonie sur la terre et le bonheur.

Saint Vincent a été à la source du mal. Il avait vu tout petit la misère

des hommes: il ne l’a secourue souverainement qu’après avoir purgé son

âme du péché qui dessèche les nôtres. En se donnant à Dieu totalement,

en se renonçant soi-même, jusqu’à ne vouloir être rien, ne rien

posséder, ne rien désirer, il s’est affranchi de ce qui nous enchaîne

tous, s’est lavé de ce qui nous ternit; alors, se tournant vers les

pauvres, il a pu leur offrir le trésor inestimable d’un amour sans

mélange.

La charité de Vincent, c’est cela, pas autre chose. Un saint, c’est un

être qui se donne, qui coupe sans pitié ses racines avec la terre et,

tourné vers Dieu, se met si totalement à son service, qu’il n’est plus,

dans les mains du Maître, qu’un esclave sans volonté. Saint Vincent de

Paul a été cet esclave, commis par le Seigneur au soin des pauvres

villageois, des malades et de tous les miséreux. Il est allé vers eux,

leur apportant non point son amour, mais celui de Dieu même, dont il n’a

été que le serviteur--un serviteur, il est vrai, plein de tendresse et

de génie.

Il n’est pas certain, pas même probable, que Bérulle ait lui-même

orienté Vincent vers cette voie splendide; il est sûr que, l’y trouvant

engagé, il a soutenu et pressé ses pas. Je n’oserais m’aventurer dans

les régions sacrées où le fondateur de l’Oratoire a ainsi conduit son

précieux disciple. La prudence et le respect nous commandent ici de

regarder et de faire silence. Regardons bien, en retenant notre souffle.

La doctrine de Bérulle, c’est qu’il faut adorer Dieu, se livrer à lui,

se brûler à son feu; la vertu suprême d’un prêtre, la vertu nécessaire

et suffisante, c’est donc la piété. Vincent a été un ange de piété. J’ai

dit assez de mal d’Abelly pour devoir à ce digne évêque une petite

compensation. Voici une page de lui, qui est d’une parfaite beauté. Il

n’aurait pu l’écrire, si lui-même n’avait subi le charme et suivi les

leçons de Bérulle et de Vincent. «Un des plus anciens de la Compagnie,

écrit-il, a observé que la dévotion de M. Vincent était toute singulière

en la célébration de la messe, et qu’elle paraissait particulièrement

lorsqu’il récitait le saint Évangile. D’autres ont remarqué que,

lorsqu’il rencontrait quelques paroles que Notre-Seigneur avait

proférées, il les prononçait d’un ton de voix plus tendre et plus

affectueux, ce qui donnait de la dévotion aux assistants qui

l’écoutaient. On a diverses fois entendu des personnes, qui, ne le

connaissant point, avaient assisté à sa messe, dire entre elles comme

par admiration: «Mon Dieu, que voilà un prêtre qui dit bien la messe! Il

faut que ce soit un saint homme.» D’autres ont dit qu’il leur semblait

voir un ange à l’autel. Quelques-uns ont encore observé que lorsqu’il

lisait au saint Évangile quelques passages où Notre-Seigneur avait dit:

_Amen, amen dico vobis_, c’est-à-dire: _En vérité, en vérité, je vous le

dis_, il se rendait très attentif aux paroles qui suivaient, comme

étonné de cette double affirmation que le Dieu même de vérité employait;

et reconnaissant qu’il y avait du mystère, et que la chose était de

grande importance, il témoignait par un ton de voix encore plus affectif

et dévot la prompte soumission de son cœur. Il semblait sucer le sens

des passages de l’Écriture comme un enfant le lait de sa mère, et en

tirant la moelle et la substance pour en sustenter et nourrir son âme;

ce qui faisait qu’en toutes ses actions et paroles il paraissait tout

rempli de l’esprit de Jésus-Christ. Quand il se tournait vers le peuple,

c’était avec un visage fort modeste et serein; et par le geste qu’il

faisait, ouvrant les mains et étendant ses bras, il donnait à connaître

la dilatation de son cœur, et le grand désir qu’il avait que

Jésus-Christ fût en chacun de ceux qui étaient présents.»

Mais il ne suffit pas d’aimer Dieu: la piété n’est qu’une étape vers la

sainteté.

Il faut se donner tout entier au maître: voilà le difficile. Saint

Vincent l’a fait tous les jours de sa vie, à toutes les minutes de

chaque journée. Car il s’agit de renouveler l’oblation sans cesse;

d’arracher tout le temps les racines, qui cherchent la terre et s’y

complaisent. Les saints sont des sortes de géants. Beaucoup d’autres

voient, dans de fugitifs instants de ferveur exceptionnelle, où conduit

la voie brûlante et par où l’on s’y engage. Ils y font quelques pas,

tombent, recommencent, et puis renoncent. La sainteté, dans l’ordre de

l’intelligence, c’est une idée fixe: il ne faut penser qu’à elle; dans

celui du sentiment, c’est une passion: il faut qu’on ait un brasier dans

le cœur; dans celui de la volonté, elle requiert cette longue patience,

qui laisse à ce point stupéfaits les hommes frivoles, qu’ils l’ont

appelée du génie.

Cet effort terrible, il n’est pas une ligne de l’œuvre écrite ou parlée

de Vincent où il ne transparaisse. Sa correspondance avec Jeanne de

Chantal, avec Louise de Marillac, avec tous ceux, toutes celles dont il

a dirigé les âmes; ses entretiens, ses conférences, ses notes, ses

instructions, ses règlements: il a tout rempli de Dieu, de Dieu seul, du

Dieu à qui tout son être appartenait. «La grâce de Notre-Seigneur soit

avec vous pour jamais!» écrivait-il, comme Bérulle, à la première ligne

de ses moindres billets. Et j’ouvre vraiment au hasard le recueil de sa

correspondance, pour y trouver une lettre à Jacques Perdu, où, après sa

salutation habituelle, joli appel à la grâce du Seigneur, il écrit:

«Béni soit Dieu des difficultés qu’il a agréable que vous rencontriez!

Il faut bien, en cette occasion, honorer celles que son Fils a eues sur

la terre. O Monsieur, qu’elles étaient bien plus grandes, puisque, pour

l’aversion qu’on avait de lui et de sa doctrine, l’on lui interdit

l’entrée de toute province, et il lui en coûta la vie!» Il ne

s’entretenait que de Dieu quand il parlait à autrui; et s’il était seul,

il ne cessait de parler avec Dieu. Chaque matin il faisait une heure

d’oraison avant la messe; il poursuivait son action de grâces pendant

une ou deux messes, que parfois il servait lui-même. Dans la journée, il

trouvait, si occupé qu’il fût, le temps de venir plusieurs fois auprès

du tabernacle. Et s’il sortait de Saint-Lazare ou y rentrait, il ne

manquait pas, comme il disait, d’aller saluer le Maître de la maison. Il

recommandait à tous ceux qu’il dirigeait de faire fidèlement oraison:

«Oh! disait-il, que l’âme fera de grands fruits en peu de temps, si elle

est soigneuse de se rafraîchir par ce sacré arrosement! On la verra

croître tous les jours de vertus en vertus, ainsi que le jardinier voit

profiter ses plantes de quelques degrés à mesure qu’il les arrose; on

verra cette âme s’avancer comme une belle aurore qui se lève le matin et

va toujours croissant jusqu’au midi...» On pourrait, à l’entendre,

imaginer qu’il avait des facilités particulières pour tendre ainsi

constamment son être vers le Créateur. Que nenni! nous dirait-il. Il

était homme comme chacun de nous, avec des tentations. Il se

contraignait à faire constamment des retraites pour retremper et

vivifier sa foi. Les saints sont des héros, et celui-là plus que

d’autres, parce qu’il ne s’est point terré dans une caverne: il

respirait comme nous tous l’odeur, mauvaise mais enivrante, du péché des

hommes.

De tels êtres goûtent, il est vrai, certaines compensations souveraines.

Il n’est pas une de ses lettres à Louise de Marillac où il ne lui

recommande la gaîté. Arrivées à un certain degré de perfection,

c’est-à-dire de détachement, les âmes sont déliées de toutes nos

affections habituelles, mais aussi de nos soucis... La sérénité,

l’ingénuité, habitent alors en elles, et c’est sans doute infiniment

reposant. A l’école de Vincent, elles connaissaient une autre

délectation, encore bien plus haute: il les vouait à la charité; ces

cœurs libérés, purs de tout alliage, il leur apprenait à se tourner vers

le prochain. Lui-même leur donnait l’exemple. Il avait offert à Dieu

tout son être, tous ses désirs, toute sa sagesse humaine, et ses

passions, et son âme entière avec son corps. Alors les malades et les

pauvres, quand il se penchait sur eux, sentaient qu’en celui-là au

moins, qui n’avait rien gardé pour lui, ils pouvaient s’abandonner dans

leur misère.

Tout cela s’accordait avec la pleine possession de magnifiques facultés,

dont il a joué avec une maîtrise qu’on ne prend pas une fois en défaut

dans une vie pourtant longue et chargée. Et puis le sort le gâtait. Nous

avons dit et montré qu’il attendait, avant de s’engager dans une

entreprise, le bon plaisir de Dieu. On serait tenté de penser qu’il n’y

avait point de mérite, étant de ces hommes heureux qui ne courent pas

après la fortune, accoutumés qu’ils sont de la trouver sur leur chemin à

point nommé.

Un personnage aussi heureux fait envie; mais il pourrait scandaliser.

C’était un homme de Dieu, avec un tempérament d’homme d’État et d’homme

d’affaires. Et beaucoup de saints sont moins compliqués, qui ont tout

laissé pour Dieu seul. Lui, ses deux pieds sur la terre, a manié d’un

bras solide la pâte humaine: ce n’est pas un péché. En même temps il

priait, et moins facilement que d’autres dans leurs cellules. Il priait

pourtant comme un ange; et la seule question que pourraient poser des

méchants devant cet homme habile agenouillé serait celle de sa

sincérité. La seule, car on voit des dévots brasser des affaires

douteuses et se croire, de bonne foi, dans la familiarité de Dieu; mais

ils ont l’intelligence petite: il y a des sincérités imbéciles. Avec son

regard haut et clair, Vincent ne pouvait pas se méprendre sur ses titres

à l’amitié du Seigneur: du moment qu’il priait comme nous savons qu’il

faisait, nous ne les discuterons pas. Et ce serait encore une impiété

que de dire: il a été un saint, quoiqu’il eût du génie; car de son génie

il s’est servi comme d’un robuste instrument pour des fins toujours

pures.

* * * * *

Comment sa carcasse humaine a-t-elle résisté jusqu’à quatre-vingts ans?

Mais parce qu’il était grand, solide, avec une hygiène excellente,

l’hygiène des saints. On a tort de croire que les saints sont des gens

excessifs; ce sont des gens parfaits, ce qui n’est pas du tout la même

chose. Ils font de l’athlétisme spirituel, et ce sont aussi physiquement

des sortes d’athlètes, qui se portent bien et vivent longtemps,

supportant sans dommage des traitements durs, qui nous jetteraient à

terre. Très réglé, très sobre, méthodiquement entraîné aux plus sévères

disciplines, on est stupéfait de ce que celui-là pouvait encore

demander, dans ses dernières années, à sa vieille machine. Debout à

quatre heures chaque matin, il ne se couchait que son travail terminé.

Il haranguait ses prêtres, ses Filles, ou d’autres, tous les jours, et

souvent plusieurs fois, se donnant totalement dans ses moindres

discours. Il courait partout, allant, venant, voyant tout le monde,

luttant, peinant. Il est constamment question, dans ses lettres, d’une

certaine fièvre qui le prenait régulièrement et qu’il appelait sa

fiévrotte: il n’y prenait pas garde. Il dut, comme tous ceux de son

temps, subir quantité de purgations et de saignées, et fit à Forges

plusieurs saisons. On le forçait à se soigner, à se bien alimenter. Il

buvait du vin, mais, comme il disait, «bien trempé d’eau». On raconte

que les médecins lui avaient prescrit de priser. Au procès de

canonisation, l’avocat du diable aurait fait valoir que c’était là une

petite passion et que les saints n’en ont aucune; l’affaire eût mal

tourné si l’autre partie n’eût aussitôt brandi une ordonnance médicale

qu’heureusement elle avait mise en son dossier. Gardez vos ordonnances!

ajoute-t-on; et c’est un judicieux conseil. Mais Vincent n’a jamais

prisé; les médecins ne le lui ont jamais commandé; et les plaideurs, à

son procès en cour de Rome, se sont occupés de tout autre chose que de

tabac. Toutes ces petites légendes sont bien jolies. Elles ont

malheureusement la vie un peu dure. Le pauvre homme eut d’ailleurs

toutes sortes d’indispositions et d’accidents: fluxions aux yeux, jambes

enflées, insomnies; un coup de pied de cheval en 1631; une chute de

cheval deux ans plus tard; et bien pis en 1649: il fut cette fois pris

sous sa monture, qui avait chu dans la rivière, près de Durtal. Un de

ses prêtres, qui était du voyage, ayant réussi à le tirer de là, il

enfourcha sa bête, tout trempé, et alla se sécher dans une petite

chaumière. Car il a beaucoup cheminé à dos de cheval, notre grand saint.

C’était un luxe, qu’il n’accordait pas volontiers à ses missionnaires.

Il fallait bien, pour lui, qu’il allât vite. Le jeune Despreaux, rôdant

par les rues, l’a bien rencontré quelque jour dans un mauvais carrefour

et c’est de ce grand bonhomme de prêtre, parmi d’autres, qu’il a

peut-être parlé dans ses _Embarras de Paris_. A la fin, Vincent roulait

carrosse. C’était quelquefois celui de la duchesse d’Aiguillon, plus

souvent une voiture assez boiteuse, qui, un jour, se cassa en deux. «Je

vous écris au retour d’une incommodité que j’ai eue de la chute d’un

carrosse, la tête la première, de laquelle, par la grâce de Dieu, je me

porte mieux». C’était au commencement de 1658. Il dut garder la chambre

quinze jours.

Les deux années qui suivirent, les dernières de sa vie, furent peut-être

les plus fécondes de sa carrière. Il en fit tant qu’il se tua. Depuis

bien des mois déjà, ses pauvres jambes refusaient de se prêter aux

génuflexions de la messe. On dut le contraindre à la fin à demeurer

assis pour lire son bréviaire, puis à garder la chambre tout à fait. Sa

lucidité, son activité restaient entières; et ses plus belles

conférences, ses plus éloquents entretiens, sont de 1659. Lors d’une

première alerte, le 9 janvier de cette année-là, il avait écrit au père

de Gondi, l’ancien général des galères, lui faisant ses adieux et lui

demandant pardon. Il faisait le même jour, ce qui étonne davantage, une

démarche semblable auprès du peu intéressant cardinal de Retz. Toute

l’année 1660, il est accablé d’épreuves, ne quittant point la chambre,

perdant M. Portail, puis Louise de Marillac.

«Le 26 septembre, écrit l’un de ses prêtres, M. Vincent s’étant fait

lever et habiller, quoique déjà un peu assoupi, se fit porter à la

messe, où son assoupissement s’augmenta, en sorte qu’en le rapportant,

le médecin le jugea en danger. On lui donna quelque purgation douce, et

l’après-midi le mal s’augmenta, en sorte qu’à six heures et demie M.

Dehorgny lui administra l’extrême-onction, présents MM. de Beaumont,

Bajoue, Maillard, Gicquel et autres.»

Alors commença l’agonie. Il était dans un fauteuil, entouré de beaucoup

de monde. Ces prêtres, ces frères, le voyant mourir, s’agitaient un peu.

L’un d’eux, on pense que c’est M. Gicquel, a noté tous les mots, tous

les gestes, de ces heures douloureuses.

Comme ses missionnaires lui demandaient sa bénédiction, il répondit: «Ce

n’est pas moi»... Et, nous explique le narrateur, «voulant parler et

dire qu’il était indigne, l’assoupissement le reprend, et il demeure en

cet état, assis, la tête appuyée sur une serviette, soutenue par un de

nos frères, Prévost, Survire ou Ducournau, toute la nuit, parce que la

tête lui tombait sur le devant pendant l’assoupissement...

«De quart en quart d’heure, et quelquefois de _Miserere_ en _Miserere_,

M. Gicquel ou M. Berthe lui disent: _Mater gratiæ, mater misericordiæ._

Il le répète...

«Vers les onze heures, une sueur le met tout en eau; et incontinent

après son pouls se retire; et cette sueur change et devient froide. L’on

fait les recommandations de l’âme. Gicquel lui crie: «Jésus»; et il

répète: «Jésus». _Deus in adjutorium_, etc., et il répète tout bas:

_Deus in adjutorium_.

«On lui présente quelque jus d’orange, et il serre les dents.

«Monsieur Dehorgny lui dit: _Propitius esto_; et il répète: _Propitius

esto_.

«A une heure et demie, une seconde fois on lui demande la bénédiction

pour sa famille, et il répond: «Dieu la bénisse»...

«Monsieur Dehorgny lui demande pour les conférences et messieurs les

ecclésiastiques qui y assistent; et il répond: «Oui».

--Pour les dames de la charité.

--Oui.

--Pour les enfants trouvés.

--Oui.

--Pour les pauvres du nom de Jésus.

--Oui.

--Pour tous les bienfaiteurs et amis.

--Oui.

«A deux heures, une deuxième sueur; il paraît vermeil et tout lumineux,

et puis devient blanc comme la neige.

«Monsieur Gicquel lui dit trop souvent: _Deus in adjutorium_; et se

réveillant, il dit: «C’est assez!»

* * * * *

Grand saint Vincent, les faibles hommes n’ont pas su vous laisser mourir

en paix. Il a fallu que, même à cette minute sacrée, vous fissiez acte

d’autorité. Ils avaient oublié, vous voyant assoupi, qui vous étiez.

Vous les avez rappelés d’un mot à la sagesse, et vous avez pu vous

reposer doucement en Dieu, tandis que, penauds et attendris, ils

priaient et pleuraient tout bas.

Sans doute occupâtes-vous vos dernières minutes sur la terre à demander

pardon à Dieu pour cette impatience. Elle était dans votre caractère, et

c’est pour cela que nous vous aimons tant. Vous avez été un grand saint,

mais aussi un homme gonflé de passions comme nous.

Nous vous prions de tout notre cœur au ciel, où vous jouissez de la paix

des élus, mais il faut nous permettre de vous regarder aussi avec une

grande piété humaine dans cette petite chambre de Saint-Lazare, où vous

avez souffert votre nuit d’agonie et où l’on nous dit que vous avez

rendu l’âme un peu avant cinq heures, «dans votre chaise, tout habillé,

proche le feu».

TABLE

I.--Débuts incertains 5

II.--La charnière 39

III.--La fortune complice 57

IV.--De l’utilité d’être éloquent 81

V.--Les barbichets 123

VI.--Les servantes des pauvres 225

VII.--Un grand ministre des régions libérées 290

VIII.--C’est assez... 332

ACHEVÉ D’IMPRIMER LE

4 NOVEMBRE 1927 PAR

L’IMPRIMERIE FLOCH,

A MAYENNE (FRANCE).

La vraie vie de Saint Vincent de Paul · 第 19 / 19 段